Tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse

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Tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse

Localisation Nouvelle-Écosse, Canada
Coordonnées 45° 11′ 47″ nord, 63° 20′ 16″ ouest
Date et
Type tuerie à la chaîne, incendie volontaire, tuerie de masse
Morts 23 (dont le tueur)[1]
Blessés au moins 2[2]
Auteurs Gabriel Wortman[3]
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Écosse
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Écosse)
Tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse

La tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse est une tuerie de masse par armes à feu et incendies volontaires, qui se déroule les et dans plusieurs localités de la province canadienne de Nouvelle-Écosse. Perpétrée par Gabriel Wortman, un prothésiste dentaire de 51 ans, elle fait 23 morts[1], dont une agente de la Gendarmerie royale du Canada, avant que l'homme ne soit abattu par un autre agent[4],[3],[5]. C'est la tuerie la plus importante à avoir eu lieu au Canada[6].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Les événements commencent dans la nuit du samedi , vers 22 h 30, alors que la police répond à plusieurs appels d'urgence émis par des résidents de Portapique, un petit village situé à environ 130 km au nord d'Halifax[5],[7],[8]. Les forces de l'ordre découvrent plusieurs victimes à l'intérieur et à l'extérieur d'une maison située près de la route 2 et du chemin Portapique Beach, sans toutefois trouver le tireur[9],[10]. Des recherches sont effectuées pendant la nuit sur plusieurs scènes de crime (seize au total, dont plusieurs incendiées par le meurtrier[9]) dans les localités de Portapique, Truro, Milford et Enfield[11].

Vers h le dimanche matin, la police annonce sur Twitter qu'un tireur actif (en) est en liberté. La Gendarmerie royale du Canada demande aux résidents de se barricader chez eux. Une partie du village est évacuée[5],[7]. À ce moment, on rapporte l'incendie de trois édifices et de deux voitures[3],[5],[12].

À h 54, Gabriel Wortman est identifié comme étant le tireur et une chasse à l'homme est lancée. Environ deux heures plus tard, la population est avertie que le tireur pourrait s'être déguisé en agent de la Gendarmerie et qu'il se déplace à bord d'un véhicule qui ressemble à une voiture de ce corps de police[7],[12],[13],[14]. Une heure plus tard, on rapporte qu'il aurait changé de véhicule et qu'il se déplacerait désormais dans un Chevrolet Tracker de couleur argent[7],[15] se dirigeant sur la route 102 vers Enfield[4].

Près de douze heures après les premiers signalements[16], vers midi, Wortman est abattu à l'extérieur d'une station-service à Enfield, à environ 92 km au sud de Portapique et à environ 40 km au nord d'Halifax[7],[12].

Réactions[modifier | modifier le code]

Premier ministre Justin Trudeau - Remarques sur la fusillade à Portapique, en Nouvelle-Écosse

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes[17],[3], ainsi que la reine Élisabeth et son époux Philip[18].

Enquête[modifier | modifier le code]

Les autorités font savoir au lendemain de l'attaque que les services antiterroristes ne sont pas mobilisés dans cette enquête.

Le profil du tueur semble être celui d'une personne fragile, fascinée de longue date par la gendarmerie canadienne (GRC), ce qui l'aurait amenée à en collectionner des uniformes et plusieurs voitures de service[19] ainsi qu'à acquérir illégalement au Canada plusieurs armes à feu[9]. De plus, l'enquête de la GRC indique que le tueur, un prothésiste dentaire aisé, propriétaire de deux maisons et d'une clinique à Dartmouth, connaissait certaines de ses victimes, qu'il aurait sélectionnées, ce qui ne serait pas le cas pour d'autres[11].

