Toyota 2000 GT

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Toyota 2000GT
Toyota 2000 GT

Marque Toyota
Années de production 1967 - 1970
Production 351 exemplaires
Classe Sportive
Moteur et transmission
Moteur(s) 6 cylindres en ligne
1 998 cm³, 150 ch SAE
Transmission Propulsion
Boîte de vitesses Manuelle 5 vitesses ou
automatique 3 vitesses
Poids et performances
Poids à vide 1 120 kg
Vitesse maximale 220 km/h
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Coupé 3 portes et
cabriolet 2 portes
Dimensions
Longueur 4 175 mm
Largeur 1 600 mm
Hauteur 1 160 mm
Empattement 2 330 mm
Chronologie des modèles
supra-celica Suivant

La Toyota 2000GT est un véhicule automobile sportif de la marque Toyota produit de 1967 à 1970. Elle est la première tentative d'une supercar japonaise. De conception très moderne, elle regroupe toutes les technologies de pointes en matière automobile de l'époque. C'est notamment la première automobile japonaise de série équipée de 4 freins à disques, de 4 suspensions indépendantes, d'un moteur à double arbres à cames en tête et d'une direction à crémaillère.

Du fait du nombre restreint d'exemplaires fabriqués (351) elle n'a été exportée qu'au compte goutte (seulement 115 dont 58 aux USA, 25 en Europe, 9 en Australie), ce qui en fait une voiture rare. Les exemplaires survivants (environ 200 bien qu'aucun recensement n'ai été fait) sont précieusement gardés par leurs propriétaires privés ou musées. Les échanges s'effectuent généralement par vente aux enchères et les prix ne cessent de croître d'année en année [1]. Aujourd'hui, elle représente l'automobile japonaise classique la plus désirable et la plus recherchée par les amateurs, tant pour ces qualités esthétiques et mécaniques, que pour le jalon important qu'elle incarne dans l'histoire de l'industrie automobile japonaise.

Conception[modifier | modifier le code]

Dès 1963, après quelques succès en compétition, Toyota désire construire une automobile sportive capable de rivaliser avec la concurrence mondiale. Contrairement à d’autres marques japonaises qui s’associent à des constructeurs européens ou américains pour fabriquer sous licence, Toyota désire réaliser une GT 100 % japonaise. Le but est de prouver au monde qu’une marque japonaise, jusque-là connue pour vendre de petites automobiles économiques mais rustiques est capable de produire une véritable GT possédant les caractéristiques et le standing d’une italienne ou d’une anglaise. Elle sera la vitrine de la marque, voire de la nation. La tâche est lourde, Toyota a l’habitude de fabriquer des automobiles populaires, robustes mais sans aucune prétention de performance ou d’esthétique poussée. La direction de la marque décide de constituer un petit groupe d’ingénieurs qui travaillera à l’écart du grand bureau d’étude  :

  • Jiro Kawano (chef de projet)
  • Shinichi Yamazaki (châssis et suspensions)
  • Hidemasa Takagi (développement moteur)
  • Satoru Nozaki (designer)
  • Shihomi Hosoya (pilote de développement et assistant designer)
  • Eizo Matsuda (pilote d'essai)

Sans aucune expérience dans la conception d’une voiture de sport, le team va normalement s’inspirer de ce qui existe déjà. Ainsi on acquiert quelques sportives classiques comme une Jaguar Type E, une Lotus Elan, une Triumph TR2, une MGB et une Honda Sports. Elles sont disséquées et analysées. La Jaguar va donner la ligne générale et la Lotus le châssis. Fin 1964, le projet a pris forme, le schéma de base est déterminé, les organes mécaniques décidés et la ligne de la carrosserie est tracée.

C’est alors que Nissan, qui concoctait une étude similaire en association avec Yamaha abandonne le projet après avoir construit un ou deux prototypes. Le constructeur de moto et de piano, Yamaha, se tourne alors vers Toyota, sachant que ce dernier a investi dans la même direction. L’équipe de Kawano étudie le travail effectué par Yamaha et un accord est passé. On conserve les études de Toyota alors que Yamaha se charge de développer le moteur et s’occupera de la construction de la voiture. Le premier prototype roulant est achevé en 1965. Elle servira de voiture de test et sera malmenée sur les pires routes du pays pour en déterminer les points faibles. Un deuxième prototype plus soigné est assemblé pour le salon de l’automobile de Tokyo.

