Diaspora tunisienne

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Diaspora tunisienne
Populations significatives par région
Drapeau de la France France 668 668[1]
Drapeau de l'Italie Italie 189 092[1]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 86 601[1]
Drapeau de la Libye Libye 68 952[1]
Drapeau de la Belgique Belgique et Drapeau du Luxembourg Luxembourg 24 810[1]
Drapeau du Canada Canada 20 300[1]
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 19 361[1]
Drapeau de l'Algérie Algérie 18 796[1]
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 16 774[1]
Drapeau de la Suisse Suisse 16 667[1]
Drapeau des États-Unis États-Unis 15 308[1]
Autres
Langues Arabe
Arabe tunisien
Chelha
Religions Islam
Judaïsme
Christianisme

La diaspora tunisienne regroupe la population d'origine tunisienne vivant à l'extérieur du pays. Elle est la conséquence directe du fort taux d'émigration que connaît la Tunisie depuis son indépendance en 1956.

Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable que connaît la France contribue à amplifier le phénomène. Le début des années 1980 voit un véritable essor de la communauté tunisienne dans ce pays en raison des régularisations (plus de 22 000 cas)[2].

Population[modifier | modifier le code]

En 2012, le nombre de Tunisiens résidant à l'étranger est évalué à 1 223 213 personnes[1] dont 84,4 % résident en Europe. Néanmoins, ces chiffres officiels semblent être sous-estimés en raison de l'inadéquation des bases des immatriculations consulaires à des fins statistiques[3]. Ainsi, il n'est pas rare de trouver un identifiant unique pour les membres d'une même famille ou des doublons. Parmi les ressortissants faiblement immatriculés figurent la troisième génération en France (dont on estime qu'une personne sur dix ne serait pas immatriculée) et les enfants de parents mixtes. Les sans-papiers (très nombreux en Italie par exemple) n'ont pas droit non plus à l'immatriculation.

625 864 sont installés en France[1] — l'une des plus importantes communautés étrangères du pays — et bénéficient pour les deux-tiers de la double nationalité. Ils se concentrent essentiellement dans les grandes villes (40 % à Paris, 12 % à Lyon et 8 % à Marseille mais aussi à Nice, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg ou Lille). Sonia Mabrouk explique ce phénomène de regroupement par l'origine urbaine des migrants tunisiens (régions de Tunis et du littoral) mais aussi par la nature des différentes vagues de migrants. Ainsi, les années 1970 voient surtout l'arrivée de migrants provenant du sud de la Tunisie. Ceux-ci s'installent dans la vallée du Rhône et à Paris, qui regroupent alors la plupart des opportunités d'emplois, et créent des réseaux avec leurs régions d'origine, utilisés ensuite par d'autres migrants. Selon l'Insee, 1,4 % des enfants nés en 2011 en France métropolitaine, soit 11 466 sur 792 996, ont un père né en Tunisie, avec la plus forte proportion dans les départements des Alpes-Maritimes (8,6 %), du Var (4,5 %), de Seine-Saint-Denis (3,9 %), du Rhône (3,7 %), du Val-de-Marne (3,4 %), et des Bouches-du-Rhône (2,4 %)[4].

On compte 91 584 Tunisiens dans les autres pays du Maghreb, 59 616 dans les autres pays arabes, 35 608 en Amérique du Nord, 2 143 en Afrique subsaharienne et 1 383 en Asie (hors pays arabes) ; on dénombre aussi 348 Tunisiens installés en Australie[1].

Profils[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Des statistiques de l'Office des Tunisiens à l'étranger font état de plus de 128 000 familles tunisiennes en Europe avec une concentration en France et en Allemagne. Les jeunes Tunisiens à l'étranger, qui sont âgés de moins de 16 ans, représentent 25 % de la communauté tunisienne à l'étranger[5]. Il s'agit donc d'un rajeunissement de l'émigration tunisienne qui en est actuellement à sa troisième génération. Les femmes représentent à peu près 26 % de l'ensemble de la communauté[5]. En France, leur pourcentage est estimé à 38,2 %. La part des Tunisiens qui ont plus de 60 ans est d'environ 7 %.

À l'origine, la plupart des Tunisiens en Europe travaillaient dans des secteurs nécessitant un niveau de qualification moyen voire faible. En effet, les migrants des années 1960 et 1970 étaient peu scolarisés (paysans ou ouvriers pour la plupart)[2].

Désormais, la plupart des Tunisiens installés en France travaillent dans le secteur des services (hôtellerie, restauration ou commerce de proximité) ou à la tête de petites entreprises. En 2008, la Tunisie devient le premier pays maghrébin à signer un accord de gestion concertée des flux migratoires sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy : il prévoit notamment un accès facilité pour près de 9 000 étudiants tunisiens inscrits dans des établissements français[2] mais aussi des cartes de séjours pour près de 500 personnes hautement qualifiées afin qu'elles puissent acquérir une expérience en France durant une période maximum de six ans[2]. Dans le monde arabe, la population tunisienne se constitue d'une majorité de personnes bien voire très qualifiées car les ouvriers et les personnes moyennement qualifiées proviennent pour la plupart des pays asiatiques, comme l'Inde, le Pakistan ou l'Afghanistan.

Compétences tunisiennes à l'étranger (2011)
Spécialité Total
Enseignement et recherche scientifique 2 083
Architecture 1 938
Médecine et pharmacie 893
Informatique 380
Avocat 89
Hommes d’affaires 1 105
Autres spécialités 1 860
Total 8 348
Pays Nombre de compétences
Europe 4 193
Amérique, Canada et Brésil 1 609
Pays arabes 1 226
Afrique 136
Asie 68
Australie 11
Total 7 243
Sources : Office des Tunisiens à l'étranger[6]

Investissements[modifier | modifier le code]

L'apport des Tunisiens à l'étranger englobe l'ensemble des projets qu'ils financent directement ou indirectement en Tunisie. Selon l'Office des Tunisiens à l'étranger, leur nombre, pour la période allant de 1987 à 2004, s'élèverait à 8 845, pour un investissement global de l'ordre de 321 millions de dinars, générant 39 381 emplois, principalement tourné vers les services (64 %) et l'industrie (26 %)[7] :

  • 5 649 projets en matière de services mobilisant 140,1 millions de dinars et générant 17 397 emplois ;
  • 2 423 projets dans le secteur industriel avec 133,7 millions d'investissements et 20 513 emplois ;
  • 773 projets dans le secteur agricole pour un volume d'investissement de 47,2 millions de dinars et 1 471 emplois.

Selon l'Office des Tunisiens à l'étranger, les transferts des Tunisiens à l'étranger atteignent une moyenne annuelle de 1,1 milliard de dinars, dont 76 % sous forme de transferts monétaires, ce qui constitue la quatrième source de devises du pays et représente 5 % du PIB et 23 % de l'épargne nationale[7]. Mais, bien que ces transferts augmentent de 8,9 % par an, l'apport en matière d'investissements ne cesse de diminuer depuis 1996 et le nombre de projets créés par les Tunisiens à l'étranger a tendance à stagner[7].

Liens avec la Tunisie[modifier | modifier le code]

En Tunisie, des cours gratuits d'enseignement de l'arabe sont organisés pendant les vacances d'été pour les enfants tunisiens résidant à l'étranger, qui sont très influencés par les cultures dans lesquelles ils vivent. Des voyages sont également organisés pour leur faire découvrir la Tunisie sous ses aspects culturel, historique et civilisationnel.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Salah Rimani, Les Tunisiens de France : une forte concentration parisienne, éd. L'Harmattan, Paris, 1988

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]