Un flic (film, 1972)

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Un flic
Réalisation Jean-Pierre Melville
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Film policier
Thriller
Sortie 1972


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Un flic (titre italien : Notte sulla città) est un film franco-italien réalisé par Jean-Pierre Melville, tourné en 1971-1972 et sorti en salles le [1],[2].

Devise[modifier | modifier le code]

« Les seuls sentiments que l'homme ait jamais été capable d'inspirer au policier sont l'ambiguïté et la dérision… » (François-Eugène Vidocq)

Synopsis[modifier | modifier le code]

Simon (Richard Crenna), Louis, Marc (André Pousse) et Paul forment un gang dont les coups sont minutieusement préparés et minutés. En effet, ils sont loin d'être de jeunes voyous. Tandis que Simon possède une boîte de nuit rue d'Armaillé, le Simon's, Paul est un ancien sous-directeur de banque de soixante ans, licencié pour des raisons de compression de personnel, qui fait croire à sa femme qu'il a été nommé directeur du personnel dans une entreprise à Strasbourg. Cette imposture lui permet de justifier ses longues absences, tout en garantissant un confortable train de vie à son épouse, demeurée à Paris.

Le en fin d'après-midi, les quatre hommes attaquent une banque à Saint-Jean-de-Monts en Vendée. Au cours du braquage, Marc est grièvement blessé. Ses complices le font hospitaliser dans une clinique à Paris sous un faux nom. Mais le lendemain, apprenant par la presse que la police recherche un homme blessé par balles lors du hold-up, les trois autres malfrats décident de l'exfiltrer. Comme leur tentative échoue, ils font alors achever leur complice par Cathy (Catherine Deneuve), la maîtresse de Simon, déguisée en infirmière.

Chaque soir, le commissaire Édouard Coleman (Alain Delon) commence son « périple » par la descente des Champs-Élysées. Son domaine, ce sont les nuits parisiennes : assassinats de prostituées, jeux clandestins, pickpockets, pédérastie. Il finit régulièrement sa tournée à la fermeture de la boîte de nuit de Simon, dont il semble ignorer les activités criminelles. Une amitié vénéneuse lie les deux hommes, qui sont tous deux amants de la même femme, Cathy.

Le commissaire Coleman apprend par un indicateur, le travesti Gaby, qu'une importante quantité de drogue va transiter à bord du train Paris-Lisbonne. Le transfert doit être effectué par un « passeur professionnel », un certain « Mathieu-la-Valise », avec la complicité d'un douanier. Coleman monte une opération pour prendre sur le fait le « passeur » et le douanier à Bayonne.

Or, ce qu'ignore Coleman, c'est que Simon et sa bande ont projeté un nouveau coup, particulièrement audacieux : l'agression de « Mathieu la Valise » pendant le trajet, sur une ligne droite de la ligne de Bordeaux-Saint-Jean à Irun, avec fuite par hélicoptère. Le coup réussit : la précieuse marchandise s'envole dans les airs avec Simon. Le lendemain, à Paris, apprenant que « Mathieu-la-Valise » a été contrôlé à Bayonne sans son chargement, Coleman est furieux. Persuadé qu'il a été victime d'une machination, il s'en prend à Gaby.

Entre-temps, l'autopsie révèle l'identité du cadavre de Marc. Coleman parvient à établir le lien entre Marc et Louis, qu'il arrive à arrêter facilement. Contre toute attente, Louis finit par parler. Le commissaire retourne au Simon's pour faire comprendre à Simon, non sans une certaine ambiguïté, qu'il n'ignore plus rien de ses activités. Simon avertit Paul par téléphone. Celui-ci se suicide, alors qu'il est sur le point d'être arrêté. Simon organise sa fuite avec Cathy. Au petit matin, Coleman retrouve sa trace à la sortie d'un hôtel de l'avenue Carnot. Il l'interpelle mais il l'abat sous les yeux de Cathy, affirmant ensuite l'avoir vu sortir une arme.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Le hold-up fut tourné à Saint-Jean-de-Monts au café « Le Cardinal » (désormais « La Piscine ») maquillé en banque[3].

Un quai de la gare de Paris-Austerlitz, au départ du train de nuit Paris - Lisbonne (via Bordeaux).