Présentation[modifier | modifier le code]

La Toyota 2000GT est dévoilée au 12e salon de l’automobile de Tokyo en octobre 1965. Elle impressionne les journalistes du monde entier pour sa ligne fluide et élégante, sa technologie avancée et sa finition remarquable. Début 1966, Toyota invite quelques journalistes occidentaux spécialisés au Japon pour un essai de la 2000 GT. Les commentaires de la presse qui s'ensuivent sont très positifs. En novembre de cette même année une 2000GT est présentée au salon de San Francisco, USA. Elle est ensuite essayée par les reporters et un article paru dans la revue américaine Road & Track en mai 1967 va faire référence. Elle en fait la couverture et y est décrite en détail. Les impressions des journalistes sont très positives. Ses performances sont plus que respectables au vu de sa cylindrée, sa tenue de route est sans faille, le confort digne d’une berline, la finition luxueuse…

Production et évolution[modifier | modifier le code]

Toyota 2000GT MF10[modifier | modifier le code]

La commercialisation débute en mai 1967. Après 233 exemplaires construits le modèle subit une évolution en 1969. L’avant de la voiture est redessinée ainsi que certains autres détails de carrosserie. L’habitacle est agrandi de quelques centimètres, le tableau de bord et le volant sont restylés. La mécanique reste identique bien que la suspension soit assouplie. 109 exemplaires de ce deuxième modèle sont vendus jusqu’en 1970.

Toyota 2000GT MF12[modifier | modifier le code]

Se rendant compte que les ventes n’atteignent pas les espérances attendues, Toyota décide de réduire les coûts de fabrication de la 2000GT. L’une des modifications majeure est le remplacement du moteur 3M par le type 2M-B utilisé dans la Toyota Crown. La cylindrée passe de 2 à 2.3 litres et la culasse n’a plus qu’un seul arbre à came en tête. Pour conséquence, la puissance perd 10 ch. Côté carrosserie, une prise d’air est ajoutée sous la calandre afin de mieux ventiler le radiateur d’huile, les rétroviseurs d’ailes disparaissent au profit d’un miroir standard fixé à la portière côté conducteur. À l’intérieur les sièges ont gagné des appuie-têtes, la climatisation ainsi qu’une boîte de transmission automatique sont disponibles en option. Seulement 9 exemplaires de MF12 sont construits entre 1969 et 1970, ce qui porte le nombre total de 2000 GT fabriquées à 351 exemplaires.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Carrosserie[modifier | modifier le code]

La Toyota 2000GT n'a été commercialisée que sous la forme d'un coupé 2 portes, plus hayon arrière. Le dessin de la 2000GT est dû à Satoru Nozaki et non au designer Albrecht Goertz comme une rumeur aimerait le laisser croire. Il y a toujours été vu une influence de la Jaguar Type E. La carrosserie est entièrement fabriquée en tôles d’acier façonnées à la main, à l’exception des deux portillons latéraux qui sont en fibre de verre. Celui de gauche abrite le filtre à air et celui de droite, la batterie. Le toit nervuré dans la longueur rappelle les créations du carrossier italien Zagato. Les phares sont profilés derrières des vitres en plexiglass. La voiture étant destinée entre autres au marché nord-américain, il a été nécessaire de satisfaire une loi californienne qui impose une hauteur minimum des phares avant à 60 cm du sol. C’est la raison pour laquelle des phares escamotables ont été ajoutés. Les seules indications extérieures de la marque sont deux insigne triangulaires de chaque côté de la voiture, en avant des portières et une plaque rectangulaire sur le coffre. La calandre chromée en forme de « T » pour « Toyota » est le seul indice désignant le constructeur à l’avant de la voiture. Cette discrétion associée à la rareté de l’auto la fait souvent passer pour une autre aux yeux des profanes. Le pare-brise est très courbé, original pour l'époque ce qui permet une excellent vue panoramique. Il est également bien plus incliné que sur la plupart des autos de l’époque, donnant à la silhouette une ligne fluide et aérodynamique. Les rétroviseurs sont fixés sur les ailes, comme de coutume sur les véhicules japonais, et rappellent les fameux accessoires de la marque Talbot. Sur la 2000GT ils ont la particularité d’être chromés avec le moitié du cône orientée vers le centre de la voiture peinte en gris, ceci afin d’éviter un reflet du soleil dans le champ de vision du conducteur. À part ça, chaque élément de la carrosserie a fait l’objet d’un design soigné, comme les poignées de portes ou le bouchon de remplissage du réservoir d’essence.

