Une autre voix juive

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Une Autre Voix Juive (UAVJ) est le titre d'un manifeste paru en 2003 dans le Journal Le Monde signé par de nombreux intellectuels et artistes juifs, parmi lesquels Pierre Vidal-Naquet, Raymond Aubrac, le député européen Alain Lipietz, Mireille Mendès-France (Mendès France a été le nom de son mari, née Fanon elle n'est pas juive), l'ambassadeur de France Stéphane Hessel (N'a jamais été juif non plus)...

C'est donc à tort de prendre ce vocable "Une autre voix juive", au moins pour Mireille née fanon et Stéphane Hessel)

Ce manifeste veut faire entendre "une autre voix juive" : il affirme le désaccord des signataires avec la politique menée par le gouvernement israélien et dénonce les violences contre la population palestinienne. Il soutient les forces de paix israéliennes et palestiniennes pour la réalisation des droits nationaux palestiniens, dans la paix et la sécurité pour tous les peuples du Proche-Orient.

C'est aussi un collectif, animé par Pascal Lederer, qui poursuit les objectifs énoncés dans le manifeste en publiant des articles dans le presse ou sur le site web UAVJ, en participant à des débats publics ou des actions politiques collectives. Il participe aux réunions du Collectif national pour une paix juste et durable au Proche Orient.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le manifeste a été publié pour la première fois dans Le Monde du 7 avril 2003, puis dans l'Humanité du 8 avril. Il a été publié sous une forme réactualisée en 2004 dans Le Monde.
Il a été lancé à l'initiative de deux personnalités scientifiques, Olivier Geburhrer, mathématicien universitaire, et Pascal Lederer, physicien directeur de recherches au CNRS, et signé par 1150 citoyens français juifs ou d'origine juive. il veut faire apparaitre la diversité d'opinion des Français juifs dont une partie importante ne se reconnait pas dans les positions du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), sur le conflit au Proche Orient.

Les positions d'UAVJ[modifier | modifier le code]

  • En poursuivant l'occupation et la colonisation en Cisjordanie, en construisant le mur de séparation, en intervenant militairement à Gaza, en commettant des assassinats ciblés et des violences contre la population civile palestinienne, le gouvernement israélien fait obstacle à la réalisation de droits nationaux palestiniens, condition fondamentale d'une paix juste et durable au Proche Orient.
  • UAVJ dénonce ceux dont la solidarité avec le peuple palestinien n'est que le masque d'un antisémitisme déguisé, mais la critique de la politique israélienne ne saurait être assimilée à de l'antisémitisme.
  • la paix ne peut reposer que sur le respect des droits des peuples proclamés dans le Charte de l'ONU, qui implique le droit pour tous les peuples du Proche Orient de vivre dans des frontières sures et reconnues internationalement. UAVJ a approuvé et soutenu "l'initiative de Genève" qui constitue, avec les résultats des négociations de Taba, la base d'un accord de paix.
  • Le Hamas, quoique porté au gouvernement palestinien par une procédure démocratique, constitue une régression politique dangereuse pour le peuple palestinien. Il devrait reconnaitre qu'aucune réalisation des droits nationaux palestiniens n'est possible sans la reconnaissance de la légitimité de l'état d'Israël. La pratique des attentats visant des civils en Israël est condamnable politiquement et éthiquement. Elle n'a fait que pousser l'opinion publique israélienne vers des solutions de force.
  • UAVJ a condamné l'agression israélienne au Liban, les crimes israéliens contre les populations civiles libanaises, le bombardement des centres urbains au Liban comme le bombardement de centres urbains par le Hezbollah. Bien qu'il ait joué un rôle décisif dans la résistance à l'agression israélienne, le Hezbollah ne peut être considéré comme une force démocratique. UAVJ condamne ses liens avec l'Iran, son objectif de "destruction de l'entité sioniste" et son silence devant la politique antisémite affichée par le président Ahmadinejad.

Objectifs[modifier | modifier le code]

  • Faire pression pour que la France, où cohabitent les deux plus importantes populations juive et maghrébine d'Europe, prenne des initiatives diplomatiques de paix avec les pays du Maghreb, qu'elle appelle et soutienne des initiatives européennes.
  • Renforcer les solidarités qui lient les citoyens juifs à leurs concitoyens de toute origine, sur la base de l'égalité des droits et du respect des droits des peuples.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • LE MONDE - 25 juillet 2004 - Repères ANTISÉMITISME. À la suite d'un article intitulé « Protestation d'«Une autre voix juive» » ( Le Monde du 23 juillet), Pascal Lederer, coanimateur de cet appel, tient à préciser que ce collectif « défend les droits de tous les peuples du Proche-Orient, palestinien comme israélien et appelle à une mobilisation contre l'augmentation des violences antisémites et du racisme anti-arabe en France ».
  • LE MONDE | 15 novembre 2003 | par Olivier Gebuhrer et Pascal Lederer | Un soutien ambigu :Tariq Ramadan a pris pour étendard dans un récent point de vue ( Le Monde du 29 octobre) l'expression « Une autre voix juive ». Les initiateurs du manifeste auraient à première vue toutes raisons d'être heureux de la tournure des choses...