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Henri Troyat

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Henri Troyat
Henri Troyat en 1943
Fonction
Fauteuil 28 de l'Académie française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Лев Асланович ТарасовVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Henri TroyatVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Période d'activité
Autres informations
Membre de
Genres artistiques
Biographie, récit (en), essaiVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinctions
Œuvres principales
Vue de la sépulture.

Henri Troyat (né Lev Aslanovitch Tarassov[a] ; en russe moderne : Лев Асланович Тарасов[b], Լևոն Թորոսյան (Levon Torosyan) en arménien), né le 1er novembre 1911 ( dans le calendrier grégorien) à Moscou (Empire russe) et mort le [c] à Paris, est un écrivain français d'origine arménienne de Russie.

Il reçoit le prix Goncourt pour L'Araigne en 1938, et est élu à l'Académie française en 1959.

Henri Troyat confirme l'origine arménienne de ses deux parents dans son livre de souvenirs Un si long chemin, paru en 1976. La famille de son père était installée à Armavir dans le Nord-Caucase, en Russie[1],[2],[3]. La famille Toros est naturalisée russe et russifié son nom en Tarassov[2],[1]. Sa mère originaire de Krasnodar, est d’ascendance allemande, arménienne et géorgienne[4],[2]. Au moment de la révolution d’Octobre, son père, qui occupait une situation en vue dans le commerce, propriétaire de grands comptoirs de vente de drap et des compagnies de chemin de fer[5],[1]. Les parents sont obligés de s’enfuir de l'Empire russe, et toute la famille entreprit un long exode qui le mena, tout enfant, de Moscou au Caucase (où ses parents possédaient une vaste propriété), du Caucase en Crimée, puis, par la mer Noire, à Constantinople, à Venise et enfin à Paris, où il arriva en 1920[6] sous le nom de Torossian[2]. Pour gagner leur vie, son père devient employé et sa mère femme de ménage[4]. Il refusa toute sa vie de retourner dans son pays natal[5].

Il fait toutes ses études en France, au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine où il aura comme professeur Auguste Bailly. Il doit renoncer à son désir de devenir peintre ou comédien au théâtre pour que ses parents obtiennent des revenus supplémentaires stables[4]. Il obtient une licence en droit[6]. Il est naturalisé français en 1933. La même année il est admis au concours de rédacteur de la préfecture de la Seine, affecté au service des Budgets. Il part accomplir son service militaire à Metz comme 2e classe au 61e régiment d'artillerie en 1934-1935[4].

Il se trouve obligé par son éditeur Plon, de s'inventer un nom d'emprunt à consonance française, sinon il lui prédisait que "Toute votre carrière sera gâchée". Plon invoque d’éviter tout malentendu, de voir ses romans pris pour des traductions[7]. Il se trouvait encore sous l’uniforme quand fut publié son premier roman, Faux Jour, qui reçoit le prix du roman populiste en 1935[6]. A cet instant, les biens de ses parents sont vendus à l’encan par les huissiers[4]. Le temps que lui laissaient ses occupations administratives, il l’employait à écrire. Coup sur coup parurent en librairie : Le Vivier, Grandeur nature, La Clef de voûte. En 1938, le prix Max Barthou, décerné par l’Académie française, couronna l’ensemble de son œuvre[6]. En 1938, il obtient le prix Goncourt pour son roman L'Araigne. Démobilisé en 1940, il se consacre entièrement à la littérature[6].

Une loi de Vichy vient lui interdire tout emploi de fonctionnaire car il n’est pas Français de naissance[4]. En 1940, il commence une grande épopée inspirée de ses souvenirs de Russie, Tant que la Terre durera (sept tomes), suivi d'autres suites romanesques et de nombreux romans. Au cours de sa carrière particulièrement prolifique de romancier, nouvelliste, dramaturge et de biographe, il écrit plus d'une centaine d'ouvrages, dont certains furent traduit à l’étranger.

Il reçoit le prix Max-Barthou de l’Académie française pour l'ensemble de son œuvre en 1938, le prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco en 1952, le prix des Ambassadeurs en 1978 et le Grand prix de la Critique littéraire en 1984. Parrainé par François Mauriac et André Maurois, il est élu membre de l'Académie française en 1959, au fauteuil 28, à l'unanimité moins deux voix, succédant à Claude Farrère[5]. Il figurait parmi les 120 nominations pour le Prix Nobel de Littérature en 1965[8].

