Tour Vauban

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Tour Vauban
20100712 Tour Vauban - 4.jpg

La tour Vauban, appelée aussi « tour Dorée » en raison de son crépi orangé à base de briques pilées voulu par Vauban lui-même

Présentation
Type
Tour de défense côtière
Destination initiale
Destination actuelle
Style
Architecte
Construction
1693 - 1696
Hauteur
18 m
Propriétaire
Commune de Camaret
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Le SillonVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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La tour Vauban, initialement nommée tour de Camaret ou tour Dorée, est une tour polygonale défensive construite sur un plan directeur de Vauban et érigée sur le Sillon à Camaret-sur-Mer dont elle figure sur les armoiries. Elle constitue un des prototypes les mieux restaurés des forts à la mer à batterie basse et tour de gorge construits par Vauban, avec comme originalité l'enduit qui la recouvre, à base de brique pilée[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Projetée dès 1683, la tour est tracée en 1689 par Vauban. La construction de l'édifice, supervisée par l'ingénieur Jean-Pierre Traverse, débute en 1693 pour s'achever en 1696. Elle protège essentiellement les accès à la batterie, qui défend le mouillage, dont l'importance stratégique est capitale pour la sécurité de la rade. La tour casematée fait partie d'un vaste dispositif de défense : la batterie basse doit être dotée de onze pièces d'artillerie croisant leurs feux avec ceux de la pointe du Grand Gouin, des lignes primitives de Quélern et des nombreuses batteries côtières. La garnison comprend alors un lieutenant, un sergent et cinq hommes appuyés par des miliciens composés d'habitants de Camaret[2].

Lors de la bataille de Camaret le 18 juin 1694, les anglo-hollandais tentent un débarquement sur la plage de Trez-Rouz. Commandées par Vauban, les troupes françaises repoussent les assaillants, l'opération est un échec. Lors de l'attaque, la tour, dont le commandement est confié à Alexandre de Boulainvilliers, capitaine de galiote et d'artillerie, est encore en travaux. La batterie, en cours d'achèvement tout comme les deux corps de garde, n'est alors armée que de 9 canons de 24 livres de balle (boulets de 12 kg) et 3 mortiers de fer de 12 pouces. Cette victoire vaut à Camaret d'être exemptée de fouages jusqu'à la Révolution et d'hériter du titre de « gardienne du littoral armoricain »[3].

Jusque sous le second Empire, la tour Vauban conserve une fonction militaire. Bien que modernisée pour faire face à l'évolution de l'armement, elle n'est plus adaptée. Les ingénieurs militaires choisissent de construire en 1861 une batterie extérieure plus basse, de six mètres d'épaisseur, sous la forme d'un épaulement en ligne brisée vers la chapelle Notre-Dame de Rocamadour[4]. L'ancienne batterie et sa tour sont conservées comme réduit. La fortification est désaffectée à la fin du XIXe siècle et acquise par la municipalité de Camaret en 1904[5].

La tour Vauban fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [6].

Durant la première Guerre mondiale, elle sert de réservoir d’eau potable, et une base d'hydravions occupe l'emplacement de la batterie extérieure démantelée. En 1944, les habitants de la commune décident de mettre le feu à la tour, pour éviter qu’elle ne soit prise pour cible par l’aviation américaine qui bombardait alors tous les sites militaires de la côte atlantique. Une première restauration intervient en 1956 pour réparer les dégâts causés par cet incendie (toiture, enduit)[7].

Jusqu’en mai 1993, la Tour est gérée par le Musée de la Marine qui y a installé un petit musée où sont conservés des objets et documents concernant l'histoire de la marine en général, et l'histoire de Camaret en particulier. En 1993, la gestion est confiée à des associations qui assurent l’accueil du public et y organisent des expositions de juin à septembre, en lien avec Vauban, la défense du goulet de Brest, la tour.

