Trottinette électrique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Trottinette électrique
Elektrische-tretroller.jpg
Type
Utilisation
Usage
Locomotion (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Une trottinette électrique est une trottinette équipée d'un moteur électrique. Ce type de véhicule électrique se généralise en ville à la fin des années 2010. En France, elles font partie administrativement des « engins de déplacement personnel motorisés »[1].

La trottinette électrique est classée:

  • comme un engin de déplacement personnelle (Personal Mobility Devices) à Washington, D.C., et à Singapour,
  • comme un engin de déplacement assisté personnel électrique (Electric Personal Assistive Mobility Devices) à Atlanta,
  • comme une bicyclette en Autriche et en Nouvelle Zélande.

Historique[modifier | modifier le code]

Les progrès en motorisation électrique au niveau des batteries électro-chimiques plus légères, des moteurs à rendement amélioré, de l'électronique de commande permettent actuellement de motoriser la trottinette pour en faire une aide efficace à la marche du piéton, réduisant notablement sa fatigue sur une longue distance lorsque l'état du sol le permet, c'est-à-dire faible déclivité et bon entretien du revêtement des trottoirs.

Ces trottinettes ont eu des succès dans des séries et des films pour la jeunesse (Volt, Linus et Boom...).

Les premiers dessins des trottinettes motorisées ont été réalisés par Roland Puisset en 1967.[réf. nécessaire]

Le constructeur allemand Krupp a produit de 1919 à 1922 des trottinettes motorisées. Il utilisa un brevet à l'origine américain[réf. nécessaire]. Arthur Hugo Cecil Gibson l'avait déposé le 27 décembre 1916[2].

Depuis la fin des années 1980, des progrès similaires réalisés sur les petits moteurs à essence (d'un poids d'un à deux kilogrammes) dans l'industrie des débroussailleuses ont permis d'adapter ces moteurs sur des trottinettes, et ont donné naissance à un nouveau sport en plein développement aux États-Unis. Cela inclut des courses de distance sur route, des courses sur circuit, des compétitions de saut acrobatique, et bien d'autres disciplines.

À côté des modèles traditionnels fabriqués aux États-Unis, on trouve maintenant de plus en plus de modèles utilisant des technologies électriques (moteur roue, brushless, à courroie...).

Les trottinettes légères sont bien adaptées au transport combiné. En France, les services publics reconnaissent leur utilisation en tant que jeu, leur autorisation selon le code des piétons et le principe de prudence[3].

C'est surtout à partir de 2017 que les trottinettes électriques se démocratisent réellement, notamment du fait de l'apparition de services de location, entraînant un véritable bouleversement de la mobilité et surtout de la circulation dans de nombreuses métropoles, en particulier européennes.

En juin 2019, a eu lieu le premier accident mortel pour un conducteur de trottinette électrique à Paris, dans lequel un homme de 25 ans est mort percuté par un camion auquel il avait refusé la priorité. En avril 2019, un piéton âgé avait été percuté par une trottinette à Levallois-Perret et n'avait pas survécu au choc[4],[5]. Le 12 juillet 2019 survient le premier accident mortel au Royaume-Uni : l'influenceuse Emily Hartridge meurt percutée par un poids-lourd[6].

Les services de location en flotte libre[modifier | modifier le code]

Trottinettes électriques en libre service à Lyon
Article détaillé : Flotte libre.

À partir de 2018, plusieurs marques de services de location en flotte libre de trottinettes électriques ont fait leur apparition sur les trottoirs des grandes villes françaises, avec un certain succès auprès des utilisateurs mais sans aucun cadre légal. À la différence des systèmes de vélos en libre service, ces trottinettes ne sont pas liées à une station de stockage et sont mises en place et récupérées quotidiennement par l'entreprise gérant la flotte pour procéder aux rechargement des batteries. L'absence de station de stockage cause de nombreux problèmes (encombrement des trottoirs, dégradations...) et les villes réfléchissent à un moyen de réglementer leur utilisation[7]. En effet, ce système entraîne des nuisances importantes et surtout un vandalisme catastrophique, avec des milliers de trottinettes (et leurs dangereuses batteries au lithium) noyées dans la Seine, le Rhône ou le vieux-port de Marseille, et de nombreuses épaves disloquées jonchant les trottoirs, écrasées par les voitures ou encombrant la voie publique[1].

