Trajan (général romain)

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Trajan
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Trajan (en latin Traianus), mort le à Andrinople, est un général romain.

Durant les premiers mois de la guerre des Goths opposant les Romains à une armée de Goths menée par Fritigern, il commanda l'infanterie de l'Empire romain d'Orient en Thrace. Il meurt lors de la bataille d'Andrinople aux côtés de l'empereur Valens et de 34 autres généraux romains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Duc d'Égypte (367-368)[modifier | modifier le code]

Entre 367 et 368, Trajan occupe le poste de duc d'Égypte (dux Aegypti). Durant cette période, il protège l'évêque arien Lucius d'Alexandrie avec le praefectus augustalis Eutolmius Tatianus. Il reçoit l'ordre de l'empereur Valens de rebâtir le Caesareum, dont il lance la reconstruction le [1].

Comes rei militaris en Orient (371-374)[modifier | modifier le code]

De 371 à 374, il est nommé comes rei militaris en Orient. À la fin de l'hiver, le roi sassanide Shapur II réunit son armée et entre sur le territoire romain. L'empereur Valens envoie le roi alaman Vadomar et Trajan contre lui, avec une forte armée. L'empereur ordonne à ses deux généraux qu'ils tiennent les Sassanides en respect sans provoquer aucune bataille.

Cependant, à Vagabanta, la cavalerie sassanide cherche le contact avec l'infanterie romaine. L'armée romaine cherche d'abord à se dégager, mais est défaite par les Perses[2]. Les rencontres suivantes provoquent des résultats différents. À la fin de l'été, les généraux signent une trêve et se retirent[3].

Général en Arménie[modifier | modifier le code]

En 374, pendant qu'il commande les troupes romaines en Arménie, il reçoit de Valens l'ordre secret de tuer le roi Pap[4]. Trajan gagne sa confiance et l'invite à dîner[5]. Durant le banquet, il quitte la table pendant qu'un assassin exécute Pap[6].

Général en Thrace (377-378)[modifier | modifier le code]

Magister peditum en Thrace (377)[modifier | modifier le code]

Trajan est plus tard promu au rang de maître de l'infanterie (magister peditum) et est envoyé en Thrace à la tête des légions d'Arménie pour lutter contre les Goths aux côtés du général Profuturus[7].

Trajan et Profuturus effectuent leur jonction avec des troupes amenées de l'Empire romain d'Occident par Richomer en . Ensemble, ils décident d'engager les Goths par surprise au lieu dit "des Saules" près de Marcianopolis. La bataille les oppose à une armée supérieure en nombre. Durant l'affrontement, l'aile gauche de l'armée romaine cède avant d'être renforcée. A l'issue de la journée, le sort de la bataille est indécis et les pertes nombreuses du côté romain[8].

Quand la nouvelle de la bataille parvient à Valens, installé à Antioche, l'empereur envoie de nouvelles troupes sous les ordres du maître de la cavalerie Saturninus, qu'il charge de prendre le commandement des troupes à la place de Trajan et de Profuturus[9],[10]. Trajan est ensuite remplacé comme maître de l'infanterie par Sébastien[7].

Décès à la bataille d'Andrinople ()[modifier | modifier le code]

De retour à Constantinople en , Valens accuse Trajan de lâcheté, mais grâce au soutien des généraux Arinthaeus et Victor, Trajan rejette la faute des événements sur la persécution des chrétiens nicéens par Valens[11].

Trajan est rappelé au service et accompagne Valens dans sa campagne contre les Goths à l'été 378. Le , Trajan participe à la bataille d'Andrinople. Après que la ligne romaine ait été enfoncée et ait fuit, Trajan crie que l'empereur a été laissé seul par ses gardes. Entendant cela, Victor chercha sans succès à amener la force en réserve des Bataves au secours de l'empereur[12]. Trajan meurt ce jour-là sur le champ de bataille, tout comme l'empereur Valens et 34 autres généraux romains[13].

Famille et caractère[modifier | modifier le code]

Trajan est le père d'une fille nommée Candida, remarquée pour sa piété[1].

L'historien Ammien Marcellin le juge ambitieux et incompétent[7]. Dans les dernières années de sa vie, Trajan, qui avait soutenu l'évêque arien Lucius d'Alexandrie lorsqu'il était duc d'Égypte, professe avec zèle le catholicisme[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Arnold Hugh Martin Jones (dir.), John Martindale (dir.) et John Morris (dir.), Prosopography of the Later Roman Empire, Cambridge, Cambridge University Press, , 1204 p. (ISBN 978-0521072335, lire en ligne), p. 666, 749, 921–922.
  2. Ammien Marcellin, XXIX, I., 2
  3. Ammien Marcellin, XXIX, I ,2-4
  4. (en) Noel Lenski, Failure of Empire – Valens and the Roman State in the Fourth Century A.D., University of California Press, , 470 p. (ISBN 978-0520283893, lire en ligne), p. 180
  5. Edward Gibbon (trad. François Guizot.), Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, Paris, Lefèvre, (lire en ligne)
  6. Ammien Marcellin, XXX, I., 18-21
  7. a b et c Philippe Richardot, La fin de l'armée romaine 284-476, Paris, Economica, , 408 p. (ISBN 978-2717848618), p. 305
  8. Peter Heather, Rome et les Barbares, Paris, Alma Editeur, , 631 p. (ISBN 978-2362792311), p. 210
  9. Jean-Pierre Bois (dir.), Dialogue militaire entre Anciens et Modernes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 183 p. (EAN 9782753500785, lire en ligne), p. 101-115
  10. Ammien Marcellin, XXXI, VIII, 3.
  11. Ammien Marcellin, XXXI, VIII, 3
  12. Ammien Marcellin, XXXI, XIII, 7,8,9,18
  13. Michel De Jaeghere, Les derniers jours, Paris, Tempus Perrin, , 736 p. (ISBN 978-2262064259), p. 288-292

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]