Une exécution ordinaire (film)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Une exécution ordinaire (roman).
Une exécution ordinaire
Réalisation Marc Dugain
Scénario Marc Dugain
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Film historique
Film dramatique
Durée 105 minutes
Sortie 2010

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une exécution ordinaire est un film français réalisé par Marc Dugain, sorti le 3 février 2010.

Il s'agit de l'adaptation de la première partie, intitulée Je ne suis que Staline, de son propre roman éponyme paru en 2007.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire du film s'organise autour de deux personnages principaux : à l'automne 1952, Anna, médecin urologue et magnétiseuse, qui est appelée pour soulager dans le plus grand secret les douleurs de Joseph Staline, à la fois bienveillant et barbare.

Fin 1952, Anna Atlina (Marina Hands), jeune urologue dans un hôpital moscovite et qui fait preuve par ailleurs d’un don incontestable de magnétiseuse, attire beaucoup de patients, ce qui ne va pas sans susciter la jalousie de nombre de ses collègues. Elle doit en outre repousser régulièrement les avances de son chef de service libidineux et menaçant (Grégory Gadebois), tandis que le directeur de l’hôpital (Tom Novembre), secrètement amoureux d’elle, s’efforce au contraire de la protéger. Ce dernier l’informe ainsi de l’existence d’une pétition contre elle lui reprochant des méthodes de travail individualistes, obscurantistes et antisocialistes.

Anna et Vassili, son mari physicien (Édouard Baer), vivent dans un petit appartement, privilège rare réservé à l’élite, mis à leur disposition par le régime, sous la surveillance intrusive et déplaisante du concierge de l’immeuble (Denis Podalydès), indicateur du KGB. Ils s’aiment passionnément et cherchent vainement à avoir un enfant. Ils se réfugient tous deux dans le travail (Vassili « travaille comme un fou » car, confie-t-il, « si je ne travaille pas, je pense et si je pense, je meurs »). Son supérieur étant brusquement « tombé malade », Vassili est destiné à le remplacer, ce qui ne va pas sans l’inquiéter, car il va ainsi se trouver davantage exposé. La vie quotidienne, toute empreinte de grisaille, est faite de pénurie, de dénonciations et de contrôles incessants pratiqués par une police toute puissante. Seul l’amour que se portent ces deux êtres leur permet d’oublier un peu chaque soir cette atmosphère glauque et pesante. Encore faut-il qu’ils soient discrets car, selon le concierge, qui, tel une araignée dans sa toile, sort toujours opportunément de sa loge lorsqu’Anna entre ou sort de l’immeuble, les voisins « se plaignent de ses cris de jouissance ».

Un jour, l’existence d’Anna est bouleversée : des agents du KGB frappent à la porte de son bureau à l’hôpital et lui intiment l’ordre de les suivre immédiatement. Elle est emmenée au Kremlin, empoignée lorsqu’on la sort de la voiture et, tandis qu’elle suit les policiers dans des couloirs interminables et sinistres, personne ne répond à ses questions. Parvenue dans une vaste pièce où des gardes impavides et immobiles se font face, on lui intime l’ordre de s’assoir et, quand elle demande la permission d’aller aux toilettes, on le lui interdit en attendant la fouille. Bientôt, on vient la chercher et elle est introduite dans un grand bureau où elle fait face à Staline (André Dussollier) en personne. Terrorisée, elle lui donne du « Maître », tandis que celui-ci, paternaliste et bonhomme, lui demande de l’appeler seulement « Camarade ». Il lui indique que, depuis que le complot des blouses blanches a été démasqué, il n’a plus de médecin personnel, qu’Il a été informé de ses talents de magnétiseuse, qu’il souffre, notamment d’une jambe, et aimerait qu’elle le soulage, ce dont elle s’acquitte avec promptitude et non sans angoisse.

Satisfait de ses services, le dictateur paranoïaque s’enquiert alors de sa famille et de son mari et lui indique qu’il attend d’elle une discrétion absolue. Il exige, sans plus de ménagements, qu’elle quitte toute de suite son mari.

