Groupes gaullistes à l'Assemblée nationale

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Groupe Rassemblement pour la République
Image illustrative de l’article Groupes gaullistes à l'Assemblée nationale
Chambre Assemblée nationale
Législature(s) IIe de la IVe République à XIe de la Ve République
Partis membres Rassemblement du peuple français
Républicains sociaux
Union pour la nouvelle République
Union des démocrates pour la Ve République
Union des démocrates pour la République
Rassemblement pour la République
Positionnement Droite
Idéologie Gaullisme
Conservatisme
Souverainisme

A partir des élections législatives de 1951 jusqu'à celles de 2002, les parlementaires gaullistes formèrent à l'Assemblée nationale un groupe politique qui changea régulièrement de nomination. Débutant dans l'opposition de la IVe République, il fut le principal soutient du Général de Gaulle durant sa présidence (1958-1969) et se retrouva bien souvent en première place de la majorité ou de l'opposition durant une quarantaine d'années.

Après les législatives de 2002, le groupe Rassemblement pour la République fusionna avec les députés libéraux de Démocratie libérale et une majorité des députés centristes de l'UDF pour former le nouveau groupe Union pour une majorité présidentielle qui deviendra peu après Union pour un mouvement populaire qui souhaite rassembler toutes les mouvances de la droite et du centre.

IVe République[modifier | modifier le code]

Rassemblement du peuple français (1951-1955)[modifier | modifier le code]

Créé par le général de Gaulle en 1947, le RPF fait sont entrée à l'Assemblée nationale lors des élections de 1951. Grâce à son succès électoral (21,76 %), limité par le système électoral des apparentements, il devient la première force politique avec 121 députés. Opposé à la IVe République, il ne peut empêcher la constitution d'une coalition de Troisième Force (SFIO-MRP-CNI-RGR) et se retrouve (comme le PCF) ostracisé de la part des autres partis politiques.

Lors d'une crise ministérielle en janvier 1952, Jacques Soustelle, président de groupe, est pressenti pour prendre la présidence du conseil. Si il ne refuse pas la possibilité de former un gouvernement en acceptant d'engager des consultations à la demande de Vincent Auriol, il doit renoncer, à la suite de l'injonction du général de Gaulle qui refuse toute compromission.

Suite à cet isolement, des dissensions se forment entre les députés fidèles à la stratégie du général de Gaulle et ceux qui souhaitent se rapprocher des partis de droite. Le 6 mars 1952, les dissensions au sein du groupe finissent par aboutir à une scission. 27 députés RPF votèrent l'investiture du Gouvernement Antoine Pinay contre l'avis du général de Gaulle. Ils sont alors exclus. En juillet 1952, 45 députés RPF supplémentaires rompent avec le mouvement gaulliste. L'année suivante, le 6 mai 1953, Charles de Gaulle rendit leur liberté aux parlementaires après le résultat des élections municipales où le RPF perd la moitié de ses suffrages et plusieurs des villes conquises en 1947.

Le 13 septembre 1955, le RPF est définitivement mis en sommeil[1].

Union des républicains d'action sociale (1955-1956)[modifier | modifier le code]

L'Union des républicains d'action sociale (URAS) est le groupe parlementaire constitué par les députés restés fidèles à de Gaulle après l'éclatement du RPF, en 1955. Les 27 premiers dissidents avaient constitué entre 1952 et 1954 l'Action républicaine et sociale (ARS) après avoir soutenu Antoine Pinay, contre l'avis du général de Gaulle. On trouve des ministres URAS dans les gouvernements de Joseph Laniel, Pierre Mendès France et Edgar Faure ; ils sont allés « à la soupe » comme a dit, avec ironie, le général de Gaulle.

Républicains sociaux (1956-1958)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Républicains sociaux.

Lors des élections de 1956, les gaullistes se présentent sous l'étiquette « Républicains sociaux » et intègrent le Front républicain, coalition de centre-gauche menée par Pierre Mendès-France. Avec 22 élus, le groupe des Républicains sociaux soutien les gouvernements Mollet et Gaillard dont fait partie Jacques Chaban-Delmas.

Cependant d'autres gaullistes ont préférés s'allier pour ces élections avec les partis de droite (CNIP et MRP) se retrouvant ainsi dans l'opposition parlementaire.

Ve République[modifier | modifier le code]

Union pour la nouvelle République (1958-1967)[modifier | modifier le code]

Suite au retour au pouvoir du général de Gaulle et de la création de la Ve République, les gaullistes divisés depuis 1955 se rassemblent et se présentent aux législatives de 1958 sous l'étiquette « Union pour la nouvelle République ». Avec 206 députés, le groupe UNR devient la première force de l'Assemblée nationale et forme une majorité avec les libéraux du groupe Indépendants et paysans d'action sociale, les centristes du MRP, les radicaux du groupe Entente démocratique et les députés algériens du RNUR.

