Umarell

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Des Umarells observant le re-pavage à l'angle du Palazzo Re Enzo et de la via Rizzoli à Bologne en 2016.

Umarell (prononcé : [umaˈrɛl] ; revisitation moderne du mot en dialecte bolognais umarèl [umaˈrɛːl]) est un terme populaire à Bologne décrivant spécifiquement les hommes à l'âge de la retraite, qui passent le temps à regarder les chantiers de construction, en particulier les travaux routiers, et ayant comme postures caractéristiques leurs mains jointes dans le dos et la fourniture de conseils non-sollicités concernant les travaux[1].

Origine du mot[modifier | modifier le code]

Sa signification littérale est « petit homme » (aussi umarèin) parfois en association avec zdaura (ou żdåura [ˈÐdʌu̯ra]) faisant référence à la femme d'un umarell[2]. Le terme est utilisé comme moquerie légère ou comme auto-dépréciation.

Le terme moderne est popularisé en 2005 par l'écrivain local Danilo Masotti[3],[4] à travers deux livres et un blog associé[5],[6]. L'auteur définit les umarells comme étant des hommes à qui leur femme demande de quitter la maison dès le matin pour qu'ils ne restent pas à traîner dans leurs jambes[7].

En , le mot a été inclus dans le dictionnaire Zingarelli[8],[9],[10],[11],[12].

Cas d'utilisation[modifier | modifier le code]

En 2015, la ville de Riccione, à environ 130 kilomètres au sud-est de Bologne, a alloué un budget de 11 000  pour payer un salaire aux umarells pour superviser les chantiers dans la ville. Ils sont chargés de compter le nombre de camions entrant et sortant des chantiers, pour s'assurer que les matériaux étaient livrés ou enlevés conformément aux reçus, et prémunir les chantiers des vols lorsqu'ils sont sans surveillance[13]. La ville de San Lazzaro di Savena, à 6 kilomètres au sud-est de Bologne, a décerné le prix « Umarell de l'année» à un résident local, Franco Bonini[14],[15].

En 2016, l'association culturelle locale Succede solo a Bologna [« Cela n'arrive qu'à Bologne »] a publié la « carte Umarèl » en tant que moyen de collecter des fonds pour la poursuite de la restauration de l'église San Petronio[16],[17]. Par ailleurs, une application pour smartphone appelée Umarells a été publiée pour suivre l'emplacement des travaux routiers et des chantiers de construction en cours[18],[19]. La chaîne de restauration rapide Burger King a également « embauché » plusieurs umarells dans le cadre d'une campagne de marketing sur les réseaux sociaux pour promouvoir sa présence dans le pays[20].

En , la « commission consultative pour la dénomination des rues » de la mairie de Bologne a approuvé la dénomination d'une place publique à l'est du centre-ville dans le quartier de Cirenaica Piazzetta degli Umarells en reconnaissance de la renommée locale du concept et du nom (et notant avec ironie consciente que la place était en construction à l'époque)[21],[22],[23],[24].

En , la place publique a été inaugurée par le conseiller municipal Matteo Lepore, le président du district Simone Borsari, le « seigneur des umarells » Franco Bonini, le comédien de stand-up Maurizio Pagliari et l'écrivain Danilo Masotti[25]. Un an plus tard, le panneau de signalisation de la place a été volé[26].

