Trouble du sommeil

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Un trouble du sommeil (somnipathie) est un trouble médical pouvant avoir des causes physiologiques, environnementales ou comportementales (lié aux habitudes du sommeil d'un individu).

En 2015, environ un adulte américains sur trois déclarai un trouble de sommeil[1]. Certains troubles du sommeil sont suffisamment sérieux pour interférer au fonctionnement physique, mental et émotionnel.

Un test communément utilisé pour quantifier les troubles du sommeil est la polysomnographie.

Sources[modifier | modifier le code]

Les dysfonctionnements du sommeil peuvent être causés par une variété de problèmes, des grincements de dents (bruxisme) aux terreurs nocturnes.

Lorsqu'un individu souffre de difficultés à s'endormir sans cause apparente, il s'agit alors d'insomnie[2].

Certains troubles du sommeil peuvent paradoxalement conduire l'individu à dormir énormément (hypersomnie). D'autres ou les mêmes peuvent être liés à un abus de certaines substances.

Le comportement individuel et collectif peut aussi avoir une incidence sur le sommeil, ce que montre notamment une étude publiée par la revue Journal of Clinical Sleep Medicine qui met en évidence l'impact d'une alimentation riches en fibres et protéines avant l'heure du coucher sur l'endormissement[3].

Troubles causaux ou fréquemment associés[modifier | modifier le code]

Parmi les sources d'insomnies ou troubles associés figurent :

  • insomnie primaire - difficulté chronique à s'endormir et/ou à maintenir un sommeil bien qu'aucune autre cause symptomatique peut être perçue ;
  • bruxisme, grincement ou claquement involontaire des dents durant le sommeil ;
  • syndrome de retard de phase du sommeil, incapacité à s'endormir ou à se réveiller durant des heures socialement acceptables mais ne causant aucun problème dans la maintenance du sommeil, un trouble du rythme circadien (symptôme similaire - syndrome hypernycthéméral) ;
  • hypopnée, anormalité respiratoire ou cardiaque durant le sommeil ;
  • narcolepsie, sommeil soudain souvent spontané à toute heure du jour ;
  • cataplexie, soudaine faiblesse des muscles moteurs pouvant résulter à une chute sur le sol ;
  • terreur nocturne, pavor nocturnus, trouble nocturne caractérisée par une forte peur et anxiété ;
  • somnambulisme, activité engagée physiquement et inconsciemment durant le sommeil ;
  • agrypagnosie, perte totale du souvenir d'avoir dormi, elle se voit généralement dans la dépression ; elle est à rapprocher de l'hypnagnosie [4],[5],[6]
  • somniphobie (en), peur de dormir ;
  • apnées du sommeil.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Un sommeil suffisant et réparateur est nécessaire au bien-être humain.

Au niveau physiologique et métabolique, le manque de sommeil peut :

  • diminuer (dans l'hippocampe) la consolidation neuronale des nouvelles connaissances[7] ;
  • affecter la réparation des muscles squelettiques [8] ;
  • perturber l'élimination des déchets métaboliques du cerveau[9] et par suite affecter le fonctionnement cérébral ;
  • affaiblir le système immunitaire[10] ;
  • dysréguler le métabolisme [11] ;
  • accroître le risque inflammatoire systémique[12], ce qui accroît le risque de maladie cardiovasculaire[13]
  • accroître le risque de diabète[14]
  • accroître le risque ainsi que d'obésité[15].

Au niveau neuropsychiatrique, s'il est aigu ou chronique sommeil le manque de sommeil conduit à des troubles de l'humeur[16] voire à la dépression[17] et au suicide[18]. Il diminue aussi la performance cognitive et la mémoire, l'attention et de la vitesse de traitement de l'information[19].

Sommeil et température ambiante[modifier | modifier le code]

Un froid excessif ou une chaleur excessive sont deux facteurs susceptibles d'affecter la qualité du sommeil.

En effet, le cycle naturel du sommeil correspond à une cascade d'évènements hormonaux et métaboliques fortement liée au cycle nycthéméral et aux rythmes circadiens, qui agissent aussi sur la thermorégulation du corps, laquelle intervient lors de la phase d'endormissement (et permet aussi de rester profondément endormi plusieurs heures)[20].

