Trouble de la dépersonnalisation

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Trouble de la dépersonnalisation

Spécialité PsychiatrieVoir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 F48.1
CIM-9 300.6
MeSH D003861

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Le trouble de la dépersonnalisation est un trouble dissociatif dans lequel un individu éprouve de manière durable ou répétitive des sentiments de dépersonnalisation et/ou de déréalisation. Le critère diagnostic inclut des sentiments persistants ou récurrents de détachement ou d'éloignement de soi-même[1].

Des moments occasionnels de dépersonnalisation peuvent se produire[2], de fortes sensations persistantes ou récurrentes peuvent être un signe de gravité. Le diagnostic du trouble est fait lorsque la dissociation est persistante et interfère avec les fonctions habituelles et sociales. Le trouble de la dépersonnalisation peut être causé par des événements traumatisants, tels abus ou agressions sexuelles, physiques ou émotionnelles durant l'enfance ; voire accidents, guerre et torture. L'utilisation de substances psychoactives ou psychotropes est un facteur de risque. Pendant l'expérience de dépersonnalisation, l'appréciation de la réalité peut demeurer intacte.

Si ces symptômes sont considérés comme protégeant la personne de stimuli négatifs, le trouble de la dépersonnalisation peut être considéré comme un mécanisme de défense.

Ce trouble a été rebaptisé trouble de la dépersonnalisation-déréalisation dans le DSM-5[3].

Prévalence[modifier | modifier le code]

26 à 74% des individus vivent une dépersonnalisation-déréalisation transitoire au moins une fois dans leur vie[4].

Environ 1 à 2% des gens souffrent d'un trouble de la dépersonnalisation-déréalisation chronique/sévère[5],[6].

Certaines de ces études semblent estimer les taux de dépersonnalisation-déréalisation sans les mélanger et comptabiliser avec d'autres troubles comme la schizophrénie, voire avec les psychoses en général. Les données et précisions manquent et le taux pourrait être sous-estimé.

Causes[modifier | modifier le code]

Le trouble de la dépersonnalisation est souvent comorbide avec les troubles anxieux, les peurs panique, le syndrome de stress post-traumatique, la dépression clinique, la schizophrénie, le trouble bipolaire et le trouble de la personnalité borderline. Le cannabis, l'ecstasy et d'autres substances psychoactives peuvent également en être responsables.

Critères[modifier | modifier le code]

Les critères diagnostiques sont définis dans la section 300.6 du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et incluent[1] :

  • Expérience prolongée ou récurrente d'un sentiment de détachement et d'une impression d'être devenu un observateur extérieur de son propre fonctionnement mental ou de son propre corps (ex. impression de rêver).
  • Le principe de réalité n'est pas altéré durant la dépersonnalisation.
  • La dépersonnalisation s'accompagne de difficultés au travail, ou dans l'exercice des fonctions vitales ou sociales.
  • La dépersonnalisation ne survient pas seulement lorsque l'individu est affecté par un autre trouble mental, et n'est pas directement associée à une prise de substances psychoactives/psychotropes.

Le DSM-IV-TR reconnait spécifiquement d'autres causes du trouble :

Traitements[modifier | modifier le code]

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Les traitements peuvent entraîner une amélioration du trouble. Soit sous forme de diminution soit sous forme de guérison.

La stimulation magnétique transcrânienne répétitive et les antagonistes opioïde Naloxone et Naltrexone sont efficaces contre ce trouble[7],[8],[9],[10].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Association Américaine de Psychiatrieconsulté le=19 avril 2011, « DSM-IV-TR: [[Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux]] »
  2. (en) Simeon, D., & Abugel, J. (2006). Feeling Unreal: Depersonalization Disorder and the Loss of the Self. New York, NY: Oxford University Press. (p. 3)
  3. Eli Somer, Taryn Amos-Williams et Dan J Stein, « Evidence-based treatment for Depersonalisation-derealisation Disorder (DPRD) », BMC Psychology, vol. 1, no 1,‎ (ISSN 2050-7283, PMID 25566370, PMCID PMC4269982, DOI 10.1186/2050-7283-1-20, lire en ligne)
  4. E. C. M. Hunter, M. Sierra et A. S. David, « The epidemiology of depersonalisation and derealisation. A systematic review », Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, vol. 39, no 1,‎ , p. 9–18 (ISSN 0933-7954, PMID 15022041, DOI 10.1007/s00127-004-0701-4, lire en ligne)
  5. Eli Somer, Taryn Amos-Williams et Dan J Stein, « Evidence-based treatment for Depersonalisation-derealisation Disorder (DPRD) », BMC Psychology, vol. 1, no 1,‎ (ISSN 2050-7283, PMID 25566370, PMCID PMC4269982, DOI 10.1186/2050-7283-1-20, lire en ligne)
  6. (de) Matthias Michal et Manfred E. Beutel, « Weiterbildung CME: Depersonalisation/Derealisation - Krankheitsbild, Diagnostik und Therapie », Zeitschrift für Psychosomatische Medizin und Psychotherapie (de), vol. 55, no 2,‎ (DOI 10.13109/zptm.2009.55.2.113#.w14k9duzbcs, lire en ligne)
  7. Emma-Louise Jay, Steffen Nestler, Mauricio Sierra et Jessica McClelland, « Ventrolateral prefrontal cortex repetitive transcranial magnetic stimulation in the treatment of depersonalization disorder: A consecutive case series », Psychiatry Research, vol. 240,‎ 06 30, 2016, p. 118–122 (ISSN 1872-7123, PMID 27104926, PMCID PMC4906152, DOI 10.1016/j.psychres.2016.04.027, lire en ligne)
  8. Emma-Louise Jay, Mauricio Sierra, Frederique Van den Eynde et John C. Rothwell, « Testing a neurobiological model of depersonalization disorder using repetitive transcranial magnetic stimulation », Brain Stimulation, vol. 7, no 2,‎ , p. 252–259 (ISSN 1876-4754, PMID 24439959, PMCID PMC3968882, DOI 10.1016/j.brs.2013.12.002, lire en ligne)
  9. Daphne Simeon et Margaret Knutelska, « An open trial of naltrexone in the treatment of depersonalization disorder », Journal of Clinical Psychopharmacology, vol. 25, no 3,‎ , p. 267–270 (ISSN 0271-0749, PMID 15876908, lire en ligne)
  10. Bianca C. Karris, Marc Capobianco, Xin Wei et Lesley Ross, « Treatment of Depersonalization Disorder With Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation », Journal of Psychiatric Practice, vol. 23, no 2,‎ , p. 141–144 (ISSN 1538-1145, PMID 28291040, DOI 10.1097/PRA.0000000000000215, lire en ligne)