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Traité de Tolentino

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Traité de Tolentino
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Signature du traité
Type de traité Traité de paix
Signé
Palazzo Parisani-Bezzi
Tolentino,  États pontificaux
Parties
Parties Drapeau de la France République française  États pontificaux
Signataires Napoléon Bonaparte
François Cacault
Alessandro Mattei
Lorenzo Caleppi
Luigi Braschi-Onesti
Camillo VII Massimo

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Le traité de Tolentino ou paix de Tolentino est un traité de paix, signé le à Tolentino[1], dans la région des Marches italiennes, entre la première République française et les États pontificaux.

Signataires

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Le traité, négocié pendant plusieurs jours, est signé par :

Clauses du traité

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Les clauses du traité prévoient de lourdes conséquences pour la papauté :

Pertes financières

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Quinze millions de lires vont être versées, s'ajoutant aux vingt-et-un millions de lires déjà perdues lors de l'armistice de Bologne. Entre autres, 300 000 livres sont versées en tant que réparations pour l'assassinat en 1793 du diplomate Nicolas-Jean Hugou de Bassville[3].

Pertes territoriales importantes

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La conservation d'Avignon et du Comtat Venaissin pour la France, la perte des Romagnes pour la République cisalpine.[4]

La confiscation des trésors artistiques du Vatican s’institutionnalise

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Aux pratiques du pillage et de destructions systématiques opérés par les troupes napoléoniennes s'ajoute le caractère désormais officiel du traité. Les États pontificaux doivent donner une centaine de tableaux et œuvres d’art à la France. D'autre part, les commissaires français disposent du droit de se rendre dans les édifices publics ou religieux ainsi que chez les particuliers pour se servir dans les collections artistiques. Des commissaires sont désignés parfois parmi les populations des ghettos, comme à Ancône, pour réquisitionner des œuvres d’art dans les églises, les palais civiques, châteaux, destinées ensuite au musée du Louvre à Paris. Cette dernière partie du traité s'étend à l'ensemble de la péninsule en 1798. [4]

Tolentino dans la région des Marches

Parallèlement au traité, au Vatican, les salles du pape sont ouvertes et complètement saccagées, à la fois pour l'enrichissement des officiers napoléoniens et expressément par Napoléon, tandis que les médaillons en or et en argent sont fondus. La bibliothèque privée du pape Pie VI est achetée par le fonctionnaire Pierre Daunou et, en 1809, la collection de marbres du prince Borghèse est vendue à Napoléon sous la contrainte pour huit millions de francs. Le prince n'a même pas obtenu toutes les sommes promises, mais a été payé en terrains confisqués à l'Église et en droits d'exploitation minière dans le Latium, qu'il a ensuite dû restituer à ses propriétaires légitimes. W. Buchanan notait en 1824 la manière dont Napoléon avait imposé une lourde taxation aux princes et à la noblesse romaine... qui s'étaient opposés à son armée, et comment il avait remarqué que ses demandes étaient payées par les propriétaires, il les renouvelait dans la mesure où il avait remarqué que les propriétaires d’œuvres d’art possédaient encore des trésors : c’est ainsi que les familles Colonna, Borghese, Barberini, Chigi, Corsini, Falconieri, Spada et de nombreuses autres familles nobles de Rome ont été forcées de vendre leurs œuvres pour trouver les moyens de supporter le paiement des taxes. À Venise, les chevaux de bronze de Saint-Marc, traditionnellement attribués à Lysippe, sculpteur de bronze d'Alexandre le Grand, ont été envoyés à Paris. Les noces de Cana de Véronèse ont été coupées en deux et envoyées au Louvre. L'arsenal de Venise a été démantelé, les canons, les plus belles armures et les armes à feu ont été envoyés en France, d'autres ont été fondues. Cependant, parfois, la méconnaissance de certains commissaires chargés des réquisitions fit que certains chefs-d’œuvre restèrent sur place, comme ce fut le cas pour la conversation sacrée de Piero della Francesca, confisquée à Urbino, arrêtée dans son départ pour Paris à Milan en 1811 car jugée de peu d’importance et restée aujourd’hui encore à Milan, ou bien celle de La Donna Velata de Raphaël attribuée à Sustermans. À Lorette, le complexe sculptural en argent dit des apôtres d’Antonio Calcagni et Tiburzio Vergelli est détruit et fondu, le sanctuaire de la sainte Maison de Lorette est fermé sous scellé, la statue de la Madone et les reliques de la sainte Vierge sont envoyées à Paris. S'il a été recensé plus de 506 peintures réquisitionnées, dont 249 reprises en 1815 et 257 tableaux restés en France, la réalité est tout autre. La grande galerie actuelle des peintures italiennes du Louvre ne donne qu’une petite idée du patrimoine artistique confisqué et aujourd’hui disséminé dans bon nombre de musées français, les cabinets d’arts graphiques regorgent encore de dessins, les bibliothèques sont pleines de manuscrits, d’enluminures, quand il n’a pas été revendu ou offert en cadeaux dans toute l’Europe. Quant aux œuvres produites expressément pour des lieux de culte de la région des Marches et restituées aux États pontificaux grâce au concours de Canova, elles sont très souvent restées consignées à Rome. C’est ainsi qu’un bon nombre de polyptyques renaissants du littoral adriatique ont été démantelés et demeurent morcelés.