Le soir, les trottinettes sont rechargées par des « chargeurs de trottinettes » qui collectent les trottinettes via une application mobile d'un opérateur de trottinettes et procèdent à leur recharge avant de les redéposer le matin pour les utilisateurs à un emplacement indiqué par l'application[8],[9]. Ces tâches sont en général externalisées à des auto-entrepreneurs qui reçoivent une rémunération à l'unité, qui leur procure souvent un revenu inférieur au salaire minimum horaire une fois leurs charges déduites[10].

Le modèle économique de ces entreprises repose sur une bulle financière : les différents services de location opèrent en effet des prix attractifs, au prix d'énormes pertes financières (la durée de vie d'une trottinette électrique est estimée à moins de 3 mois, alors qu'il en faudrait plus de 4 pour pouvoir commencer à envisager une rentabilité). En conséquence, les différents services fonctionnent actuellement à perte grâce à des investisseurs puissants (Lime est détenu par Google, Ufo par Seat, Hive par BMW et Daimler, et Jump par Uber), et chacune de ces marques attend que les autres abandonnent le marché pour empocher le monopole et pouvoir ensuite augmenter les prix (sur le modèle d'Uber pour les VTC)[1].

Réglementation[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En France, en vertu de l'article R311-1 du Code de la route, seules les trottinettes à moteur ne pouvant circuler à une vitesse supérieure ou égale à 6 km/h sont autorisées sur le trottoir (le conducteur est dans ce cas considéré comme piéton) et seules les trottinettes homologuées (réceptionné avec carte grise) ayant une plaque d'immatriculation et une assurance peuvent circuler sur la route (elles sont dans ce cas assimilées à des cyclomoteurs). Toutes les autres trottinettes à moteur sont interdites sur la voie publique[11].

En 2019, le Code de la route français doit s'adapter aux « engins de déplacement personnel motorisés », dont la vitesse maximale possible doit être limitée à 25 km/h. Un projet de décret propose d'obliger les conducteurs de trottinettes électriques à circuler sur les bandes ou pistes cyclables quand elles existent. Ils seraient autorisés à rouler sur la chaussée uniquement en cas d'absence de bandes ou pistes cyclables, uniquement dans les zones où la vitesse maximale est de 50 km/h et en file indienne et en serrant sur la droite pour gêner le moins possible la circulation des autres véhicules. Hors agglomérations, leur usage serait interdit sur les voies limitées à plus de 50 km/h, la circulation n'étant autorisée que sur les pistes cyclables ou voies vertes. L'utilisation de ces engins serait interdite aux enfants de moins de 8 ans, le port du casque obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans et le port d'un gilet réfléchissant pour tous, la nuit ou en cas de mauvaises conditions de visibilité. Les trottinettes devraient être équipées d'un avertisseur sonore et de freins et de dispositifs rétro-réfléchissants, en plus de feux avant et arrière. Le port d'écouteurs sera interdit, tout comme pour les cyclistes. Toute infraction aux règles de circulation générales sera punie de l'amende prévue pour les contraventions de deuxième classe, soit 35 euros. L'amende s'élèvera à 135 euros (4e classe) en cas de circulation sur un trottoir, alors que l'excès de vitesse, au-delà de 25 km/h, serait sanctionné par une amende de 5e classe d'un montant de 1 500 euros[12].

Les trottinettes font leur entrée dans le Code de la route le [13].

