Union des démocrates musulmans français

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Union des démocrates musulmans français
Image illustrative de l’article Union des démocrates musulmans français
Logotype officiel.
Présentation
Président-fondateur Nagib Azergui
Fondation
Secrétaire Emir Megharbi
Positionnement Gauche
Idéologie Islamisme
Anti-impérialisme
Antisionisme
Anticolonialisme
Adhérents 800 (mars 2019)
Couleurs Or
Site web udmf.fr

L'Union des démocrates musulmans français (UDMF) est un parti politique français fondé en 2012. Souhaitant rassembler les musulmans de France, il participe à plusieurs élections locales et nationales depuis 2014.

Programme[modifier | modifier le code]

Le parti se revendique de l'anti-impérialisme, de l'antisionisme et de l'anticolonialisme[1]. Son fondateur Nagib Azergui le place sur l'aile gauche de l'échiquier politique, attaché à la « valeur du travail » et à la famille[2]. Le journaliste Laurent de Boissieu décrit l'Union des démocrates musulmans français comme islamiste[3].

L'UDMF souhaite le développement du halal dans une vision de création d'emplois, l'instauration de cours d'éducation civique et de philosophie permettant de « faire réfléchir et débattre les jeunes » ainsi que le droit au port du voile à l'école[4],[5]. Il veut lutter contre l'islamophobie, notamment par l'instauration d'une directive européenne qui permettrait de dissoudre tout groupe ou média raciste. Il entend également lutter contre la pollution plastique et les pertubateurs endocriniens, contre les paradis fiscaux et les lobbys, « lever le secret bancaire des entreprises européennes »[1], sortir la France de l'OTAN et donner le droit de vote aux étrangers[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'Union des démocrates musulmans français est fondée par le Nanterrien Nagib Azergui le . Dans sa déclaration au Journal officiel Associations, le parti présente comme objectif la lutte contre la xénophobie et la volonté de « permettre aux musulmans d'apporter une alternative au sein de la société française ». Emir Megharbi est élu président[3]. Le parti fait face à une opposition radicale des différents partis de gauche comme de droite ou d'extrême droite (Debout la France, Front national, Parti chrétien-démocrate, Parti socialiste, Les Républicains, Souveraineté, identité et libertés)[7],[8],[9]. En , il compte six cents adhérents[10].

Premières élections locales[modifier | modifier le code]

L'Union des démocrates musulmans français annonce en 2013 son intention de présenter une liste aux élections municipales de 2014 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), menée par Kamal Moumni, un militant de vingt-neuf ans[10], avant de renoncer moins d'un mois avant le scrutin. Le parti est finalement présent sur la liste de Stéphane De Paoli (Union des démocrates et indépendants, UDI). Hocine Hebbali, candidat de l'UDMF, est élu conseiller municipal et est chargé de l'Histoire locale[11]. Il siège deux ans, avant de démissionner en 2016[3].

Le parti souhaite participer aux élections départementales de 2015 dans huit cantons[12],[7], mais ne présente finalement pas de candidats[13]. Le parti se dira par la suite victime de pressions politiques et d'intimidations médiatiques, qui ont eu pour effet le revirement de plusieurs candidats et mécènes[1]. Cependant, la médiatisation dont elle a bénéficié lui permet d'obtenir huit cents membres supplémentaires en quelques jours, ce qui fait un total de 1 700 adhérents[14]. Elle se présente ensuite aux élections régionales de la même année dans la région Île-de-France. La tête de liste est Nizarr Bourchada, conseiller municipal ex-UDI de Brie-Comte-Robert en Seine-et-Marne[9]. Il réunit 0,40 % des suffrages (12 528 électeurs), et fait son meilleur score à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, avec 5,90 % des voix[3]. À la suite d'une crise interne, plusieurs membres du parti, menés par Bourchada, font scission et fondent Français et musulmans en 2015[15],[16].

Scrutins nationaux[modifier | modifier le code]

Le médecin radiologiste mahorais Kamel Messaoudi se porte candidat à l'élection présidentielle de 2017 au nom de l'Union des démocrates musulmans français[17]. Il n'obtient que trois parrainages. Aux élections législatives qui suivent, six binômes sont candidats. À Mayotte, Messaoudi établi le meilleur résultat, avec 5,08 % des voix[1].