Exemples de Sculptures confisquées à la suite du traité de Tolentino

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Les 26 articles du traité

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art.1 : Il y aura paix, amitié et bonne intelligence entre la République française et le pape Pie VI.

art.2 : Le Pape révoque toute adhésion, consentement et accession, par écrits, ou secrets, par lui donnés à la coalition armée contre la République française ; à tout traité d'alliance offensive ou défensive, avec quelque puissance ou état que ce soit. Il s'engage à ne fournir, tant pour la guerre actuelle que pour la guerre à venir, à aucune des puissances armées contre la République, aucun secours en hommes, vaisseaux, armes, munitions de guerre, vivres et argent, à quelque titre et sous quelque dénomination que ce puisse être.

art.3 : Sa Sainteté licenciera, dans cinq jours après la ratification du présent traité, les troupes de nouvelle formation, ne gardant que ses régiments existants avant le traité d'armistice signé à Bologne.

art.4 : Les vaisseaux de guerre ou corsaires des puissances armées contre la République ne pourront entrer et encore moins demeurer, pendant la présente guerre, dans les ports et rades de l'État ecclésiastique.

art.5 : La République française continuera à jouir, comme avant la guerre, de tous les droits et prérogatives que la France avait à Rome, et sera en tout traitée comme les puissances les plus considérées, et spécialement à l'égard de son ambassadeur ou ministre, et des consuls ou vice-consuls.

art.6 : Le Pape renonce purement et simplement à tous les droits qu'il pourrait prétendre sur les villes et territoires d'Avignon, le Comtat Venaissin, et ses dépendances, et transporte, cède et abandonne lesdits droits à la République française.

art.7 : Le Pape renonce également à perpétuité, cède et transporte à la République française tous ses droits sur les territoires connus sous les noms de légations de Bologne, Ferrare et la Romagne. Il ne sera porté aucune atteinte à la religion catholique dans les susdites légations.

art.8 : Les villes, citadelles et villages, formant le territoire de la ville d'Ancône resteront à la République française jusqu'à la paix continentale.

art.9 : Le Pape s'oblige, pour lui et ceux qui lui succéderont, de ne transporter à personne les titres de segneurerie attachés au territoire par lui cédé à la République française.

art.10 : Sa Sainteté s'engage à faire payer et délivrer à Foligno, aux trésoriers de l'armée française, avant le 15 du mois de ventôse courant (, vieux style) la somme de quinze millions de livres tournois de France, dont dix millions en numéraire et cinq en diamants et autres effets précieux, sur celle d'environ seize millions qui lui restent dû, suivant l'article 9 de l'armistice signé à Bologne, le 3 messidor an IV, et ratifié par Sa Sainteté le .

art.11 : Pour acquitter définitivement ce qui restera à payer pour l'entière exécution de l'armistice signé à Bologne, Sa Sainteté fera fournir à l'armée 800 chevaux de trait, des boeufs et des buffles, et autres objets produits du territoire de l'Église

art.12 : Indépendamment de la somme énoncée dans les deux articles précédents, le Pape paiera à la République française, en numéraire, diamants ou autres valeurs, la somme de quinze millions de livre tournois de France, dont dix millions dans le courant du mois de mars, et cinq millions dans le courant du mois d'avril prochain.

art.13 : L'article 8 du traité d'armistice signé à Bologne, concernant les manuscrits et objets d'art, aura son exécution entière, et la plus prompte possible.[5]

art.14 : L'armée française évacuera l'Ombrie, Pérugia, Camerino, aussitôt que l'article 10 du présent traité sera exécuté et accompli.

art.15 : L'armée française évacuera la province de Macerata, à la réserve d'Ancône, de Fano et de leur territoire, aussitôt que les cinq premiers millions de la somme mentionnée à l'article 12 du présent traité auront été payés et délivrés.

art.16 : l'armée française évacuera le territoire de la ville de Fano et du duché d'Urbino aussitôt que les cinq seconds millions mentionnés à l'article 12 du présnet traité auront été payés et délivrés, et que les articles, 3, 10, 11 et 13 du présent traité auront été exécutés. Les cinq derniers millions faisant partie de la somme stipulée dans l'article 12 seront payés au plus tard dans le courant d'avril prochain.

