Ulver

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Ulver
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Ulver, sur scène à Cracovie, en Pologne, en février 2010.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la Norvège Norvège
Genre musical Black metal, néofolk[1],[2], metal avant-gardiste, musique électronique, ambient, musique expérimentale, post-rock[3]
Années actives Depuis 1993
Labels Kscope, Jester Records, The End Records, Century Media, Head Not Found, House of Mythology
Site officiel www.jester-records.com/ulver
Composition du groupe
Membres Kristoffer Rygg
Tore Ylwizaker
Jørn H. Sværen
Daniel O'Sullivan
Anciens membres Sigmund Andreas Løkken (décédé)
Ali Reza
Robin Malmberg
Carl-Michael Eide
Håvard Jørgensen
Erik Olivier Lancelot
Torbjørn Pedersen
Hugh Steven James Mingay

Ulver est un groupe de musique expérimentale norvégien. Les premiers albums du groupe, comme Bergtatt, sont catégorisés de black metal aux sonorités folklores, mais le style musical évolue au fil des années en genre éclectique mêlant notamment rock, electronica, musique symphonique, musique de chambre, musique bruitiste, rock progressif et musique expérimentale[4]. 1997 marque la publication internationale de leur troisième album Nattens madrigal au label allemand Century Media. Cependant, à cause de divergences avec le label, Kristoffer Rygg, le créateur du groupe, fonde son propre label, Jester Records, en 1998[5]. Le compositeur et multi-instrumentaliste britannique Daniel O'Sullivan se joint au collectif en 2009[6].

Ulver compte plus de 500 000 exemplaires vendus, et plus de 11 millions de lecteurs sur Last.fm[7], est nommé deux fois aux Grammy Awards norvégiens et au Spellemannsprisen dans différentes catégories[8], remporte les Oslo Awards dans la catégorie de « meilleur album de l'année » pour Shadows of the Sun en 2008[9], remporte le prix NATT&DAG de « meilleur groupe en live » en 2011[10], et se popularise globalement pour son style musical imprévisible[11].

Biographie[modifier | modifier le code]

Trilogie black metal[modifier | modifier le code]

Rygg en 2007.

Kristoffer Rygg forme Ulver en 1993 à Oslo, en Norvège, avec Grellmund, Robin Malmberg, Carl-Michael Eide, Håvard Jørgensen, et A. Reza. Ensemble, ils publient leur première cassette audio démo, Vargnatt, en novembre 1993. Leur musique colle avec la scène black metal norvégienne des années 1980[12],[13]. Cependant, on peut noter certains éléments avant-garde, de jazz, de rock et de rock gothique[14]. Les paroles archaïques dano-norvégiens s'inspirent du folklore scandinave et de poètes baroques comme Ludvig Holberg et Thomas Kingo[15].

L'année suivante paraît le premier album studio d'Ulver, intitulé Bergtatt, la première partie de ce que deviendra la « trilogie black metal »[16], au label Head Not Found. Cet album s'inscrit dans la continuité de Vargnatt, mais en beaucoup plus abouti. Le côté folklorique est davantage développé. À cette époque, les membres du groupe ne cachent pas leur intérêt pour l'occultisme, ils posent sur les photos des livrets parés de pentagrammes, croix inversées et autres attributs typiques du genre. Il faut savoir que l'occultisme primaire d'Ulver est très influencé par le goût prononcé de Garm pour le groupe anglais Coil[17]. En 1996, Ulver surprend en enregistrant Kveldssanger, publié en mars 2006 au label Head Not Found, un album entièrement joué à la guitare acoustique aux airs folks et chanté en chœur avec des voix claires et dégagées[18]. Après avoir signé avec la maison de disques Century Media, le groupe opère en 1997 un nouveau changement radical de direction, puisqu'ils décident de retourner aux sources et sortent le puissant Nattens Madrigal, plus connu sous le nom abrégé de Nattens Madrigal, un album de pur black metal très cru, agressif et saturé[19].

La « trilogie black metal » prend fin avec ce troisième album et une nouvelle ère s'ouvre pour le groupe, désireux de s'éloigner de ce milieu dans lequel les membres ne se retrouvent plus. Malgré cela, ils restent attachés à leur philosophie qui les rapprochaient des idéaux du black metal par un point de vue critique sur la dictature morale du christianisme ; mais quand bien même cette réévaluation des choses est bien nécessaire, cette mise à distance du christianisme reste critique et d'une qualité intellectuelle supérieure, ce qui les sépare tout de même nettement de l'approche radicale et parricide, souvent puérile, inhérente à l'élan primaire du black metal, mais suscitera tout de même auprès des membres du groupe une fascination très forte pour tout le « folklore du mal », mais toujours dans le contexte du mythe et du sacré. Quoi qu'il en soit, le fait que des références religieuses se réintroduisent dans les thématiques et dans l'esthétique du groupe au fur et à mesure qu'il mûrit montre bien que si il y a bien une chose qui caractérise Ulver, aussi bien dans les idées que dans la musique, c'est un rapport au sacré qui lui est tout à fait particulier.