En 2019, l'Union des démocrates musulmans français présente une liste aux élections européennes, « Une Europe au service des peuples », conduite par Nagib Azergui. Il s'agit de sa première participation à une élection de niveau national[1]. Il bénéficie alors de huit cents adhérents à jour de cotisation[18].

La liste obtient 0,13 % des voix, terminant en 19e position sur 34[19]. Bien que n’ayant pas imprimé de bulletins de vote mais demandé aux électeurs de le faire, le parti recueille des scores significatifs dans certaines communes et quartiers à forte population musulmane (17 % au Val Fourré, 7 % à Garges-lès-Gonesse et Montereau-Fault-Yonne, 6 % à La Courneuve et Chanteloup-les-Vignes)[20].

Élections municipales de 2020[modifier | modifier le code]

L'UDMF entend présenter plusieurs listes aux élections municipales de 2020, pour lesquelles il appelle à un « grand remplacement dans les urnes de la République »[21].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges Rang Tête de liste
2019 28 469 0,13
0 / 79
19e (sur 34) Nagib Azergui

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Union des démocrates musulmans français : quel est ce parti derrière la 34e liste aux élections européennes ? », sur France Info, (consulté le 18 mai 2019).
  2. Karim Idrissy, « L'UDMF, un parti musulman français aux élections européennes », sur Le Muslim Post, (consulté le 18 mai 2019).
  3. a b c et d Laurent de Boissieu, « Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF) », sur France politique (consulté le 17 mai 2019).
  4. « Un parti des musulmans se présente aux élections », sur Le Parisien, (consulté le 17 mai 2019).
  5. « Départementales : un parti des musulmans vise une présence dans 8 cantons », sur Le Figaro, (consulté le 18 mai 2019).
  6. Claire Cambier, « 34e liste surprise aux européennes : qu'est-ce que l'Union des démocrates musulmans français ? », sur LCI, (consulté le 18 mai 2019).
  7. a et b Emmanuel Galiero, « La création du parti musulman agite la classe politique », sur Le Figaro, (consulté le 17 mai 2019).
  8. « Pour Cambadélis, un parti musulman est une erreur », sur RTL, (consulté le 18 mai 2019).
  9. a et b Tristan Quinault-Maupoil, « Régionales : l'Union des démocrates musulmans français entre en campagne », sur Le Figaro, (consulté le 17 mai 2019).
  10. a et b Aurélie Lebelle, « Municipales : le parti des musulmans veut conquérir Bobigny », sur Le Parisien, (consulté le 17 mai 2019).
  11. « Hocine, seul élu en France, à Bobigny », sur Le Parisien, (consulté le 18 mai 2019).
  12. Dans les cantons des villes d'Avion (Pas-de-Calais), Bagneaux (Yonne), Bagneux (Hauts-de-Seine), Lyon, Marseille (Bouches-du-Rhône), Les Mureaux (Yvelines), Nice (Alpes-Maritimes) et Strasbourg (Bas-Rhin)
  13. Marie-Pierre Haddad, « Pourquoi l'Union des démocrates musulmans de France n'a plus de candidat », sur RTL, (consulté le 18 mai 2019).
  14. Tristan Quinault-Maupoil, « Départementales : le parti des musulmans fait marche arrière », sur Le Figaro, (consulté le 17 mai 2019).
  15. Yunes Bel Hadj, « Français & Musulmans : un parti musulman, pour quoi faire ? », sur Le Muslim Post, (consulté le 18 mai 2019).
  16. Bernard Gorce, « Législatives, des listes musulmanes émergent », sur La Croix, (consulté le 18 mai 2019).
  17. « Kamel Messaoudi représente l'Union des démocrates musulmans français : Un Mahorais candidat aux présidentielles », sur Imaz Press, (consulté le 18 mai 2019).
  18. Emmanuel Galiero, « Élections européennes : l’Union des démocrates musulmans se lance samedi », sur Le Figaro, (consulté le 18 mai 2019).
  19. « Proclamation des résultats de l'élection des représentants au Parlement européen », Journal officiel de la République française, no 125,‎ (lire en ligne).
  20. « L'ombre de l'islam politique plane sur les municipales », sur lexpress.fr, (consulté le 10 juillet 2019).
  21. Hadrien Mathoux, « Européennes : comment s'en est sortie la liste communautariste "des démocrates musulmans" », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juillet 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]