Henri Troyat meurt à Paris dans la nuit du 2 au , à l'âge de 95 ans. Une cérémonie religieuse a lieu le à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, avant son inhumation au cimetière du Montparnasse.

Condamnation pour plagiat

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Henri Troyat dans les années 1990

En 2003, Henri Troyat et les éditions Flammarion ont été condamnés pour plagiat contrefaçon partielle » est le terme juridique) concernant sa biographie de Juliette Drouet, la maîtresse de Victor Hugo, publiée en 1997. La cour d'appel de Paris les a condamnés à verser 45 000 euros de dommages-intérêts à Gérard Pouchain et Robert Sabourin, auteurs du livre Juliette Drouet ou la Dépaysée (éditions Fayard, 1992). Henri Troyat s'est pourvu en cassation, puis s'est désisté. L'Académie française n'a pas réagi à cette condamnation alors que l'article XIII de ses Statuts et règlements stipule : « Si un des académiciens fait quelque acte indigne d'un homme d'honneur, il sera interdit ou destitué selon l'importance de sa faute. » [9].

Vie privée

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Il se marie à deux reprises.De son premier mariage avec Liselotte Muller en 1938, il eut un fils Jean-Daniel, expert près de la cour de cassation, qui est père de deux filles Sophie et Isabelle. De son second mariage en 1948, avec Marguerite Saintagne, veuve de médecin de Chamonix, il adopta sa fille Michelle devenue Mme Mc Keown. Sa seconde épouse est décédée en 1997[10],[4].

Honneurs et distinctions

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  • Membre de l'Académie française depuis le . À la date de sa mort, début , il en était le plus ancien membre (doyen d'élection), après avoir été le benjamin de l'Institution jusqu'au et l'élection de Maurice Druon.

Décorations

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Il existe des voies publiques portant le nom d’ Henri Troyat notament a Orléans, Auch, Trélazé,Téteghem-Coudekerque-Village et Boves[12].

Philatélie

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  • L'Office des timbres de la principauté de Monaco a honoré Henri Troyat en émettant un timbre-poste à son effigie à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance, timbre-poste dessiné par Cyril de La Patellière[13].

Publications

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  1. Tant que la terre durera (trois tomes, 1947)
  2. Le Sac et la Cendre (deux tomes, 1948)
  3. Étrangers sur la terre (deux tomes, 1950)
  1. Les Semailles et les Moissons (1953)
  2. Amélie (1955)
  3. La Grive (1956)
  4. Tendre et Violente Élisabeth (1957)
  5. La Rencontre (1958)
  • Suite romanesque : La Lumière des Justes,Flammarion ,
  1. Les Compagnons du coquelicot (1959)
  2. La Barynia (1960)
  3. La Gloire des vaincus (1961)
  4. Les Dames de Sibérie (1962)
  5. Sophie ou la Fin des combats (1963)
  1. Les Eygletière (1965)
  2. La Faim des lionceaux (1966)
  3. La Malandre (1967)
  • Suite romanesque : Les Héritiers de l'avenir, Flammarion,
  1. Le Cahier (1968)
  2. Cent un coups de canon (1969)
  3. L'Éléphant blanc (1970)
  • La Pierre, la Feuille et les Ciseaux, Flammarion, 1972
  • Anne Prédaille, Flammarion, 1973
  • Suite romanesque : Le Moscovite, Flammarion
  1. Le Moscovite (1974)
  2. Les Désordres secrets (1974)
  3. Les Feux du matin (1975)
  1. Viou (1980)
  2. À demain, Sylvie (1986)
  3. Le Troisième Bonheur (1987)
  • Le Pain de l'étranger, Flammarion,1982
  • La Dérision, Flammarion, 1983
  • Marie Karpovna, Flammarion, 1984
  • Le Bruit solitaire du cœur, Flammarion, 1985
  • Toute ma vie sera mensonge, Flammarion,?1988
  • La Gouvernante française, Flammarion, 1989
  • La Femme de David , Flammarion, 1990
  • Aliocha, Flammarion, 1991
  • Youri, Flammarion, 1992
  • Le Chant des insensés, Flammarion, 1993
  • Le Marchand de masques, Flammarion, 1994
  • Le Défi d'Olga, Flammarion, 1995
  • Votre très humble et très obéissant serviteur, Flammarion, 1996
  • L'Affaire Crémonnière, Flammarion, 1997
  • Le Fils du Satrape, Grasset, 1998
  • Namouna ou la Chaleur animale, Grasset, 1999
  • La Ballerine de Saint-Pétersbourg, Plon, 2000
  • La Fille de l'écrivain, Grasset, 2001
  • L'Étage des bouffons , Grasset, 2002
  • La Fiancée de l'ogre, Grasset, 2004
  • La Traque , Grasset, 2006
  • Le Pas du juge, De Fallois,2009
  • La Folie des anges, De Fallois,2009
  • La Perruque de Monsieur Regnard, De Fallois, 2010
  • La Voisine de palier, De Fallois, 2011
  • La Clef de voûte, suivi de Monsieur Citrine, nouvelles, Plon, 1937
  • La Fosse commune, recueil de nouvelles, Plon, 1939
  • Le Jugement de Dieu, suivi de Le Puy Saint-Clair, et de Le Merveilleux Voyage de Jacques Mazeyrat, nouvelles, Plon, 1941
  • Du philanthrope à la rouquine, recueil de nouvelles, Plon, 1945 — extraits réédités sous le titre de La Rouquine et autres contes fantastiques, Flammarion, 1996
  • Le Geste d'Ève, recueil de nouvelles, Flammarion, 1964
  • Les Ailes du diable, recueil de nouvelles, Flammarion,1966
  • L'Éternel contretemps, recueil de nouvelles, Albin Michel, 2003