Conséquences[modifier | modifier le code]

À la suite de cette tuerie, le premier ministre canadien Justin Trudeau annonce le l'interdiction par décret de 1 500 modèles d'armes d'assaut de type militaire[20]. L'utilisation, la vente, l'importation et le transport de ces armes sont désormais interdits[21]. Les propriétaires de ces armes ont deux ans pour se conformer aux nouvelles règles, et le gouvernement canadien travaille sur un programme de rachat de leurs armes[21]. Trudeau précise que ces interdictions auraient dû être adoptées plus tôt, pour éviter d'autres tragédies comme la tuerie de l'École polytechnique de Montréal de 1989 ou l'attentat de la grande mosquée de Québec de 2017[21]. Parmi les modèles désormais interdits se trouvent d'ailleurs la Ruger Mini-14 utilisée par le tueur de polytechnique et la Sa Vz 58 utilisée par le terroriste de Québec[21] ; la police indique que l'un des modèles utilisés par Wortman est également désormais interdit[21]. Selon un sondage, près de quatre Canadiens sur cinq appuient cette interdiction[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Tuerie en Nouvelle-Écosse : pourquoi le système d’alerte provincial n’a pas été utilisé? », La Presse canadienne-Le Devoir, 21 avril 2020.
  2. ICI.Radio-Canada.ca, « Tuerie en Nouvelle-Écosse : le bilan s'alourdit à au moins 16 morts », sur Radio-Canada.ca.
  3. a b c et d (en) « More than 13 people dead after N.S. gunman's rampage, and police say toll could grow », CBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 19 avril 2020).
  4. a et b Annabelle Caillou, « Tuerie en Nouvelle-Écosse: la pire fusillade de l’histoire récente du Canada », Le Devoir, .
  5. a b c et d (en) Johnny Diaz et Dan Bilefsky, « At Least 13 Killed in Nova Scotia Shooting, Police Say », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 19 avril 2020).
  6. (en) Rob Gillies, « 13 killed in Canada shooting rampage, deadliest in 30 years », Associated Press,‎ (lire en ligne, consulté le 19 avril 2020).
  7. a b c d et e (en) « Timeline: How an active-shooter situation unfolded in Nova Scotia », CBC News,‎ (lire en ligne).
  8. (en) Doha Madani et Tim Stelloh, « Canadian authorities say at least 10 people, including officer, killed in mass shooting », NBC News,‎ (lire en ligne).
  9. a b et c Michael MacDonald, « Tuerie en Nouvelle-Écosse: les enregistrements des ambulanciers témoignent du chaos », Le DevoirLa Presse canadienne, 23 avril 2020.
  10. (en) Meredith Deliso, « At least 10 dead, including police officer and suspect, in Nova Scotia shooting rampage », ABC News,‎ (lire en ligne).
  11. a et b « Tuerie de masse au Canada : au moins 18 victimes et pas de mobile », AFP-Le Parisien, 21 avril 2020.
  12. a b et c (en) Andrea Jerrett, « 'Devastating day for Nova Scotia': 13 people, including RCMP officer, killed in shooting », CTV News,‎ (lire en ligne).
  13. (en) Maryam Shah, « Timeline of what we know about Nova Scotia killing spree that left RCMP officer, 12 others dead », Global News,‎ (lire en ligne).
  14. (en) Melissa Lopez-Martinez, « A timeline of the deadly shooting incident in Nova Scotia », sur CTV News, .
  15. (en) « Canada shooting: Gunman kills at least 13 in rural Canada », BBC News,‎ (lire en ligne).
  16. (en) Sean Collins, « What we know about a mass shooting in Nova Scotia, Canada », Vox,‎ (lire en ligne).
  17. (en) Andrea Jerrett, « Shooting 'one of the most senseless acts of violence' in Nova Scotia's history: premier », CTV News,‎ (lire en ligne).
  18. (en) « Queen Elizabeth sends condolences to Canada after Nova Scotia shooting », Reuters, 21 avril 2020.
  19. Clémentine Rebillat, « Tuerie au Canada : passionné par la police, l’étrange profil du tireur », Paris Match, .
  20. ICI.Radio-Canada.ca, « Ottawa interdit 1 500 modèles d'armes à feu », sur Radio-Canada.ca
  21. a b c d e et f « Le Canada interdit 1 500 modèles d'armes d'assaut après la pire tuerie de son histoire », sur france24.com, (consulté le 1er mai 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]