Aller au contenu

Ulger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Ulger
Fonction
Évêque
Biographie
Décès
Activités
Hagiographe, prêtre chrétienVoir et modifier les données sur Wikidata

Ulger (en latin : Ulgerus), mort en 1148, est un évêque catholique, poète, théoricien et hagiographe français. Il est évêque d'Angers de 1125 à sa mort, au temps de la réforme grégorienne.

Ulger devient évêque d'Angers en 1125[1].

Le , l'abbé Martin, avec le consentement de l’évêque Ulger et de deux donataires, vient consacrer l'abbaye Notre-Dame de Pontron et y installer une première colonie, dont le premier abbé élu est Foulques. En 1139, la fondation est confirmée par une bulle du Pape Innocent II.

Il organise la hiérarchie au sein de l'évêché et prend le contrôle d'un certain nombre de prieurés et de lieux de cultes appartenant à des clercs. Il s'oppose au prélat Geoffroi de Vendôme ainsi qu'aux abbesses de Fontevrault. À chaque fois, il plaide sa cause auprès du pape Innocent II.

Il entre en conflit avec l'abbesse de Fontevraud Pétronille de Chemillé à propos du contrôle des ponts sur la Loire, points de passage aux péages très lucratifs. L'abbaye de Fontevraud contrôle ceux des Ponts-de-Cé, mais Ulger en fait construire un autre, à Chalonnes. En 1142, le pape Innocent II suspend Ulger et charge Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres, Hugues d'Étampes, archevêque de Tours et l'archevêque de Bordeaux Geoffroi du Loroux de juger l'affaire, mais le conflit perdure[2].

Ainsi que le pape Lucius II le lui demande en mai 1144, Hugues d'Étampes réunit à Tours Geoffroi du Loroux, Geoffroy de Lèves, l'évêque de Saintes Bernard, celui de Poitiers Gilbert de La Porrée, Hervé, abbé de Saint-Serge-d'Angers, Richard, doyen du chapitre cathédral d'Angers et, en personne, Ulger et Pétronille. Cette réunion a lieu avant la mort de Lucius II le . Ils établissent un accord, validé ensuite par le successeur de Lucius II, Eugène III, le . Ulger garde la jouissance des ponts des Ponts-de-Cé, principal objet du conflit, mais l'abbesse de Fontevraud perçoit la moitié des revenus des moulins, écluses et pêcheries de l'abbaye Saint-Serge, à condition de participer à leur entretien. Après la mort d'Ulger, l'abbaye Saint-Serge récupérera tous ces revenus et Fontevraud aura les ponts des Ponts-de-Cé[2].

Ulger est inhumé en la cathédrale Saint-Maurice d'Angers. Sa sépulture est située à côté de celle de René Ier d'Anjou. En 1896, lors de l'ouverture du tombeau, on constate que le prélat était revêtu de superbes étoffes. La tombe renfermait également la crosse, la mitre et l'anneau épiscopal[3].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Marcel Pacaut, Louis VII et les élections épiscopales dans le royaume de France, Librairie philosophique Vrin, Paris, 1957
  2. 1 2 Jean-Marc Bienvenu, « Le conflit entre Ulger, évêque d'Angers, et Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevrault (vers 1140-1149) », Revue Mabillon, t. LVIII, no 248, , p. 113-132 (lire en ligne).
  3. Murielle Gaude-Ferragu, D'or et de cendres : la mort et les funérailles des princes dans le royaume de France, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2005

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Jean-Marc Bienvenu, « Le conflit entre Ulger, évêque d'Angers, et Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevrault (vers 1140-1149) », Revue Mabillon, t. LVIII, no 248, , p. 113-132 (lire en ligne)