Tour Occitanie

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Tour Occitanie
Allées Jean Jaurès et Médiathèque José Cabanis.jpg
Site du projet de la Tour Occitanie (dont la construction est envisagée dans la trouée entre les deux grands immeubles en haut à gauche).
Histoire
Nom(s) Alternatif(s)
Occitanie Tower
Architecte
Daniel Libeskind
Khardam Cardete Huet
Construction
2019-2022 (prévision initiale)
Coût
130 millions d'€
Statut
Projet en cours / recours juridique en instruction
Usage
Bureaux
Logements
Hôtel
Commerces
Restaurants
Architecture
Style
Hauteur
Toit : 153,5 mètres
Surface
30 000 m2
Étages
40
Administration
Propriétaire
Compagnie de Phalsbourg
Site web
Localisation
Pays
Ville
Quartier
Adresse
Coordonnées
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La Tour Occitanie est un projet de gratte-ciel de 40 étages et 153,5 mètres[1] de haut, situé dans le futur centre d'affaires Grand Matabiau à Toulouse, en France.

Initialement prévu pour une livraison en 2021 ou 2022[2], le projet est à ce jour () au point mort[3], à la suite des recours déposé, de la crise économique[4] et de la hausse du coût des matières[5].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le projet de la Tour Occitanie est un bâtiment de 153,5 mètres de haut et 40 étages d’une surface totale de plancher de 30 000 m2 sur une parcelle de 2 200 m2. Les façades de la tour sont en verre, avec une succession de terrasses à chaque étage qui forment un ruban végétal s'enroulant autour de l'immeuble. La végétalisation de la tour est prévue, pour « dialoguer » avec le Canal du Midi. La tour est prévue pour accueillir 11 000 m2 de bureaux, 100 à 120 logements, un hôtel Hilton, un restaurant-bar panoramique ainsi que 2 000 m2 de commerces dans le socle de la tour. Son implantation domine le haut des allées Jean-Jaurès, et surplombe le Canal du Midi, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le projet de gare LGV de Matabiau et le nouveau centre d'affaires Grand Matabiau (anciennement Toulouse Euro Sud-Ouest) avec l’ambition d’en devenir le signal et la porte d’entrée.

Initialement prévue pour 2021-2022[2],[6], les travaux n’ont à ce jour () pas commencé et aucune date d’achèvement n’est plus avancée.

En raison de sa taille spécifique, le bâtiment doit répondre à la réglementation française concernant un immeuble de grande hauteur (IGH) définie par le Code de la construction et de l'habitation français, dans le but d'assurer (ou de faciliter) la sécurité des personnes contre les risques d'incendie et de panique dans de type d'immeubles et concerne en particulier l'évacuation, la propagation du feu, la détection, la fumée et le voisinage[7].

À la suite de l'enquête publique et aux réserves formulées par les commissaires enquêteurs les hauteurs de constructions des autres bâtiments du nouveau quartier sont limitées à 35 mètres[8].

Le projet[modifier | modifier le code]

Le projet est né à la suite d'un appel à projet de la SNCF, propriétaire du terrain, auprès de promoteurs-investisseurs pour la construction d'un bâtiment sur le site de l'ancien centre de tri postal, juste à côté de la gare de Toulouse-Matabiau[9]. Une récente modification du PLU a permis de proposer un bâtiment d’une hauteur de 150 mètres et cette tour a été la première opération immobilière envisagée dans le cadre du projet Grand Matabiau. Cet important projet urbain s'articule autour de la transformation de la gare de Toulouse-Matabiau en un véritable Pôle d'Échange Multimodal visant à rationaliser toutes les fonctions ferroviaires, faciliter les échanges entre les différents modes de transport (TGV, TER, métro, bus, voitures, cyclistes, piétons) et améliorer leur confort d'utilisation. La construction d’un nouveau bâtiment pour les voyageurs est envisagée, à proximité de Marengo, pour déplacer, recentrer et articuler les échanges de ce côté de la gare et permettre d'optimiser l’accès aux infrastructures, que ce soit à pied (construction de passerelles engazonnées en direction de Raynal et Jean-Jaurès), à vélo (réalisation de parkings dédiés), en voiture (amélioration des accès routiers, déplacement du parking actuel côté Périole), en taxi (réalisation d'une station sur ce même côté), et bien sûr, en transports en commun. L'aménagement d'une nouvelle ligne de tramway, mais aussi d'une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) initialement envisagés sont abandonnés depuis le changement de municipalité. En revanche le projet de réalisation d'une 3e ligne de métro Toulouse Aerospace Express, desservant les principaux pôles d'activité de la Métropole et passant par la gare Matabiau est validé depuis et programmée pour une ouverture fin 2024. Deux stations de métro desserviront le Pôle à Raynal et à Marengo – SNCF en croisant la ligne A[10],[11] au niveau de Marengo à proximité de la Tour d'Occitanie.

