Traductologie

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La traductologie est la science de la traduction.

Sommaire

Définition et terminologie[modifier | modifier le code]

Le mot « traductologie » est composé de traducto (« la traduction ») et du grec ancien logos (l'« étude » ou la « science »). « Science de la traduction » est l'équivalent communément admis de l'anglais « translation studies ». La traductologie a reçu plusieurs appellations éphémère : « sciences de la traduction », « translatologie », etc.

Situation de la traductologie[modifier | modifier le code]

Épistémologie générale[modifier | modifier le code]

Épistémologie de la discipline[modifier | modifier le code]

Historique de la traduction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la traduction.

L'histoire de la traduction a fait l'objet de nombreuses études dont la plupart ont été publiées en anglais, bien qu'une large place ait été faite aux « traditions » française et allemande de la traduction[1]. Au gré des multiples études spécifiques et générales sur l'histoire de la traduction, celle-ci est devenu un genre à part entière au sein de la traductologie, avec ses propres courants et méthodes[1]. Les études s'intéressent ainsi tantôt à l'histoire de la traduction du point de vue de la pratique, tantôt à l'évolution de la réflexion théorique, ou encore étudient la vie et l’œuvre des traducteurs ou les traités et préfaces qui précèdent les traductions afin de décrire une certaine évolution historique[1]. Enfin, certains chercheurs choisissent de relier l'histoire de la traduction à son contexte sociopolitique, quand d'autres la décrivent, par opposition, comme une activité universelle pratiquée dans toutes les langues et dans toutes les cultures[1]. L'histoire de la traduction apparait donc aujourd'hui comme une activité intellectuelle dépendant largement de l'interprétation personnelle de l'historien, posant ainsi la problématique de l'« objectivité » dans l'écriture de cette histoire, les traductologues s'appropriant à leur manière les faits et écrits qu'ils jugent essentiels[1].

L'objet même de cette histoire pose problème, d'une part car le domaine de la traduction inclut des formes variées (littérature traduite, textes bilingues, adaptations, etc.), d'autre part du fait de l'écart entre l'histoire de la théorie et celle de la pratique, ou même celle de la profession de traducteur, et enfin parce que les domaines de la littérature ou de la linguistique notamment intègrent les œuvres traduites dans leur champ d'étude[1].

Enfin, la question du but recherché à travers l'écriture de l'histoire de la traduction, bien que la majorité des auteurs s'entendent sur son intérêt, fait débat. Elle oppose ceux, tel José Lambert, qui considère qu'il vise à légitimer la discipline naissance de la traductologie, à ceux, comme Hulst (1994), qui pensent qu'elle vise surtout à une unification de la discipline[2].

Mythes fondateurs de la traductologie[modifier | modifier le code]

Traductologie et histoire de la traduction[modifier | modifier le code]

Histoire des idées traductologiques[modifier | modifier le code]

Théorie contre pratique[modifier | modifier le code]

Traduisible contre intraduisible[modifier | modifier le code]

Art contre science[modifier | modifier le code]

Auteur contre traducteur[modifier | modifier le code]

Original contre copie[modifier | modifier le code]

Traduction contre imitation[modifier | modifier le code]

Sacré contre profane[modifier | modifier le code]

Fidélité contre liberté[modifier | modifier le code]

Mot contre idée[modifier | modifier le code]

Lettre contre esprit[modifier | modifier le code]

National contre Étranger[modifier | modifier le code]

Vainqueur contre vaincu[modifier | modifier le code]

Littéraire contre scientifique[modifier | modifier le code]

Humain contre automatique[modifier | modifier le code]

Traduction contre interprétation[modifier | modifier le code]

Approches et modèles de la traduction[modifier | modifier le code]

Théories de la traduction[modifier | modifier le code]

Théorie interprétative[modifier | modifier le code]