Album de Blake[modifier | modifier le code]

En 1998 sort un l'album-concept Themes From William Blake's The Marriage of Heaven and Hell basé sur Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, œuvre du peintre et poète anglais William Blake[20]. Ulver retranscrit en chansons l'œuvre du poète, qui, à son époque, critiquait la morale chrétienne comme dictature de la raison, prônant le génie, l'énergie, et dont la critique de la raison lui valut d'être pris pour un fou. « Tandis que je marchais parmi les flammes de l’Enfer, et faisais mes délices du ravissement du génie, que les Anges considèrent comme tourment et folie, je recueillis quelques-uns de leurs Proverbes » La musique est plus électronique, mais le côté metal industriel reste néanmoins présent et on peut noter la présence en guest de Fenriz de Darkthrone et de Ihsahn d'Emperor. À cette période est également créé le label indépendant de Kristoffer G. Rygg, Jester Records, qui accueillera tous les autres disques d'Ulver.

Metamorphosis[modifier | modifier le code]

En 1999, le virage définitif est pris ; changement de logo, changement de style : le nom de l'EP sorti cette année-là, Metamorphosis, résume tout à lui tout seul. Il reste tout de même un certain recul vis-à-vis de la chrétienté, comme en témoigne la chanson Gnosis dont les paroles sont inspirées du poème Mauvais Sang dans un recueil nommé Une Saison en Enfer d'Arthur Rimbaud, où il est également question de la remise en question de la morale chrétienne.

L'année suivante voit sortir Perdition City, album de musique électronique (qualifiée parfois de trip hop, à raison d'ailleurs, cela est bien relatif) aux ambiances proches de celles que l'on retrouve sur les albums Lifeforms et Dead Cities du groupe The Future Sound of London (deux morceaux font d'ailleurs référence au duo britannique, à savoir The Future Sound of Music et Dead City Centres. Un saxophoniste est invité pour l'ouverture. Ce Perdition City est généralement considéré comme le meilleur album de la période électronique d'Ulver. Le son est un tant soit peu « psychédélique »[21], décrit comme electronica atmosphérique[22], et évoque une bande-son imaginaire[23].

Deux EPs - Silence Teaches You How to Sing et Silencing the Singing - voient le jour en 2001 et sont réunis sur Teachings in Silence en 2002. Ulver arrive ici au bout d'une des branches de son évolution, amorcée avec Metamorphosis : le tournant électronique de leur musique s'extrêmise et devient un tournant atmosphérique. Épurés de tout rythme soutenu, ces deux projets très particuliers sont finalement des albums d'ambient quasi-méditatifs. Viennent ensuite deux Bandes originales de films : Lyckantropen Themes en 2002, pièce très atmosphérique réalisée pour le court métrage du norvégien Steve Ericsson[24],[25], et Svidd neger (« Nègre brûlé »), disque orchestré plus classique, en 2003, pour le court métrage d'Erik Smith Meyer. Ces deux parutions se réclament albums à part entière et sont édités sur le label de Kristoffer G. Rygg. Ulver continue encore aujourd'hui à travailler sur des musiques de films et a récemment composé quelques morceaux pour Uno, long métrage d'Aksel Hennie.

Second Decade in The Machines[modifier | modifier le code]

En 2003, sort un nouvel EP : A Quick Fix of Melancholy. Une musique avant-gardiste sur fond de néoclassicisme : Ulver continue son évolution et annonce ainsi le futur Blood Inside[26]. Un mélange d'orchestration et d'electronica[27], l'EP est écrit par Christian Bök et contient le remix d'une chanson issue de Kveldssanger. En 2004, le groupe collabore avec la chanteuse Mari Boine et la percussionniste Marilyn Mazur pour la bande-son du film Salto, salmiakk og kaffe.

En 2005 sort Blood Inside, sorte d'énigmatique réconciliation avec la chrétienté (Garm change de pseudonyme et se fait appeler John Paul 2 pour l'occasion) mais surtout avec la sanité[28]. Certains titres de chansons tels que For the Love of God ou Christmas, témoignent du retour d'Ulver, après son extraordinaire parcours, à une musique apaisée, d'une nouvelle maturité, et pourtant avec un son résolument plus rock que les opus précédents. Pas de reniement, mais un syncrétisme des diverses influences passées, présidé par le travail (que l'on sent acharné) de Garm au chant, qui jamais n'a été autant présent dans Ulver.

