Trois discours sur la condition des grands

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Les Trois discours sur la condition des grands sont un ensemble de discours éducatifs tenus par Blaise Pascal au futur duc de Chevreuse Charles-Honoré d'Albert, probablement vers 1660[1]. Ils sont reconstitués et retranscris par Pierre Nicole dans son ouvrage De l'éducation d'un prince, publié en 1670.

Dans un premier discours, Pascal affirme que la condition des grands n'est pas liée à des qualités naturelles, mais à une suite de hasard établie par la coutume : un grand doit donc avoir une « double-pensée », en se comportant extérieurement comme le veut son rang, mais en sachant par-devers lui qu'il n'est pas intrinsèquement supérieur aux autres hommes. Dans un second, il dit qu'il existe des « grandeurs d'établissement » et des « grandeurs naturelles » : on doit le respect aux grandeurs d'établissement, même si elles sont seulement le fruit de la coutume, car le respect des conventions établies par les hommes est nécessaire ; un grand ne peut toutefois pas exiger qu'on admire chez lui des grandeurs naturelles (qui sont le fait du talent ou de la vertu) s'il n'en possède pas, car cela serait commettre une injustice en confondant les deux sortes de grandeurs. Enfin, dans un troisième discours, Pascal établit quelles relations un grand entretient avec son entourage : ce sont celles d'un « roi de concupiscence », qui possède ce que désire ce dernier ; pour ne pas se comporter en tyran, il doit mettre seulement son plaisir à satisfaire cette concupiscence.

Les Trois discours sur la condition des grands sont le seul texte issu de Pascal, exclusivement consacré à la politique[1]. On y retrouve des thèmes abordés dans les Pensées, tel le caractère conventionnel des coutumes. En leur découvrant leur vraie nature, Pascal cherche à empêcher les grands de se comporter en tyrans, tout en évitant le chaos qui résulterait d'une remise en cause de leur rang par le peuple[2]. Il s'agit toutefois seulement pour lui d'un pis-aller : la véritable grandeur consiste à suivre la voie de Dieu[3].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gérard Ferreyrolles et Philippe Sellier, « Notice », dans Blaise Pascal, Pascal, Les Provinciales, Pensées, et opuscules divers., Paris, Le Livre de Poche/Classiques Garnier, , p. 743.
  2. G. Ferreyrolles et P. Sellier, Ibid., p.744.
  3. G. Ferreyrolles et P. Sellier, Ibid., p.745.