Châssis[modifier | modifier le code]

L’une des particularités de la Toyota 2000GT est son châssis à structure en poutre centrale. Construit en acier, il est directement inspiré de celui de la Lotus Elan. En forme de « X » Le moteur et la boîte de vitesse sont logés entre les deux branches avants alors que le pont vient se placer entre les branches arrières. Cette construction a permis une répartition optimale des masses de 51/49 % du poids respectivement sur le train avant et sur l'essieu arrière. La carrosserie vient poser sur ce châssis auquel elle est vissée. Les extrémités en X du châssis poutre supportent les quatre suspensions indépendantes à leviers triangulés et trapèzes transversaux couplés à des ressorts hélicoïdaux. Quatre freins à disques fabriqués par Sumitomo sous licence de Dunlop sont assistés par servofrein. La direction à crémaillère est une nouveauté pour Toyota et elle remplit pleinement sa fonction avec précision. La voiture étant conçue aussi pour une utilisation en compétition, des moyeux de roues à serrage central ont été optés. Les jantes en magnésium, tel qu’utilisé sur les voitures de courses sont ce qui se fait de mieux à l'époque.

Mécanique[modifier | modifier le code]

Le bijou de cette auto est son moteur (type 3M), joli pièce de mécanique au rendement exemplaire. Toyota a composé avec des compromis pour motoriser la 2000GT. Un bloc en fonte de Toyota Crown a servi de base à Yamaha qui a développé une culasse en aluminium à double arbres à came en tête et chambres hémisphériques. Yamaha avait une grande expérience des moteurs de compétition mais n’avait jamais construit de moteur 4 temps. Il en résulte un 6 cylindres en ligne souple et onctueux. Alimenté par trois carburateurs Mikuni-Solex, il développe 150 ch à 6 600 tr/min pour un couple maximum de 18 mkg à 5 000 tr/min.

Un embrayage monodisque sec supporte une boîte de vitesses à 5 rapports tous synchronisés. Une boîte automatique est proposée en option dès 1969, mais seule une poignée d’exemplaires en sont équipés. Seulement 60 cm séparent la boîte du pont arrière à glissement limité.

Habitacle[modifier | modifier le code]

Contrairement à l’extérieur de la voiture qui est résolument moderne, l’intérieur a été voulu plus conservateur. L’habitacle peut recevoir deux personnes confortablement. Yamaha a fourni le bois utilisé pour ses pianos pour façonner le tableau de bord et le volant. Une série de cadrans ronds cerclés de chrome donnent toutes les indications nécessaires au conducteur. Les sièges types baquets sont recouverts de simili cuir de qualité. Le volant à trois branches est réglable en profondeur. Le frein à main se trouve au tableau de bord, à côté du court levier de vitesse. Une radio à recherche de postes automatique est montée d’origine, ainsi qu'une montre et un chronomètre. Chaque portière est munie d’un cendrier et d’un allume-cigare.

Performances[modifier | modifier le code]

Remise dans son contexte d’époque, la 2000GT ne possède pas des performances extraordinaires mais entre incontestablement dans la catégorie des voitures de sport. Avec un vitesse de pointe de 220 km/h (réels), elle se place au niveau d’une Porsche 911 ou d’une Chevrolet Corvette. L’accélération de 0 à 100 km/h se réalise en 9 secondes et le kilomètre départ arrêté ne prend que 29,1 secondes. Ces données sont plus que respectable pour un moteur de 2 l.