C'est le projet du promoteur français La compagnie de Phalsbourg qui a été retenu. Il a fait appel à l’architecte polonais de renommée mondiale Daniel Libeskind, qui a conçu le Musée Royal d’Histoire Naturelle de Toronto, le Musée d’Art Moderne de Denver, le musée juif de Berlin ou encore le schéma directeur du nouveau World Trade Center de New York, associé au cabinet local Kardham Cardete Huet Architecture[2].

Soutiens au projet[modifier | modifier le code]

Selon les soutiens, de nombreuses personnes ont participé à la concertation TESO et demandé des grandes hauteurs notamment dans le projet de ZAC Euro-Sud-Ouest[12], mais également au rapport de la première modification du PLU où des citoyens ont émis le souhait d'une hauteur supérieure à 100m sur la parcelle de la tour d'Occitanie[13]. La contestation de non-concertation n'aurait donc pas lieu d'être car des citoyens se sont prononcés lors de procédures de concertation légales.

Selon eux, la tour aurait des vertus écologiques de par ses 35 000 m2 sur une emprise au sol de 2 000 m2 qui permettraient d'éviter l'étalement urbain en périphérie et la destruction de zones agricoles, ainsi que l'usage de l'automobile qui aurait pu en découler, car la proximité avec le pôle d'échange multimodal de Marengo et de la gare Matabiau devrait permettre de limiter le recours à l'automobile [réf. nécessaire].

Ils estiment que le projet et son positionnement sur le marché de l'immobilier de bureaux se situent dans la perspective du développement d'un quartier d'affaires dont aurait besoin Toulouse pour le développement de l'offre face à une forte demande dans le cœur de la métropole non-satisfaite aujourd'hui[14], et que les bureaux vacants en périphérie ne correspondraient pas à la demande des sociétés et entreprises voulant s'implanter ou se développer dans Toulouse du fait d'un manque de proximité avec les différents modes de transport en commun.

Du point de vue administratif, le projet a également obtenu l'accord de la Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture (CNPA) qui a délivré un avis favorable, un préalable obligatoire pour la délivrance du permis de construire. Les partisans du projet considèrent qu'il s'agit d'un gage de qualité architecturale et urbaine[15],[16],[9].

Oppositions et critiques du projet[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations estiment que ce projet de tour n’est pas acceptable en l’état, pour de multiples raisons, notamment écologiques, urbanistiques, patrimoniales, sociales, démocratiques, économiques et structurelles.

Ces associations ont déposé un recours gracieux commun[17],[18],[19].

Aspects écologiques[modifier | modifier le code]

  • Bien que décrite comme « verte », la tour est accusée d’être un non-sens écologique car potentiellement énergivore. La commission d'enquête publique dans sa conclusion a indiqué que les tours restaient des immeubles énergivores. [réf. nécessaire][20].
  • Bien que l’argumentaire pour décrire la tour comme vertueuse indique qu’elle ne dispose pas de parking et contribuera ainsi à réduire la circulation, dans les faits le réaménagement des « ramblas » Allées Jean-Jaurès aboutit à la réalisation d’un parking souterrain à 100 mètres du site de la tour dont il est difficile de ne pas voir qu’il se destine en grande part à ce nouveau bâtiment. À cela s’ajoute le parking sous-utilisé de Marengo qui ne manquera pas de trouver plus d’utilisateurs si la tour se construit.[non neutre] [réf. nécessaire]
  • La végétalisation de l’immeuble est suspectée de ne pas être viable dans le temps [réf. nécessaire]. La commission d'enquête publique a pointé la forte consommation d'eau potable nécessaire à la végétalisation, soit 2300 m3 par an, ainsi que la nécessité d'assurer un suivi scientifique des plantations pour étudier les impacts positifs et négatifs à 3,6 et 9 ans[21].
  • La tour pourrait présenter un danger pour les oiseaux[22].

Aspects urbanistiques et patrimoniaux[modifier | modifier le code]

  • L’argument de la densification semble abusif[non neutre] car cette tour ne comportera que des appartements de luxe, un hôtel de luxe, des bureaux et des commerces [réf. nécessaire].
  • Le projet pourrait avoir un impact négatif sur le paysage urbain car il s’insert dans une environnement de constructions de hauteur très modeste et le PLU est pointé pour avoir été modifié opportunément et abusivement [réf. nécessaire].
  • D’autre part car il jouxte directement deux sites classés, aux monuments historiques et au patrimoine mondial (Gare de Toulouse Matabiau et Canal du Midi) qu’elle risque de dénaturer [réf. nécessaire].

