Union des chrétiens apostoliques

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L'Union des chrétiens apostoliques en France est une petite église chrétienne fondée en 1954, après que les apôtres suisses Ernst et Otto Güttinger sont excommuniés de l'Église néo-apostolique (ENA). Le leader de l'ENA, l'apôtre-patriarche Johann-Gottfried Bischoff déclamait en 1951 qu'il n'allait pas mourir avant le retour de Jésus Christ. Cette foi est devenue un dogme et les membres ne voulant pas le suivre furent excommuniés; d'abord en Suisse et à la Sarre puis plus tard aux Pays-Bas et en Allemagne.

Le mouvement de protestation se dessine dès le 22 août 1954 par un groupe dissident d'environ 200 personnes de la région d'Amnéville-les-Thermes, en Moselle, alors que l'apôtre-patriarche séjourne à Mulhouse.

Après s'être organisé, ce groupe se répand activement dès 1956 en Moselle puis l'Union des chrétiens apostoliques est finalement enregistrée à la Préfecture de Toulouse le 1er mars 1961, avec comme but : « l'enseignement religieux sur la base des institutions de l'Église apostolique du christianisme des premiers temps ».

Les chrétiens en France se rassemblaient dans l'Union et étaient servis par les ministères de Vereinigung Apostolischer Christen en Suisse. En 1956 plusieurs groupes apostoliques reformées se rassemblaient à Düsseldorf et fondaient l'Union des communautés apostoliques.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique a été déchirée par de continuelles divisions, dues essentiellement à l'autorité absolue et il faut le dire, dictatoriale[non neutre], de son "apôtre-patriarche". Dès 1951, on constate un mouvement d'opposition à ce dernier et surtout à son message qui devient inacceptable. Certains apôtres supportent mal le despotisme de "l'apôtre-patriarche" Johann-Gottfried Bischoff ( 1871-1960), le culte de sa personne et sa prétendue révélation liant le retour du Christ à ses prophéties.

Le principal apôtre néo-apostolique opposé à "l'apôtre-patriarche", à l'origine de l'Union des Chrétiens Apostoliques, est Otto Güttinger de la Suisse. Par la suite, il sera rejoint par son père retraité Ernest Güttinger et environ 1.000 fidèles.

Ernest Guttinger naît le 19 août 1877 à Dubendorf, en Suisse. Dès son jeune âge, il rejoint l'Église Néo-Apostolique. En 1948, il propose que le siège de cette Église soit transféré en Suisse, pays neutre, et que "l'apôtre-patriarche" ne soit pas choisi à vie. Ces propositions déplaisent fort à "l'apôtre-patriarche" et Ernest Güttinger se voit obligé de prendre une retraite anticipée en 1951. Il décède le 6 février 1960. Il est enterré au cimetière d'Enzenbuhl à Zurich par l'apôtre Peter Kuhlen de Rhénanie, le 10 février 1960.

Fils du précédent et de Marie Leyrer, Otto Güttinger naît le 10 janvier 1907 à Schaffhouse. Il fait des études de typographe de 1922 à 1926. En 1928, il déménage à Bâle et se marie. Il devient apôtre néo-apostolique le 7 décembre 1941. Sa première femme meurt peu après la naissance du quatrième enfant. Otto Güttinger est sans nul doute le chef de file et le promoteur de la foi néo-apostolique en Suisse. En 1954, il contredit ouvertement "l'apôtre-patriarche", car ce dernier exige des fidèles, candidats au "Saint-scellé", la promesse de croire à sa révélation infaillible. Otto Güttinger s'élève contre les erreurs de doctrine en rédigeant son Manifeste diffusé partout. Il meurt le 5 juillet 1960. Il est enterré à Zofingen, le 8 juillet, par le même apôtre Peter Kuhlen.

Peter Kuhlen naît le 30 septembre 1899. Il est comptable de métier. "Scellé" à 16 ans, il devient apôtre à Düsseldorf le en 1935. Le 1er août 1948 il est désigné et ordonné comme successeur de "l'apôtre-patriarche" Bischoff, mais il renonce à cette charge en 1950 à cause d'une opposition et des intrigues contre sa personne. Il s'oppose fermement aux révélations de "l'apôtre patriarche" Bischoff, dès 1951, et était finalement excommunié de l'Église Néo-Apostolique avec d'autres apôtres.

Deux autres apôtres allemands, Ernest Dunkmann et Siegfried Dehmel, participent également à ce mouvement de contestation et crée, le 24 janvier 1955, à Düsseldorf, la Communauté Apostolique était fondée. En 1956 les divers dissidences mondiales se réunissent pour devenir l'actuelle Union des communautés Apostoliques. La circonscription de Düsseldorf a été créée par Peter Kuhlen.

Le combat par la parole et par la plume est surtout violent en 1954. C'est pour cela que les apôtres suisses Ernest et Otto Güttinger, les apôtres allemands Peter Kuhlen, Siegfried Dehmel et Ernest Dunkmann sont exclus de l'Église Néo-Apostolique par "l'apôtre-patriarche" Bischoff, le 23 janvier 1955, avec douze évêques et plusieurs anciens de circonscription. Tous les fidèles exclus se fédèrent dès janvier 1956 pour donner naissance à l'Union des Communautés Apostoliques. Peter Kuhlen décède le 17 novembre 1986, après avoir donné de solides bases à cette Union. Entretemps il y en a la troisième génération d'apôtres qui gère l'union.