Avant de plonger dans le sommeil, sous l'effet de la mélatonine notamment, l'organisme dilate les vaisseaux sanguins qui irriguent la peau. Ceci induit un réchauffement des mains et des pieds, puis une perte plus générale de calories se traduisant par une légère diminution de la température du corps entier (« le rapport de la température distale à la peau proximale est un bon prédicteur du moment de début du sommeil » [21]. Le corps reste ensuite légèrement plus frais toute la nuit, avant que sa température ne remonte peu avant le réveil.

Une canicule, une nuit chaude ou le chauffage excessif d'une chambre, en contrecarrant la thermorégulation circadienne naturelle peuvent nuire à la qualité du sommeil[22],[23], surtout si la chaleur empêche l'évacuation de l'excès de chaleur du corps[24] et que le sommeil pauvre est associé à une température corporelle élevée.

D'ici 2050 en raison du dérèglement climatique, le nombre de mauvaises nuit de repos pourrait presque doubler par rapport à 2017[25],[1].

Plusieurs études avaient déjà établi un lien entre qualité de vie et chaleur [26], santé et chaleur[27],[28],[29],[30],[31], ainsi qu'un lien entre la chaleur, certains états psychologiques et une propension au crime et à d'autres formes de violence[32],[33],[34],[35].

Une nouvelle étude (la plus grande jamais faite sur les liens entre sommeil et température ambiante) est basée sur les réponses de 765 000 personnes questionnées de 2002 à 2011 sur combien de fois elles ont connu « un repos ou un sommeil insuffisant durant les 30 derniers jours »[1]. En croisant ces réponses avec la date et les données météorologiques de la ville les auteurs ont montré qu'une augmentation des températures nocturnes de 1°C au-dessus de la moyenne mensuelle induit en moyenne trois nuits supplémentaires de sommeil insuffisant.
Un modèle suggère que la température moyenne de chaque nuit devrait augmenter au moins de 1°C d'ici 2050 en Amérique du nord, ce qui causerait environ 110 millions de nuits supplémentaires de mauvais de sommeil par an[1]. L’étude montre aussi que les répondants les moins riches (moins de 50 000 $/an de revenu) sont environ trois fois plus susceptibles de subir un sommeil médiocre que les personnes les plus aisées (qui vivent dans des maisons mieux isolées ou équipées de climatisation). Les plus de 65 ans sont en outre deux fois plus vulnérables à ce phénomène que les plus jeunes[1].
Malgré les limites de l’étude, soulignées par lles auteurs qui n’avait pas accès à la courbe complète de température nocturne de la ville ou du lieu d’habitation et n’ont par ailleurs pas pu précisément quantifier la perte de sommeil en qualité ou en nombre d’heure) les enjeux sanitaires, économiques et environnementaux de cette question sont importants[1].

Hypnologie[modifier | modifier le code]

Polysomnographie.

À la suite de l'évolution du savoir concernant le sommeil au XXe siècle, incluant la découverte de l'hypnologie et de l'apnée du sommeil, l'importance médicale du sommeil est reconnue. La communauté clinique s'intéresse de plus près aux troubles du sommeil, tels que l'apnée du sommeil, et du rôle ainsi que de la qualité du sommeil lors de différentes conditions. Durant les années 1970 aux États-Unis, les cliniques et laboratoires se dévouent pour l'étude du sommeil accompagné de ses troubles.

L'impact des troubles du sommeil, sur la vie des individus, peut être très important : une étude, en 2014, établit qu'un sommeil ressenti comme étant de mauvaise qualité est associé à une augmentation du risque de suicide chez la personne âgée (âge moyen dans l'étude, 74,9 ans plus ou moins 5,6 ans)[36].

