USS Edsall (DD-219)

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USS Edsall
Image illustrative de l’article USS Edsall (DD-219)
L'Edsall au port de San Diego dans les années 1920.
Type Destroyer
Classe Clemson
Histoire
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Constructeur William Cramp and Sons
Chantier naval Philadelphie, États-Unis
Quille posée
Lancement
Commission
Statut Coulé le
Équipage
Commandant A. H. Rice
A. C. J. Sabalot
E. M. Crouch
J. J. Nix
Équipage 153 en temps de guerre
Caractéristiques techniques
Longueur 95,83 m
Maître-bau 9,68 m
Tirant d'eau 2,82 m
Déplacement 1 190 t
Propulsion 2 hélices
Puissance 26 500 ch
Vitesse 35 nœuds (65 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
Carrière
Indicatif DD-219
Localisation
Coordonnées 13° 45′ sud, 106° 45′ est

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)
USS Edsall
USS Edsall

L'USS Edsall (DD-219) est un destroyer de classe Clemson en service dans l'United States Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut le premier navire baptisé sous le nom de Norman Edsall (en), un marin américain de la guerre hispano-américaine.

Sa quille a été posé le au chantier naval William Cramp and Sons à Philadelphie, en Pennsylvanie. Il est lancé le , parrainé par Mme Bessie Edsall Bracey, sœur de Norman Edsall, et mis en service le sous le commander A. H. Rice.

Historique[modifier | modifier le code]

L'Edsall appareille de Philadelphie le pour sa croisière inaugurale vers San Diego, qu'il atteint le . Le destroyer opère sur la côte ouest jusqu'en décembre, participant à des exercices de combat et à des exercices de tir au canon avec des unités de la flotte. De retour à Charleston le 28 décembre, l'Edsall reçoit l'ordre de se rendre en Méditerranée.

Il part le et arrive à Constantinople le 28 juin. Le destroyer rejoint le détachement de la marine américaine dans les eaux turques pour protéger les ressortissants et les intérêts américains face à l'instabilité du Proche-Orient.

Il effectue de nombreuses missions importantes afin d'apaiser les relations internationales, notamment en aidant les pays à atténuer la famine d'après-guerre en Europe orientale, en évacuant les réfugiés, en fournissant un centre de communication pour le Proche-Orient et en étant toujours à l'écoute des situations d'urgence. L'Edsall est l’un des destroyers américains qui évacue plusieurs milliers de Grecs de Smyrne, alors expulsés par les Turcs[1]. Pendant plusieurs mois, il transporte de nombreux réfugiés fuyant la guerre, accostant à plusieurs reprises dans des ports de Turquie, Bulgarie, Russie, Grèce, Égypte, Palestine, Syrie, Tunisie, Dalmatie et Italie. L'Edsall retourne à Boston pour une révision le .

Il rejoint ensuite l'Asiatic Fleet le , participant à des exercices de combat et à des manœuvres à dans la baie de Guantánamo, à San Diego et à Pearl Harbor avant d'arriver à Shanghai le 22 juin. Il opéra dorénavant depuis la côte chinoise, aux Philippines et au Japon. Sa mission principale était de protéger les intérêts américains en Extrême-Orient, en expansion constante depuis la fin de la guerre américano-philippine. L'Edsall sert durant la guerre civile chinoise et guerre sino-japonaise. Durant cette période, il mouille le plus souvent dans les ports de Shanghai, Chefoo, à Hankou, Hong Kong, Nankin, Kobe, Bangkok et Manille.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lorsque les Japonais attaquent Pearl Harbor le , l'Edsall stationne avec la 57e division de destroyers (DesDiv 57) au port pétrolier de Balikpapan, dans le sud-est de Bornéo. Il rejoint ensuite Singapour au sein de la force Z, embarque un officier de liaison britannique et quatre hommes du HMS Mauritius pour rechercher des survivants des HMS Prince of Wales et HMS Repulse, coulés au large de la Malaisie le 10 décembre. L'Edsall intercepte un chalutier japonais et quatre petites embarcations puis les escortes jusqu'à Singapour[2].

Il rejoint l'USS Houston à Surabaya afin d'escorter des navires de transport. Lors de ces missions, il coule en compagnie de trois corvettes australiennes l'I-124 au large de Darwin, le .

Poursuivant son escorte de convois dans les eaux septentrionales de l'Australie, l'Edsall est endommagé par une explosion interne de ses charges de profondeur lors d'une attaque anti-sous-marine le . Le 3 février, le destroyer et d’autres unités américaines rejoignent Tjilatjap, sur l’île de Java. Servant comme patrouilleur au sud de Java, il mène des patrouilles anti-sous-marine avec la vielle canonnière USS Asheville[2].

L'Edsall et le navire de transport Willard A. Holbrook au large de Java le .

Le 26 février, l'Edsall et l'USS Whipple ont rejoint le porte-avions USS Langley pour la défense de Java. Le lendemain, les trois navires sont attaqués par neuf Mitsubishi G4M du service aérien de la Marine impériale japonaise au cours duquel le Langley est coulé le lendemain. L'Edsall et le Whipple secourent respectivement 177 et 308 survivants[2].

L'USS Langley est abandonné après avoir été gravement endommagé. L'USS Edsall se tient à ses cotés. La photo a été prise de l'USS Whipple ().