Communautés et Organisation[modifier | modifier le code]

Actuellement trois communautés d'un total d'environ 200 fidèles se rassemblent le dimanche matin pour un culte simple et dans quelques communautés le mercredi soir pour une réunion.

La communauté de Schiltigheim-Strasbourg était fermée en 2006, celle de Merlebach en 2008.

L'ensemble de l'Union est dirigé par le Conseil des apôtres, chaque apôtre étant responsable d'une circonscription. La France, le Luxembourg et la Suisse formait une circonscription dont le siège était à Zurich, 20, Carl Spitelerstrasse. Jusque 1991 quand après des décennies sous la conduite de la Suisse, les communautés françaises acquirent plus d'indépendance après l'ordination le 15 décembre 1991 d'André Grein, un apôtre français. Depuis 2004 l'apôtre Norbert Schaeffer gère l'union. À partir du 1er juin 2007 il est aussi spirituellement responsable pour les communautés allemandes dans la Sarre, qui restent désormais part de l'organisation de l' Apostolische Gemeinschaft, l'église sœur en Allemagne.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Au début la doctrine de l'union n'était pas très différente de celle de l'église néo-apostolique. Mais depuis les années 1970 les apôtres européens ont fait des profonds changements de doctrine. La profession de foi est le Symbole des apôtres et le Symbole de Nicée-Constantinople. La première profession de 1958 avait 9 articles encore très proches des articles de l'église néo-apostolique de ce temps. En 1984 et 1991 un nouveau catéchisme en deux livres était édité dans lequel pour la première fois la foi apostolique était expliqué en texte plein et très proche de la bible. En 1984 on a aussi réduit la profession à 6 articles avec beaucoup de changements. Pour la première fois Jésus est nommé tête de l'église. À partir des années 1990 la reformation de la foi continuait et les sacrements étaient modifiés complètement. Aussi en 2005 on a introduit le "Symbole des apôtres - Apostolicum".

Depuis la réforme, le catéchisme qui s’appuie sur la Bible est en harmonie avec l’enseignement du plan de salut de Dieu en Jésus-Christ, tel qu’il est pratiqué dans l’Alliance Evangélique.

L'Église connaît trois sacrements :

  • le baptême par aspersion des enfants fait entrer dans l'alliance de grâce. Par lui, le croyant devient un membre de la sainte église chrétienne. C'est le baptême d'esprit et de feu.
  • la Sainte-Cène : par elle, le croyant s'approprie les mérites de Jésus-Christ. Elle est célébrée chaque dimanche sous forme d'une hostie trempée dans un peu de vin. Ces deux substances doivent être consacrées par un ministère sacerdotal. Même les enfants en bas âge peuvent participer à la cène.
  • le Saint-Scellé, fait que le Saint-Esprit a pris possession d'un croyant. Par le Saint-Esprit Dieu rend capable le croyant de reconnaitre Jésus-Christ comme son Sauveur.

Ni les sacrements ni les ministères sont considérés comme nécessaire pour le salut. C'est seulement Christ qui donne le salut.

Ministères[modifier | modifier le code]

Selon la hiérarchie, les ministères dans l'Église sont ceux d'apôtre, d'évêque, d'ancien, d'évangéliste, de berger, de prêtre, de diacre. Depuis 2004, l'ordination de femmes est possible. Actuellement, il y a des femmes qui exercent des ministères en Allemagne et aux Pays-Bas. Il y existe des femmes prêtre en Allemagne plus une femme d'ancien depuis 2015 ainsi qu'une femme berger aux Pays-Bas. Une femme a été ordonnée par l'Apôtre Schaeffer au début de juin 2007 pour la communauté de Sarrebruck à Völklingen. De nos jours, le ministère général de chaque membre devient de plus en plus important.

Activités œcuméniques[modifier | modifier le code]

En Europe, un certain nombre de communautés participent à la semaine de l’Alliance Évangélique, et/ou à Pro-Christ. Par ailleurs, en Allemagne et en Suisse l'église est membre de l’ACK. De plus, en Saxe et en Rhénanie du Nord- Westphalie, elle travaille dans les fédérations ACK régionales. En Hollande, elle participe depuis 25 ans aux cultes œcuméniques dans les chapelles d’autoroute. Également en France, les réunions sont ouvertes à tous. Depuis 2007 l'union française participe à la semaine d'alliance évangélique (Allianzwoche) de St.-Avold. Une coopération avec l'église protestante de Sarreguemines commençait déjà en 1998. Norbert Schaeffer a été invité à célébrer un baptême lors d’un culte à l’église réformée de Savoie. Il a participé à différents évènements œcuméniques (mariage catholique,

enterrement protestant, formation en centre multiconfessionnel).

Publications[modifier | modifier le code]

Le Héraut est le journal bimensuel de l'Union pour l'édification de la foi apostolique, polycopié pour les membres de langue française. Pour ceux de langue allemande il existe depuis 1954 comme journal mensuel édité d'abord à Zofingen en Suisse et depuis 1993 à Düsseldorf en Allemagne.

Liens[modifier | modifier le code]

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