Trappe à liquidité

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La trappe à liquidité est un phénomène proposé en analyse keynésienne, dont le but est d'expliquer les caractéristiques observées quand la banque centrale devient incapable de stimuler l'économie par la voie monétaire.

Dans un pays, la Banque Centrale peut décider d'augmenter la masse monétaire, afin d'entrainer une diminution du taux d'intérêt, elle-même menant à une hausse de l'investissement et à une baisse de l'épargne, et in fine une hausse de la demande agrégée[1]. Cependant, en-dessous d'un certain taux d'intérêt, cela ne fonctionne plus : l'explication est que les individus préfèrent conserver de l'argent liquide plutôt que des obligations.

Ainsi, la demande de monnaie pour motif de spéculation est d'autant plus importante que le taux d'intérêt est bas. Pour Keynes, les agents arbitrent dans la répartition de leur portefeuille entre la détention d'obligations — un actif risqué dont le cours varie de manière inverse au taux d'intérêt — et la détention de monnaie — un actif non risqué. Lorsque le taux d'intérêt est faible, les agents prévoient (spéculent) qu'il va nécessairement augmenter et veulent donc détenir de la monnaie, le cours des obligations étant amené à diminuer. Il existe alors un taux critique, pour lequel la demande de monnaie est parfaitement (infiniment) élastique : les agents pensent alors tous que le taux va augmenter, et leur préférence pour la liquidité est alors absolue. Une politique monétaire de baisse du taux d'intérêt est alors totalement inefficace dans le cadre d'une relance.

L'existence de la trappe à liquidité a été postulée par Keynes dans sa Théorie générale. Elle a été reprise par Hicks dans le cadre du modèle IS/LM, où le taux d'intérêt possède un taux minimum au-dessous duquel il ne peut plus descendre, car les spéculateurs préfèrent détenir tous leurs avoirs en monnaie[2].

Pour certains économistes néo-keynésiens, dont Krugman, la « décennie perdue » au Japon, au cours des années 1990, est un exemple concret de trappe à liquidité[3].

Son existence n'est pas admise par tous les économistes.[évasif]

On considère que depuis le milieu des années 1995, le Japon se trouve dans une situation de trappe à liquidités, avec notamment une déflation, des taux directeurs proches de zéro pendant quinze ans[4]. En 2019, la situation dans la zone euro, vieillissante avec un taux directeur de la banque centrale européenne à 0, et un niveau d'endettement élevé dans les prêts non productifs, la rapprochent du Japon de vingt années auparavant, ce qui fait craindre une situation similaire de trappe à liquidité[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Sloman, Principes d'économie, 7e édition, Person France Montreuil, Pearson, , 768 p. (ISBN 978-2-7440-7644-2), chap. 17, Page 500

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La trappe à liquidité pour les nuls », sur captaineconomics.fr, (consulté le 28 août 2019).
  2. Histoire de la pensée économique, éditions Breal, p. 289"
  3. Page sur le Japon sur le site de Paul Krugman.
  4. « Le Japon est dans la trappe ! », sur captaineconomics.fr, (consulté le 28 août 2019).
  5. Andrew Bosomworth, « L'Europe tombera-t-elle dans la trappe à liquidité ? », sur Les Échos, (consulté le 28 août 2019).