Trace numérique

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Le terme trace numérique est utilisé dans les domaines de la sécurité, de l'informatique légale et des systèmes d'information.

Il désigne les informations qu'un dispositif numérique enregistre sur l'activité ou l'identité de ses utilisateurs au moyen de traceurs tels que les cookies[1], soit automatiquement, soit par le biais d'un dépôt intentionnel. Moteurs de recherche, blogs, sites de réseautage social, sites de commerce électronique, mais aussi cartes à puce, titres de transport, téléphones mobiles : tous les systèmes qui requièrent une identification ou une interaction sont susceptibles de capter des informations sur l'utilisateur – parcours, requêtes, préférences, achats, connexions, évaluations, coordonnées.

Les traces ne sont pas des messages, mais des données (typiquement des fichiers de log) [2]. Prises isolément, elles n'ont guère de sens. Mais regroupées, traitées et combinées dans d'importantes bases de données, elles peuvent révéler des informations significatives, stratégiques ou sensibles.

La notion de traçabilité numérique est de plus en plus présente dans nos sociétés, cela est dû au contexte actuel des Big data, toute information (data) est enregistrée et stockée par défaut.

Les traces numériques peuvent en particulier être utilisées pour profiler les personnes, par extraction automatique d'un profil à partir de l'observation de leurs comportements. Ce profilage peut servir ensuite à faire du ciblage comportemental, très utile au marketing sur le web.

Risques[modifier | modifier le code]

Internet est un moyen de communication et d'expression directe. Les réseaux sociaux ont récemment amplifié cette caractéristique. Or, chaque action effectuée sur la toile est à l'origine de la création de données, systématiquement enregistrées et potentiellement analysables. Ainsi, les données cumulées sur Internet peuvent être une source d'information, dans le cadre de marketing. On parlera alors de "data mining" (Exploration de données). De même, les entreprises, services de police ou autres peuvent également mettre à profit l'analyse de données personnelles[3]. Ainsi, les risques associés aux traces numériques sont relatifs à l'utilisation des données personnelles des personnes à leur insu[4], et à l'atteinte à leur vie privée. En effet, du fait de l'utilisation des outils numériques, "chaque citoyen est aujourd’hui traçable par les données qu’il laisse, ou que d’autres laissent sur lui"[5]. En particulier des traces peuvent conduire à des dangers tels que : l'intrusion dans la vie privée ; l'exploitation et le détournement des données ; les atteintes à la liberté[6].

Protection[modifier | modifier le code]

Réseaux superposés[modifier | modifier le code]

Les traces numériques deviennent inexploitables par l'utilisation de réseaux overlay (réseaux superposés) qui permettent d'anonymiser l'auteur, le destinataire et le contenu des échanges d'information (exemples : Tor, I2P, Freenet) associés à de la cryptographie qui permet de dissimuler la nature des données échangées.

Navigateurs web[modifier | modifier le code]

D'autres moyens de limitation des traces numériques sont apparus dans certains navigateurs Web, notamment via des « listes pour la protection contre le traçage d'activité Web » (ou listes TPL, pour « Tracking Protection List »). Par exemple, dans Internet Explorer 9[7], sorti en 2011. Mozilla Firefox 5 en 2011[8],[9]. Toutefois en 2011, Google Chrome et Opera continuent de tourner le dos à Do Not Track (initiative du W3C)[10].

La Trace numérique, une trace comme une autre ?[modifier | modifier le code]

Certains chercheurs s’attachent à situer la production, l’usage et l’interprétation des traces numériques dans leurs analogies et différences avec d’autres catégories de traces. Bien qu’ils s’accordent sur la matérialité d’une inscription numérique, ils s’interrogent sur ce qui conduit à lui donner le statut de « trace » et sur la nature de la trace en question. Ils proposent de repérer la façon dont les algorithmes orientent notre regard. Ils proposent de « retracer », pas à pas, la façon dont les informaticiens organisent l’assemblage de données et les calculs. Celui qui suit le chemin proposé comprend pourquoi la construction des algorithmes induit un certain regard sur le monde. En ce qui concerne l’impact du numérique sur les procédures de recrutement, ils invitent à ne pas prendre les résultats fournis par le profilage algorithmique des individus pour autre chose que ce qu’ils sont : non pas la réalité des individus mais une certaine représentation des individus. Puis, ils invitent l’interprète du résultat des profilages numériques à une action réflexive sur leur conception de l’humain [11],[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cookies (tiers), traceurs, fingerprint et compagnie : comment ça marche ?, David Legrand, Next INpact, 11 janvier 2018.
  2. Louise Merzeau, "Présence numérique : du symbolique à la trace", MEI, no 29, 20909.
  3. Antoinette Rouvroy Les internautes peuvent-ils échapper à l’espionnage ?
  4. Bruno Latour (2007), Beware your imagination leaves digital traces, Times Higher Literary Supplement, 6th April 2007
  5. Merzeau Louise et Arnaud Michel (2009), Traçabilité et réseaux , HERMÈS:53, (ISBN 978-2-271-06836-1)
  6. Présence numérique et traçabilité, Fiche d’information sur la traçabilité, 20e semaine de la presse et des médias dans l’école © clemi 2009, pages: 46-47
  7. Quelles sont les fonctionnalités de confidentialité nouvelles ou améliorées contenues dans Internet Explorer 9 ? Microsoft TechNet
  8. Anti-tracking : Mozilla dévoile sa solution pour Firefox Generation NT, 2011
  9. Tutoriel : Activer la fonction « Do Not Track » des navigateurs web. Infos du net, 2011
  10. Le W3C crée un groupe de travail pour la protection anti-traçage, Google et Opera continuent de tourner le dos à Do Not Track. Developpez.com 24/01/2011
  11. Béatrice Galinon-Mélénec, Sami Zlitni (dir.), Traces numériques. De la production à l’interprétation, coll. « L'Homme trace », tome 2, CNRS éditions, Paris, 2013, 274 p.
  12. Mille A. (dir.), De la trace à la connaissance à l’ère du Web, Intellectica 2013/1, n. 59, lire en ligne

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]