Ulver et le groupe Sunn O))) s'associent pour une chanson de quinze minutes intitulées CUT WOODeD - un hommage au réalisateur Ed Wood[29] qui sera plus tard publiée dans le coffret WHITEbox de Sunn O))) en juillet 2006.

2007 voit l'arrivée de Shadows of the Sun, en octobre 2007 en Europe[30] et aux États-Unis[31]. Il marque le retour d'instruments classiques (violons et violoncelle) sans toutefois oublier le penchant électronique : on remarquera la présence du thérémine joué par Pamelia Kurstin, invitée spécialement sur l'album. Sombre et intense, il est chanté de façon plus retenue par un Kristoffer G. Rygg tout en nuances (passages parlés voire chuchotés sur Vigil). On peut noter sur cet album la reprise d'un titre de Black Sabbath, Solitude, plus léger que les autres compositions. Un opus fantastique, et sûrement une des œuvres les plus abouties et les plus personnelles d'après les membres du groupe.

Changements[modifier | modifier le code]

Ulver, sur scène à Londres, en 2011.

En 2009, le groupe, pourtant exclusivement « studio » depuis quinze ans, annonce qu'il donnera son premier concert le 30 mai 2009, à l'occasion du festival de littérature de Lillehammer. Événement rare qui sera pourtant réitéré par la suite au festival Brutal Assault mais aussi dans des lieux plus chics tels que le Queen Elizabeth Hall à Londres. 2009 aura donc été un tournant pour le groupe qui s'est enrichi d'un nouveau membre, Daniel O'Sullivan, et qui annonce des projets pour l'avenir : une tournée européenne en 2010 (avec notamment une participation au Hellfest), une collaboration avec le groupe Sunn O))) et un album de reprises de chansons hippies des années 1960.

Wars of the Roses, sorti le 11 avril 2011, est finalement un album studio, contrairement à ce que le groupe avait laissé penser à l'origine. Celui-ci ouvre de nouveaux horizons pour le groupe, avec notamment une orientation plus art rock, mais tout en conservant les éléments électroniques et ambient chers aux Norvégiens depuis de nombreuses années. Wars of the Roses est paru durant une tournée du groupe, au cours de laquelle l'album fut joué en intégralité durant les concerts, et disponible en format vinyle en avance sur la date de sortie.

Le 10 février 2014, Ulver sort en compagnie de Sunn O))) l'album Terrestrials issu de sessions d'enregistrement organisées en 2008 à Oslo (Norvège)[32]. 2016 voit l'arrivée de l'album ATGCLVLSSCAP.

Style musical[modifier | modifier le code]

Le style musical d'Ulver a beaucoup évolué depuis sa fondation. Le groupe pratiquait aux débuts des années 1990 un black metal influencé par le folklore et la poésie scandinave, tantôt violent et tragique, tantôt mélancolique et sombre, comprenant de nombreux passages dark folk et une production remarquable.

Après une trilogie d'albums consacrés à ce style (dont le deuxième opus, Kveldssanger, est paradoxalement exclusivement un album folk), le groupe change quelque peu d'orientation en 1998 à l'occasion d'un album-concept (Themes From William Blake's The Marriage of Heaven and Hell) consacré à la poésie de l'auteur britannique William Blake dans son ouvrage Le Mariage du Ciel et de l'Enfer. La musique électronique et industrielle fait alors son irruption dans l’œuvre d'Ulver, mais conservant toujours une sonorité plus ou moins metal, bien que cela soit assez éloigné du black metal de leurs origines, et plus proche de la nouvelle scène metal avant-gardiste norvégienne qui se développe autour de groupes tels que Ved Buens Ende, Manes, In the Woods... et Fleurety. Pourtant, l'année 1999 voit le groupe amorcer un changement radical, puisqu'il abandonne définitivement le monde du metal extrême et devient un groupe de musique avant-gardiste aux confluents du trip hop et de l'ambient, pour explorer plus tard la musique post-industrielle, gothique, psychédélique et contemporaine.