La théorie interprétative, ou « École de Paris » compte aujourd'hui de nombreux promoteurs, en particulier dans le monde francophone. Elle a été développée au sein de l'ESIT à Paris, essentiellement grâce à Danica Seleskovitch et Marianne Lederer[3]. Seleskovitch s'est inspiré de son expérience en tant qu'interprète de conférence pour mettre au point un modèle de traduction en trois temps : interprétation, déverbalisation, réexpression[3]>. On s'attache ici particulièrement à la question du « sens », considéré comme de nature « non verbale » : il concerne aussi bien l'explicite (ce que le locuteur a dit) que l'implicite (ce qu'il a tu). Un « bagage cognitif » très important (connaissance du monde, du contexte, du « vouloir-dire » de l'auteur) doit donc être possédé par le traducteur pour saisir ce sens[3]. La question de la « perception » est ici prépondérante : perception de l'outil linguistique (interne) puis de la réalité (externe). Le processus de traduction passe donc ici par une étape intermédiaire, celle de la déverbalisation[3]. C'est un processus dynamique de compréhension puis de réexpression des idées[4].

Jean Delisle a par la suite fait évolué l'idée de la théorie interprétative en ayant recours à l'analyse du discours et à la linguistique textuelle[4].

Théorie de l'action[modifier | modifier le code]

Théorie du skopos[modifier | modifier le code]

Théorie du jeu[modifier | modifier le code]

Théorie du polysystème[modifier | modifier le code]

Problématiques de la traductologie[modifier | modifier le code]

Le sens[modifier | modifier le code]

L'équivalence[modifier | modifier le code]

La fidélité[modifier | modifier le code]

Sur l'adhérence à la forme même du texte d'origine (au prix de libertés prises avec les signifiés du texte destinataire) - signifiant, rythme, valeur -, voir les travaux du groupe "Change" (en particulier le n° 14 de Change, 1973), et Jean-Charles Vegliante, "Traduire la forme" (en ligne), site CIRCE, 2012.

Les modes de traduction[modifier | modifier le code]

Les types de traduction[modifier | modifier le code]

Les unités de traduction[modifier | modifier le code]

Les universaux[modifier | modifier le code]

Les corpus[modifier | modifier le code]

Les choix et les décisions[modifier | modifier le code]

Les stratégies de traduction[modifier | modifier le code]

Les normes de traduction[modifier | modifier le code]

La qualité et l'évaluation[modifier | modifier le code]

Traduction et interprétation[modifier | modifier le code]

Pédagogie et didactique de la traduction[modifier | modifier le code]

Champs d'intervention du traducteur[modifier | modifier le code]

Champs d'application de la traductologie[modifier | modifier le code]

La traduction automatique[modifier | modifier le code]

La traductologie et le droit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traduction juridique.

Le droit est écrit de manière très différente selon les époques et les pays[5]. Parfois le traducteur a dû passer d'un droit coutumier oral en langue locale, à un droit écrit dans une autre langue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Guidère 2010, p. 19
  2. Guidère 2010, p. 20
  3. a, b, c et d Guidère 2010, p. 69
  4. a et b Guidère 2010, p. 70
  5. David et Jauffret-Spinosi 1992

