Toussaint Dubreuil

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Toussaint Dubreuil
Toussaint Dubreuil 001.jpg

La toilette de Hyante et Climène (détail), (fin du XVIe, huile sur toile, musée du Louvre).

Naissance
Décès
Activité

Toussaint Dubreuil (Paris, 1558 ou 1561 - Paris, 22 novembre 1602) fut le peintre d’Henri IV pour qui il réalisa avec son atelier de vastes campagnes de décors. Formé à Paris par Médéric Fréminet et, peut-être à Fontainebleau par les artistes italiens maniéristes comme Rugiero di Rugieri, et poursuivant d'abord une formation d'orfèvre, il devint avec Martin Fréminet et Ambroise Dubois l'un des promoteurs de la seconde école de Fontainebleau, expression française du maniérisme tardif.

Ses œuvres furent massivement détruites, et peu d'éléments de ses décors nous sont parvenus. Le Louvre en conserve cinq vestiges dont trois toiles issues du cycle de la Franciade, décors du château de Saint-Germain-en-Laye (détruit en 1777), illustrant le poème de Pierre de Ronsard.

Il exécuta notamment de grandes commandes royales au château de Fontainebleau, comme les décors du pavillon des poêles (avec des scènes de l'histoire d'Hercule, tel Le jeune Hercule apprenant à tirer à l'arc). Tous ses décors sont aujourd'hui presque entièrement détruits, hormis quelques fragments attribuables à Dubreuil.

Pour la petite galerie du palais du Louvre, il exécuta des portraits des prédécesseurs d'Henri IV (afin d'asseoir le pouvoir de celui-ci en tant que roi, et fondateur d'une nouvelle lignée). Les plafonds étaient quant à eux décorés de sujets allégoriques comme Jupiter écrasant les géants, et Hercule terrassant l'hydre de Lerne, le dieu et le héros prenant les traits du monarque lui-même.

Dubreuil a également fourni des cartons de tapisseries sur l'histoire de Diane, dont les œuvres tissées furent réalisées par la manufacture du faubourg Saint-Marcel à Paris. Elles sont aujourd'hui conservées au mobilier national, à Paris.

L'art de Dubreuil, bien que peintre français, allie aux inspirations maniéristes de la première école de Fontainebleau, une méticulosité dans la représentation et un goût des détails que l'on retrouve dans les écoles du Nord. S'il avait l'habitude de réaliser les "cartons" de ses compositions, il laissait à son atelier (composé notamment d'artistes nordiques) le soin de réaliser l'œuvre peinte.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La chapelle du château de Wideville[modifier | modifier le code]

Dubreuil et l'orfèvrerie : la masse de l'Ordre du Saint-Esprit[modifier | modifier le code]

François II Dujardin (orfèvre), Masse de l'Ordre du Saint-Esprit, 1584-1586, argent doré et émaillé, Paris, musée du Louvre

Le roi Henri III avait fondé le 31 décembre 1578 l'Ordre du Saint-Esprit, destiné à rapprocher la grande noblesse française du roi (et contrer ainsi l'ascension de la famille de Guise) autour d'un Ordre de chevalerie prestigieux, l'Ordre de Saint-Michel fondé près d'un siècle plus tôt ayant beaucoup perdu de sa valeur. Des pièces d'orfèvrerie sont prélevées dans les collections royales pour constituer le trésor de l'Ordre, et l'on commande dans le même temps de nouvelles pièces, créées entre 1579 et 1585. Henri III commande dix objets en argent doré, dont une grande masse, portée par le maître de cérémonie de l'Ordre.

Toussaint Dubreuil donne les dessins pour les quatre compositions en bas-relief d'orfèvrerie ornant les quatre faces de la masse : le Serment d'un nouveau chevalier lors de sa réception, la Procession de l'Ordre vers l'église des Grands Augustins, La communion des chevaliers lors de la messe, et le Banquet de l'Ordre du Saint-Esprit. Tous les dessins sont aujourd'hui conservés au musée du Louvre. Benoît Milon ayant été nommé intendant de l'Ordre en 1580, et connaissant Toussaint Dubreuil pour lui avoir passé commande des décors de sa chapelle à Wideville, il a peut-être favorisé sa sélection pour les décors de la masse, et peut-être d'autres objets d'orfèvrerie commandés par le roi.

La masse, livrée au trésor de l'Ordre au début de l'année 1586, est conservée au musée du Louvre à Paris.

