Tiers-lieu

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Le tiers-lieu, ou la troisième place, ou est un terme traduit de l'anglais The Third Place. Il fait référence aux environnements sociaux se distinguant des deux principaux que sont la maison et le travail. Dans son livre datant des années 1980 The Great, Good Place, Ray Oldenburg, professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, indique que les troisièmes places sont importantes pour la société civile, la démocratie, l'engagement civique et instaurent un sentiment d'espace. Il s’entend comme volet complémentaire, dédié à la vie sociale de la communauté, et se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle. Oldenburg considère que les troisièmes lieux ont entamé une phase de déclin depuis l'arrivée des « streetcar suburbs », sur Wikipedia en anglais (consulté le 20 juin 2016), dans lesquelles les rites de sociabilités ont disparu du fait de l'usage de l'automobile[1]. Michael Krassa soutient des thèses similaires en étudiant la configuration des quartiers, la formation des réseaux sociaux et l'engagement civique. Oldenburg se rapproche de la méthodologie de l'école de Chicago qui analyse la ville comme un laboratoire social.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un endroit que les usagers utilisent quotidiennement, et dans lequel ils font partie de l'environnement, d'autant plus qu'ils le fréquentent. On parle d'ancrage physique ou de sentiment d'appartenance. On peut rapprocher ce lieu des cafés ou MJC où la discussion entre habitués fait partie des activités importantes.

Un exemple de tiers-lieu est le PROTO204, halle du campus d'Orsay comprenant des espaces de coworking et une cafétéria, dans le but de faire se rencontrer étudiants et entrepreneurs dans un cadre propice à la création de projets[2],[3].

Cartographie bêta des Espaces hybrides et autres tiers lieux, par Prima Terra

Par ailleurs, l'agence Prima Terra, membre de "l'Observatoire des Espaces hybrides et autres tiers-lieux", a élaboré une cartographie bêta des espaces hybrides et autres tiers-lieux (lien web).

Application du concept aux lieux publics comme les bibliothèques[modifier | modifier le code]

Un ancrage physique fort[modifier | modifier le code]

Les bibliothèques et autres espaces d'intérêt collectif ou général (maison des associations, centre-socio-culturel, Espace Public Numérique...) cherchent à redéfinir leur architecture et leur organisation intérieure pour attirer un nouveau public et répondre aux nouvelles attentes des usagers. Par ailleurs, le concept de "Maison de Services au Public" a tendance à se rapprocher de la notion de tiers-lieu afin de créer des "lieux de communautés villageoises".

Le PROTO204, un tiers-lieu dédié à l'entrepreneuriat étudiant sur le campus d'Orsay de l'Université Paris-Sud (Paris-Saclay).

Une vocation sociale affirmée[modifier | modifier le code]

Une nouvelle approche culturelle[modifier | modifier le code]

Le tiers-lieu de travail[modifier | modifier le code]

Une autre conception, qui n'entend pas se borner à la définition pourtant simple du tiers-lieu comme un lieu et/ou un espace qui n'est ni la maison, ni un lieu de travail, tend à sa développer en francophonie. Le risque inhérent à la labellisation est une dénaturation profonde du concept par ceux souhaitant obtenir les "effets" sans mettre en œuvre les moyens[4]. Bien que l'auteur initial Ray Oldenburg ait explicitement mentionné la notion de bureau[5].

Selon le baromètre Actineo / CSA 2015, 96 % des salariés utilisent régulièrement des tiers-lieux de travail. Ils sont situés au sein des locaux de leur entreprise (à 55 %), de leur domicile (à 43 %) ou encore au sein des locaux de leurs clients (28 %)[6].

54 % des salariés utilisent également des tiers-lieux publics dans le cadre de leur activité professionnelle : restaurants/cafés, transports en commun, espaces voyageurs dans les trains et aéroports, hôtels, bibliothèques publiques

24 % utilisent des tiers-lieux d’innovation, comme les espaces de coworking, fablabs ou incubateurs.

L'Espace hybride[modifier | modifier le code]

L'Espace hybride, ou "hybrid space", renvoie aux dimensions physique et sociale du tiers-lieu, associées à des dimensions virtuelles et surtout mentale.

"L'Obsidienne ou Observatoire des Espaces hybrides et autres tiers lieux", porté par l'Institut du Design Territorial, développe le sujet depuis 2014.

Les principales distinctions que l'on puisse faire sont les suivantes :

  • Le tiers-lieu est basé sur une communauté d'appartenance incarnée dans un lieu physique donné.
  • L'espace hybride est basé sur une recherche "d'architecture fluide", poreuse dans ses dimensions spatio-temporelles : le lieu physique se confond avec le virtuel, la volonté de transformer et/ou imposer de nouveaux modèles, règles, normes sociales et culturelles sont prégnantes et un aspect mental et émotionnel non négligeable. La volonté de "fabriquer du souvenir commun" est prégnant.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Servet, Mathilde. "Les bibliothèques troisième lieu." Bulletin des bibliothèques de France, no 4, 2010, p. 57-66
  2. Frédéric Dessort, « PROTO204, accélérateur d’innovation technologique sur le plateau de Saclay », sur educpros.fr,‎ (consulté le 30 juillet 2014)
  3. Patrick Désavie, « PROTO204, incarnation de Paris-Saclay », sur L'Usine nouvelle,‎ (consulté le 30 juillet 2014)
  4. « Le concept de tiers lieu : retour aux sources », sur Bibliomancienne (consulté le 28 mars 2016)
  5. « Tiers lieu de travail : burespresso, caflab, cafzine, cafébu, jobar et quoi encore? », sur Bibliomancienne (consulté le 28 mars 2016)
  6. « Baromètre Actineo/CSA 2015 | Actineo », sur www.actineo.fr (consulté le 10 décembre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Livres[modifier | modifier le code]