En 1962, alliés aux gaullistes de gauche de l'Union démocratique du travail, ils reconduisent le groupe sous le noms Union pour la nouvelle République - UDT. Celui-ci manque de peu la majorité absolue des sièges et reçoit l'appoint des Républicains indépendants, députés libéraux issus du CNIP et restés membres de la majorité présidentielle (leur parti ayant rejoint l'opposition).

Union démocratique pour la V° République (1967-1968)[modifier | modifier le code]

L'UD-Ve est le nom du parti et du groupe gaulliste après les législatives de 1967. Ces élections sont marquées par une forte poussée de la gauche (PCF et FGDS) au second tour qui manque de peu d'obtenir une majorité. Il fallut au 201 députés UD-Ve l'appoint des 42 Républicains indépendants et de quelques non-inscrits pour rester majoritaires.

Union des démocrates pour la République (1968-1976)[modifier | modifier le code]

En réponse des événements de mai 68, le général de Gaulle dissout l'Assemblée nationale. Les gaullistes se présentent alors sous l'étiquette « Union pour la défense de la République » pour les élections anticipées de 1968 et obtiennent une très large majorité des sièges (293 sur 487). Le 18 octobre 1968, le parti UD-Ve et le groupe parlementaire prirent le nom de Union des démocrates pour la République.

Ce groupe est reconduit après les législatives de 1973. Mais ayant perdu plus de 100 sièges et sa majorité absolue, il doit s'allier aux Républicains indépendants et aux centristes du CDP au sein de la coalition Union des républicains de progrès.

Il connait une crise interne pendant les élections présidentielles de 1974 avec la dissidence de 44 députés menés par Jacques Chirac et Charles Pasqua qui appellent à voter Valéry Giscard d'Estaing (RI) contre Jacques Chaban-Delmas, candidat de l'UDR.

Rassemblement pour la République (1976-2002)[modifier | modifier le code]

Suite à la création du Rassemblement pour la République par Jacques Chirac en 1976, le groupe UDR issue des élections législatives de 1973 et présidé depuis 1974 par Roger Frey, prend le nom de groupe RPR.

Ce groupe parlementaire est à plusieurs reprises la première force politique de l'Assemblée nationale entre 1976 et 1981, 1993 et 1997, périodes durant lesquelles il fait partie de la majorité. Il connaît son apogée lors de la Xe législature (1993-1997), avec 257 députés membres et apparentés.

À la suite des élections législatives de 2002, les députés des groupes RPR et Démocratie libérale et Indépendants forment le groupe Union pour une majorité présidentielle (UMP).

Organisation et effectifs[modifier | modifier le code]

Législatures Membres Apparentés Total Président Appartenance Période Noms
IVe République
IIe législature (1951-1956) 118 3
121 / 627
Jacques Soustelle RPF 1951-1954 Rassemblement du peuple français
47 2
49 / 627
Jacques Chaban-Delmas RPF 1954-1956 Union des républicains d'action sociale
IIIe législature (1956-1958) 21 1
22 / 593
RS Républicains sociaux
Ve République
Ire législature (1958-1962) 199 7
206 / 576
UNR Union pour la nouvelle République
IIe législature (1962-1967) 216 17
233 / 482
UNR-UDT
IIIe législature (1967-1968) 181 20
201 / 490
UD-Ve Union démocratique pour la Ve République
IVe législature (1968-1973) 270 23
293 / 487
Marc Jacquet UDR 1969-1973 Union des démocrates pour la République
Ve législature (1973-1978) 162 21
183 / 490
Roger Frey UDR 1973-1974
Claude Labbé UDR puis RPR 1974-1978 Rassemblement pour la République
VIe législature (1978-1981) 143 11
154 / 491
Claude Labbé RPR 1978-1981
VIe législature (1981-1986) 79 9
88 / 491
Claude Labbé RPR 1981-1986
VIIIe législature (1986-1988) 147 8
155 / 577
Pierre Messmer RPR 1986-1988
IXe législature (1988-1993) 129 3
132 / 577
Bernard Pons RPR 1988-1993
Xe législature (1993-1997) 245 12
257 / 579
Bernard Pons
Michel Péricard
RPR
RPR
1993-1995
1995-1997
XIe législature (1997-2002) 134 6
140 / 577
Philippe Séguin
Jean-Louis Debré
RPR
RPR
1997
1997-2002

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

  • jusqu'en 1993 : Anne Braun[2]
  • 1993-2002 : Christine Branchu

Notes et références[modifier | modifier le code]