Tramway beaucourtois

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Tramway beaucourtois
Ligne de Gare de Beaucourt - Dasle à Beaucourt ville
Les deux motrices se croisent sur la place centrale.
Les deux motrices se croisent sur la place centrale.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Beaucourt (Territoire de Belfort, Franche-Comté)
Historique
Mise en service 1904
Fermeture 1940
Caractéristiques techniques
Longueur 3,9 km
Écartement Voie métrique (1,000 m)
Électrification 550 V cc
Pente maximale 95
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Propriétaire Territoire de Belfort
Exploitant(s) Société du tramway beaucourtois S.A.
Trafic mixte (Voie ferrée d'intérêt local)

Le Tramway beaucourtois ou Tramway de Beaucourt est une ancienne ligne de tramway électrique située à Beaucourt dans le Territoire de Belfort, qui fut en service entre 1904 et 1940 afin d'assurer le transport de passagers et de marchandises entre la ville et la gare de Beaucourt - Dasle, dans le département du Doubs.

Histoire[modifier | modifier le code]

À Beaucourt, le chemin de fer arrive le , avec la mise en service de la ligne de Montbéliard à Morvillars. Cependant la gare de Beaucourt - Dasle est distante de plus de 2 kilomètres de l'agglomération beaucourtoise, comptant déjà près de 5 000 habitants et bénéficiant d'une forte activité industrielle avec les usines Japy Frères. Afin d'améliorer l'accessibilité de la ville, les industriels locaux décident de promouvoir une ligne de tramway[1] longue de 3,9 km destiné au transport des voyageurs et des marchandises, qui est déclarée d'utilité publique par décret du 26 juin 1903[2] et concédée pour 67 ans au bénéfice de trois acteurs économiques de la ville, Messieurs Eugène Bornèque, manufacturier, Xavier Grasser, négociant en vins, et Frédéric Mignet, caissier principal de la maison Japy frères et compagnie[2].

La ligne est construite en 1904 et exploité par la Société du tramway beaucourtois, à qui les concessionnaires initiaux avaient cédés leurs droits, et qui est créée le 15 septembre 1903, par un acte reçu par Me Feltin, notaire à Beaucourt[3]. Son capital est de 230.000 francs de l'époque[4].

En 1928, le conseil d'administration de la société est constitué de messieurs Louis Warnery (Beaucourt), Léonard Biétry (Dampierre-les-Bois), Bornèque (Beaucourt), Léon Grasser (Foussemagne), Gaston Japy (Beaucourt), Philippe Robert (Beaucourt) et Pierre Japy (Beaucourt)[3] : Une entreprise de capitalisme local destinée à favoriser le développement des entreprises du secteur.

En 1920, les premiers autocars arrivent à Beaucourt, mais le service voyageurs ne cesse qu'en 1937, un an avant la fermeture de la ligne de chemin de fer de Montbéliard à Morvillars intervenue [5].

Le service marchandises se poursuit jusqu'en 1940, lorsque les établissements Japy Frères acquièrent des véhicules routiers pour le transport de leurs marchandises[6].

Le trafic cesse totalement le [6].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Rails. De gauche à droite :
- type UIC 60,
- type Vignole,
- type Broca ou à gorge, typique des voies de tramway car permettant l'implantation de la voie dans la chaussée,
- type double champignon symétrique,
- et double champignon asymétrique

La ligne, à voie métrique et électrifiée en courant continu avec une tension de 550 V, prenait son origine à la gare de Beaucourt-Dasle, dans le département du Doubs.

Son tracé empruntait l'accotement de la route reliant Dasle à Dampierre-les-Bois, entrait à Beaucourt par le Chemin de la gare puis suivait la rue de Dampierre jusqu'à la place de la République (ou Place centrale), remontait la rue de Saint-Dizier, puis les rues Courbot et Frédéric Japy (ou des Usines) jusqu'à son terminus au carrefour avec la rue de Vandoncourt[7].

Sur cette courte distance, l'altitude de la ligne variait de 399 à 492 m, et la déclivité maximale atteignait 95 ‰. Les courbes avaient un rayon minimal de 25 m et la voie, en 1928, était constituée de rails Vignole de 20 kg/m et Broca de 36,9 kg/m[3].