Camaret-sur-Mer est membre de l'association de Villes Réseau des sites majeurs de Vauban. Depuis le 7 juillet 2008, douze sites, dont la tour Vauban, sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[8]. Dans ce cadre, la tour fait l'objet de campagnes de restauration en raison mauvais état général de l’édifice aggravé par le développement d’algues et lichens : réfection de l'enduit en 2007, restauration de l’escarpe et de la contrescarpe en 2009, restauration de la batterie, du four à boulet et du corps de garde à partir de 2011[9], restauration du pont-levis en 2014 et de l’intérieur de la tour en 2016. Enfin, la municipalité revoit l'offre touristique et scénographique en créant un centre d'interprétation de l'œuvre de Vauban en Bretagne qui vise à répondre au désintérêt manifesté par les visiteurs de la tour[10].

Architecture[modifier | modifier le code]

Construite à l'aide de matériaux extraits du port de Camaret (crépi rouge fait de sable de la grève, de chaux et de brique pilée rouge qui avec le temps a pris une couleur ocre), la tour hexagonale (plan carré à deux pans coupés flanquant la gorge) est haute de 18 mètres et comporte quatre nivaux (ou deux étage[11]) percés de créneaux de mousqueterie, du type « archère »[12]. Les deux premiers niveaux sont voûtés. C'est au second niveau que se trouvent l'entrée, à partir du terre-plein de la batterie, et le départ de l'escalier à vis, desservant les parties hautes et logé dans le saillant arrière. Le dernier niveau, planchéié et ceinturé d'un parapet percé de créneaux de mousqueterie, est couvert d'une toiture ardoisée à six pans[13].
La tour est flanquée de murailles, d'un corps de garde et d'une batterie basse semi-circulaire surmontée d'un parapet muni de onze embrasures d'artillerie et qui contenait 11 canons ainsi qu'un four à boulets (un des neufs exemplaires encore sur pied). On peut observer que les deux branches du front de gorge sont creuses et munies d'une galerie de fusillade, et celle de droite porte en crête une embrasure à canon, tirant à revers. L'édifice est baptisé dès l'origine « Tour Dorée » en raison de l'enduit orangé qui en recouvre le parement et réchauffe le gris des chaînages de granit[14].

Le four à boulets a été construit lors de la période révolutionnaire, remplaçant un des deux corps de garde. L'édifice a alors plusieurs fonctions : tour de guet, magasin à poudre, logement de garnison[15].

Galerie[modifier | modifier le code]

Ouvrages liés à la Tour Vauban[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Truttmann, Les derniers châteaux forts: les prolongements de la fortification médiévale en France (1634-1914), G. Klopp, , p. 81.
  2. Vauban et ses successeurs dans les ports du ponant et du levant, Association Vauban, , p. 121.
  3. Jean Peter, Vauban et Brest: une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704, Institut de stratégie comparée, , p. 265.
  4. Seul subsiste un mur de soutènement
  5. Guillaume Lécuillier, La route des fortifications en Bretagne Normandie, Huitième jour, , p. 45.
  6. « Tour Vauban », notice no PA00089855, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. « Camaret-sur-Mer. Les travaux de la tour Vauban touchent à leur fin ! », sur ouest-france.fr, .
  8. Descriptif UNESCO
  9. GEO N°400 de juin 2012 p. 139
  10. « Camaret-sur-Mer. La Tour Vauban », sur camaretsurmer-tourisme.fr, .
  11. Le premier niveau correspond à un sous-sol fermé au public, le second à un rez-de-chaussée, lequel est surmonté de deux étages.
  12. La Tour Vauban , dessin de Lionel Duigou
  13. Philippe Truttmann, Les derniers châteaux forts: les prolongements de la fortification médiévale en France (1634-1914), G. Klopp, , p. 80.
  14. Robert Bornecque, La France de Vauban, Arthaud, , p. 46.
  15. Dossiers électroniques de l'Inventaire général, Bretagne. Le four à boulets
  16. Douve creusée dans les galets, se remplissant d'eau à chaque marée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]