Traités START de réduction des armes stratégiques

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Traités de réduction des armes nucléaires signés par
les États-Unis et l'URSS / Russie
Sigle Année
signature
Année
ratification
SALT I 1972 1974
SALT II 1979 Pas fait
INF 1987 1988
START I 1991 1994
START II 1993 1996 États-Unis
2000 Russie
SORT 2002 2003
New START 2010 2011

START est le nom d'usage de traités de réduction des armes stratégiques négociés entre les États-Unis et l'Union soviétique puis la Russie dans les années 1990.

Trois traités successifs sont négociés :

  • START I, signé le 31 juillet 1991 par les présidents George H. W. Bush et Mikhaïl Gorbatchev quelques mois seulement avant la dislocation finale de l'Union soviétique. Ce traité entre en vigueur le  ;
  • START II, signé le 3 janvier 1993 par les présidents George H. W. Bush et Boris Eltsine dont la ratification est retardée jusqu'en l'an 2000 en raison de désaccords entre les deux États ; bien que ratifié, le traité n'entre pas en force, les deux États signataires s'accordant alors sur la signature du traité SORT de désarmement stratégique ;
  • START III, négocié sur la base d'un accord préliminaire intervenu entre les présidents Bill Clinton et Boris Eltsine à Helsinki les 21 et pour réduire les plafonds autorisés par START II, mais qui ne débouchera pas sur un traité.

Le nom complet du traité START I est en anglais Treaty Between the United States of America and the Union of Soviet Socialist Republics on the Reduction and Limitation of Strategic Offensive Arms, abrégé en Strategic Arms Reduction Treaty, ou START.

Entré en vigueur le pour une durée de quinze ans, il expire fin 2009. Il est remplacé, avec un retard de quelques mois, par le traité New START de réduction des armements stratégiques.

START I[modifier | modifier le code]

Contexte international et stratégique[modifier | modifier le code]

START fait suite aux Strategic Arms Limitation Talks (SALT), signés par les deux mêmes pays en 1972 et 1979, qui fixaient aux armes stratégiques offensives des plafonds supérieurs aux niveaux que celles-ci avaient atteints : ils autorisaient donc leur développement, mais limité. START vise quant à lui à la réduction de ces armes.

Négociation, signature et ratification du traité[modifier | modifier le code]

Le premier traité, START I, fut signé en juillet 1991 et entra en vigueur en décembre 1994. Il expire le 5 décembre 2009 sans que les deux superpuissances aient conclu leurs négociations. Il a donc été reconduit temporairement[1].

Mais SORT semble controversé par rapport à ce que proposait START car il laisse la possibilité de stocker les têtes non déployées. Le New START est finalement signé le à Prague, toujours entre la Fédération de Russie et les États-Unis[2].

Armes concernées et plafonds prévus[modifier | modifier le code]

Le traité START I définit des plafonds relatifs au nombre de lanceurs et de têtes nucléaires qui doivent être atteints selon un calendrier en trois phases, respectivement trois ans, cinq ans et sept ans après son entrée en vigueur[3].

Plafonds autorisés parle traité START I
Plafonds autorisés par START I Phase 1 Phase 2 Phase 3
Délai depuis date entrée en vigueur 3 ans 5 ans 7 ans
Date
Plafond sur le
nombre de lanceurs[N 1]
(ICBM, SLBM et bombardiers)[N 2]
Limite globale 2 100 1 900 1 600
dont ICBM lourds _ _ 154
Plafond sur les
têtes nucléaires déployées
Limite globale 9 150 7 950 6 000
dont ICBM et SLBM 8 150 6 750 4 900
dont ICBM mobile _ _ 1 100
dont ICBM lourd _ _ 1 540
Plafond sur la capacité d'emport des lanceurs _ _ 3 600 tonnes

Notes relatives au tableau

  1. Trois types de lanceurs sont inclus : ICBM, SLBM et bombardier lourd équipé pour porter des armes nucléaires. Les missiles à courte ou moyenne portée sont exclus.
  2. ICBM : missile balistique intercontinental. SLBM : missile balistique mer-sol à bord d'un sous-marin lance-engins (SNLE) ; les SNLE comptent jusqu'à 24 silos de lancement de SLBM.

Application du traité et plafonds atteints[modifier | modifier le code]

Les États-Unis et l'Union soviétique fournissent en septembre 1990 un inventaire détaillé de leur arsenal nucléaire, en suivant la typologie du traité START I[4],[5]. Cet inventaire est la base de référence initiale. Ensuite, chaque partie fournit tous les six mois des données d'inventaire actualisées qui permettent de suivre la marche vers les plafonds fixés, phase par phase, par le traité.

Dans une déclaration de son ministère des Affaires étrangères en date du 5 décembre 2001, la Russie annonce être en complète conformité avec le traité, pour avoir réduit à 1 136 le nombre de ses lanceurs et à 5 518 le nombre de ses têtes nucléaires[6]. Les États-Unis déclarent être également en pleine conformité avec le traité.

