Tours Aillaud

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Tours Aillaud
Tours Nuage par Aillaud.JPG
Tours Aillaud vues du Parc départemental André-Malraux
Histoire
Architecte
Ingénieur
Ashton Azaïs
Construction
Usage
Résidentiel
Architecture
Statut patrimonial
Hauteur du toit
105 m (tours B1 et B2)
Surface
Étages
39 (tours B1 et B2)
20 (tours 1, C2, C3, C4, C5, C6 et C7)
13 (tours 2 à 10)
Nombre dʼascenseurs
Localisation
Adresse
Coordonnées
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Les tours Aillaud (ou tours Nuages) sont un ensemble immobilier situé à Nanterre, dans le quartier Pablo-Picasso[1], dans la banlieue de Paris, en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Construites entre 1973 et 1981 sur les plans d'Émile Aillaud en collaboration avec l'ingénieur Ashton Azaïs et l'entreprise Proco [1], les tours Aillaud sont composées de 18 tours d'habitation édifiées en deux phases de construction: dans un premier temps deux tours de 38 étages (tours B1 et B2) avec six tours de 19 étages (tours C2, C3, C4, C5, C6 et C7), puis dans un second temps une tour de 19 étages (tour 1) et un ensemble de neuf tours de 8 à 12 étages (tours 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9), regroupant au total 1 607 appartements.

Leur forme inhabituelle en forme de trèfle ou de nuage est en réalité une savante combinaison de courbes et de lignes droites, identiques pour toutes les tours, et construite en élévation de béton armé par la technique dite du coffrage glissant.

Elles sont recouvertes de mosaïques de pâte de verre format 2 x 2 cm dont les dessins sont l'oeuvre d’Émile Aillaud et Fabio Rieti, artiste et gendre de l'architecte, qui évoquent tantôt des nuages, tantôt des arbres et le ciel.

Les différentes sculptures sont l’œuvre de Laurence Rieti, fille d’Émile Aillaud.

L'architecte rappelait dans son autobiographie parue en 1975 Désordre apparent, ordre caché [2], que « les bienfaits hygiéniques et économiques d'un certain fonctionnalisme une fois acquis, l'essentiel demeure de prendre possession poétiquement d'un lieu ».

Il est mentionné dans différentes sources que le président Valéry Giscard d'Estaing, découvrant les deux premières tours de cet ensemble de 18 bâtiments, aurait exigé une réduction de la hauteur des tours restant à construire[3],[4].

Le 16 décembre 2008, elles reçoivent le label Patrimoine du XXe siècle[1].

Description[modifier | modifier le code]

Chacune des tours est formée de plusieurs cylindres accolés, « brisant la traditionnelle orthogonalité des grands ensembles pour adopter des formes plus diverses. Les fenêtres, carrées, rondes ou en forme de goutte d'eau se veulent résolument poétiques »[5],[4].

« La forme des tours est assez souple et complexe pour que les bâtiments apparaissent comme des sculptures différentes les unes des autres. » [6]

« Les fenêtres sont conçues comme des perforations. Les unes sont carrées, les autres rondes, d'autres enfin, ont la forme d'une feuille. Elles sont disposées dans un apparent désordre, en réalité un hasard très combiné [...] conçues de façon qu'aucune fenêtre ne soit au-dessus de l'autre. » [2]

Les projets de coloration des tours de Émile Aillaud et Fabio Rieti se trouvent au Centre Pompidou [7].

« Loin d'être un coloriage de façades comme on en voit beaucoup s'exécuter depuis que la mode de la polychromie s'est répandue, c'est le paysage tout entier qui est coloré. [...] Entièrement recouverte de pâtes de verre de couleur, elles figureront un ciel avec des nuages, traversé de verdure. Elles sont traitées à la manière d'un paysage. Toutes ces tours seront différentes de façon que l'enfant sache, d'en bas, qu'il habite dans ce morceau de nuage ou dans ce bout de branche. » [2]

Les tours sont un exemple d'urbanisme sur dalle, les parkings étant situés sous la surface habitable[1]. Entre les tours passe « le Serpent », un chemin sinueux dessiné par Florence Rieti. Entre, de petites places font référence à l’œuvre de Picasso [1].

Les jardins sont de Michel Corajoud [1].

Le photographe Laurent Kroental a réalisé un ensemble de photographies depuis l'intérieur des logements de 2015 à 2018, Les Yeux des Tours [8]. « La série “Les Yeux des Tours” s’intitule ainsi car elle prolonge et met en scène le regard des habitants. Avec ce cadrage répétitif plaçant la fenêtre au centre de l’image, celle-ci se substitue à l’oeil des résidents. La vue extérieure apparaît comme un tableau accroché, comme un effet trompe-l’oeil. » [9].

Localisation[modifier | modifier le code]

Ces tours, exclusivement d'habitations, sont à proximité directe avec le centre-ville de Nanterre ainsi qu'avec le quartier d'affaires de La Défense[10],[4].

Évolutions[modifier | modifier le code]

Le coût d'entretien de ces bâtiments est un problème[3]. L'environnement a également fortement évolué.

Polémique[modifier | modifier le code]

Un projet de rénovation des Tours Aillaud est envisagé, avec destruction partielle afin d'adjoindre aux logements des bureaux, des commerces, et des hôtels [4],[11],[12].

Un concours de réhabilitation thermique et artistique a été lancé en 2017 par Hauts-de-Seine Habitat, à l'issue duquel l'agence d'architecture RVA a été désignée lauréate [13].

L'association Sites et Monuments par la voix de son administrateur Bernard Toulier déplore « un projet de promoteurs, alors qu'il faudrait que les pouvoirs publics soient à la manœuvre. Il y a des financements à prendre ici et là, alors on se plie aux volontés des acteurs privés. C'est dangereux »[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Notice no EA92000017, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a b et c Émile Aillaud, Sophie Lannes, Désordre apparent, ordre caché, Paris, Fayard, , 224 p. (ISBN 978-2-213-00264-4)
  3. a et b Jean-Pierre Dubois, « Le très coûteux entretien des tours Nuages de Nanterre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. a b c et d Pierre Carrey, « Tours Nuages. A Nanterre, l'utopie fait les frais du profit », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. « Tours Aillaud », sur travel.sygic.com
  6. Émile Aillaud, Chanteloup-les-Vignes - La Noé, Paris, Fayard, , 189 p. (ISBN 978-2213006383), p. 29
  7. « Projet de coloration des tours », sur le site du Centre Beaubourg
  8. « Les Yeux des Tours » (consulté le 5 mars 2019)
  9. Mona Prudhomme, « La Terre vue des tours Nuages », Libération,‎ (lire en ligne)
  10. Jeanine Cornaille, « L’avenue Pablo-Picasso et les tours Aillaud », Histoire de Nanterre,‎ , p. 38-39 (lire en ligne)
  11. David Livois, « Nanterre : les tours Nuages vont changer de visage », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  12. Grégoire Alix, « A Nanterre, ciel d’orage sur les tours Nuages », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. « Tours Nuage - RVA » (consulté le 5 mars 2019)
  14. « Rénovation urbaine : les Tours Nuages à la croisée des vents », sur France Inter, (consulté le 5 mars 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]