Trochulus hispidus

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Trochulus hispidus
Description de l'image Trochulus hispidus.jpg.
Classification
Règne Animalia
Sous-règne Bilateria
Infra-règne Protostomia
Super-embr. Lophozoa
Embranchement Mollusca
Classe Gastropoda
Ordre Stylommatophora
Famille Hygromiidae
Tribu Trochulini
Genre Trochulus (autrefois : Trichia)

Espèce

Trochulus hispidus
(Linnaeus, 1758)[1] [2]

Synonymes

  • Trichia hispida[1]
  • Trochulus oreinos (Wagner, 1914) (préféré par UICN)
  • Trichia oreinos (Wagner, 1914)

Statut de conservation UICN

(LC )
LC  : Préoccupation mineure

Trochulus hispidus (autrefois dénommé Trichia hispida) est un petit escargot terrestre (gastéropode) appartenant au groupe des pulmonés et à l'ordre des Stylommatophora. Il est notamment caractérisé par une coquille recouverte de petits poils durs. Son nom commun francophone est Veloutée commune.

Individu âgé de l'espèce Trochulus hispidus , ayant perdu la plupart de ses poils
Cinq vues de coquille de Trochulus hispidus

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

C'est une espèce européenne trouvée sur le continent et sur certaines îles :

Europe de l'Ouest:
îles britanniques (Grande-Bretagne et Irlande), Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Îles Féroé, France, Suisse, Liechtenstein[3]

Europe du Nord:
Danemark, Norvège, Suède, Finlande[3]

Europe centrale:
Autriche, Allemagne, République tchèque, Pologne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie[3]

Europe du Sud:
Andorre, Espagne, Italie, Bulgarie[3]

Europe de l'Est:
Moldavie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine[4], Fédération de Russie (Kaliningrad)[3].

Quelques exemplaires ont été trouvés dans des zones agricoles de l'intérieur de l’État de New-York, probablement introduits involontairement[5] ; il a aussi été signalé dans le passé dans l'Est du Canada, au nord du Maine (et sur son littoral) et dans le Massachusetts par Pilsbry en 1939 [6] et Nekola en 2008[7].

Habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce est présente sur une large amplitude altitudinale ; elle apprécie les zones de broussailles et de végétation herbacée vivace humide ou proche de plans d'eau[8] (sur une échelle allant de 1 (très sec) à 7 (très humide), il a été classé à 4,87 par Čejka T & Hamerlik L (2009)[9].

Description[modifier | modifier le code]

Micrographie (au microscope électronique à balayage de la « fléchette d'amour » de Trochulus hispidus : échelle de la vue du haut : barre=500µm (soir 0,5 mm).
Image du bas : coupe transversale à la base (échelle : barre=50µm)

Anatomie :
Coquille : elle mesure 3-6 x 5-11 avec 5 à 6 verticilles modérément convexes (arrondis ou très légèrement carénés à la périphérie).
L'ouverture présente une fine lèvre blanche à l'intérieur.
L'ombilical est ouvert, généralement large 1/8-1/4 du diamètre de la coquille
Sa couleur est brun à brun-crème avec une bande plus claire en périphérie.
Le périostracum : il est irrégulièrement strié, et densément couvert de poils courts (0,2-0,3 mm) et courbés ; s'ils ont disparu du reste de la coquille, il en reste en général dans l'ombilic, de plus les poils disparus laissent des cicatrices prononcées[10].

L'animal : son corps est gris brunâtre avec une partie antérieure plus sombre[11]. Shepeleva (2014) a étudié les yeux de Trochulus hispidus[12].

Risques de confusion : Cette espèce ne doit pas être confondue avec celles d'autres escargots terrestres dont la coquille est garnie de poils, du genre Ashfordia (ex : Ashfordia granulata).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Cette espèce d'escargot crée et utilise des « fléchettes d'amour » avant l'accouplement. Ce Dard d'amour est creux et en forme d'épine.

La taille de l'œuf est de 1,5 mm[13]

Biologie[modifier | modifier le code]

Cycle de vie : L'ensemble de ce cycle de vie n’a été décrit que récemment (2013) en Europe centrale (Pologne).
L’espèce est principalement sémelpare avec un cycle annuel de vie et une longue période de reproduction se déroulant d'avril à octobre[14].
Les premiers jeunes escargots éclosent au printemps. Ils grandissent vite et atteignent 4 tours de spirale (coquille) à l'hiver. La croissance s’arrête presque à l'automne et reprend au début du printemps[14]. Au printemps suivant, ils ont atteint la maturité sexuelle et peuvent se reproduire, après quoi ils meurent[14] ;

Taux de croissance : il est en moyenne d’environ 0,3 verticille/mois à l'état sauvage ; la croissance d’abord très rapide chez le jeune escargot diminue ensuite progressivement avec l’âge[14] ;

Les œufs : In situ comme en conditions de laboratoire, il a été observé que les œufs sont presque sphériques, d’un diamètre d’environ 1,5 mm, et pondus au printemps et en été par groupes de 1 à 47[14] ;

L’éclosion : elle se produit après 6 à 24 jours.
Elle est asynchrone (tous les œufs n'éclosent pas au même moment).
La coquille de ces escargots sortant de l’œuf ont alors environ 1,5 tour de spirales[14] ;

Alimentation : Une analyse des préférences alimentaires montre que T. hispidus tend à restreindre ses choix alimentaires en vieillissant. Alors que les jeunes escargots semblent indifféremment consommer les feuilles de Fraxinus excelsior, d’Acer pseudoplatanus, de Tilia cordata et de A. platanoides, les adultes s’orientent préférentiellement vers F. excelsior, A. pseudoplatanus et A. platanoides[14].