Le tableau figurant ci-dessous fournit les plafonds cibles autorisés par le traité, et pour chaque partie : l'inventaire de départ de septembre 1990 et le statut actualisé en 2001, 2008 et 2009[7],[8],[9].

Date ICBM, SLBM et bombardiers lourds ICBM lourds Ogives (ICBM, SLBM et bombardiers lourds) Ogives (ICBM et SLBM) Ogives (ICBM sur lanceurs mobiles) Ogives (ICBM lourds) Puissance (ICBM et SLBM) (Mt)
Limites imposées par START I (dans un délai de 7 ans, soit fin 2001)
Plafond autorisé
décembre 2001
1 600 154 6 000 4 900 1 100 1 540 3 600
Drapeau des États-Unis États-Unis
Septembre 1990 2 246 0 10 563 8 210 0 0 2 361,3
Juillet 2001 1 299 0 7 013 5 695 0 0
Janvier 2008 1 225 0 5 914 4 816 0 0 1 826,1
Juillet 2009 1 188 0 5 916 4 864 0 0 1 857,3
Drapeau de l'URSS Union soviétique / Drapeau de la Russie Russie
Septembre 1990 2 500 308 10 271 9 416 618 3 080 6 626,3
Juillet 2001 1 198 166 5 858 5 232 720 1 660
Janvier 2008 848 104 4 147 3 515 207 1 040 2 373,5
Juillet 2009 809 104 3 897 3 289 191 1 040 2 297,0

Dans les années 2008-2009, les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie sont sensiblement inférieurs aux plafonds autorisés.

Modalités de vérification du respect du traité[modifier | modifier le code]

B-52 détruits à la suite du traité de réduction des armes stratégiques.
SS-18 avant sa destruction, inspecté par le sénateur américain Richard Lugar.

Pour vérifier la conformité au traité START, chaque partie surveille le nombre et l’emplacement des missiles balistiques, des lanceurs et des bombardiers lourds déployés par l’autre partie. Pour atteindre cet objectif, les mesures de vérification suivantes sont prévues[10] :

  • Établir le nombre et l'emplacement des missiles balistiques déployés et stockés et des bombardiers déployés au moment de l'entrée en vigueur du traité ;
  • Confirmer les caractéristiques techniques des types d’armes existants, suivre les essais en vol de missiles balistiques pour en déterminer les caractéristiques ;
  • Suivre les ajouts et soustractions de missiles balistiques et de bombardiers lourds déployés après l’entrée en vigueur du traité, conformément aux règles du traité ;
  • Contrôler que les missiles et les bombardiers sont déployés avec le nombre et le type d'ogives autorisés par la base de données START.

Chaque partie utilise ses moyens propres, comme les satellites de reconnaissance, pour collecter les informations qui lui sont nécessaires. En complément, le traité prévoit aussi des échanges d'informations et des inspections sur site[10].

Expiration et remplacement par New START[modifier | modifier le code]

Article connexe : New START.

Le traité START I devait expirer le 5 décembre 2009 mais il a été reconduit temporairement, jusqu'à la signature par le président des États-Unis Barack Obama et le président de la Fédération de Russie Dmitri Medvedev le du traité New START. Celui-ci remplace également le traité SORT.

START II[modifier | modifier le code]

Signature du traité START II le 3 janvier 1993.

À la chute de l'Union soviétique, c'est avec la Fédération de Russie que les États-Unis signent START II en 1993. START II est ratifié par les États-Unis en 1996 et par la Russie en 2000, le parlement russe ayant retardé sa ratification en signe de protestation contre les bombardements de l'OTAN sur la Yougoslavie.

START II complète sans le remplacer entièrement le traité START I dont les clauses demeurent valables si elles ne sont pas explicitement modifiées. START II prévoit une nouvelle réduction du nombre de têtes nucléaires stratégiques en deux phases, au terme desquelles chaque partie ne devra pas en posséder plus de 3 000 à 3 500 au lieu de 6 000[11].

START II n'a jamais été appliqué, la Russie voulant d'abord que les Américains s'engagent à maintenir en vigueur le traité ABM. Finalement, START II est rendu obsolète par les annonces de réduction du nombre de têtes nucléaires dans une fourchette comprise entre 1700 et 2200 faîtes par les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et George W. Bush, au cours de leur sommet du [12] ; ces annonces débouchent en mai 2002 par la signature du traité SORT.

START III[modifier | modifier le code]

START III devait limiter encore plus le stock d'armes mais aussi empêcher leur réintroduction.

Notes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) U.S. Department of State, The Treaty Between the United States of America and the Union of Soviet Socialist Republics on the Reduction and Limitation of Strategic Offensive Arms (START), (lire en ligne)
  • (en) NTI / START I, Treaty Between the United States of America and the Union of Soviet Socialist Republics on the Reduction and Limitation of Strategic Offensive Arms (START), (lire en ligne)
  • (en) NTI / START II, Treaty Between the United States of America and the Russian Federation on the Reduction and Limitation of Strategic Offensive Arms (START II), (lire en ligne)
  • (en) Amy F. Woolf, Strategic Arms Control After START: Issues and Options, , 34 p. (lire en ligne)

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]