Trésor de Robache

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Robache.

Le trésor de Robache est un ensemble de monnaies gauloises, des petits quinaires d'argent de la période finale de La Tène, initialement rassemblés dans une enveloppe céramique en partie percée, découverte le 26 juin 1844 sur les rives du Robache ou ruisseau de Robache, affluent de la Meurthe en aval du hameau homonyme, en contrebas de la face occidentale de l'Ormont[N 1]. Il fait partie des rares découvertes monétaires importantes recensées dans le bassin permien à Saint-Dié-des-Vosges.

Description[modifier | modifier le code]

Ce trésor monétaire découvert en 1844, dans un récipient céramique, était composé d’un peu plus de 3 500 monnaies gauloises[1]. Aujourd'hui, il ne resterait plus que 207 monnaies réparties entre le musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges, le musée départemental d’art ancien et contemporain d'Épinal et des collections privées[2].

À la suite de l’étude de ces monnaies, 196 ont été identifiées à des quinaires de type Kaletedou, 4 à des quinaires Aedui, 2 quinaires de type Conde, 2 de type Q Doci Sam, 1 de type Togirix, et 1 de type Solima.

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Ces monnaies d’argent auraient été enfouies au cours de la guerre des Gaules[3]. Le fait de ne pas avoir trouvé d’autres monnaies, en potin par exemple, et la découverte d’une stèle à deux personnages dans le secteur de Robache pourrait confirmer la présence d’un sanctuaire de source dans les environs.

Aujourd'hui disparue, cette stèle de Robache, est composée de deux personnages se tenant debout sous une voûte. Le premier, une femme à gauche, tiendrait une serpe de la main droite et un maillet de la main gauche. Le second personnage, un homme imberbe à droite, tiendrait un coffret de sa main droite et un objet indiscernable de sa main gauche. Des comparaisons avec la stèle dite de Dijon, et l’autel de Sarrebourg, où sont représentés le dieu gaulois au maillet Sucellus et sa parèdre Nantosuelta, la déesse-rivière, sont à faire[4].

Autres trésors locaux[modifier | modifier le code]

D'autres trésors monétaires auraient été trouvés en 1770 et 1826[5] à Robache, composés de monnaies consulaires appelées « serrati »[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme la découverte fortuite par les paysans du hameau a été très rapide, une fois détectées les premières curieuses piècettes d'argent dans l'eau du ruisseau, tout en préservant le lieu de découverte, dans l'espoir probable d'autres gains, il subsiste au début des années 1920, soit presque quatre-vingt ans après la découverte, une incertitude sur le lieu de découverte : la vallée en amont du ruisseau de Robache y compris le vallon des Molières ou les environs d'un autre ruisseau sortant d'un vallon nommé la "goutte du Rupt", au sud du hameau, sont également évoqués. Une chose est avérée, le colporteur Jean-Joseph Feltin mis au courant des incessants marchandages de la découverte écrit au savant bibliothécaire de Metz le 12 juillet 1844 pour le renseigner et aussi se renseigner sur la valeur du produit (qu'il soupçonne évidemment bien supérieure au poids de l'argent, base des transactions auprès des bourgeois locaux peu ou prou numismates).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Billoret, Informations archéologiques, Circonscriptions des Antiquités Historiques, Lorraine, Saint-Dié, t. 30, fasc. 2, Gallia, , p. 375-377
  2. Matthieu Michler et Michel Provost (dir.), Carte archéologique de la Gaule : les Vosges 88, Paris, Maison des sciences de l'homme, , p. 295-296
  3. Alain Deyber et Simone Scheers, Le trésor de Robache, Archeologia Mosellana, Actes du XIe colloque de l’association Française pour l’étude des Âges du Fer en France non Méditerranéenne (A.F.E.A.F.), Sarreguemines (Moselle 1,2, et 2 mai 1987), sous la direction de Frédérique Boura, Jeannot Metzler et Andrei Miron, édité par le Service régional de l’archéologie de Lorraine, l'Université Marc-Bloch de Strasbourg, le Staatliches Konservatoramt des Saarlandes (de) et le Musée national d'histoire et d'art (en) de Luxembourg, tome 2, 1993, p. 411-428
  4. Fernand Comte, Les grandes figures des mythologies, Larousse-Bordas date=2000, p. 200
  5. Alban Fournier et Victor Franck, Les Vosges du Donon au Ballon d’Alsace, , p. 245-247
  6. Nicolas-François Gravier, Histoire de la ville épiscopale et de l’arrondissement de Saint-Dié, , p. 25

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc François, À propos du trésor de Robache, Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, Tome 51, année 1925-1926.
  • Deux articles, le premier de Alain Deyber et Simone Scheers, intitulé "Trésor de Robache", pp 9–31 et le second de Thierry Choserot et Claude Janel, intitulé "Le trésor gaulois de Robache", pp 33–77 in "Trésors de la Montagne Vosgienne", Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, 123e année, 1998/99, volume C, Saint-Dié 1999, 239 pages.
  • Claude Janel, Thierry Choserot avec les dessins de Sylvie Luccisano, "Sur la piste du trésor gaulois de Robache", Société Philomatique Vosgienne, 2002, 47 pages (ouvrage pour la jeunesse).
  • Thierry Choserot, Claude Janel, "Histoire du trésor gaulois de Robache", Mémoire des Vosges Histoire Société Coutumes, n°9, année 2004, p. 33-34 et p. 54-55.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]