Biographies

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Littérature russe

Politique russe

Littérature française

Divers

Écrits divers

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  • Les Ponts de Paris, album illustré d'aquarelles de René Kuder, Flammarion, 1946
  • La Case de l'oncle Sam, récit de voyage, La Table Ronde, 1948
  • De gratte-ciel en cocotier : à travers l'Amérique indienne, récit de voyage illustrations de Philippe Jullian, Plon, 1955
  • La Maison des bêtes heureuses, jeunesse, Bias, 1956
  • Sainte Russie, réflexions et souvenirs, recueil de textes, Grasset, 1956
  • Le Fauteuil de Claude Farrère, discours à l'Académie française, essai (1959)
  • La Vie quotidienne en Russie au temps du dernier tsar, essai, Hachette, 1959
  • Naissance d'une dauphine, reportage pour un roman, Gallimard, 1960
  • Un si long chemin, entretiens, Stock, 1976

Adaptations

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Notes et références

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  1. Son nom de plume est devenu son nom légal à l'état-civil.
  2. En arménien moderne, son nom serait Լևոն Ասլանի Թորոսյան Lévon Aslani Torossyan.
  3. Malgré des informations contradictoires à l'époque, son acte de décès mentionne le 3 mars 2007 comme la date de décès, voir Insee, « Acte de décès de Henri Troyat », sur MatchID
  4. Pour l'ensemble de son œuvre jusqu'en 1938.

Références

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  1. 1 2 3 « Les descendants d'Henri Troyat se sont rendus à Armavir », sur rusoch.fr, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 MARIE-ANNE THIL, « Les racines arméniennes d'Henri Troyat », sur academia.edu (consulté le )
  3. Simon Arbellot, « LA RÉCEPTION DE M. HENRI TROYAT », Revue des deux mondes, , p.332 (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 « Réception de M. Jean-Christophe Rufin », sur académie-francaise.fr, (consulté le )
  5. 1 2 3 Florence Noiville, « Henri Troyat », Le monde, (lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 « Henri TROYAT », sur academie-francaise.fr (consulté le )
  7. Gladys MARIVAT, « Françoise Sagan, Louis-Ferdinand Céline, Julien Gracq… Pourquoi ont-ils utilisé un pseudonyme ? », Ouest France, (lire en ligne, consulté le )
  8. « archive des nominations pour le prix Nobel de littérature 1965 », sur nobelprize.org (consulté le )
  9. Hélène Maurel-Indart, « Plagiat : Minc, Macé-Scaron et autres scandales », lemonde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  10. « biographie d’Henri Troyat », sur whoswho.fr (consulté le )
  11. « Décret du 31 décembre 2005 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier », sur legifrance.gouv.fr (consulté le )
  12. « adresse Henri Troyat », sur adresse.data.gouv.fr (consulté le )
  13. « catalogue 2011 », sur oetp-monaco.com (consulté le )
  14. Jacques Siclier, « « Faux Jour » », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  15. « Снег в трауре », sur kinopoisk.ru (consulté le )

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Liens externes

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Notices et ressources