Membres[modifier | modifier le code]

Membres actuels[modifier | modifier le code]

  • Kristoffer Rygg - chant, programmation (depuis 1993)
  • Tore Ylwizaker - programmation, clavier (depuis 1998)
  • Jørn H. Sværen - divers (depuis 2000)
  • Daniel O'Sullivan - guitare, basse, clavier (depuis 2009)

Membres invités[modifier | modifier le code]

  • Lars Pedersen - batterie, percussions (depuis 2009)
  • Ole Aleksander Halstensgård - instruments électroniques (depuis 2009)
  • Pamelia Kurstin - thérémine (depuis 2009)
  • Anders Møller - batterie (depuis 2014)

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

EPs[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Vargnatt (démo)
  • 1999 : Metamorphosis
  • 2001 : Silence Teaches You How to Sing
  • 2001 : Silencing the Singing
  • 2003 : A Quick Fix of Melancholy

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1997 : The Trilogie - Three Journeyes Through the Norwegian Netherworlde (compilation en vinyles des trois premiers albums studio du groupe)
  • 2002 : Teachings in Silence (album regroupant les deux EPs Silence Teaches You How to Sing et Silencing the Singing)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Martin Kreischer, « Aus dem finsteren Wald... : Interview mit der Formation Graumahd von Martin Kreischer », sur Ikonen (consulté le 6 octobre 2010).
  2. (en) « ULVER - HISTORY » (consulté le 6 octobre 2010).
  3. (de) « Ulver. Wars of the Roses », sur Babyblaue Seiten (consulté le 20 octobre 2012)
  4. (en) All Music, « Ulver Biography » (consulté le 10 mai 2014)
  5. (en) « Jester Records », Discogs (consulté le 27 mai 2014).
  6. (en) « ULVER official site »,‎ (consulté le 26 novembre 2009)
  7. (en) York, William, « Mythology Agency - Ulver », Mythology Agency,‎ (consulté le 28 mai 2014).
  8. (en) « ULVER BLOOD INSIDE », Jester Records,‎ (consulté le 28 mai 2014).
  9. (en) Frode Halvorsen, « Ulver – PSTEREO », pstereo.net (consulté le 5 août 2010).
  10. (en) « Natt & Dag », Popsenteret (consulté le 5 juin 2014).
  11. (en) All Music, « Ulver Biography » (consulté le 10 mai 2014).
  12. (en) « Ulver - Vargnatt », SputnikMusic,‎ (consulté le 26 mai 2014).
  13. (en) « ULVER Vargnatt reviews », ProgArchives,‎ (consulté le 26 mai 2014).
  14. (en) Pfeufer, H.-Peter, « ULVER – Vargnatt », Metal Soundscapes,‎ (consulté le 26 mai 2014).
  15. (en) SØDERLIND, DIDRIK, « Ulver (Norway) », Modern Invasion Music (consulté le 26 mai 2014).
  16. (en) « Essential Black Metal Listening: ULVER Nattens Madrigal », Metal Injection,‎ (consulté le 26 mai 2014).
  17. (en) York, William, « Bergtatt - Ulver - Songs, Reviews, Credits, Awards - AllMusic », AllMusic (consulté le 26 mai 2014).
  18. (en) « Essential Black Metal Listening: ULVER Nattens Madrigal », Metal Injection,‎ (consulté le 26 mai 2014).
  19. (en) H., Andrew, « Ulver - Nattens Madrigal », Sputnikmusic,‎ (consulté le 26 mai 2014)
  20. (en) « Morbid Tomes, Volume 1: Raging with the Romantics », sur Toilet ov Hell (consulté le 5 août 2016).
  21. (en) York, William, « Ulver Metamorphosis », AllMusic (consulté le 28 mai 2014)
  22. (en) York, William, « Ulver Perdition City », AllMusic (consulté le 28 mai 2014)
  23. (en) « Ulver Perdition City », AllMusic (consulté le 28 mai 2014).
  24. (en) York, William, « Ulver Lyckantropen Themes », AllMusic,‎ (consulté le 29 mai 2014).
  25. (en) Wee, Alan, « Ulver - _Lyckantropen Themes_ », Chronicles of Chaos,‎ (consulté le 29 mai 2014).
  26. (en) « Ulver - A Quick Fix of Melancholy », Sputnikmusic,‎ (consulté le 29 mai 2014).
  27. (en) Taylor, Laura, « Ulver - A Quick Fix of Melancholy », Exclaim,‎ (consulté le 29 mai 2014).
  28. (en) Rivadavia, Eduardo, « Ulver - Blood Inside », AllMusic.
  29. (en) « SUNN O))) & ULVER Terrestrials press release », Southern Lord,‎ (consulté le 29 mai 2014).
  30. (en) Ulver, « ULVER - HISTORY », jester-records.com (consulté le 28 septembre 2008).
  31. (en) The End Records, « THE END RECORDS sets October release date for ULVER's ' Shadows of the Sun' », theendrecords.com (consulté le 4 août 2007).
  32. (en) Sunn O))) / Ulver Terrestrials, Grason Currin, Pitchfork Media, 5 février 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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