Tsingoni

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Tsingoni
Tsingoni
Le minaret de la mosquée de Tsingoni
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Mayotte
Département Mayotte
Canton Tsingoni
Intercommunalité Communauté de communes du Centre-Ouest (siège)
Maire
Mandat
Bacar Mohamed
2014-2020
Code postal 97680
Code commune 97617
Démographie
Population
municipale
13 934 hab. (2017 en augmentation de 33,29 % par rapport à 2012)
Densité 405 hab./km2
Géographie
Coordonnées 12° 47′ 15″ sud, 45° 06′ 10″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 480 m
Superficie 34,42 km2
Localisation

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Tsingoni

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Tsingoni est une commune du département d'outre-mer de Mayotte, peuplée de 13 934 habitants en 2017. Ancienne capitale du sultanat de Mayotte, la ville est connue pour accueillir la plus vieille mosquée de France encore en activité et le site militaire du BSMA. Malgré une forte expansion urbaine à partir des années 1980, la commune conserve une grande activité agricole.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le climat y est de type tropical. La commune est marquée par une importante diversité naturelle, dont des forêts (15% du territoire se compose de réserves forestières), des padzas et des zones humides (dont 35ha de mangroves), et de nombreuses terres agricoles qui en font la commune la plus agricole de Mayotte[1].

Autour du mont Combani, la commune comprend plusieurs plans d'eau (le lac Karihani, la retenue collinaire de Combani de 23 ha, et le barrage sur l'Ourovéni), qui contribuent fortement à l'alimentation de l'île en eau potable.

La commune est composée de quatre villages : Tsingoni (gentilé: Tsingonien), Combani (Combanien), Mroalé (Mroalais), Miréréni (Mirérénien).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les anciens noms de la commune ont été Chingoni, Chin Kuni, Legatonghill, Tchingoni, avant de retenir Tsingoni[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Mosquée de Tsingoni.

Tsingoni est une localité occupée à partir du VIIe siècle[2]. La tradition, rapportée par Sheik Adinani, évoque la fondation de ce village par une princesse, Matsingo, originaire du village de Kwalé. Celle-ci, se serait établie sur ce site avec les siens après avoir suivi un coq portant à son cou un talisman (hirizi). On y verrait alors l'étymologie du nom du village, Shingo désignant en swahili le « cou ». La tradition rapporte aussi que Matsingo aurait épousé un arabe (Mwarabu) originaire de la côte swahili, et qui aurait introduit à Mayotte l'islam sunnite chafiite. Sa sépulture remaniée est visible dans le cimetière à l'entrée du village. Tsingoni, devient un point d'entrée à Mayotte de nombreux clans Hadrami et swahili.

En 1521, l'amiral et cartographe ottoman Piri Reis visite Mayotte et décrit Tsngoni en ces termes dans son Kitab-i Bahrije :

« La seconde île est nommée Magota [Mayotte]. On dit que les Portugais y ont mis des hommes. Elle a un Chah. Sa population est noire et blanche. Ils sont chafi'i, parmi eux point d'hypocrisie. Elle a une ville nommée Chin Kuni [Tsingoni]. N'y règnent que des scheiks[2]. »

Quelques années plus tard, vers 1530, le troisième sultan shirazi de Mayotte, Aïssa ben Mohamed, quittant Mtsamboro, y établit la capitale du sultanat. En 1538 est achevée la mosquée royale (en partie conservée aujourd'hui), une inscription arabe scellée dans le mihrab de la mosquée porte en effet la date 944 de l'Hégire et non 844 comme certains auteurs l'avaient avancée. Un palais et un rempart sont érigés (disparus aujourd'hui). Des sépultures shirazi sont visibles actuellement aux abords de la mosquée. Datées de la fin du XVIe siècle, elles s'apparentent aux sépultures à dôme de l'archipel de Lamu. Tsingoni est alors l'une des principales cités de l'île, pourvue d'une médina[2]. Son hinterland occupant le plateau de Combani jusqu'au pied du massif du Benara permet à son aristocratie d'exporter des vivres et des esclaves en direction des côtes swahilies et sudarabique, et quelquefois d'approvisionner les navires européens de passage. La baie de Soulou abrite en effet un site archéologique attestant d'une présence européenne à la fin du XVIIe siècle.

Le XVIIIe siècle voit le déclin du sultanat et de sa capitale : celle-ci d'après le romancier Defoe aurait été attaquée par le pirate North en 1701. Les guerres qui opposent le sultanat d'Anjouan à celui de Mayotte à partir des années 1740 ont certainement contribué à l'abandon du site. Selon la chronique de Cadi Omar Abubacar, la ville est détruite lors des razzias malgaches qui frappent l'archipel des Comores entre 1790 et 1820. D'après Jean-Claude Hébert, l'année 1795 est celle de la destruction de la cité par les Malgaches. Cependant, la naissance de Cadi Omar Aboubacar en 1805 dans cette localité puis la bataille de Zidacani opposant des clans mahorais quelques années plus tard laissent entendre une plus longue longévité de la ville qui ne semble jamais avoir été totalement abandonnée ou du moins l'avoir été qu'une courte période. Le site est encore mentionné à l'état de ruine en 1841 lorsqu'il reçoit la visite du français Vincent Noël. Il faut attendre les années 1850 pour que le site soit à nouveau occupé et la mosquée rénovée.

La commune a connu une densification et une urbanisation très rapide à partir des années 1980, même si un quartier historique reste identifiable, vraisemblablement selon les limites de l'ancien rempart défensif[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1977 1994 Zoubert Adinani    
1994 2001 Allaoui Ahamada    
2001 2008 Souf Ali Souf UMP  
2008 2014 Amedi Ibrahim SE  
2014 En cours Bacar Mohamed UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1978. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee, mais la loi relative à la démocratie de proximité du a, dans ses articles consacrés au recensement de la population, instauré des recensements de la population tous les cinq ans en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et dans les îles Wallis-et-Futuna, ce qui n’était pas le cas auparavant[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2002[4], les précédents recensements ont eu lieu en 1978, 1985, 1991 et 1997.

En 2017, la commune comptait 13 934 habitants[Note 1], en augmentation de 33,29 % par rapport à 2012

Évolution de la population  [ modifier ]
1978 1985 1991 1997 2002 2007 2012 2017
2 2063 0073 9505 5327 7799 20010 45413 934
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[5] puis à partir de 2006[6])
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au , millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Panneaux d'exposition installés au sein de la mosquée, Préfecture de Mayotte, DAC et Mairie de Tsingoni, 2017.
  2. a b et c La mosquée de Tsingoni : Plusieurs siècles d’histoire à Mayotte, Mayotte, Mairie de Tsingoni, .
  3. Titre V de la loi no 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité
  4. Décret no 2002-974 du 9 juillet 2002 fixant la date et les conditions dans lesquelles sera exécuté le recensement général de la population de Mayotte en 2002, publié au JORF du .
  5. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  6. pour les années 1978, 1985, 1991, 1997, 2002, 2007, 2012 et 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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