Twerk

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Une femme twerkant lors d'un concert (2008).
Vidéo de danseuses twerkant lors d'un concert de Pharrell Williams au Japon en 2015.

Le twerk[1] (en anglais twerking), est une danse sensuelle[2],[3] où la danseuse secoue hanches et fesses.

Le terme est un mot-valise formé à partir des deux lettres initiales de twist et les trois lettres finales de jerk, du nom des danses auxquelles il emprunte certains mouvements et déhanchés.

Cette danse est une variation du mapouka et du soukous, des danses originaires de Côte d’Ivoire[4] et de la République démocratique du Congo[4]. Depuis la fin des années 1990, le twerk a été associé à la bounce music du Dirty South et a été diffusé par l'intermédiaire de vidéos de hip-hop et de sites en vogue de partage de vidéo-clips depuis le milieu des années 2000.

Description[modifier | modifier le code]

Entré dans l'Oxford English Dictionary en 2013[2], le twerking y est défini comme le fait de « danser sur de la musique populaire de manière osée et provocante en faisant des mouvements de hanches et en s'accroupissant »[2],[note 1]. Le danseur — généralement une femme[5] — secoue les fesses d'une manière provocante, alors qu'elle est accroupie[2].

Origines[modifier | modifier le code]

Les origines de la danse remontent au Bounce, une danse de La Nouvelle-Orléans[6]. Fannie Sosa, professeur de danse à Paris[4], explique que « le Twerking [...] est une danse issue des diasporas africaines dont les populations ont été le plus souvent redistribuées et assignées aux périphéries urbaines, aux ghettos des grandes villes »[4],[7].

En 1993, le rappeur de La Nouvelle-Orléans DJ Jubilee (en) fait paraître son single Do The Jubilee All, chanson qui est le premier enregistrement où est utilisé le mot twerk (« Twerk baby, twerk baby, twerk, twerk, twerk »)[8].

En 1995, le rappeur Cheeky Blakk lui dédie une chanson intitulée Something Twerk. Alors encore dépourvu de toute connotation sexuelle, le verbe se retrouve rapidement inclus dans une multitude de chansons et les clips vidéos de la scène musicale de La Nouvelle-Orléans montrent à l’envi cette nouvelle danse. Popularisé par le milieu hip-hop, le twerk rejoint les clubs de strip-tease de Houston et d’Atlanta. Rapidement, le phénomène s’impose sur les pistes de danse américaines, mais aussi en Jamaïque et en Afrique de l’Ouest.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Cette danse connait un certain succès, grâce notamment à des clips vidéos, comme « Express Yourself » de Nicky Da B, sorti en 2012[4], le clip de la chanteuse Miley Cyrus « We Can't Stop », sorti en 2013, ou encore Anaconda de Nicki Minaj, sorti en 2014. En 2017, la chanson Mo Bounce d'Iggy Azalea est une ode au twerk.

La chanson de Miley Cyrus fit couler beaucoup d'encre, à propos de sa prestation scénique avec Robin Thicke lors du medley « We Can't Stop » / « Blurred Lines » / « Give It 2 U » présenté aux MTV Video Music Awards de 2013[9],[10], à cause de l'attitude de Cyrus et de son twerk lors de cet événement. Ce medley fut d'ailleurs parodié par Tanja Dexters (miss Belgique 1998 et « Miley Cyrus flamande ») et par le présentateur Bart Verbeeck (alias Showbizz Bart (nl)), pendant la cérémonie des Story Awards 2013, à Hasselt en Flandre[11].

Le phénomène dépasse désormais les frontières du hip-hop. Le DJ d'electro house TJR en fait plusieurs fois mention dans les paroles de son titre Ass Hypnotized, par la suite mis en scène dans le clip d'une reprise en collaboration avec l'artiste Dances With White Girls. Le groupe de metal Mastodon collabore avec des danseuses de twerk dans son clip The Motherload.

En France[modifier | modifier le code]

Le groupe de danseuses Twerk Syndicate a effectué une prestation de twerking en première partie de soirée sur la chaîne NRJ 12 dans l'émission Qui allez-vous croire ?[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction de la phrase : « Dance to popular music in a sexually provocative manner involving thrusting hip movements and a low, squatting stance. » Source : (en) Oxford English Dictionary.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Se prononce /twɛʁk/.
  2. a b c et d (en) « Twerk: Definition of Twerk in Oxford Dictionary - American English (US) », Oxford English Dictionary, Oxford University Press (consulté le )
  3. « Le "Twerking" entre dans le dictionnaire », sur europe1.fr,
  4. a b c d et e « Twerking : le bootyshake version hard » ; Caroline Lazard pour Le Nouvel Observateur, sur le site obsession.nouvelobs.com/ - 25 juin 2013.
  5. (en) Matt Miller, Bounce : Rap Music and Local Identity in New Orleans, University of Massachusetts Press,
  6. Marie Ottavi, « Big Freedia : « Le "bounce" ne parle que de libérer le corps » », sur next.liberation.fr, Libération, (consulté le )
  7. Megan Levy, « Do you know how to twerk? (Or even what it is?) », The Age,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) Roni Sarig, Third Coast : Outkast, Timbaland, and How Hip-Hop Became a Southern Thing, Da Capo, , 384 p. (ISBN 978-0-306-81647-5, lire en ligne), p. 260.
  9. Anne Demoulin, « Le «twerking» pour les nuls : TENDANCE- Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le «twerking» sans jamais oser le demander…. », sur 20 minutes, (consulté le ).
  10. (en) Lauren Moraski, « Miley Cyrus' booty-shaking VMA performance gets quite the reaction », CBS News. CBS, (consulté le ).
  11. Fabrice Staal, « Tanja Dexters, la Miley Cyrus flamande », Ciné Télé Revue, (consulté le ).
  12. « Twerk Syndicate », sur leprime.fr, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]