Bruxelles[modifier | modifier le code]

À Bruxelles, les accidents de trottinette documentés au service des urgences de l'hôpital Saint-Pierre à Bruxelles sont deux fois plus nombreux que les accident de bicyclette, d'après des sources marocaines[14].

À Bruxelles, les blessures provoquées par ces accidents peuvent notamment concerner: des traumatismes crâniens, des lésions à la colonne cervicale, ainsi que des fractures des membres supérieurs, notamment les coudes ou les poignets[14].

À Bruxelles, il est recommandé de ne pas dépasser l'allure du pas sur les trottoires et la vitesse de 25 km/h sur la chaussée. Le stationnement est interdit dans les zones rouges[14].

Madrid[modifier | modifier le code]

À Madrid, en raison des très nombreux accidents survenu dans la province de la capitale, la réglementation est la suivante :

  • les usagers âgés d'au moins 15 ans peuvent les utiliser en solo,
  • en-dessous de 15 ans l'usager doit être accompagné,
  • vitesse limitée à 90 km/h,
  • port du casque obligatoire pour les moins de 16 ans (amende de 90 euros),
  • port d'écouteurs sanctionné de 90 euros,
  • interdiction de circuler sur les voies de bus et les trottoirs par nature réservés aux piétons,
  • stationnement hors zone réservée : 100 euros[15].
  • risque explosion si surchauffe

États-Unis[modifier | modifier le code]

Plusieurs compagnies très puissantes se partagent le marché américain, comme Lime (propriété de Google) et Bird (en). Leur irruption brutale et parfois chaotique à partir de 2017 a entraîné leur interdiction pure et simple dans certaines municipalités, comme à San Francisco[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Hervé Liffran, « Les trottinettes font disjoncter mairies, ministres et marchés », Le Canard Enchaîné, no 5156,‎ .
  2. Brevet n°US1293641.
  3. Service-public.fr
  4. « Premier accident mortel de trottinette électrique à Paris », sur Marianne, (consulté le 11 juin 2019)
  5. « Paris : accident mortel de trottinette électrique dans le quartier de la Goutte d'Or », sur francetvinfo.fr, (consulté le 11 juin 2019)
  6. https://www.rtl.fr/actu/international/la-youtubeuse-emily-hartridge-meurt-dans-un-accident-de-trottinette-electrique-7798040909
  7. Sébastian Compagnon et Christine Henry, « Trottinettes, vélos, scooters en libre-service à Paris : c’est le bazar ! », sur Le Parisien, (consulté le 29 mars 2019)
  8. Aurélien Collas, « Profession : chargeur de trottinettes, dernier-né des petits boulots de l’ubérisation », sur lemonde.fr, (consulté le 3 mai 2019)
  9. Julien Cadot, « Chargeur de trottinette électrique en libre-service : le nouveau métier de l’ubérisation », sur numerama.com, (consulté le 3 mai 2019)
  10. Pia de Quatrebarbes, « Les jobs pourris du nouveau monde », sur humanite.fr, (consulté le 3 mai 2019)
  11. Texte sur Légifrance
  12. « Trottoirs interdits, casque, stationnement, amendes... Ce que prévoit le décret sur les trottinettes électriques », sur francetvinfo.fr, (consulté le 5 mai 2019)
  13. Agence France-Presse, « L’usage des trottinettes désormais encadré par le code de la route », sur lemonde.fr, (consulté le 25 octobre 2019)
  14. a b et c Afaf Razouki, « Conçue comme un moyen alternatif de mobilité, la trottinette électrique devient vite un cauchemar en ville », sur mapnews.ma, .
  15. Pierre Chaperon, « Vitesse limitée, casque obligatoire pour les jeunes... Madrid impose ses règles aux utilisateurs de trottinettes électriques », sur francetvinfo.f, .
  16. Samantha Raphelson, « Dockless Scooters Gain Popularity And Scorn Across The U.S. », NPR.org,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]