Glossaire des patois de la Suisse romande

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Le Glossaire des patois de la Suisse romande est une institution créée en 1899, ayant pour objectif l'étude des parlers de la Suisse romande. La principale activité du GPSR est la publication du Glossaire, un dictionnaire des patois mentionnant aussi des romandismes, des utilisations anciennes, des noms de lieux et des noms de familles romands. Le GPSR dispose d'une riche documentation ainsi que d'une bibliothèque spécialisée.

Historique[modifier | modifier le code]

Spécimen du « fichier Muret », Aux Fourches à Bardonnex
Avant-dernière ligne : prononciation selon Louis Châtillon, 1915

Les fondateurs du Glossaire en 1899 sont l'initiateur du projet Louis Gauchat (1866–1942), Jules Jeanjaquet et Ernest Tappolet.

De 1899 à 1903, des relevés phonétiques ont été faits dans près de 400 localités, sur la base de 350 mots spécialement choisis. Des relevés analogues sont faits à nouveau entre 1904 et 1907, dans 62 lieux et sur la base de 480 mots[1]. Une enquête lexicographique a lieu de 1900 à 1910, avec une centaine de patoisants romands, par correspondance. Des milliers de fiches manuscrites découlent de ces enquêtes et forment la base du Glossaire.

Le premier fascicule du Glossaire paraît en 1924. L'institut se trouve à Berne dès 1942, à Lausanne dès 1955, puis à Neuchâtel dès 1972.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Dès 1903 et pendant 30 ans, le linguiste Ernest Muret a été mandaté par le GPSR pour étudier l'origine et l'évolution des noms de lieux en Suisse romande. 946 communes ont été étudiées et une fiche par lieu-dit recense les diverses appellations officielles retrouvées sur les plans et cartes. Muret a aussi reproduit la prononciation quand des entretiens ont pu avoir lieu avec des locuteurs âgés. Par exemple il y a 232 fiches pour la commune de Bardonnex où deux patoisans ont témoigné en 1915 et 1926[2].

Liens institutionnels[modifier | modifier le code]

Le GPSR appartient depuis 1997 à la Conférence intercantonale de la Suisse romande et du Tessin, il devient en 2008 un «laboratoire» du Centre de dialectologie et d'étude du français régional de l'Université de Neuchâtel. Son troisième organe de tutelle est l'Académie suisse des sciences humaines et sociales.

Le GPSR est l'un des quatre « Vocabulaires nationaux » de la Suisse, avec le (de) Schweizerisches Idiotikon, le (rm) Dicziunari Rumantsch Grischun et le (it) Vocabolario dei dialetti della Svizzera italiana.

Publications[modifier | modifier le code]

Le Glossaire[modifier | modifier le code]

Le Glossaire paraît sous la forme de fascicules, aujourd'hui réunis en 6 volumes couvrant les lettres A à E. En 2009, il y a environ 25 000 articles publiés. Les volumes VII et VIII sont en cours de parution et couvrent les lettres F et G.

La transcription du Glossaire des patois de la Suisse romande, aussi appelé transcription GPSR, est un système de transcription phonétique, basé sur l’écriture latine, utilisé en dialectologie de Suisse romande par le Glossaire et ses publications.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Le Rapport du GPSR, qui paraît tous les deux ans (annuellement jusqu'en 1997), fait suite à la Bibliographie linguistique ... de 1912–1920.
  • Actes du Colloque de dialectologie francoprovençale organisé par le GPSR, Neuchâtel, 23–27 septembre 1969, Neuchâtel, Université, 1971.
  • Tableaux phonétiques des patois suisses romands, Neuchâtel, Paul Attinger, 1925.
  • Bibliographie linguistique de la Suisse romande, tomes I et II, Neuchâtel, Paul Attinger, 1912 et 1920.
  • Bulletin du Glossaire des patois de la Suisse romande, Berne, Bureau du GPSR, et Zurich, Zurcher & Furrer, 1902–1915.

Transcription GPSR[modifier | modifier le code]

Transcription de la prononciation du lieu-dit « Les Fourches » par un patoisant de Bardonnex, 1915, fichier Muret.

Les symboles de la transcription GPSR sont ici mis en regard de l’alphabet phonétique international.

Voyelles Voyelles nasales Semi-voyelles Consonnes Consonnes
GPSR API Notes
a [a]
å [ɑ] entre a et ò
[æ] entre a et è
è [ɛ] e ouvert
e [e] ou [ɛ] e moyen indéterminé
é [e] e fermé
ë [ɜ] entre è et ə
ə [ə] e assourdi
i [i]
ì [ɪ] entre e et i
ò [ɔ] o ouvert
o [o] ou [ɔ] o moyen indéterminé
ó [o] o fermé
ö [ɵ] entre ò et ə
œ̀ [œ] eu ouvert
œ [œ] ou [ø] eu moyen indéterminé
œ́ [ø] eu fermé
ou [u]
[ʊ] entre ó et ou
[ʉ] entre ou et u
u [y]
ù [ø] entre œ́ et u
GPSR API
an [ã]
ån [ɑ̃]
én []
ən [ə̃]
in [ɛ̃]
ïn [ĩ]
on [ɔ̃]
ón [õ]
oun [ũ]
un [œ̃]
ün []
GPSR API
ou̯ [w]
[ɥ]
y [j]
GPSR API
b [b]
ch [ʃ]
d [d]
f [f]
j [ʒ]
k [k]
l [l]
m [m]
n [n]
p [p]
r [r]
t [t]
v [v]
dj []
dz [dz]
g [ɡ]
GPSR API
h [h]
[ɣ]
ł []
ly [ʎ]
[ŋ]
ny [ɲ]
[ʁ]
s [s]
[θ]
ṣᷝ [ɬ]
tch []
ts [ts]
z [z]
[ð]
ẓᷝ [ɮ]

Les voyelles longues sont indiquées à l’aide du macron, par exemple ā ou , les brèves peuvent être notée avec le brève, par exemple ă. Les consonnes prolongées peuvent aussi porter le signe de longueur, par exemple .

L’accent tonique est indiqué avec un trait vertical souscrit, par exemple .

Lorsqu’il y a ambigüité entre la voyelle nasale et la voyelle orale suivie de n, un point médian est placé entre la voyelle orale et le n, par exemple kan pour « camp » et ka·n « canne ».

Les diphtongues sont notées par juxtaposition des symboles des deux voyelles. Le point médian est placé entre les voyelles lorsque celles-ci ne forme pas une diphthongue. Le i tréma est utilisé dans les diphtongues nasales.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Sever Pop, La dialectologie : aperçu historique et méthodes d'enquêtes linguistiques, J. Duculot, Louvain, 1950, 2 vol. (volume 1 et volume 2 sur archive.org)
  • L. Gauchat, J. Jeanjaquet, E. Tappolet et E. Muret, Glossaire des patois de la Suisse romande, vol. 1 : a - arranger, Neuchâtel et Paris, édition Victor Attinger, 1924-1933 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les résultats sont publiés en 1925 sous le titre Tableaux phonétiques des patois suisses romands.
  2. Etude des toponymes de Bardonnex et Etude des sources utilisée par E. Muret pour Bardonnex par Michel Mégard, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]