Tribu Ka

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La Tribu Ka est un mouvement français se présentant comme le défenseur du « peuple noir », attribuant aux populations noires, dans un discours politique comparable au khémitisme, la fondation de la civilisation égyptienne et prônant la séparation raciale[1]. Elle est créée en décembre 2004 par Kémi Séba et dissoute par le Conseil des ministres le 26 juillet 2006.

Kémi Séba a ensuite formé le mouvement politique Génération Kémi Séba[2].

Présentation[modifier | modifier le code]

La Tribu Ka est un groupuscule extrémiste noir en France[3]. Elle fut fondée par Kémi Séba, à l'origine proche des thèses du mouvement musulman américain Nation of Islam. Le groupe compterait une centaine de sympathisants.[réf. nécessaire]

Pendant sa période d'activité, la tribu Ka organise régulièrement des réunions interdites aux Blancs (les « Leucodermes »), aux Juifs (les « Hyksos ») et aux Arabes.

La Tribu Ka, dénonce le métissage, prône la séparation raciale à l'échelle mondiale et réclame un dédommagement financier à l'Occident pour l'esclavage. Elle revendique ses liens avec des organisations d'extrême-droite suprémacistes blanches partageant le même projet racial[réf. nécessaire].

Actions médiatiques[modifier | modifier le code]

Le dimanche 28 mai 2006, 40 membres de la Tribu Ka se rendent dans le quartier juif de la rue des Rosiers à Paris, le Pletzl, avec le but affiché d'y provoquer les membres de la Ligue de défense juive et du Betar dans leur salle d'entrainement au krav maga, les accusant de ratonnade envers des noirs lors des marches de soutien après le meurtre d'Ilan Halimi. Des commerçants et des témoins font état d'insultes racistes[réf. nécessaire], de provocations envers la population de ce quartier de la part des manifestants. La police ne constate pas de port d'arme[4].

À la suite de ces évènements, Philippe de Villiers appelle à ce que les membres de Tribu Ka soient déchus de la nationalité française, tandis que l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et SOS Racisme demandent la dissolution du groupe[5].

Par la suite, ils exercent des actions à visée médiatique (irruption dans un tribunal pour assister au procès d'un policier accusé d'avoir tué un enfant noir, déplacement à Compiègne pour soutenir un jeune noir s'étant fait tirer dessus par un blanc, inauguration du Musée du Quai Branly etc.)[réf. nécessaire].

Dissolution[modifier | modifier le code]

En suivant une proposition du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy fondée sur la loi du 10 janvier 1936 :

« relative aux groupes de combat et milices privées dispose que seront dissous toutes les associations ou groupements de fait qui « soit provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence » ; Considérant que le groupement de fait « Tribu Ka », à travers ses communiqués de presse, les publications sur son site internet et les déclarations de ses responsables, se livre à la propagation d'idées et de théories tendant à justifier et à encourager la discrimination, la haine et la violence raciales, notamment à l'encontre des personnes qui ne sont pas de couleur noire ; qu'il prône également l'antisémitisme et qu'il a organisé des actions menaçantes à l'égard de personnes de confession juive ; Considérant que, pour des raisons inhérentes aux nécessités de l'ordre public, il convient de réprimer les manifestations d'une idéologie raciste et discriminatoire, ainsi que tout encouragement à l'antisémitisme; Considérant qu'en conséquence il y a lieu de prononcer la dissolution du groupement de fait « Tribu Ka »,

Le président Jacques Chirac décide de dissoudre la Tribu Ka le mercredi 28 juillet 2006 par décret pris en conseil des ministres[6].

De son côté, le responsable du groupe déclare « La Tribu Ka va transgresser cette décision injuste, on continuera à se réunir, à mener nos actions ». À cet égard, le groupe n'était de toute manière pas constitué en association ou parti politique dont les statuts avaient été déposés. Kémi Séba affirme dans une interview que c'est cette attention que lui a portée l'état qui l'a créé politiquement et médiatiquement et que cette dissolution est un honneur qui le « pousse à avancer »[7] car, selon le juge, « en évoquant la nécessité d'éradiquer cette mafia sioniste, le fait que la pieuvre sioniste détruit tout sur son passage en asphyxiant toute trace de dignité humaine, le défendeur, en reprenant la thèse imaginaire du complot, ne peut sérieusement pas contester qu'il entend bien stigmatiser un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une confession, et aussi une race »[8].

Selon l'arrêt en date du 17 novembre 2006[9], le Conseil d'État rejette la demande d'annulation du décret portant dissolution du groupement, notamment en approuvant ce décret d'avoir relevé que la Tribu Ka « se livre à la propagation d'idées et de théories tendant à justifier et à encourager la discrimination, la haine et la violence raciales, notamment à l'encontre des personnes qui ne sont pas de couleur noire, qu'il prône également l'antisémitisme et qu'il a organisé des actions menaçantes à l'égard de personnes de confession juive » et estimant qu'elle a « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence envers des personnes à raison de leur appartenance à une race ou une religion déterminée, et propagé des idées ou théories à caractère raciste et antisémite ».

Le , Kémi Séba tient une conférence à Tours dans laquelle il annonce la création de son nouveau groupe "Génération Kemi Seba" formé afin de succéder à la Tribu Ka[10]. Ce nouveau groupe reprend la doctrine afrocentriste de la Tribu Ka[11]. À cette occasion, il a déclaré : « Je rêve de voir les Blancs, les Arabes et les Asiatiques s'organiser pour défendre leur identité propre. Nous combattons tous ces macaques qui trahissent leurs origines, de Stéphane Pocrain à Christiane Taubira en passant par Mouloud Aounit. [...] Les nationalistes sont les seuls Blancs que j'aime. Ils ne veulent pas de nous et nous ne voulons pas d'eux. [...] Parce qu'il y aurait eu la Shoah, je n'ai rien le droit de dire sur mon oppresseur sioniste[11]? »

Le nouveau groupe est dissous par décret le 15 juillet 2009 accusé de « propager une idéologie raciste et antisémite » et de « se livrer à des actes intolérables de provocation et de violence »[12],[13].

En 2008, Kemi Seba est condamné à un an de prison avec sursis pour reconstitution d'une ligue dissoute à la suite de son appel, contre une sentence initiale de six mois de prison dont deux fermes[14].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]