Tramway de Québec

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Tramway de Québec
Image illustrative de l’article Tramway de Québec
Tramway sur la rue Saint-Jean vers 1930

Situation Québec, Québec
Drapeau du Canada Canada
Type Tramway
Entrée en service 2026
Longueur du réseau 23 km
Lignes 1
Stations 39[1]
Propriétaire Ville de Québec
Exploitant Réseau de transport de la Capitale
Vitesse maximale 70 km/h

Image illustrative de l’article Tramway de Québec
Trajet projeté du tramway de Québec

Le tramway de Québec est un train léger sur rail ayant existé de 1897 à 1948 à Québec et dont le retour est planifié pour 2026.

Premier tramway (1865 à 1948)[modifier | modifier le code]

Premiers circuits hippomobiles[modifier | modifier le code]

Le marché Champlain était le terminus de la toute première ligne de tramway hippomobile de la ville.

À l'automne 1863, un regroupement d'hommes d'affaires et de notables de la ville déposent une pétition au parlement du Canada-Uni pour l'incorporation d'une compagnie de tramway. Parmi eux se trouvent Pierre Garneau et John Lemesurier, futurs maires de Québec, les entrepreneurs Guillaume-Eugène Chinic et Cérice Têtu et plusieurs autres. Le groupe s'incorpore sous le nom de Compagnie du chemin de fer des rues de Québec le [2]. Il obtient le droit de construire un réseau desservant les cinq quartiers de la cité. Néanmoins, c'est surtout le secteur commercial et portuaire de la basse-ville de Québec qui l'intéresse. La compagnie instaure d'abord un service d'omnibus entre le marché Champlain à la barrière de la rue Saint-Ours. C'est dans cet axe que des lisses de bois sont implantés dans la chaussée pour créer la toute première ligne de tramway hippomobile. Cette dernière entre en fonction le . L'arrivée du tramway chamboule les pratiques centenaires ː le coût d'un billet est de 5 sous tandis que celui pour une calèche varie entre 25 et 50 sous. Des cocherss dénoncent une concurrence déloyale et certains véhicules sont vandalisés, des rails sont arrachées et des chauffeurs brutalisés[3]. Par ailleurs, les autorités municipales et l'entreprise sont parfois en contradiction, par exemple dans la responsabilité de l'entretien des routes. Par ailleurs, pour des raisons financières, la compagnie refuse de se risquer à étendre son réseau en haute-ville, qui bénéficierait pourtant elle aussi d'une meilleure desserte en transport en commun. En 1874, elle allonge sa ligne et construit ses entrepôts du côté de Saint-Sauveur, alors municipalité non annexée, pour éviter de payer des taxes à la Cité de Québec[4].

Le tramway fait son arrivée en haute-ville à partir de 1878 avec la création d'une seconde entreprise, la Compagnie de chemin de fer urbain Saint-Jean. Elle construit une ligne qui relie le château Frontenac à l'avenue De Salaberry en passant par la rue Saint-Jean. Les écuries sont situées à l'intersection de la rue Philippe-Dorval[5].

Réseau municipal électrique[modifier | modifier le code]

Électrification et maillage[modifier | modifier le code]

Char-observatoire sur la place d'Armes.
La construction de la structure métallique de la côte Dinan en 1897 permet enfin au tramway de circuler entre la basse et la haute-ville de Québec.

La volonté de créer un véritable réseau municipal électrifié de tramway se fait sentir dans les années 1890, alors que Montréal inaugure le tiens en 1892. La Compagnie du chemin de fer Québec, Montmorency et Charlevoix et son président, l'ingénieur et hommes d'affaires Horace Jansen Beemer, obtiennent une franchise exclusive du conseil municipal en ce sens[6]. L'entreprise crée une filiale ː la Compagnie de chemin de fer du district de Québec, chargée de coordonner ce réseau municipal. La filiale rachète les deux compagnies de tramway existantes. D'importants travaux sont nécessaires ː la Compagnie de pouvoir électrique de Montmorency doit moderniser ses installations pour fournir à la nouvelle demande énergétique du réseau électrifié, on doit construire une structure métallique à pente très douce pour faire passer les tramways de la basse à la haute-ville, la porte Saint-Jean est démolie pour améliorer la circulation avec le Vieux-Québec, etc. Durant l'été 1897, le réseau unifié et électrifié de 4 lignes est mis en service. Le tracel de la côte Dinan (reliant la rue Saint-Paul à l'Hôtel-Dieu) accueille les premiers tramways en décembre[7]. Désormais, les tramways ne seraient tirés par des chevaux que lorsqu'ils tombent en panne.

Les quatre lignes électrifiées sont inaugurées ː

Des nouvelles voitures fabriquées à New York permettent d'accueillir de 25 à 27 passagers jusqu’à parfois 50 personnes et sont équipés de chaufferettes. Ce nouveau moyen de transport favorise à l'époque le développement effréné de Québec notamment vers Ville-Montcalm, qui se densifie et confirme sa vocation résidentielle.

Expansion du réseau, apogée puis disparition[modifier | modifier le code]

En 1899, les compagnies de chemin de fer et d'énergie de la ville se fusionnent et forment la puissante Compagnie de chemin de fer, d’éclairage et de force motrice de Québec (ou Quebec Railway Light & Power Company), un monopole de l'énergie et du transport de la région de Québec[8]. C'est cette compagnie privée, qui sera renommée Quebec Power plus tard, qui dirigera les opérations du tramway jusqu'à sa disparition en 1948.

