Aller au contenu

Une souris verte (chanson)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Une souris verte est une chanson enfantine ou comptine française, datant du XVIIIe siècle[1] ou de la fin du XVIIe siècle[2]. Il existe de nombreuses variantes de cette chanson.

Origine incertaine[modifier | modifier le code]

Cette chanson anonyme, très connue dans toutes les régions de France et dans plusieurs pays francophones (Liban, Tunisie, Haïti, Suisse romande, Belgique et Canada), paraît remonter à la fin du XVIIe siècle ou au commencement du XVIIIe siècle[2].

Les origines de cette chanson sont obscures. Les interprétations qui ont été proposés doivent être appréhendées avec une très grande prudence. On a ainsi prétendu que ses paroles absurdes seraient l'allégorie d'une initiation alchimique. Une telle explication est cependant peu probable.

Une autre hypothèse avancée est que la fameuse « souris verte » ferait référence à un soldat vendéen dont la tenue était parfois verte. Traqué par des soldats républicains pendant la guerre de Vendée (l'herbe pouvant faire référence aux embuscades de le bocages vendéen), il aurait été capturé, exposé puis torturé à mort (l'huile et l'eau feraient référence aux supplices de la Mort par ébouillantage et de la noyade)[3], l'escargot pouvant enfin être une comparaison avec une position de recroquevillement suite aux supplices. Cette hypothèse est elle aussi très sujette à caution. Elle ne s'est répandue dans les médias (et notamment sur Internet) qu'à partir des années 2010. Les sites qui la soutiennent sur Internet se copient tous les uns les autres, sans jamais citer des folkloristes ou des historiens de la chanson française à l'appui de leurs affirmations. En outre, aucun ouvrage spécialisé n'a cité Une Souris verte parmi les nombreuses chansons engendrées par la Révolution française.

Une version non documentée ferait référence à la chasse aux sorcières que l'on menait au bûcher. La souris serait une femme, accusée de sorcellerie et essayant d'échapper à ses bourreaux. On la jugerait alors coupable (je la montre à ces messieurs) et l'enduirait d'huile et d'eau avant de la mener au bûcher.

Paroles[modifier | modifier le code]

Première partie[modifier | modifier le code]

Une souris verte
Qui courait dans l'herbe
Je l’attrape par la queue,
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent :
Trempez-la dans l’huile,
Trempez-la dans l’eau,
Ça fera un escargot
Tout chaud

Variantes[modifier | modifier le code]

  • À la place de « Une souris verte » :
    • Une souris blanche[4]
    • Une poule verte[4]
  • À la place de « Une souris verte »« Qui courait dans l'herbe » :
    • J’ai une poule rouge
      Qui vient de Toulouse[4]
  • À la place de « Je la montre à ces messieurs »« Tout chaud » :
    • Je la donne à ce monsieur
      Ce monsieur ne la veut pas
      Je la garde pour moi[4]
  • Entre « Ces messieurs me disent » et « Trempez-la dans l’huile » :
    • Où l’avez vous prise ?[5]
  • À la place de « Ça fera un escargot » :
  • À la place de « Tout chaud » :
    • Tout bouillant, tout chaud[5]
  • Après « Tout chaud » :
    • La cuillère à pot[6]
    • Dans la rue Boichot
      Numéro zéro[6],[5]
    • Dans la rue Carnot
      Numéro zéro[4]
      • De Monsieur Pierrot[4]

Deuxième partie[modifier | modifier le code]

Je la mets dans un tiroir,
Elle me dit qu'il fait trop noir

Je la mets dans mon chapeau,
Elle me dit qu'il fait trop chaud

Je la mets dans ma culotte,
Elle me fait trois petites crottes

Variantes[modifier | modifier le code]

  • En remplacement de certains vers ou en rajout :
  • À la place de « Elle me fait trois petites crottes » :
    • Elle me fait crotte crotte[4]
    • Elle me mange ma carotte[4]
  • En remplacement :
    • Quelle est sa marraine ?
      C’est une sauterelle
      Quel est son parrain ?
      C’est un vieux lapin[4]
  • Ajouté à la fin quand utilisée comme comptine:
    • Un, deux, trois,
      C’est toi ![7]

Mélodie[modifier | modifier le code]


\header {
  tagline = ##f
}

\score {
  \new Staff
     %%%% \with { \remove "Time_signature_engraver" }
<<
  \relative c'' {
    \key g \major
    \time 2/4
    \override TupletBracket #'bracket-visibility = ##f 
    \set Score.tempoHideNote = ##t \tempo 4 = 78
    \autoBeamOff

     %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%% Une souris verte
     \repeat unfold 2 { g8 g g a g4 d }
     \repeat unfold 2 { c'8 b a b c b a4 }
     \repeat unfold 2 { g8 g g a g4 d }
     g8 g g g a4  g8 g a g a d g,4 d' g, g8 g 
     g8 g g g a4  g8 g g g g g a4
     g8 g g g g g a4
     g8 g g g a d g,4\fermata r4
\bar "|."
  }

  \addlyrics {
     U- ne sou- ris ver- te Qui cou- rait dans l'her- be, Je l'at- tra- pe par la queue, Je la montre à ces mes- sieurs Ces mes- sieurs me di- sent: Trem- pez- la dans l'hui- le, Trem- pez- la dans l'eau, Ça fe- ra un es- car- got Tout chaud. Je la mets dans un ti- roir, Elle me dit qu'il fait trop noir, Je la mets dans mon cha- peau, Elle me dit qu'il fait trop chaud.
  }
>>
  \layout {}
  \midi {}
}

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joseph Vebret, Petit manuel des mamans, Paris, l'Archipel, , 158 p. (ISBN 978-2-8098-0151-4)
  2. a et b Claudine Sabatier, Roland Sabatier et Anne Bouin, Troisieme livre des chansons de France, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Decouverte cadet », (ISBN 2-07-039535-9 et 978-2070395354)
  3. « Érotisme, torture, cannibalisme… La face cachée des comptines françaises », sur lefigaro.fr, (consulté le )
  4. a b c d e f g h i j k l et m « Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes », sur Gallica, (consulté en ) : « Une souris verte », p. 125
  5. a b c et d « Société des amis des arts et des sciences de Tournus », sur Gallica, (consulté en ) : « Une souris verte », p. 187
  6. a et b Anne-Marie Desdouits, Le Monde de l'enfance : traditions du pays de Caux et du Québec (ISBN 9782763772127)
  7. « Revue des traditions populaires », sur Gallica, (consulté en ) : « Une souris verte », p. 468

Références externes[modifier | modifier le code]