Dissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie
Auteur Augustin Calmet
Pays Drapeau de la France France
Genre Essai
Éditeur de Bure l'aîné
Lieu de parution Paris
Date de parution 1746
Nombre de pages XXXVI, 500 p.

Les Dissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie est un essai d'Augustin Calmet publié en 1746. L'ouvrage est publié, revu, augmenté et largement augmenté en 1751 sous un titre modifié.

Synthèse[1][modifier | modifier le code]

Préface[modifier | modifier le code]

Dom Calmet précise ses intentions au début de la longue préface de son ouvrage.

« Je vais donc examiner cette question en Historien, en Philosophe et en Théologien. Comme Historien, je tâcherai de découvrir la vérité des faits ; comme Philosophe, j'en examinerai les causes & les circonstances ; enfin, les lumières de la Théologie m'en feront tirer les conséquences par rapport à la Religion. Ainsi, je n'écris point dans l'espérance de convaincre les esprits forts & les Pyrrhoniens (...) ni pour intimider les esprits faibles et crédules (...). »

L'abbé circonscrit toutefois le champ d'action de la neutralité de l'historien, tenant « pour vraies toutes les Apparitions rapportées dans les Livres sacrés (...) »[2], même s'il ne prétend pas « qu'il ne soit pas permis de les expliquer, & de les réduire à un sens naturel et vraisemblable (...) ».

La triple approche de Calmet - en historien, philosophe et théologien - n'inclut en tous cas aucune investigation scientifique qui viserait à expliquer les phénomènes ; l'abbé, autorité théologienne de son temps, doit d'ailleurs blâmer et désapprouver « (...) la critique outrée de ceux qui nient tout (...) pour se distinguer par leur prétendue force d'esprit (...) & à contester les choses les plus certaines, & généralement tout ce qui tient du miraculeux, & ce qui parait au-dessus des lois de la nature. » C'est l'objectif réel de Calmet que de ménager une place aux mystères de la religion catholique entre le paganisme, le matérialisme et les progrès de la science ; qui éclaire le choix de la citation qui figure au dos de la page de titre : « Quemadmodum multa fieri non posse, priusquam facta sunt, judicantur ; ita multa quoque, quae antiquitus facta, quia nos ea non vidimus, neque ratione assequimur, ex iis esse, quae fieri non potuerunt, judicamus. Quae certe summa insipientia est. Pline, Histoire naturelle, lib. VII. ch. 1. »

Texte[modifier | modifier le code]

Il y fait la synthèse des études sur le sujet et considère que le vampirisme est la conséquence de la sous-alimentation des peuples balkaniques[3]. Calmet a amassé de nombreux rapports concernant les manifestations de vampires.

Réception[modifier | modifier le code]

Ildefonse Cathelinot, moine Bénédictin, proche de Calmet[4], rédige en 1749 des Réflexions qui prennent la défense de l'ouvrage, critiqué par les philosophes ; elles ne furent publiées qu'en 2008[5].

L'ouvrage est critiqué par Voltaire dans son Dictionnaire philosophique[6] : « Calmet enfin devint leur historiographe, et traita les vampires comme il avait traité l’ancien et le nouveau Testament, en rapportant fidèlement tout ce qui avait été dit avant lui. »

Louis de Jaucourt l'égratigne également dans l'article "Vampire" qu'il rédige pour l’Encyclopédie [7] : « (...) Calmet a fait sur ce sujet un ouvrage absurde dont on ne l'aurait pas cru capable, mais qui sert à prouver combien l'esprit humain est porté à la superstition ».

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Dissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie, par le R. P. Dom Augustin Calmet,..., Paris, de Bure l'aîné, 1746, in-12, XXXVI-500 p.[8]
  • Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires ou les revenants de Hongrie, de Moravie, etc., par le R. P. Dom Augustin Calmet (...), nouv. éd. rev., corr. et augm. par l'auteur, Paris, Debure l'aîné, 1751 (approbation de Geinoz datée du 23 janvier 1751). 2 vol. in-12 ([2], xxvii, 486 p. ; xvi, 483, [5] p.). Lire en ligne sur Gallica : vol. 1, vol. 2.
  • Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires ou les revenants de Hongrie, de Moravie, etc., par le R. P. Dom Augustin Calmet (...), nouvelle édition revue, corrigée & augmentée, Senones, Joseph Pariset, 1759. 2 vol. in-12.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Basée sur la deuxième édition, largement plus étendue et qui tient compte des critiques reçues par la première.
  2. P.20
  3. Claude Lecouteux, Histoire des vampires, Paris, Imago, 2009 (ISBN 978-2-911416-29-3), p. 10.
  4. La France litteraire, tome IX, nouvelle série, 1er mai 1842, p. 108.
  5. Ildefonse Cathelinot, Réflexions sur le Traité des apparitions de dom Calmet (1749), texte établi, présenté et annoté par Gilles Banderier, éd. Jérôme Millon, 2008 (ISBN 9782841372232). Lire en ligne.
  6. « Article « Vampires » », sur Dictionnaire philosophique de Voltaire en ligne (consulté le 25 septembre 2010).
  7. Vol. 16, p. 828.
  8. Disponible à la Bibliothèque nationale de France. Notice.