Traite négrière dans le sud-ouest de l'océan Indien

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La traite négrière connut dans le sud-ouest de l'océan Indien des développements particulièrement importants à compter du milieu du XVIIe siècle du fait de l'établissement dans les îles de l'archipel des Mascareignes de colonies françaises gérées par la Compagnie des Indes orientales : en se transformant en sociétés de plantation, celles-ci se rendirent très vite compte du réservoir de main-d'œuvre servile qui gisait à peu de distance à Madagascar ou sur les côtes du Mozambique en Afrique de l'Est.

Lieux de traite[modifier | modifier le code]

La traite a commencé dans la région à la faveur de l'établissement d'une colonie française à Bourbon, aujourd'hui l'île de La Réunion. Dans un premier temps, elle pourvoit à cette colonie des esclaves achetés principalement de Madagascar, la côte orientale de cette grande île étant la zone la plus prisée : de 1720 à 1735, elle s'effectue essentiellement dans la baie d'Antongil[1].

La surexploitation de ce premier centre de traite conduit à une raréfaction des esclaves qui amène les traitants à abandonner ce poste petit à petit, phénomène qui devient manifeste lorsque l'on considère les navires ayant assuré la navette entre Madagascar et les Mascareignes entre 1746 et 1749 : ils ne rapportent que du riz et de la viande, d'ailleurs encouragés sur cette voie par la guerre. C'est Foulpointe qui devient le nouveau centre de la traite à la faveur de ce changement de donne : en 1758, le poste devient officiellement le principal et dispose à ce titre, selon l'historien Prosper Ève, « de magasins, de cases, de hangars et d'une négrerie »[1].

Lorsque le roi Yavi décède en 1791, Foulpointe connaît à son tour le déclin. Débouché maritime des hauts plateaux de l'intérieur malgache, Tamatave prend le relais. En outre, les traitants ne cessent de développer de nouvelles routes le long des côtes de l'Afrique de l'Est, ce qui fait que la prééminence des esclaves venus de Madagascar s'estompe à Bourbon dès le milieu du XVIIIe siècle[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Les Esclaves de Bourbon : La Mer et la montagne, Prosper Ève, Karthala, Paris, 2003(ISBN 978-2845864566).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Filliot, La traite des esclaves vers les Mascareignes au XVIIIe siècle, Tananarive, ORSTOM, 1974.
  • Hubert Gerbeau, « Quelques aspects de la traite illégale des esclaves à Bourbon au XIXe siècle », in Mouvements de population dans l'océan Indien, Champion, Paris, 1979.
  • Hubert Gerbeau, « La traite esclavagiste dans l'océan Indien : problèmes posés à l'historien, recherches à entreprendre », in La traite négrière du XVe au XIXe siècle, Histoire générale de l'Afrique, Paris, UNESCO, 1979.
  • Laurent Forcari, Nantes et l'océan Indien, 1783-1810, mémoire de maîtrise, Université de Nantes, 1995.
  • Nathalie Sannier, Le négoce nantais et l'océan Indien de 1769 à 1782, mémoire de maîtrise, Université de Nantes, 1995.
  • Didier Langlaney, La traite et ses navires négriers, Sainte-Marie, Azalées Éditions, 1999.
  • Alain Roman, Saint-Malo au temps des négriers, Paris, Karthala, 2001.
  • Claude Chanudet, Jean-Aimé Rakotoarisoa, Mohéli: une île des Comores à la recherche de son identité, Édition l'Harmattan, , 271 pages p. (ISBN 9782738487360, lire en ligne)