Accablée, Anna rentre chez elle, y retrouve Vassili et lui dit aussitôt, sans autres explications, qu’elle a rencontré un autre homme « haut placé » et qu’il faut qu’ils se séparent immédiatement. Vassili, abasourdi et anéanti, ne comprend pas, mais, pressentant sans doute quelque terrible secret, ne s’oppose pas à l’exigence d’Anna.

Anna retourne à l’hôpital, à la stupéfaction générale, car on n’est pas habitué à revoir aussi rapidement — et intactes — des personnes emmenées par des agents du KGB. Et sa double vie commence. Pour sortir de cette situation impossible, Anna vole un flacon à l’hôpital et confectionne une gélule de cyanure, à toutes fins utiles (pour elle ou pour le tyran ?). Las, à son arrivée pour la deuxième séance avec le dictateur, elle est fouillée et la gélule est confisquée. Plus tard, Staline lui demandera — sans trop s’attarder car, s’il n’a pas plus confiance en cette femme que dans le reste de l’humanité, il a trop besoin d’elle pour s’en séparer tout de suite — à qui était destiné ce cyanure et veut bien se satisfaire de la réponse qu’elle lui donne : la gélule était pour elle.

Inquiet de ce qu’elle pourrait révéler à ses proches, Staline fait emprisonner tous les membres de son entourage. Un jour, des policiers viennent ainsi arrêter son mari à leur domicile pour l'enfermer à la Loubianka, prison centrale du régime. Avec un cynisme tranquille, Staline, qui « ne veut pas être taxé de favoritisme », lui confie avoir résolu ainsi le problème que posait le divorce du couple s'agissant du logement familial. Alors qu’elle le supplie d’épargner Vassili, Staline lui demande si elle savait que son mari était d’origine juive puis, avec un sadisme bonhomme, lit des extraits d’un rapport qui lui a été adressé. Certes, on a un peu torturé son mari (« on lui a cependant laissé le seul testicule qu’il possède ») — sans doute pour bien faire, alors que lui, Staline, n’avait rien demandé en ce sens, croit-il bon de préciser — mais « il est en bonne santé ». Comme le pays a besoin de physiciens, Vassili ira dans un centre nucléaire, où lui, qui ne boit pas, devra « bien sûr » se mettre à l’alcool pour se protéger des radiations. Et Staline se laisse ensuite aller à monologuer, faisant ainsi à Anna des confidences d’ordre géopolitique — notamment sur Hitler, Roosevelt et Truman — et sur sa philosophie de l’existence, où cynisme et machiavélisme le disputent à la brutalité. Non sans perversité, il lui demande ensuite si elle se rend compte combien ces apartés sont dangereux pour elle. Elle accompagne ensuite Staline lors d’un déplacement dans sa datcha sur les bords de la mer Noire où un domestique avec lequel elle échange quelques mots lui fait part de sa joie suite à la naissance de son petit-fils, un certain Vladimir Vladimirovitch Poutine.

Rentré au Kremlin, Staline est pris d’un violent mal de tête et repousse Anna, qui ne lui est plus d’aucun secours. Puis, il s’assoupit. Pendant qu’il dort, Anna, non sans épouvante, aperçoit sur son bureau un ordre manuscrit tendant à « la faire disparaitre ». Le dictateur se réveille, se dresse, fait quelques pas, puis s’écroule, saisi de convulsions dues à une attaque. Anna se précipite sur l’ordre d’exécution la concernant, le mâche, l’avale et part en laissant le vieux dictateur étendu mourant sur le tapis de son bureau.

Des images d’archives télévisées montrent ensuite une foule éplorée faisant la queue pour saluer une dernière fois la dépouille du despote.

Plus tard, Vassili, vieilli de dix ans, hébété, le visage tuméfié, réintègre l’appartement. Anna lui dit qu’elle l’aime, qu’elle n’a jamais aimé que lui, que tout cela n’a été qu’un rêve…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]