art 17 : La République française cède au Pape tous ses droits sur les différentes fondations religieuses françaises dans les villes de Rome et Lorette, et le Pape cède en toute propriété à la République française tous les biens allodiaux appartenant au Saint-Siège dans les provinces de Ferrare, Bologne, et la Romagne, et notamment la terre de Mesola et ses dépendances ; le Pape se réserve cependant, en cas de vente, le tiers des sommes qui en proviendront, lesquelles devront être remises à ses fondés de pouvoirs.

art.18 : Sa Sainteté fera désavouer, par un ministre à Paris, l'assassinat commis sur la personne du secrétaire de légation Bassville. Il sera payé par sa Sainteté, et par elle, mise à la disposition du Gouvernement français la somme de 300 000 livres, pour être répartie entre ceux qui ont souffert de cet attentat.

art.19 : Sa Sainteté fera mettre en liberté les personnes qui peuvent se trouver détenues à cause de leurs opinions politiques.

art.20 : Le général en chef rendra la liberté de se retirer chez eux à tous les prisonniers de guerre des troupes de sa Sainteté, aussitôt après avoir reçu la ratification du présent traité.

art.21 : En attendant qu'il soit conclu un traité de commerce entre la République et le Pape, le commerce de la République sera rétabli et maintenu dans les États de Sa Sainteté sur le pied de la nation la plus favorisée.

art. 22 : Conformément à l'article 6 conclu à La Haye le 27 Floréal an III[6], la paix conclue par le présent traité, entre la République et Sa Sainteté, est déclarée commune à la République batave

art. 23 : La poste de France sera rétablie à Rome de la même manière qu'elle existait auparavant.

art. 24 : L'école des arts, instituée à Rome pour les français, y sera rétablie et continuera d'être dirigée comme avant la guerre. Le palais appartenant à la République, où cette école était placée, sera rendu sans dégradation.

art.25 : Tous les articles, clause et conditions du présent traité, sans exception, sont obligatoires à perpétuité, tant pour Sa Sainteté Pie VI que pour ses successeurs.

art.26 : Le présent traité sera ratifié dans le plus court délai possible.

Signé : Bonaparte, Cacault, Cardinal Mattei, L.Galeppi, L.Duca Braschi Onesti, Camillo Marchese Massimi. [7]

Notes et références

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  1. Tolentino, située dans l'actuelle province de Macerata et l'actuelle région des Marches, était en 1797 une ville des États pontificaux.
  2. Le « duc Braschi », en réalité Luigi Braschi Onesti, duc de Nemi, était neveu, par sa mère, du pape Pie VI.
  3. Mehdi Korchane, « L'assassinat de Bassville à Rome », L'Histoire par l'image, (lire en ligne, consulté le ).
  4. 1 2 Coppa 2016, p. 30.
  5. L'article 8 de l'Armistice de Bologne, signé le 23 juin 1796 par Napoléon Bonaparte, oblige le pape à livrer à la France 100 œuvres d'art (tableaux, bustes, vases ou statues) et 500 manuscrits choisis par des commissaires français à Rome, incluant expressément les bustes de Brutus au Capitole
  6. L'article 6 du traité de paix et d'alliance conclu à La Haye le 27 floréal an III (16 mai 1795) entre la République française et la République batave dispose que les deux puissances contractantes prendront des mesures pour éloigner le théâtre de la guerre du Nord de l'Allemagne, la pleine application de cet article dépendant du rétablissement de la liberté du commerce dans cette région
  7. https://pretraziva.rs/show/bonaparte-a-ancone.pdf

Bibliographie

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  • (it) David G. Chandler, Le campagne di Napoleone, Milan, BUR, 1992, 2006, 9e éd., 1408 p. (ISBN 978-88-17-11904-7 et 88-17-11904-0)
  • « Le Louvre et les Tuileries sous la Révolution », dans Geneviève Bresc-Bautier et Guillaume Fonkenell (dir.), Histoire du Louvre, vol. 1 : Des origines à l'heure napoléonienne, Paris, Louvre éditions, Fayard, (ISBN 9782350315416), p. 571-662. En particulier les pp. 604-610, 616-621
  • Frank J. Coppa, The Modern Papacy, 1798–1995, Routledge, (ISBN 9781317894889, lire en ligne)
  • (it) Filippone, Giustino Le relazioni tra lo stato pontificio e la francia rivoluzionaria: Storia diplomatica del Trattato di Tolentino Part I (1961) Part II (1967
  • Pierre Bodereau, Bonaparte et Ancône , Paris, 108 bd saint Germain, Librairie Felix Alcan, 1914, 254 p. (lire en ligne), p. 202

Articles connexes

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Liens externes

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