Stations[modifier | modifier le code]

Aux termes du cahier des charges de la concession, la ligne devait disposer au moins des arrêts suivants (selon la toponymie de l'époque) :

  • A la gare des voyageurs de Beaucourt - Dasle (pour voyageurs et marchandises) ;
  • A l'intersection du chemin d'intérêt commun n° 21 (embranchement) avec le chemin vicinal ordinaire n* 5 de Beaucourt (pour voyageurs) ;
  • À la cité Ducrot (pour voyageurs);
  • Sur la place Neuve de Beaucourt (pour voyageurs et marchandises) ;
  • Sur la place Centrale de Beaucourt (pour voyageurs et marchandises) ;
  • À la croisée des rues du Courbot et de Saint-Dizier (pour voyageurs) ;
  • Devant la mairie de Beaucourt (pour voyageurs) ;
  • Au terminus de la ligne (pour voyageurs et marchandises)[8].

Énergie[modifier | modifier le code]

En 1928, l'énergie électrique était fournie par la Société des Forces motrices du Refrain sous forme de courant alternatif triphasé 50 Hz et transformé en 500 V continus par les Tramways Beaucourtois[3].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Exploitation[modifier | modifier le code]

Pratiquement 100 000 voyageurs montent ou descendent annuellement en gare de Beaucourt-Dasle.

Pour pouvoir assurer la correspondance avec les trains du P.L.M., onze tramways à voyageurs sont mis en marche quotidiennement dans chaque sens[9], entre 4 h 00 et 23 h 00. Avec les quatre paires de tramways de marchandises quotidiens, la ligne est fréquentée par trente convois tous les jours. Le service exige un personnel important, à savoir trois wattmans, trois receveurs, quatre cantonniers pour le service de la voie, un électricien, une aide à la station électrique, et un directeur[6].

En 1905, le tarif à l'aller-simple est de 0,25 francs, et le transport d'un colis de moins de dix kilos coûte le même prix. Plus tard, des abonnements à tarif réduit sont instaurés à l'intention des jeunes Beaucourtois se rendant à l'école pratique de Montbéliard[6].

Accidents[modifier | modifier le code]

L'intensification du trafic provoque des problèmes de fonctionnement. Des accidents dans la descente rapide de la mairie et de la rue Courbot sont à déplorer. En 1912, à la suite d'un déraillement, un tramway s'écrase sur les escaliers de la mairie. Il y a des victimes. À la suite de cet accident, le trafic voyageurs est limité au tronçon Gare - rue de Saint-Dizier[6].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Le matériel roulant, limité à 20 km/h, est composé en 1928 de deux automotrices voyageurs de 26 places, deux remorques voyageurs de 30 et 50 places, quatre automotrices marchandises, un fourgon à bagage appelé Choucarde par les Beaucourtois, cinq remorques à marchandises[3].

Le matériel roulant était doté de freins à main, électrique et magnétique[3].

Vestiges et matériels préservés[modifier | modifier le code]

À l'exception du bâtiment de la gare de Beaucourt-Dasle, transformée en habitation, il ne subsiste aucun vestige de la ligne[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « <Hérimoncourt : la voiture eut raison du tramway », L'Est républicain, édition du Doubs,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Décret du 26 juin 1903 portant déclaration d'utilité publique pour l'exécution d'une ligne de Tramway entre la gare de Beaucourt-Dasle et la ville de Beaucourt (ainsi que le cahier des charges de la concession) », Bulletin des Lois de la République française, no 2511,‎ , p. 1053-1066 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e et f Annuaire des Chemins de fer et des Tramways (ancien Marchal) : Édition des réseaux français, Paris, , 43e éd., 1334 p., p. 135
  4. Scriptonet, page mentionnée en liens externes.
  5. Marc Gayda, André Jacquot, Patricia Laederich et Pierre Laederich, Histoire du réseau ferroviaire français, Valignat (03), Editions de l’Ormet, , 194 p. (ISBN 2-906575-22-4) ; p. 188.
  6. a, b, c, d et e Daniel Maillot, page citée en lien externe.
  7. Article 2 du cahier des charges annexé au décret de déclaration d'utilité publique.
  8. Article 11 du cahier des charges annexé au décret de déclaration d'utilité publique.
  9. Article 14 du cahier des charges annexé au décret de déclaration d'utilité publique.
  10. Claudio Filipponi, page citée en liens externes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Domengie, Les petits trains de jadis : Est de la France, Breil-sur-Roya, Les éditions du Cabri, , 231 p. (ISBN 2-908816-36-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]