Le 28 février, les deux destroyers rejoignent le navire citerne USS Pecos au large de Flying Fish Cove, sur l'île Christmas, à 250 km au sud-ouest de Tjilatjap. Sous la menace de l'aéronef japonais, les navires américains font route vers l'océan Indien malgré le mauvais temps. À l'aube du 1er mars, les hommes du Langley sont transférés sur le Pecos. Le Whipple est dirigé vers les îles Cocos pour protéger le pétrolier Belita tandis que l'Edsall a ordre de rejoindre Tjilatjap. À 8 h 30, suivant les ordres, l'Edsall change de cap vers le nord-est afin de rejoindre Java ; le bâtiment ne sera plus jamais revu par les forces alliées.
En effet, vers 15 h 50, il est localisé une première fois par les japonais, une seconde fois à 16 h 15, avant d'être attaqué cinq minutes plus tard par les croiseurs de bataille japonais Hiei et Kirishima et les croiseurs lourds Chikuma et Tone. Les navires japonais tirent 1 335 obus sur le navire et le touche au but qu'à deux reprises. Les navires japonais font appel aux porte-avions Soryu, Hiryū et Kaga (selon une autre source, l'Akagi prend part à l'attaque en lançant huit bombardiers[3]), qui lancent 26 bombardiers en piqué de type 99 (Aichi D3A) répartis en trois groupes. L'Edsall est touché puis immobilisé par plusieurs bombes de 250 kg. À 17 h 22, les navires japonais prennent le relais. Un cameraman japonais, probablement sur le croiseur Tone, a filmé pendant environ 90 secondes les derniers instants du destroyers. Le navire sombre finalement vers 17 h 31 (19 h 00 selon une autre source[3]) au milieu d'un nuage de fumée, à la position 13° 45′ S, 106° 47′ E.

Naufrage de l'USS Edsall.

Destin des survivants[modifier | modifier le code]

Des officiers de la marine impériale japonaise à bord du croiseur Chikuma, de nombreuses années plus tard, ont signalé qu'un certain nombre d'hommes avaient peut-être survécu au naufrage de l'Edsall — retrouvés dans l'eau, sur des radeaux de sauvetage, des cotres, accrochés à des débris... Les Japonais nerveux ne s'étaient arrêtés qu'un instant pour en sauver une poignée avant de recevoir l'ordre de quitter la zone, laissant les autres périr dans l'océan Indien.

À bord du Chikuma, les survivants auraient été bien traités, vêtus, nourris et interrogés par leurs ravisseurs. Après quelques jours, les détails de ces interrogatoires ont été partagés avec les autres navires du Kido Butai de Nagumo pendant leur voyage du retour. Il semblerait que le croiseur Tone ait également récupéré un ou deux survivants, mais rien ne permet de le confirmer. Les Américains ont été détenus à bord du Chikuma pendant dix jours avant d'être transférés dans une base avancée des forces japonaises le .

Le , plusieurs fosses communes ont été ouvertes dans un lieu éloigné des Indes orientales, à plus de 1 000 km de la disparition de l'USS Edsall. Dans deux tombes contenant 34 corps décapités se trouvaient les restes de six membres de l’équipage de l’Edsall, et cinq autres membres de l’USAF du Langley, ainsi que de nombreux marins marchands javanais, chinois et néerlandais du navire de commerce néerlandais Modjokerto, coulé le même jour que le destroyer dans la même région au sud de l'île Christmas. Les dépouilles américaines ont été exhumés puis inhumés dans des cimetières américains entre décembre 1949 et mars 1950.

Les procès pour crimes de guerre menés de 1946 à 1948 concernant d'autres meurtres commis à Kendari ou à proximité par le personnel de la marine japonaise contiennent des informations fragmentaires sur les meurtres des survivants de l'Edsall, mais elles n'ont pas été reconnus comme tels par les enquêteurs Alliés et n'ont jamais fait l'objet de poursuites.

Décorations[modifier | modifier le code]

L'Edsall a reçu deux battles star pour son service dans la Seconde Guerre mondiale.

Cas de L. Ron Hubbard[modifier | modifier le code]

L. Ron Hubbard a affirmé avoir servi sur l'Edsall pendant la Seconde Guerre mondiale. Après son naufrage, il aurait nagé jusqu'au rivage et aurait survécu dans la jungle en tant que seul survivant du navire. Il affirma qu'il se trouvait dans la zone lors du bombardement de Pearl Harbor, en dépit du fait que l'Edsall avait été coulé en 1942 et que la marine américaine n’eut aucune trace de son service sur le navire. Les archives de la marine montrèrent que Hubbard était à l’entraînement à New York au moment où la guerre éclata. Il était censé être affecté aux Philippines, mais son navire a été dérouté vers l'Australie. Il provoqua la colère de l’attaché de la marine et fut relevé de ses fonctions, avant d'être renvoyé aux États-Unis[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le journal du DD-219 indique que 664 personnes ont été évacuées
  2. a b et c « USS Edsall (Destroyer No. 219, DD-219), Clemson-class destroyer », sur destroyerhistory.org (consulté le 2 décembre 2018)
  3. a et b (en) « USS Edsall (i) (DD 219) of the US Navy - American Destroyer of the Clemson class - Allied Warships of WWII - uboat.net », sur uboat.net (consulté le 2 décembre 2018)
  4. Lawrence Wright "Going Clear: Scientology, Hollywood, and the Prison of Belief,"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Primary source: Donald M. Kehn, Jr.'s A Blue Sea of Blood: Deciphering the Mysterious Fate of the USS Edsall (Zenith Press 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]