Trésor de Tayac

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Le torque exposé au musée d'Aquitaine

Le Trésor de Tayac est un ensemble de pièces d'orfèvrerie en or d'époque gauloise, daté du IIe siècle av. J.-C. et du Ier siècle av. J.-C., découvert fortuitement en 1893 sur le territoire de la commune de Tayac en Gironde. C'est un des plus importants et intéressants trésors gaulois trouvés en France.

Découverte et dispersion[modifier | modifier le code]

En , deux vases de terre sont découverts fortuitement dans un champ. Ils contenaient 325 monnaies gauloises d'or (d'autres ont parlé de 500), des petits lingots, du fil d'or et un important torque, lui aussi en or. Malheureusement, les trois-cinquièmes de la découverte sont vendus à un orfèvre bordelais et fondus. Le reste est vendu à divers collectionneurs et à la mairie de Bordeaux. Depuis, des rachats par le Cabinet de numismatique de la bibliothèque municipale de Bordeaux tentent de rassembler les pièces encore disponibles[1]. Le torque fait partie des collections du Musée d'Aquitaine (ville de Bordeaux) sous le numéro d'inventaire 60.17.2.

Inventaire[modifier | modifier le code]

Avant la dispersion du trésor, l'inventaire exhaustif a été fait et recense les éléments suivants :

Le torque[modifier | modifier le code]

Le torque gaulois est un collier qui devait être forcé pour se porter, celui de Tayac, par sa richesse peut-être celui d'un chef ou avoir un caractère sacré. C'est une pièce d'orfèvrerie de 762 grammes d'or pur (soit environ 100 statères), constitué d'une tige coulée de 78 cm de long de section cruciforme qui a été ensuite tournée sur elle-même afin de lui donner son aspect torsadé. Cette opération a réduit de plus de la moitié sa longueur. Deux tampons creux ont été ensuite soudés aux extrémité. Par son style ce bijou exceptionnel est daté du IIe siècle av. J.-C.. Il est aujourd'hui exposé au musée d'Aquitaine.

Les lingots et le fil d'or[modifier | modifier le code]

73 petits lingots pesant environ 7,3 grammes (ce qui constitue le poids d'un statère) et 1 lingot plus gros de 55,50 grammes, ainsi qu'un fil d'or roulé en spirale pesant 53,40 grammes.

Les monnaies[modifier | modifier le code]

Une partie des monnaies exposées au musée d'Aquitaine

En tout, au moins 325 monnaies d'or, en majorité des statères gaulois (en moyenne 7,20 gr) et des quarts de statères (1,30 gr), datant du IIe siècle av. J.-C.. La plupart proviennent du monnayage des Arvernes, d'autres des Éduens, des Ambiens ou de peuples d'Europe centrale. Cette diversité est très étonnante et unique pour un trésor gaulois. De plus, certaines pièces sont unifaces, comme non terminées, ce qui oriente vers le dépôt d'un artisan d'atelier monétaire. Aujourd'hui à peine une cinquantaine de monnaies peuvent être sans conteste rattachées au trésor, d'autres dans des collections particulières ont perdu leur contexte d'identification.

Enseignements[modifier | modifier le code]

Lors de sa découverte, le trésor fut rapidement interprété comme la cache d'un butin d'une bande d'envahisseurs germains, mais aujourd'hui cette thèse est abandonnée, à la suite des travaux de Hans-Jörg Kellner[2], directeur du musée préhistorique de Munich. Une origine plus locale est préférée, comme le stock d'un riche orfèvre ou celui d'un atelier monétaire. Il est possible que ce trésor fut également l'objet d'un dépôt votif. Quoi qu'il en soit, ce trésor, d'une composition unique, recèle encore sur son origine de larges zones d'ombre. Colbert de Beaulieu dans son étude sur le monnayage gaulois[3] note que ce trésor est « d'exception apparente, parce que ce n'est pas le produit de la circulation, mais, répétons-le, un choix opéré sur place, vraisemblablement au long de nombreuses années. » et que « ...comme la provenance (qui n'avait pas été signalée) de cette monnaie est authentique, il (ce statère) suggère pour le dépôt de Tayac une date des environs de 90-80 ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Gorphe, Le Trésor de Tayac, Éditions Les Chevau-Légers, 2010 - (ISBN 2916996214)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin des Bibliothèques de France bbf 1967 - Paris, t. 12, n° 8
  2. H.J. KELUOER, Der Fund von Tayac, ein Zeugnis des Cimbernzuges, dans J.NG, 1970. p. 13-47. pl. 3-10.
  3. [PDF] Traité de numismatique celtique (1973) extrait [lire en ligne] notes 502 et 547

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]