Triangle dramatique

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Illustration graphique du triangle de Karpman. on y retrouve les rôles de persécuteur, victime et sauveur

Le triangle dramatique ou triangle de Karpman est un des jeux de manipulation de la communication[1]. C'est une figure d'analyse transactionnelle proposée par Stephen Karpman en 1968 (dans son article Fairy Tales and Script Drama Analysis[2]) qui met en évidence un scénario relationnel typique entre victime, persécuteur et sauveur[3]. Le triangle dramatique est un jeu psychologique entre deux personnes capables de jouer alternativement les trois rôles[4].

Rôles[modifier | modifier le code]

C'est une schématisation qui tend à exprimer que si une personne utilise un de ces rôles (par exemple la victime), elle entraîne l'autre à jouer un rôle complémentaire (le Sauveur ou le Persécuteur). L'expression de ce scénario permet de déceler la mécommunication : on peut souvent l'utiliser pour exprimer les mécanismes ayant généré un conflit. La communication est perturbée lorsque les protagonistes adoptent ces rôles plutôt que d'exprimer leurs émotions et leurs idées.

Ces relations peuvent se former dans un groupe, elles sont alors contre-productives ; leur identification permettra de repartir sur des bases saines[1].

Persécuteur[modifier | modifier le code]

Le persécuteur agit sur la victime[1]. Si le persécuteur tente de nouer cette relation avec une potentielle victime, celle-ci pourra réagir différemment : adopter une position de victime ou ne pas se laisser faire. En effet, la victime peut avoir une part de responsabilité dans le fait d'être victime ou de le rester. Le persécuteur peut ne pas être une personne, mais la maladie, l'alcool (par exemple). C'est l'élément qui contribue à ce que la victime se place dans cette position.

Victime[modifier | modifier le code]

La victime attire le sauveur qui veut la sauver[1]. C'est donc un rôle de choix pour attirer l'attention sur soi quand on sait bien en jouer. C'est un rôle qui appelle quelqu'un à être persécuteur, une attente qui sera remplie ou non par l'entourage. Le plus souvent, la victime a un problème de dépendance[5].

Sauveur[modifier | modifier le code]

C'est un rôle très gratifiant d'un point de vue narcissique mais qui place l'autre en incapacité. Il attend un persécuteur pour justifier son existence et une victime à sauver. L'entourage pourra suivre ou ne pas suivre dans cette pièce de théâtre.

Manipulation[modifier | modifier le code]

Ce modèle peut également être appliqué à des situations de manipulation (donc subies et vécues comme désagréables) : par exemple, si nous appelons le sujet persécuteur S1 et son souffre-douleur S2, alors S1 peut se poser en sauveur, affirmant à S2 qu'il est le bourreau d'une victime (personnage en général invité dans la conversation, pour les besoins de la manipulation).

Des manipulations peuvent être analysées selon ce modèle du triangle dramatique, en considérant chacun des trois sommets du triangle, selon les cas rencontrés ; c'est-à-dire que S1 pourrait se positionner en victime et parle alors de S2 comme de son bourreau, etc.

Exemple[modifier | modifier le code]

S1 affirme à S2 : « Tu n'as pas honte de refuser de manger ces bons haricots verts ? Quand je pense aux efforts que Pépé a faits pour les semer, les désherber, et les ramasser alors qu'il a mal au dos ! » Dans cet exemple, où le grand-père (décrit en victime) est bien sûr absent, S1 qui gronde S2 aurait tout aussi bien pu évoquer la personne qui a fait l'effort de cuisiner, ou n'importe qui d'autre, comme victime du bourreau…

Le manipulateur S1 se fait passer ici pour un sauveur, alors qu'il fait pression de manière indue (il serait possible de parler de l'utilité qu'il y a à goûter de chaque plat, ou d'avertir S2 que s'il refuse totalement les haricots il n'aura pas à réclamer une seconde part de dessert, etc. ce qui serait une manière moins détournée de gérer le refus de S2 de manger ce qui est proposé…).

Mauvaise compréhension du triangle[modifier | modifier le code]

Certains furent tentés d'ironiser en proposant les contre-exemples suivants : Une personne est en train de se noyer. Elle est alors en situation de victime. Une autre intervient, celle-ci sera alors dans le rôle de sauveur. Qui est le persécuteur ? L'eau ?

C'est oublier le champ d'application du modèle qui ne s'applique pas aux situations d'urgences (comme ici) ou aux situations ou les personnes ne peuvent prétendre à s’occuper d'elles-mêmes (accident, coma...)

D'autres se demandèrent si il existait des situations où ces rôles ne soient pas présents ? Et en effet, de nombreux systèmes proposent des paradigmes de communications interrelationnels sortant du triangle comme la communication non violente (CNV).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Gelin et Truong 2010, p. 69
  2. (en) Stephen Karpman M.D., « Drama Triangle » [PDF], sur www.karpmandramatriangle.com,‎ (consulté le 21 juillet 2016)
  3. on parle aussi parfois de "sauveteur" c'est le cas par exemple chez Acey Choy
  4. Moreau 2008, p. 134.
  5. Moreau 2008, p. 135.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sandrine Gelin et Khuê-Linh Truong, Conduire une réunion avec efficacité, Paris, Eyrolles, , 188 p. (ISBN 978-2-212-54543-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André Moreau, Psychothérapie : Méthodes et Techniques, Nauwelaerts, , 192 p. (ISBN 978-2-8038-0076-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (Document sonore ) Oui, mais… (vidéo).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]