Aspects sociaux[modifier | modifier le code]

  • Sont pointés l'absence de logements sociaux dans la tour et le phénomène de gentrification qu'elle pourrait engendrer, notamment par la présence de logements de luxe et d'un hôtel Hilton entre autres[23].

Aspects démocratiques[modifier | modifier le code]

  • L'absence de concertation publique spécifique au projet est pointée [réf. nécessaire].
  • La modification du PLU est contesté [réf. nécessaire].
  • Des riverains s'inquiètent au sujet de l'ombrage du bâtiment et de sa réverbération qui pourrait priver certains quartiers d'ensoleillement pendant près d'une heure certains jours[24].

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

  • Des réserves sont émises, arguant d’un possible échec commercial, dû notamment aux nombreux immeubles de bureaux vacants de l'agglomération toulousaines[25].

Aspects structurels[modifier | modifier le code]

  • Le projet de tour a également été accusé de menacer le tunnel de la ligne A du métro avec ses fondations mais le promoteur et Tisséo Ingénierie ont indiqué avoir prévu de protéger le tunnel par deux parois moulées en béton[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Toulouse : le permis de construire de la (polémique) tour d'Occitanie bientôt signé », sur France 3 Occitanie (consulté le )
  2. a b et c Hélne Menal, « Toulouse: Cinq choses à savoir sur l’Occitanie Tower, le futur gratte-ciel », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Où en est-on du projet de construction de la Tour Occitanie à Toulouse ?
  4. Toulouse : malgré le soutien de la ministre, le projet de Tour Occitanie fait du surplace
  5. La Tour d’Occitanie est plus difficile à financer aujourd’hui, selon son promoteur
  6. Philippe Emery, « Découvrez en image le futur gratte-ciel de Toulouse », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. Articles R-146-1 à R-146-9 du Code de la construction et de l'habitation, en droit français
  8. La Rédaction, « Toulouse. Le projet Grand Matabiau, quais d'Oc déclaré d'utilité publique – ToulÉco », sur ToulÉco, (consulté le ).
  9. a et b Sylvie Roux, « Feu vert pour un gratte-ciel à Matabiau », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Toulouse EuroSudOuest », sur Toulouse Métropole (consulté le )
  11. « Voici le tracé de la troisième ligne de métro à Toulouse », Actu Toulouse,‎ (lire en ligne)
  12. « Concertation préalable : objectifs et modalités », sur Toulouse Euro-Sud-Ouest
  13. « PLU de Toulouse », Rapport du commissaire enquêteur, sur Toulouse Métropole, , p. 56
  14. Yann Legros, « Pourquoi l’arrivée d’un quartier d’affaires à Toulouse devient vitale ? », Blog Immobilier Toulouse,‎ (lire en ligne)
  15. Virginie Tsiao, « Avis favorable pour la Tour Occitanie, futur gratte-ciel de Toulouse », Toulouse Infos,‎ (Avis favorable pour la Tour Occitanie, futur gratte-ciel de Toulouse)
  16. Laurent Dubois, « Toulouse : première validation administrative pour la tour Occitanie », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne)
  17. Bernard Davodeau, « La Tour d'Occitanie plongera 10 000 Toulousains dans l'ombre », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  18. « Non au gratte-ciel de Toulouse-Collectif pour un urbanisme citoyen », sur HelloAsso
  19. Marie Martin, « Toulouse : trois associations déposent un recours contre la tour Occitanie », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne)
  20. Commission d’enquête indépendante désignée par le Tribunal administratif de Toulouse, « Enquête publique unique préalable aux opérations de restructuration et d’aménagement du secteur autour de la gare de Toulouse », Préfecture de la Haute-Garonne,‎ , p. 48 (lire en ligne [PDF])
  21. Commission d’enquête indépendante désignée par le Tribunal administratif de Toulouse, « Enquête publique unique préalable aux opérations de restructuration et d’aménagement du secteur autour de la gare de Toulouse », Préfecture de la Haute-Garonne,‎ , pages 48-50 (lire en ligne [PDF])
  22. https://urbanisme-bati-biodiversite.fr/biodiversite-en-ville/urbanisme-et-batiment/les-dangers-des-surfaces-vitrees/
  23. Philippe Emery, « Tour Occitanie à Toulouse : le permis de construire de la tour de 150 mètres de haut est déposé », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  24. « De l'ombre pour les habitants des Chalets », sur Quartier Chalets Roquelaine Toulouse, (consulté le ).
  25. Jean-Christophe Magnenet, « Bureaux vides à Toulouse : le grand gaspillage », Mediacités,‎ (lire en ligne)
  26. Philippe Emery, « La Tour Occitanie menace-t-elle vraiment le tunnel du métro ? », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]