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mathieu Guidère, Introduction à la traductologie : Penser la traduction : hier, aujourd'hui, demain, De Boeck, coll. « Traducto »,‎ , 2e éd., 176 p. (ISBN 2804130584 et 9782804130589)
  • R. David et C. Jauffret-Spinosi, Les grands systèmes de droit contemporain, Paris, Dalloz,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Lectures approfondies[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • M. Ballard, « De Cicéron à Benjamin. Traducteurs, traductions, réflexions », Lille, Presses universitaires du Septentrion, 1992
  • Jean-Claude Chevalier et Marie-France Delport, « Problèmes linguistiques de la traduction : L'horlogerie de Saint-Jérôme », Paris, L'Harmattan, 1995
  • L. d'Hulst, « Cent ans de théorie française de la traduction. De Batteux à Littré (1748-1847) », Lille, Presses universitaires de Lille, 1990
  • L. d'Hulst, Sur le rôle des métaphores en traductologie contemporaine, Target, vol. 4, n° 1, 1992, p. 33–51(19) http://dx.doi.org/10.1075/target.4.1.04dhu (résumé avec ingentaconnect.com)
  • Evelyn Dueck, L'étranger intime. Les traductions françaises de l’œuvre de Paul Celan (1971-2010), Berlin, DeGruyter, 2014
  • Philippe Forget, Il faut bien traduire. Marches et démarches de la traduction, Paris, Masson, Collection ‘Langue et Civilisation germaniques’, 1994
  • Brian Harris, La traductologie, la traduction naturelle, la traduction automatique et la sémantique in « Problèmes de sémantique » (Cahier de linguistique 3), dirigé par J. McA'Nulty et al., Montréal, Presses de l'Université du Québec, 1973, p. 133–146.
  • Jean-René Ladmiral, « Traduire : théorèmes pour la traduction », Paris, Gallimard, 1994.
  • Jean-René Ladmiral, « La traductologie: de la linguistique à la philosophie », Thèse d'habilitation à diriger des recherches soutenue à l'Université de Paris X-Nanterre, le 21 janvier 1995, sous la direction de Michel Arrivé et sous la présidence de Paul Ricœur.
  • Antonio Lavieri (dir.), « La traduction entre philosophie et littérature ». Paris-Torino, L'Harmattan, 2004
  • Antonio Lavieri, « Esthétique et poétiques du traduire », Modène, Mucchi, 2005
  • Charles Le Blanc, « Le complexe d'Hermès. Regards philosophiques sur la traduction », Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, 2009
  • Jean-Yves Le Disez, « On achève bien Auden. De l'interprétation à la traduction », Brest, Les Hauts-Fonds, 2008
  • Henri Meschonnic, « Poétique du traduire », Paris, Verdier, 1999
  • François Ost, « Traduire. Défense et illustration du multilinguisme », Paris, Fayard, 2009

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Mona Baker (éd.), Routledge Encyclopedia of Translation Studies, New York et Londres, Routledge, 2001
  • Mona Baker, In Other Words: Coursebook on Translation. New York et Londres, Routledge, 1992
  • Larisa Cercel (éd.), « Übersetzung und Hermeneutik / Traduction et herméneutique » (Zeta Series in Translation Studies 1), Bucarest, Zeta Books 2009, ISBN 978-973-1997-06-3 (paperback), 978-973-1997-07-0 (ebook).
  • Brian Harris, « What I really meant by Translatology », in La traduction et son public, numéro spécial de la revue « TTR » dirigé par Judith Woodsworth et Sherry Simon, Université du Québec à Trois Rivières, 1988, p. 91–96. lire en ligne

En italien[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Vegliante (2004), Traduzione e studi letterari: Una proposta quasi teorica, in: Traduzione e poesia nell'Europa del Novecento (dir. A. Dolfi), Roma, Bulzoni, p. 33-52.
  • Antonio Lavieri, Translatio in fabula. La letteratura come pratica teorica del tradurre, Rome, Editori Riuniti (préface de J.-R. Ladmiral), 2007

Essais de traductologie produits par des traducteurs[modifier | modifier le code]

Parmi les ouvrages importants on compte les travaux du français Antoine Berman (1942-1991). Lui-même traducteur de l'allemand et de l'espagnol, il a travaillé à doter la traductologie d'une véritable réflexion critique. Antoine Berman entend se situer dans la tradition de Friedrich Schleiermacher, dont il a traduit une conférence (Des différentes méthodes du traduire, Seuil, Points, 1999) et de Walter Benjamin, auteur d'un remarquable article sur la traduction : La tâche du traducteur (in Œuvres I, Gallimard, Folio Essais, trad. par Maurice de Gandillac), et alors Berman a écrit L'âge de la traduction. "La tâche du traducteur" de Walter Benjamin, un commentaire. Outre les différents articles, quelques ouvrages majeurs :

Manuels de traductologie[modifier | modifier le code]

  • Thomas Lenzen, Traductologie en LEA, CRINI (Centre de recherche sur les Identités nationales et l'interculturalité), Université de Nantes, 252 p., ISBN 2-9521752-3-3.
  • François Vreck, Entrainement à la version anglaise, Ophrys, 2002
  • Mathieu Guidère, Introduction à la traductologie, De Boeck, 2008 ; 2e édition 2010
  • Michel Balard, Histoire de la traduction, De Boeck, 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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