Tuerie d'Isla Vista

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Tuerie d'Isla Vista

Localisation Isla Vista, Californie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Cible Civils (principalement des étudiants)
Coordonnées 34° 24′ 43″ nord, 119° 51′ 32″ ouest
Date 23 mai 2014
Type Meurtre-suicide, tuerie à la chaîne
Armes 2 couteaux de chasse
Pistolet Sig-Sauer P226
Voiture BMW 328i[1]
Morts 7 (dont le tueur)
Blessés 14
Auteurs Elliot Rodger

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Tuerie d'Isla Vista

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(Voir situation sur carte : Californie)
Tuerie d'Isla Vista

La tuerie d'Isla Vista est une tuerie de masse qui a eu lieu le à Isla Vista, dans le comté de Santa Barbara, dans l'État de Californie, aux États-Unis. Le tueur est Elliot Rodger, âgé de 22 ans. Il est motivé par sa haine des femmes, tue six personnes et en blesse quatorze autres avant de se suicider. Il utilise plusieurs couteaux, des pistolets ainsi que sa voiture dans l'attaque.

La tuerie entraîne des réactions invoquant la misogynie du tueur et appelant au contrôle des armes à feu.

Événements[modifier | modifier le code]

Le , Elliot Oliver Robertson Rodger poignarde successivement ses deux camarades de chambre ainsi qu'un de leurs amis alors qu'ils rentraient dans son appartement[1],[2].

Quelques heures plus tard, il se rend à un café Starbucks où il achète un café. Il retourne ensuite dans sa voiture et met en ligne, grâce à son ordinateur portable, un manifeste et une vidéo dans lesquels il expose ses motivations[1].

Armé de plusieurs pistolets, Elliot Rodger se rend alors à une maison de sororité à la porte de laquelle il frappe, avec l'intention de tuer les étudiantes à l'intérieur. Ne recevant pas de réponse, Rodger tire sur trois étudiantes qui passaient devant la maison, tuant deux d'entre elles et blessant la troisième[1],[2],[3].

Rodger retourne dans sa voiture et se rend à un bâtiment inoccupé vers lequel il tire, pensant pouvoir y atteindre d'éventuels occupants[1]. Le tueur continue de rouler jusqu'à un magasin, où il abat un homme[1],[2],[3].

Elliot Rodger conduit à vive allure à travers la ville, parfois du mauvais côté de la route[1],[2]. Il tire sur les passants et renverse volontairement piétons, skateboardeurs et cyclistes[1],[2],[3]. Il échange deux fois des coups de feu avec la police et est blessé à la hanche lors de la seconde altercation[1]. Il renverse un cycliste et sa voiture finit par rentrer dans un véhicule stationné[1],[2],[3]. Un adjoint au shérif retire alors Rodger de la voiture pour le menotter et constate sa mort, le tireur s'étant suicidé d'un tir de fusil à pompe dans la tête[1].

Durant la tuerie, Rodger a tué six personnes et en a blessé quatorze autres[1].

Victimes[modifier | modifier le code]

  • George Chen, 19 ans et Cheng-Yuan (dit « James ») Hong, 20 ans : colocataires du tueur, reçurent respectivement 94 et 25 coups de couteau.
  • Weihan (dit « David ») Wang, 20 ans : ami de Chen et Hong, se trouvait dans leur appartement au moment des faits. Mort de 15 coups de couteau.
  • Katherine Breann Cooper, 22 ans et Veronika Elizabeth Weiss, 19 ans : abattues devant le Q.G. d'une sororité étudiante, de 8 et 7 balles respectivement.
  • Christopher Ross Michaels-Martinez, 20 ans : tué d'une balle dans la poitrine, dans une épicerie.

Les six victimes étaient toutes des étudiants à l'université de Californie à Santa Barbara, et furent déclarées mortes sur les lieux du crime. L'université leur accorda des diplômes posthumes.

Tireur[modifier | modifier le code]

Elliot Oliver Robertson Rodger est né le à Londres[4] dans une famille baignant dans les médias : son grand-père George Rodger est un photojournaliste britannique connu pour ses clichés de la Seconde Guerre mondiale, son père Peter Rodger travailla comme assistant-réalisateur de la saga Hunger Games[5],[6], sa mère Chin, d'origine sino-malaisienne, travaille pour une maison de production.

Il émigre aux États-Unis avec ses parents à l'âge de cinq ans. Ses parents divorcent par la suite, et son père se remarie avec l'actrice franco-marocaine Soumaya Akaaboune, connue en France comme participante de l'émission Les Vraies Housewives où Elliot Rodger fit d'ailleurs une brève apparition[7].

