Traité de Paris (1898)

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Le traité de Paris de 1898 signé entre l'Espagne et les États-Unis le 10 décembre 1898 met fin officiellement à la guerre hispano-américaine. Il est ratifié par le Sénat américain le 6 février 1899[1],[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

La guerre hispano-américaine, commencée le 25 avril 1898, suite à une « escalade » des différends opposant les États-Unis et l'Espagne, s'achève le 10 décembre 1898 avec les négociations du Traité de Paris, qui marque la perte par l'Espagne de ce qui lui restait de son empire d'outre-mer[3].

Ratification du traité[modifier | modifier le code]

La ratification du traité a fait l'objet d'un certain nombre d'objections, tant en Espagne qu'aux États-Unis :

En Espagne[modifier | modifier le code]

La Reine régente Marie-Christine d'Autriche, signataire pour l'Espagne du Traité de Paris.

Bien que les Cortes aient refusé de ratifier le traité, la Reine régente Marie-Christine d'Autriche le signa néanmoins, ce à quoi l'autorisait une clause de la Constitution espagnole d'alors.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le sénateur républicain George Frisbie Hoar (en), fermement opposé à la ratification du traité.

Plusieurs écoles de pensée se sont affrontées au sujet de la ratification de ce traité au Sénat des États-Unis, en relation avec la naissance d'un impérialisme américain[4].

Du côté des Républicains, on était généralement favorable à la ratification ; parmi les opposants républicains, certains s'opposaient spécifiquement à la clause concernant l'acquisition des Philippines.

Les Démocrates étaient eux aussi généralement en faveur de la ratification, en particulier les Démocrates des États du Sud. Une minorité de Démocrates étaient également favorables au traité, d'une part pour mettre fin à la guerre, et de l'autre pour accorder leur indépendance aux Philippines et à Cuba.

Les sénateurs George Frisbie Hoar (en) (Républicain) et George Graham Vest (en) (Démocrate) étaient, eux, tout deux résolument opposés au traité, le premier affirmant que « ce traité fera de nous un empire vulgaire, commun, dirigeant des races assujetties et des États vassaux, dans lesquels une classe devra éternellement régner, et d'autres classes éternellement obéir ».

Certains des opposants au traité affirmaient que celui-ci conduisait les États-Unis vers la constitution d'un empire, violant ainsi les fondations mêmes de la Constitution des États-Unis : ils soutenaient en effet que ni le Congrès, ni le Président n'avaient le pouvoir d'imposer des lois à des peuples colonisés qui n'étaient pas représentés par des législateurs. Les partisans de l'expansion, et donc du traité, soutenaient de leur côté que la Constitution des États-Unis ne s'appliquaient qu'aux seuls citoyens des États-Unis ; la Cour suprême confirma plus tard cette opinion lors des Insular Cases de 1901.

Le traité a finalement été ratifié le 6 février 1899, par 57 voix contre 27, soit par une voix seulement de plus que la majorité des deux-tiers qui était requise[5].

La législation américaine qui suit ce traité aboutit à créer un ensemble de particularités relatives à la citoyenneté des habitants de Porto Rico. Le Foraker Act (en) de 1900 dispose que les sujets espagnols nés à Porto Rico avant le 11 avril 1899 deviennent des citoyens de Porto Rico. Puis, le Jones–Shafroth Act (en) de 1917 fait d'eux des citoyens des États-Unis sans supprimer la citoyenneté de Porto Rico, créant ainsi une situation complexe où coexistent deux nationalités[6].

Les clauses territoriales[modifier | modifier le code]

Elle se conclut par la perte par l'Espagne de :

  1. Indépendance de Cuba (dans les faits instauration d'un protectorat américain avec l'amendement Platt)
  2. Cession de Porto Rico aux États-Unis
  1. Cession des Philippines (contre 20 millions de dollars) et de Guam aux États-Unis

Le traité marque le début du pouvoir « colonial » des États-Unis avec l'extension de leur zone d'influence dans le bassin Caraïbes, en Amérique centrale et dans le Pacifique.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.linternaute.com/histoire/motcle/evenement/1663/1/a/49361/l_empire_colonial_espagnol_s_effondre.shtml
  2. Joseph Patouillet, L'impérialisme américain, Éditions A. Rousseau, 1904
  3. Library of Congress. "The World of 1898: The Spanish-American War: Introduction."
  4. Coletta, Paolo E. (1957). "Bryan, McKinley, and the Treaty of Paris." Pacific Historical Review, Vol. 26, No. 2: pg. 132
  5. Coletta, Paolo E., "McKinley, the Peace Negotiations, and the Acquisition of the Philippines", Pacific Historical Review 30 (November 1961), 348.
  6. Charles R. Venator-Santiago, United States Citizenship in Puerto Rico, a Short History Institute of Puerto Rican and Latino studies, University of Connecticut, 7 août 2010