La médecine du sommeil est maintenant adaptée dans la médecine interne, la médecine familiale, la pédiatrie, l'otolaryngologie, la psychiatrie et la neurologie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Nick Obradovich, Robyn Migliorini, Sara C. Mednick & James H. Fowler (2017), “Nighttime temperature and human sleep loss in a changing climate” ; Science Advances 26 May 2017: Vol. 3, no. 5, e1601555 ; DOI: 10.1126/sciadv.1601555
  2. (en) Hirshkowitz Max, Essentials of neuropsychiatry and clinical neurosciences, 4, , Google Books preview includes entire chapter 10 (ISBN 978-1-58562-005-0, lire en ligne), « Chapitre 10, Neuropsychiatric Aspects of Sleep and Sleep Disorders (p. 315-340) ».
  3. « JCSM - Fiber and Saturated Fat Are Associated with Sleep Arousals and Slow Wave Sleep », sur www.aasmnet.org (consulté le 18 janvier 2016)
  4. https://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/jouvet/histoire_naturelle/print.php
  5. https://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/valatx/revprat_96/clinique.php
  6. http://www.jle.com/fr/revues/pnv/e-docs/sommeil_et_depression_chez_la_personne_agee_285813/article.phtml?tab=texte
  7. C. M. McDermott, G. J. LaHoste, C. Chen, A. Musto, N. G. Bazan, J. C. Magee (2003), Sleep deprivation causes behavioral, synaptic, and membrane excitability alterations in hippocampal neurons. J. Neurosci. 23, 9687–9695
  8. P. Schwarz, W. Graham, F. Li, M. Locke, J. Peever (2013), Sleep deprivation impairs functional muscle recovery following injury. Sleep Med. 14, e262.
  9. L. Xie, H. Kang, Q. Xu, M. J. Chen, Y. Liao, M. Thiyagarajan, J. O’Donnell, D. J. Christensen, C. Nicholson, J. J. Iliff, T. Takano, R. Deane & M. Nedergaard (2013), Sleep drives metabolite clearance from the adult brain. Science 342, 373–377.
  10. P. A. Bryant, J. Trinder, N. Curtis (2004), Sick and tired: Does sleep have a vital role in the immune system ? Nat. Rev. Immunol. 4, 457–467.
  11. S. K. Davies, J. E. Ang, V. L. Revell, B. Holmes, A. Mann, F. P. Robertson, N. Cui, B. Middleton, K. Ackermann, M. Kayser, A. E. Thumser, F. I. Raynaud, D. J. Skene (2014), Effect of sleep deprivation on the human metabolome. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 111, 10761–10766.
  12. H. K. Meier-Ewert, P. M. Ridker, N. Rifai, M. M. Regan, N. J. Price, D. F. Dinges, J. M. Mullington (2004), Effect of sleep loss on C-reactive protein, an inflammatory marker of cardiovascular risk. J. Am. Coll. Cardiol. 43, 678–683
  13. N. T. Ayas, D. P. White, J. E. Manson, M. J. Stampfer, F. E. Speizer, A. Malhotra & F. B. Hu (2003), A prospective study of sleep duration and coronary heart disease in women. Arch. Intern. Med. 163, 205–209.
  14. D. J. Gottlieb, N. M. Punjabi, A. B. Newman, H. E. Resnick, S. Redline, C. M. Baldwin, F. J. Nieto (2005), Association of sleep time with diabetes mellitus and impaired glucose tolerance. Arch. Intern. Med. 165, 863–86.
  15. R. R. Markwald, E. L. Melanson, M. R. Smith, J. Higgins, L. Perreault, R. H. Eckel & K. P. Wright Jr (2013), Impact of insufficient sleep on total daily energy expenditure, food intake, and weight gain. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 110, 5695–5700.
  16. J.J. Pilcher, A.J. Huffcutt (1996), Effects of sleep deprivation on performance: A meta-analysis. Sleep 19, 318–32.
  17. C. Baglioni, G. Battagliese, B. Feige, K. Spiegelhalder, C. Nissen, U. Voderholzer, C. Lombardo, D. Riemann (2011), Insomnia as a predictor of depression : A meta-analytic evaluation of longitudinal epidemiological studies. J. Affect. Disord. 135, 10–19.
  18. W. R. Pigeon, M. Pinquart, K. Conner (2012), Meta-analysis of sleep disturbance and suicidal thoughts and behaviors. J. Clin. Psychiatry 73, e1160–e116.
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  20. K. Kräuchi (2007), The thermophysiological cascade leading to sleep initiation in relation to phase of entrainment. Sleep Med. Rev. 11, 439–451.
  21. K. Kräuchi, C. Cajochen, E. Werth, A. Wirz-Justice (2000), Functional link between distal vasodilation and sleep-onset latency ? Am. J. Physiol. Regul. Integr. Comp. Physiol. 278, R741–R748
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