Les décors du pavillon des Poëles à Fontainebleau[modifier | modifier le code]

Le Cycle de la Franciade à Saint-Germain-en-Laye[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une soixantaine de toiles, commandée par Henri IV entre 1594 et 1602, pour le Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye. Il y figurait l'épopée de Francus, troyen ancêtre des Francs, d'après La Franciade de Pierre de Ronsard (1572). Hyante et Climène sont les deux filles d'un roi de Crète qui secourut Francus après un naufrage[1].

  • La Toilette de Hyante et Climène, huile sur toile, 107 × 97 cm, Paris, musée du Louvre
  • Hyante et Climène offrant un sacrifice à Vénus, huile sur toile, 190 × 140 cm, Paris, musée du Louvre
  • Hyante saluée par Francus, dite aussi Adieu d'un guerrier à une reine, ou Tancrède et Herminie, huile sur toile, Fontainebleau, musée national du château
  • Dicé offre un banquet à Francus, huile sur toile, Paris, musée du Louvre

Le décor de la Petite Galerie du Louvre[modifier | modifier le code]

Dubreuil et la tapisserie[modifier | modifier le code]

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

La montée au Calvaire de Toussaint Dubreuil, musée national de la Renaissance, Ecouen.
Portrait d'Henri IV en Hercule terrassant l'hydre de Lerne, vers 1600, Paris, musée du Louvre.
  • La montée au Calvaire, fin du XVIe siècle, peinture sur toile, musée national de la Renaissance, Ecouen. Cette œuvre témoigne de l'activité du peintre dans le domaine des scènes religieuses. Il s'agit de la scène de la Crucifixion. Les multiples plans donnent au tableau une théâtralité renforcée par la vivacité des coloris choisis par Toussaint Dubreuil. Enfin, cette œuvre s'inscrit dans le style maniériste.
  • Cybèle éveillant le sommeil, dite aussi La Terre réveillant Morphée, avant 1602, huile sur toile, Fontainebleau, musée national du château
  • Le jeune Hercule apprenant à tirer à l'arc (attribution), huile sur toile, Fontainebleau, musée national du château
  • Angélique et Médor, Paris, musée du Louvre
  • Portrait d'Henri IV en Hercule terrassant l'hydre de Lerne, vers 1600, Paris, musée du Louvre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions, , 576 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 93

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cécile Scaillierez, « "Le mensonger et l'impudique". À propos d'un singulier portrait d'Henri IV peint dans l'entourage de Toussaint Dubreuil » dans Revue du Louvre, 2003-I, pp.37-47.
  • Cécile Scaillierez, « Une peinture de l'invention de Toussaint Dubreuil », dans Actes du Colloque de Fontainebleau : Avènement d'Henri IV, quatrième centenaire, 1990, pp.302-311.
  • Sylvie Béguin, « Toussaint Dubreuil, premier peintre de Henri IV » dans Art de France, 4, 1964, pp.86-107.
  • Dominique Cordellier, « Dubreuil, peintre de La Franciade de Ronsard au Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye », La revue du Louvre et des Musées de France, 1985, n°5-6, p. 357-378.
  • Dominique Cordellier, « Toussaint Dubreuil, singulier en son art », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, [1985], Paris, 1987, p. 7-33.
  • Dominique Cordellier, « Le peintre et le poète », dans cat. exp. De Nicolo dell’Abate à Nicolas Poussin : aux sources du classicisme, 1550-1650, Meaux, 1988-1989 (2e éd. corrigée, 1989).
  • Dominique Cordellier, « Un modèle de Dubreuil pour les portraits de la Petite Galerie du Louvre », Revue du Louvre et des Musées de France, 1990, no 6, p. 484-488.
  • Dominique Cordellier, « Quelques feuilles de Toussaint Dubreuil », Peintures et dessins en France et en Italie (XVIIe-XVIIIe siècles), Mélanges en hommage à Pierre Rosenberg, Paris, 2001, p. 159-167.
  • Dominique Cordellier, « Le décor intérieur de la Petite Galerie sous Henri IV : “la plus magnifique chose que l’on ait faite depuis que la terre est créée” », dans Geneviève Bresc-Bautier (éd.), La Galerie d’Apollon au palais du Louvre, Paris, 2004, p. 32-38.
  • Dominique Cordellier, Toussaint Dubreuil (Louvre, Cabinet des Dessins, 20), Paris, Éditions du Louvre, Milan, 5 continents, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]