En , le magazine de bandes dessinées Topolino a consacré un épisode à l'umarell Gerindo Persichetti[27].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (it) « Umarèlls a Bologna, pensionati in prima fila per assistere ai lavori in corso. "Ogni giorno controlliamo quel che succede nei cantieri" », L’Huffington Post, (consulté le )
  2. (it) Margherita Bianchini, 101 cose da fare a Bologna almeno una volta nella vita, Newton Compton Editori, , Item 40 p. (ISBN 9788854125469, lire en ligne)
  3. (it) « Blog | Bologna, all’inaugurazione di Piazzetta degli umarells c'erano tutti. Pure i contestatori », sur Il Fatto Quotidiano, (consulté le )
  4. (it) « La nostalgia degli 'umarells' è paralizzante. Bisogna cominciare a immaginarsi un futuro diverso », Ferraraitalia.it - Quotidiano di Ferrara - l'informazione verticale, (consulté le )
  5. (it) « "Oltre il cantiere. Fenomenologia degli umarells": se ne parla con Masotti », BolognaToday,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (it) « Esce 'Oltre il cantiere' di Masotti - Emilia-Romagna », ANSA.it,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Tom Kington Rome, « Umarell: Italy’s passionate pensioners enter dictionary », The Time,‎ (ISSN 0140-0460, lire en ligne, consulté le )
  8. (it) « La parola 'Umarell' entra nel vocabolario Zingarelli », Ansa, (consulté le )
  9. (it) « Gli ‘umarells’ bolognesi si aggirano ufficialmente nella lingua italiana », Dire, (consulté le )
  10. (it) « Bologna, gli «umarells» entrano nel vocabolario Zingarelli », Corriere di Bologna, (consulté le )
  11. (it) « Dal cantiere al dizionario: l'Umarèll è finito sullo Zingarelli », Repubblica, (consulté le )
  12. (it) « "Pensionato che si aggira, con le mani dietro la schiena...": la parola "Umarell" entra nel vocabolario“ », Bolognatoday, (consulté le )
  13. (it) « Riccione, il Comune paga i pensionati per sorvegliare i cantieri », Repubblica.it,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. (it) « Anziano al cantiere: premiato il migliore del 2015 », Corriere di Bologna (consulté le )
  15. (it) « Un bolognese realizza il sogno dei pensionati: nominato capo cantiere - Tgcom24 », Tgcom24,‎ 11 giugno 2015 (lire en ligne, consulté le )
  16. (it) « Le nostre Card », www.succedesoloabologna.it (consulté le )
  17. (it) « Bologna per gli anziani: ecco la Umarèl card per seguire i cantieri in prima fila », La Repubblica,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. (it) « "Trova il cantiere": una app per gli umarells », Repubblica.it,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. (it) « Ecco Umarells, l'app che segnala ai pensionati tutti i lavori in corso », Corriere della Sera, (consulté le )
  20. (en) Alexandra Jardine, « Burger King Recruits Construction-Spotting Pensioners to Oversee its Expansion in Italy », sur adage.com, (consulté le )
  21. (it) « L'omaggio del Comune Nasce in Cirenaica la piazza degli Umarells - la Repubblica.it », sur Archivio - la Repubblica.it (consulté le )
  22. (it) Redazione online, « A Bologna arriva la piazzetta dedicata agli «Umarells» », sur Corriere di Bologna, (consulté le )
  23. (it) « 'Umarell': una piazza dedicata in Cirenaica », sur BolognaToday (consulté le )
  24. (it) « Blog | Bologna, e piazzetta degli umarells sia », sur Il Fatto Quotidiano, (consulté le )
  25. (it) « Inaugurata in Cirenaica la Piazzetta degli Umarells | Iperbole », sur www.comune.bologna.it (consulté le )
  26. (it) « Bologna, rubato il cartello di piazzetta degli Umarells », La Repubblica, (consulté le )
  27. (it) « Gli Umarells vigilano anche a Paperopoli », Il Resto del Carlino, (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Umarells 2.0. Sono tanti, vivono in mezzo a noi, ci osservano ... e noi osserviamo loro [Umarells 2.0. Ils sont nombreux, ils vivent parmi nous, ils nous obvservent ... et nous les observons]. Bologne, Pendragon Press (2010) de Danilo Masotti. (ISBN 978-8883428579)
  • Oltre il cantiere: fenomenologia degli Umarells [Au-delà du chantier: la phénoménologie des Umarells]. Bologne, Pendragon Press (2016) par Danilo Masotti. (ISBN 978-8865988077)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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