Génétique[modifier | modifier le code]

Les naturalistes ont observé chez cet escargot de nombreuses variantes dans la forme des coquilles de T. hispidus. On a récemment montré que des formes légèrement différentes de coquilles correspondent à des groupes génétiques différents[8].

Le croisement de données morphométriques (de coquilles) et de données issues de séquençage de l'ADN mitochondrial montre qu'il existerait des lignées génétiquement divergentes mais morphologiquement cryptiques avec des zones de co-occurrence de lignées cryptiques chez l'escargot Trochulus. Dans une petite zone de contact (zone de co-occurrence) entre deux lignées mitochondriales ayant une distribution géographique distincte, deux groupes de génotypes nucléaires ont été observés, chacun significativement lié à une lignée mitochondriale, avec des exceptions (pour un petit nombre d’individus) dans la zones de contact, ce qui montre que les lignées sont encore interfertiles et qu’elles sont cryptiques ; c’est l’un des rares cas connus à ce jour d'hybridation chez des escargots terrestres[15].

Anecdote scientifique[modifier | modifier le code]

Un exemplaire vivant de cet escargot a été trouvé dans le plumage d'une mésange charbonnière (Parus major) hivernant dans le sud-ouest la Pologne en 2010. Ce passereau était l'une des espèces les plus petites signalées comme pouvant transporter des gastéropodes lors de leurs déplacements[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Linnaeus C. 1758. Systema naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Tomus I. Editio decima, reformata. pp. [1-4], 1-824. Holmiae. (Salvius).
  2. ITIS, consulté le 28 juillet 2015
  3. a b c d et e Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées IUCN
  4. Balashov I. & Gural-Sverlova N. 2012. An annotated checklist of the terrestrial molluscs of Ukraine. Journal of Conchology. 41 (1): 91-109
  5. Hotopp, K. P., Pearce, T. A., Nekola, J. C., & Schmidt, K. (2010). New land snail (Gastropoda: Pulmonata) distribution records for New York state. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, 159, 25-30
  6. Pilsbry, H.A.(1939). Land Mollusca of North America (north of Mexico). Academy of Natural Sciences of Philadelphia, Monograph 3, 1(1):1-573
  7. Nekola, J.C. (2008) Land snail ecology and biogeography of eastern Maine. Final report to Maine Department of Inland Fisheries and Wildlife, Bangor, Maine. 121 p.
  8. a et b Duda, M., Sattmann, H., Haring, E., Bartel, D., Winkler, H., Harl, J., & Kruckenhauser, L. (2011). Genetic differentiation and shell morphology of Trochulus oreinos (Wagner, 1915) and T. hispidus (Linnaeus, 1758)(Pulmonata: Hygromiidae) in the northeastern Alps. Journal of Molluscan Studies, 77(1), 30-40.
  9. Čejka T & Hamerlik L (2009), Land snails as indicators of soil humidity in Danubian woodland (SW Slovakia). Polish Journal of Ecology, 57(4), 741-747 (voir p 744)
  10. [ Species summary for Trochulus hispidus ]. AnimalBase, modifié 4 janv 2014, consulté 28 juin 2014
  11. "Species summary for Trochulus hispidus". AnimalBase, last modified 4 January 2014, accessed 28 June 2014.
  12. Shepeleva I. P. (2014). "Сравнительный анализ камерных глаз брюхоногих легочных моллюсков Trochulus hispidus (Linnaeus, 1758) из Южной Швеции и Калининградской области (Stylommatophora, Hygromiidae). A comparative analysis of the camera eyes of gastropod pulmonate mollusk Trochulus hispidus (Linnaeus, 1758) from the South Sweden and Kaliningrad Region (Stylommatophora, Hygromiidae)". Ruthenica 24(2): 123-127 PDF. (Russie)
  13. Heller J (2001) Life History Strategies. in Barker G.M (ed.) : The biology of terrestrial molluscs. CABI Publishing, Oxon, UK. (ISBN 0-85199-318-4). 1-146, cité p 428.
  14. a b c d e f et g Proćków, M., Drvotová, M., Juřičková, L., & Kuźnik-Kowalska, E. (2013). Field and laboratory studies on the life-cycle, growth and feeding preference in the hairy snail Trochulus hispidus (L., 1758) (Gastropoda: Pulmonata: Hygromiidae). Biologia, 68(1), 131-141
  15. Dépraz A., Hausser J & Pfenninger M (2009), Species delimitation approach in the Trochulus sericeus/hispidus complex reveals two cryptic species within a sharp contact zone ; BMC Evolutionary Biology ; 2009(9): 171. DOI:10.1186/1471-2148-9-171
  16. Ruriecki S & Ruriecka A (2013), Hairy snail Trochulus hispidus (Linnaeus, 1758) in flight - a note on avian dispersal of snails. Folia Malacologica 21(2):111-112.

[1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. « The IUCN Red List of Threatened Species », sur IUCN Red List of Threatened Species (consulté le 11 février 2019)