Un quai et une voie de la gare de Bordeaux-Saint-Jean.

Les scènes relatives au poste de police dans le sous-sol du siège social de la société SERETE[4] à Paris, au 74 rue Regnault, dans le 13e arrondissement. C’est aujourd’hui le siège de la direction générale des ressources humaines du ministère de l’Éducation nationale.

Musique du film[modifier | modifier le code]

Le générique de fin est chanté par Isabelle Aubret avec la chanson C'est ainsi que les choses arrivent composée par Charles Aznavour et Michel Colombier et écrite par Charles Aznavour.

La bande originale du film de Michel Colombier est sortie chez Barclay avec le 45 tours 61.692. En face A figure C'est ainsi que les choses arrivent, en face B figure Un monsieur distingué[5]. Ces deux morceaux figurent sur le CD Jean-Pierre Melville Le Cercle Noir[6].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Tristan Renaud dans la revue Cinéma 72 est déçu par l'évolution de Jean-Pierre Melville et notamment par l'évolution de ses sujets, qui deviennent de simples histoires de voleurs. Il considère le scénario comme insignifiant[7].

Dans la revue Positif, Gérard Legrand est lui aussi très sévère à l'égard du film : « On n'ose parler de « vide », car ce mot a encore quelque chose de « mallarméen », qui force le respect. »[8]

Réception publique[modifier | modifier le code]

Après une première mondiale à Lyon pour l’inauguration des « 4 Pathé » le , le film sort le lendemain à Paris dans 15 salles (Gaumont-Colisée, Gaumont-Convention, Gaumont-Gambetta, Gaumont-Rive Gauche, Caravelle, Fauvette, Français, Victor Hugo ; 7 salles en périphérie), avec 106 102 entrées en 1re semaine. Après 11 semaines d’exploitation, le film totalise 354 806 entrées à Paris. Au total, le film totalise plus de 1,4 million de spectateurs sur toute la France, loin des 4,3 millions du Cercle rouge, mais proche du 1,9 million du Samouraï[9],[10],[11].

À noter[modifier | modifier le code]

  • C'est le dernier film de Jean-Pierre Melville. Il préparait son prochain film Contre-enquête avec Yves Montand. Après sa mort, Philippe Labro entreprit de reprendre le projet avant de renoncer.
  • Jean-Pierre Melville a placé dans le film ses deux voitures personnelles, une Pontiac Firebird grise de 1969 en figuration, et une Plymouth Fury III noire de 1966 conduite par Michael Conrad lors du braquage de la banque, comme il l'avait déjà fait dans Le Cercle rouge en 1970.
  • Vers la quinzième minute du film lorsque le commissaire se trouve dans l'hôtel où il vient de constater la mort d'une jeune femme il se retourne, jette un regard autour du téléphone placé au mur sur lequel on peut voir le nom de Jeff Costello (nom de son personnage dans le Samouraï).

DVD[modifier | modifier le code]

Le DVD édité par Studio Canal Vidéo en comporte un documentaire sur le film avec Jean-François Delon (1er assistant réalisateur, frère d'Alain Delon) et Florence Moncorgé-Gabin (script-girl, fille de Jean Gabin) avec des extraits du Journal Télévisé de 20h du et de l'émission Pour le Cinéma du montrant des images du tournage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un flic de Jean-Pierre Melville, Arte, 19 mars 2014
  2. L'hommage de Delon à Melville :«Il était cinématographiquement génial», Le Figaro, 20 octobre 2017
  3. Quand Melville tournait son dernier film en Vendée, Ouest-France, 13 août 2017
  4. « Siège social de SERETE »
  5. pochette du 45 tours : http://www.encyclopedisque.fr/disque/20785.html
  6. Universal Music Jazz 530.857.4) sorti en juin 2008 ; sur ce CD figure également un medley instrumental: Un casse
  7. Tristan Renaud, « Un flic », Cinéma, no 171,‎ , p. 140
  8. Gérard Legrand, « Un flic », Positif, no 147,‎ , p. 80
  9. « Un Flic », sur jpbox-office.com (consulté le 17 novembre 2012)
  10. « Le Samouraï », sur jpbox-office.com (consulté le 17 novembre 2012)
  11. « Le Cercle rouge », sur jpbox-office.com (consulté le 17 novembre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]