Le jour de la tuerie, Elliot Rodger met en ligne un manifeste intitulé My Twisted World[1] dans lequel il relate sa vie et expose les motivations de ses meurtres[8]. Il publie également une vidéo appelée « Retribution »[1] (« Châtiment »). Il explique dans ces documents vouloir se venger des femmes qui l'auraient toujours ignoré[6],[9]

Réactions[modifier | modifier le code]

Contrôle des armes[modifier | modifier le code]

Après la fusillade, Richard Ramirez, le père de Christopher Ramirez qui fut tué lors de la fusillade, exprime son mécontentement vis-à-vis du contrôle des armes trop laxiste selon lui[10]. Il décide de se consacrer au plaidoyer du contrôle des armes[11].

#NotAllMen / #YesAllWomen[modifier | modifier le code]

La misogynie affichée du tueur engendre un débat sur les causes du massacre. Le débat se poursuit sur les réseaux sociaux, où certains utilisent l'argument « not all men » (non, tous les hommes ne sont pas...) pour protester contre ce qu'ils perçoivent comme une généralisation misandre considérant tous les hommes comme des violeurs ou agresseurs misogynes potentiels[12]. L'expression existait déjà avant le massacre[13], néanmoins c'est dans les débats qui ont suivi que fut créé sur Twitter, le mot-dièse #YesAllWomen (oui, toutes les femmes...) regroupant les expériences personnelles des femmes en matière de violences, harcèlement et discriminations sexistes[14]

Alek Minassian.[modifier | modifier le code]

Le , Alek Minassian poste une apologie de Rodgers sur Facebook avant de tuer 10 personnes au volant d’une camionnette à Toronto. Il se décrit dans ce post comme un « incel », un célibataire involontaire, reprochant aux femmes nommées les « Stacys » de rejeter ses avances et jalousant les « Chads », les hommes populaires[15],[16]. Ainsi, ses actes comme ceux d'Eliott Rodger appartiennent désormais au domaine du terrorisme.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (en) « Isla Vista Mass Murder — May 23, 2014 — Investigative Summary » [PDF], sur sbsheriff.us, (consulté le 17 mars 2016)
  2. a, b, c, d, e et f (en) « Timeline: A killer's rampage through a California college town », sur cnn.com, (consulté le 17 mars 2016)
  3. a, b, c et d (en) « Map of the Mayhem », sur independent.com, (consulté le 17 mars 2016)
  4. (en) « Isla Vista shooting: Read Elliot Rodger's graphic, elaborate attack plan », sur latimes.com, (consulté le 17 mars 2016) : « On the morning of July 24th, 1991, in a London hospital, I was born. »
  5. (en) « California drive-by shooting: 'Son of Hunger Games assistant director' Elliot Rodger suspected of killing six », sur telegraph.co, (consulté le 17 mars 2016).
  6. a et b « Carnage de Isla Vista: quand la misogynie tue », sur slate.fr, (consulté le 18 mars 2016).
  7. « Fusillade de Santa Barbara : Il voulait tuer Soumaya des Vraies Housewives », sur www.purepeople.com, (consulté le 14 mai 2016).
  8. (en) « What we should learn from Elliot Rodger's 'Twisted World' », sur latimes.com, (consulté le 18 mars 2016).
  9. (en) Hadley Freeman, « Elliot Rodger was a misogynist – but is that all he was? », sur theguardian.com, (consulté le 18 mars 2016).
  10. (en) « Gun law proposed in California in wake of Elliot Rodger's killing spree », sur cbsnews.com, (consulté le 19 mars 2016)
  11. « One year after the Isla Vista massacre, a father's gun control mission is personal », sur theguardian.com, (consulté le 19 mars 2016)
  12. (en) Philip Plait, « #NotAllMen: How Not to Derail Discussions of Women’s Issues », sur Slate, (consulté le 29 mai 2016)
  13. (en) Jess Zimmerman, « Not All Men: A Brief History of Every Dude’s Favorite Argument », sur Time, (consulté le 29 mai 2016)
  14. Carole Boinet, « Meurtres de Santa Barbara: #YesAllWomen dénonce une tuerie masculiniste », sur Les Inrocks, (consulté le 14 mai 2016)
  15. (en) Olivia Messer, « Accused Toronto Killer Praised Woman-Hating Mass Murderer Moments Before Attack », The Daily Beast,‎ (lire en ligne)
  16. Perrine Signoret, « Attaque de Toronto : qui sont les Incels, le groupe de célibataires auquel se réfère le suspect ? », sur lemonde.fr, .