Records de vitesse[modifier | modifier le code]

En octobre 1966, une Toyota 2000GT préparée par l’usine bat 10 records internationaux et 3 records mondiaux de vitesse. C’est sur le circuit de Yatabe, au Japon, sous une météo exécrable que la voiture roule 3 jours durant maintenant une moyenne supérieure à 200 km/h.

Participation en compétition[modifier | modifier le code]

Conçue pour pouvoir être utilisée en compétition, la 2000GT participe aux courses d’endurances japonaises de 1966 à 1967. Elle remporte premièrement les 1000km de Suzuka 1966 puis les 500km de Suzuka 1967. Au 24H de Fuji 1967, c’est un doublé gagnant. La 2000GT gagne encore les 1000km de Fuji 1967. Sa carrière se termine déjà au profit de la nouvelle Toyota 7, automobile conçue spécifiquement pour les courses d’endurance et de Can-Am.

Deux exemplaires sont engagés en compétition SCCA (Sports Car Club of America) aux États-Unis par la fameuse écurie de Carroll Shelby. Elles participent à la saison 1968 en classe C-Production. Les pilotes américains Scooter Patrick et Davey Jordan mènent les Toyota à la victoire dans trois courses sur les 14 où elles participent. Au classement final, elles terminent en deuxième place derrière Porsche. Ce résultat est impressionnant pour une première participation. Malheureusement le contrat ne sera pas reconduit par Toyota pour l’année suivante.

Apparition au cinéma[modifier | modifier le code]

James Bond[modifier | modifier le code]

Le célèbre agent secret britannique de fiction se rend au Japon pour le film « On ne vit que deux fois » (1967). Durant son périple il est sauvé des attaques du Spectre par l’agent des services secrets japonais Aki qui conduit une Toyota 2000 GT. La particularité de cette auto est qu’elle est en version découvrable. L’acteur Sean Connery avait un peu de peine à s’introduire dans l’habitacle exigu de la 2000GT. De plus, pour réaliser des prises de vues « en roulant », il n'y avait pas de place pour une caméra. La production a donc demandé à Toyota s'il était possible de construire un spider. Toyota, voyant là un coup de publicité bienvenu, s'exécuta sur le champ et fabriqua deux spiders pour les besoins du film. Ce sont deux coupés de série qui ont été transformés en spiders. Le toit coupé, le pare brise est remplacé par un plexiglas. Les vitres latérales sont supprimées et un faux châssis tubulaire tient la partie arrière de la carrosserie. Il n'y a pas de capote, seule une fausse housse derrière les sièges en donne l'impression, c'était suffisant pour le film. Les roues à rayons des premiers prototypes sont utilisées. Quelques gadgets sont installés dans l'une des deux voiture par Sony. Un circuit fermé vidéo avec caméras à l'avant et à l'arrière est relié à une télévision couleur ainsi qu'à un mini magnétoscope. Une radio FM stéréo et un lecteur de cassettes font également partie de la panoplie. Aujourd'hui, il ne reste qu'un seul exemplaire subsistant, conservé au Musée Toyota au Japon.

Hairpin Circus[modifier | modifier le code]

Film Japonais de Kiyoshi Nishimura (1972). Sorte de road movie à la japonaise, l'histoire raconte la vie d'une bande de jeunes qui s'amuse la nuit à persécuter les automobilistes jusqu'à leur provoquer un accident. La bande est menée par une jolie demoiselle qui conduit une 2000GT jaune. Un ancien pilote de course converti en moniteur d'auto-école, rongé de remords suite à l'accident d'un de ses ami en compétition, tente de mettre fin aux agissements de la bande. Il se fait séduire par la jeune conductrice et se trouve dans un dilemme. Course automobile à Macao, poursuites dans les faubourgs de Tokyo, musique jazzy, l'ambiance est bien aux années 1970 avec son héros, sa romance et une fin tragique. La voiture est détruite dans le film.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une Toyota 2000 GT vendue 900 000 euros, Une Toyota 2000 GT vendue 900 000 euros aux enchères en 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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