En 1910, le réseau de tramway est prolongé jusqu'à Sillery puis en 1912, jusqu'à Beauport. Le tramway est à son apogée et il couvre pratiquement toute la ville. En 1932, l'ancien réseau de tramway de Québec s'étendait de Sillery jusqu'à Montmorency. À l'époque, 11 lignes en tout étaient en service.

Ligne Terminus
Saint-Sauveur Marché Champlain Quebec Power Company
Saint-Vallier Saint-Paul Canadien Pacifique
Limoilou Place Jacques-Cartier Externat Saint-Jean-Eudes
Exposition Place d'Youville Parc de l'Exposition
Charlesbourg Charlesbourg Limoilou
Saint-Jean Des Érables Château Frontenac
Grande-Allée Des Érables Château Frontenac
Saint-Cyrille Marché Champlain École de Chimie et des Mines
Sillery Des Érables Sillery
Québec-Montmorency Gare du Palais Clermont
Kent House Place d'Youville Montmorency

À partir de 1937, la popularité grandissante du nouveau moyen de transport par autobus fait disparaître entièrement tous les tramways de la ville. Le , la dernière ligne existante desservant Saint-Sauveur est définitivement fermée.

Projets[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

  • 2000 : Le ministère des Transports du Québec donne au RTC le mandat d’effectuer une étude d’opportunité et de faisabilité pour l’insertion d’un tramway le long des axes Métrobus.
  • 2003 : L’étude d’opportunité et de faisabilité recommande la construction d’un réseau de tramway à Québec.
  • 2005 : La ville de Québec inscrit le Tramway dans son Plan directeur d’aménagement et de développement 2005-2025.
  • 2010 : Dépôt du rapport du comité sur la mobilité durable. Il recommande l'implantation du tramway d'ici à 2030.
  • 2015 : Dépôt de la deuxième étude de faisabilité. La ville de Québec choisit d'écarter le tramway et de privilégier un service rapide par bus (SRB)[9].
  • 2017 : Six semaines après les élections, le maire réélu de la ville de Québec (Régis Labeaume) relance le projet d'un tramway à Québec.

2003 : Première tentative[modifier | modifier le code]

Le Réseau de transport de la Capitale publie en 2003 une étude d’opportunité et de faisabilité d’un système léger sur rail à la demande du Ministère des transports en 2000. L'étude démontre que l'implantation d'un tramway à Québec est possible et aura des effets positifs. Le projet initial présenté propose d'insérer le tramway le long des axes métrobus 800 et 801 existant. Ces corridors concentrent une forte densité de population. D'une longueur de 21,5 km, on considère que ce nouveau réseau prendrait 4 ans à construire. Sa fréquence de passage serait de 5 à 10 minutes.

2010 : Projet du comité sur la mobilité durable[modifier | modifier le code]

Carte du projet de 2010.

Le , le comité sur la mobilité durable de la Ville de Québec recommande l'implantation de deux lignes de tramway pour un projet évalué en tout à 1,5 milliard de dollars[10]. La première ligne est d'une longueur de 22,3 km. Les wagons partant de la rive-sud du fleuve prennent au passage le pont de Québec, le boulevard Laurier, traversent l'Université Laval, descendent la côte Nérée-Tremblay, longent le boulevard Charest jusqu'au Palais de justice. Bifurquant au nord, ils empruntent le boulevard des Capucins, le chemin de la Canardière pour aboutir au futur écoquartier d'Estimauville. Une branche se sépare au moment de traverser Saint-Roch pour monter sur la Colline parlementaire, jusqu'au Grand Théâtre. La seconde ligne, d'une longueur de 6,6 km, part du Grand Théâtre pour se rendre jusqu'à Charlesbourg. Elle passe par la Pointe-aux-Lièvres, puis par ExpoCité pour se rendre jusqu'aux Galeries Charlesbourg. Cette ligne pouvait être prolongée vers l'ouest de la haute-ville.

Ce projet est finalement abandonné en 2015 au profit d'un service rapide par bus (SRB)[11]. Le projet de SRB est à son tour abandonné en avril 2017 à la suite du retrait de participation de la ville de Lévis.

2018 : Réseau structurant[modifier | modifier le code]

Le nouveau tramway de Québec pourrait entrer en opération en 2026.

En décembre 2017, quelques semaines après les élections municipales tenues en novembre, le maire réélu Régis Labeaume indique que sa promesse d'un projet de transport en commun structurant prendrait finalement la forme d'un tramway[12]. La conjoncture politique permet cette fois-ci, contrairement au précédent projet de 2010, un investissement massif des gouvernements fédéral et provincial dans les infrastructures de transport en commun[13].

En mars 2018, la Ville de Québec, conjointement avec le Gouvernement du Québec, annonce la construction d'une ligne de 23 kilomètres au coût avoisinant 3 G$. Son trajet relie Charlesbourg à Cap-Rouge en passant par la colline parlementaire. Une portion souterraine de 3,5 kilomètres est prévue. Les fréquences de passage seront aux 3 à 5 minutes en période de pointe et aux 10 à 15 minutes le jour et la fin de semaine. La capacité du tramway sera de 260 passagers par véhicule. Enfin le projet devrait être opérationnel en 2026[14],[15].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ancien tramway à Québec
Nouveau projet de tramway

Références[modifier | modifier le code]