Une scène au jardin de Roundhay

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53° 49′ 32.99″ N 1° 29′ 41.84″ O / 53.8258306, -1.4949556

Une scène au jardin de Roundhay
Description de cette image, également commentée ci-après

Image d'Une scène au jardin de Roundhay.

Réalisation Louis Aimé Augustin Le Prince
Acteurs principaux

Adolphe Le Prince
Sarah Robinson Whitley
Joseph Whitley
Harriet Hartley

Pays d’origine Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Genre Essai
Durée 2 secondes
Sortie 1888

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une scène au jardin de Roundhay (ou Roundhay Garden Scene en anglais) est le titre donné à un essai de film, tenté en 1888 par l'inventeur français Louis Le Prince. Ne comportant que des photographies fixes obtenues par un procédé de chronophotographie, cette tentative n'a jamais pu être visionnée en mouvement. En 1930, les photographies ont été reproduites sur film 35 mm par le procédé du banc-titre, reconstituant ainsi le mouvement que Le Prince n'avait pas réussi à voir. Le titre lui a été donné à cette époque, aucun titre proposé par Le Prince n'ayant été retrouvé avec les photographies.

Il est parfois considéré, rétrospectivement, comme le premier film à avoir été tourné[1],[2].

Description de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Une scène au jardin de Roundhay, reproduction en 1930 sur pellicule de cinéma des vignettes prises par Le Prince.

La scène se déroule dans la propriété d'Oakwood Grange appartenant à Joseph et Sarah Whitley, à Roundhay (en), un faubourg de la ville de Leeds, dans la région du West Yorkshire, en Angleterre. La tentative de prise de vues animées met en scène quatre personnes se promenant dans un jardin : Adolphe (le fils de Louis Le Prince), Sarah Whitley, Joseph Whitley et Harriet Hartley.

Sarah Whitley marche à reculons et les pans du manteau de Joseph Whitley semblent voler bizarrement au vent. En effet, la reproduction de la série de photographies en 1930 a été faite par inadvertance dans l'ordre chronologique inverse. Ces photographies n'ayant jamais pu être visionnées en mouvement auparavant par quiconque et par quelque procédé que ce fût, les techniciens du laboratoire n'ont pas prêté attention à cette inversion, leur but étant alors de sauvegarder les vignettes originales, et non de les visionner.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Le Prince : lui-même
  • Sarah Robinson Whitley : elle-même
  • Joseph Whitley : lui-même
  • Harriet Hartley : elle-même (non confirmée)

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Louis Le Prince invente et construit un appareil de prise de vues sur ruban papier, équipé d'un seul objectif (contrairement à sa première invention, un appareil de chronophotographie à seize optiques et seize plaques de verre enduites de collodion), le MK2, dont il dépose le brevet le 11 janvier 1888. Il fait des essais concluants à Leeds, en Angleterre, puis, le 14 octobre 1888, dans la propriété d'Oakwood Grange appartenant à ses beaux-parents, les Whitley, à Roundhay (en), un faubourg de Leeds, mais il ne réussit pas à les visionner en mouvement, par quelque procédé que ce soit, bien qu'une certaine légende affirme le contraire sans preuve aucune, ainsi que le remarque l'historien Stephen Herbert, de l'Université de Kingston[3].

Datation de l'essai de film[modifier | modifier le code]

Sarah Robinson Whitley, belle-mère de Louis Le Prince, décède à l'âge de 72 ans le 24 octobre 1888 et est inhumée le 27 octobre 1888 en la chapelle Saint-Jean de Leeds. Sa présence en vie sur les photographies indique donc que la prise de vues a eu lieu avant ces deux dates.

D'après les déclarations d'Adolphe Le Prince, les photographies ont été prises le 14 octobre 1888 à Oakwood Grange, la maison de Joseph et Sarah Whitley, soit dix jours seulement avant la mort de Sarah Whitley.

Reproduction des vignettes sur film 35 mm[modifier | modifier le code]

Une scène au jardin de Roundhay : les 20 vignettes originelles, qu'il était impossible de voir ou de projeter en mouvement à l'époque de leur réalisation.

En 1930, le National Science Museum (NSM ; actuel Science Museum), à Londres, reproduit au banc-titre sur pellicule de cinéma 35 mm les 20 vignettes originelles prises par Le Prince. C'est seulement à partir de cette date que l'on peut voir les vignettes en mouvement. D'après Adolphe Le Prince, les vignettes avaient été enregistrées à une cadence de 12 à la seconde, et la tentative suivante de son père, Le Pont de Leeds, à une cadence de 20 vignettes à la seconde. C'est à cette cadence qu'a été tourné image par image la copie 35 mm du NSM, soit une durée de 1,66 secondes.

Le National Museum of Photography, Film and Television (NMPFT ; actuel National Media Museum), à Bradford, a également produit une version remastérisée digitale. Cette version a doublé le nombre de vignettes et présente 52 images, pour une durée de 2,11 secondes à la fréquence de 24,64 images par seconde (fréquence standard actuelle des films de cinéma [24] ou de télévision [25]).

Destin des protagonistes[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre 1888, dix jours après la prise de vue, Sarah Robinson Whitley, l'une des quatre personnes présentes sur le film, meurt à l'âge de 72 ans. Le 16 septembre 1890, alors qu'il est sur le point de breveter un projet d'appareil de projection à Londres et de l'exposer avec le MK2 pour la première fois au public à New York, Louis Le Prince disparaît lors d'un voyage en train entre Dijon et Paris. En 1902, deux ans après avoir témoigné sur la disparition de son père, Alphonse Le Prince est tué par balle à New York.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Au temps du cinéma muet », sur culture.fr (consulté le 15 décembre 2015).
  2. (en) Peter Bradshaw, « The First Film review – the mystery of a cinema pioneer », sur theguardian.com,‎ (consulté le 15 décembre 2015).
  3. (en) Stephen Herbert, « Louis Aimé Augustin Le Prince », sur victorian-cinema.net (consulté le 15 décembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]