Tout smouales étaient les Borogoves

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Tout smouales étaient les Borogoves
Publication
Auteur Lewis Padgett
Titre d'origine
Mimsy Were the Borogoves
Langue Anglais américain
Parution Drapeau : États-Unis 1943,
Astounding Science Fiction
Intrigue
Genre Science-fiction

Tout smouales étaient les Borogoves est une nouvelle de science-fiction des écrivains Henry Kuttner et Kathleen Moore, sous le pseudonyme de Lewis Padgett, parue en dans la revue Astounding Science Fiction. Elle a été traduite en français par Boris Vian et est parue dans sa version française en 1953 dans le Mercure de France[1].

Le titre original en anglais de la nouvelle est Mimsy Were the Borogoves. Ce titre énigmatique est tiré d'un vers du poème Jabberwocky [Note 1] de Lewis Caroll.

Résumé[modifier | modifier le code]

Plusieurs milliers d'années dans l'avenir, sur une autre planète que la Terre, un scientifique nommé Unthahorsten réalise des expériences afin de découvrir le moyen de voyager dans le temps. À cet effet, il envoie avec sa « chronomachine » deux boîtes dans le passé remplies des premiers objets qui lui tombent sous la main, à savoir des jouets éducatifs pour les enfants.

La première boîte arrive au milieu du XXe siècle et la seconde vers la seconde moitié du XIXe siècle. Aucune des deux boîtes ne revient à son point de départ. Pensant avoir échoué, Unthahorsten abandonne alors ses expériences. Il ignore qu'il vient de commettre une sérieuse bévue car, loin de se perdre, les jouets ont été trouvés par des enfants qui, à leur contact, commencent à développer de nouvelles capacités psychiques.

C'est le cas de Scott Paradine et sa sœur Emma au XXe siècle : les enfants découvrent fortuitement les objets découverts dans la boîte, jouent avec eux, tâtonnent pour découvrir les règles des jeux, et leur conscience se modifie. Ils ne raisonnent plus sur un mode « euclidien » et « cartésien », mais selon une autre forme de pensée, basée sur l'intuition et l'empirisme. Au début, les parents ne voient pas que les enfants jouent avec ces étranges jouets, mais lorsqu'ils découvrent leur existence et qu'ils en parlent à Holloway, un psychiatre de leurs amis, ils sont stupéfaits et prennent peur, à moins que ce soit l'ami psychiatre qui se trompe ? Quoi qu'il en soit, lorsque le père des enfants découvre que ces derniers développent un langage hermétique et qu'il se met à rechercher les jouets pour les détruire, les enfants ont disparu, emportés vers une autre dimension inaccessible aux adultes. Comme le disait Humpty-Dumpty dans Alice au pays des merveilles : ils se sont mis à « gyrer » et à « bilber »...

Un siècle plus tôt, une autre enfant a découvert la deuxième caisse de jouets : elle s'appelle Alice Liddell. Ici réside la clef de l'histoire : la jeune Alice (trop âgée, elle ne trouvera pas « le chemin ») dicte à son précepteur, Lewis Carroll, le poème Jabberwocky qui est en fait le code spatio-temporel permettant aux initiés de retrouver le temps d'origine . C'est en déchiffrant ce rébus dans le célèbre ouvrage « pour enfants » (en fait, sa suite, la Traversée du Miroir) que les enfants Paradine, conditionnés par les jouets éducatifs, vont disparaître de notre continuum, laissant leurs parents éplorés dans une tragédie sans recours possible... La récupération, dans une nouvelle du XXe siècle, du poème ésotérique de Lewis Carroll comme moteur de l'intrigue est à la fois un tour de force littéraire et un hommage inattendu au grand écrivain, expliquant la célébrité de ce conte que Boris Vian traduisit d'enthousiasme.

Publications et adaptations[modifier | modifier le code]

Publications en France[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle, traduite par Boris Vian, parue en 1953 dans le Mercure de France, a été reprise dans les anthologies suivantes :

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Adaptation à la télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Twas brillig, and the slithy toves
    Did gyre and gimble in the wabe ;
    All mimsy were the borogoves,
    And the mome raths outgrabe

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Gouanvic, « La traduction et le devenir social : le cas de l’irruption de la science-fiction américaine en France après la Seconde Guerre mondiale », Traduction, terminologie, rédaction, vol. 7, no 1,‎ , p. 131 et suivantes (DOI 10.7202/037171ar, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]