Toulonjac

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Toulonjac
Toulonjac
Château de Toulonjac.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aveyron
Arrondissement Villefranche-de-Rouergue
Canton Villeneuvois et Villefranchois
Intercommunalité Communauté de communes du Grand Villefranchois
Maire
Mandat
Jean-Louis Alcouffe
2014-2020
Code postal 12200
Code commune 12281
Démographie
Gentilé Toulonjacois
Population
municipale
750 hab. (2015 en augmentation de 6,84 % par rapport à 2010)
Densité 103 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 22′ 57″ nord, 2° 00′ 05″ est
Altitude Min. 288 m
Max. 441 m
Superficie 7,25 km2
Localisation

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Clocher-porche de l'église de Toulonjac (Aveyron)

Toulonjac est une commune française située dans le département de l'Aveyron en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune de l'aire urbaine de Villefranche-de-Rouergue située dans son unité urbaine au nord-ouest de Villefranche-de-Rouergue.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Sainte-Croix Villeneuve Saint-Rémy Rose des vents
N
O    Toulonjac    E
S
Savignac Villefranche-de-Rouergue

Histoire[modifier | modifier le code]

Toulonjac a pour origine Tolomnius, nom d'origine latine. Il s'agit du nom du propriétaire d'une ancienne villa gallo-romaine. Dans ce cas, villa signifie domaine. Tolomnius suivi de acum qui se traduit par : propriété de Tolomnius. Le nom de nombreux villages de la région finissent en "ac" : Savignac, Cénac, Tizac, Rignac, Capdenac, Salvagnac, etc.

Dans notre région vivaient les Rutènes - latin Ruteni - peuple de la Gaule celtique. Leur territoire s'étendait sensiblement sur les actuels départements du Tarn et de l'Aveyron, délimité par le plateau de l'Aubrac au nord et les confins de la Montagne Noire au sud.

Les Rutènes exploitèrent un des plus importants centres de production de céramique sigillée, le site de La Graufesenque (Condatomagus), près de Millau.

Et comme tout le grand sud-ouest, au début du Ve siècle apr. J.-C., la région a été envahie par les Wisigoths, avec l'accord des Romains puis de leur propre autorité. Pendant plus de trois siècles, ils ont durablement imprégné la grande Aquitaine de leur civilisation. Dans le Rouergue, on rencontre des personnes dont le nom de famille se terminent par enc ou ic : ils sont les lointains descendants des Wisigoths.

Sous le règne des Carolingiens, à partir du IXe siècle, le christianisme a commencé à s'imposer comme religion officielle. Le Rouergue est érigé en Comté.

L'arrivée des Capétiens provoqua l'abandon de la vieille sénéchaussée de Najac, fidèle à la dynastie des Comtes de Toulouse, au profit d'une ville nouvelle : Villefranche de Rouergue. La capitale de la province ne fut transférée à Rodez, plus centrale, qu'à la Révolution.

Au Moyen-âge, la vie économique et sociale est organisée autour des nombreux monastères et ordres religieux locaux. Et c'est dans ce cadre qu'est construit le Prieuré de Toulonjac, lieu de vie de plusieurs religieux, subordonnés à une très riche abbaye de Moissac (Tarn et Garonne). Sous l'ancien régime, les paysans payaient la dîme (impôt versé aux religieux). Le taux était élevé dans le sud-ouest de la France, jusqu'au huitième de la récolte. En règle générale, 1/4 de la dîme revenait à l’évêché et les 3/4 restants à la paroisse. La plupart des terres agricoles de la région appartenait aux nombreux monastères situés à Villefranche de Rouergue. Et les monastères en percevaient un loyer qui, additionné à la dîme, laissait peu aux paysans.

La révolte des croquants en 1643 est une des conséquences de la pression fiscale et d’un appauvrissement général.

En juin 1643, à la mort de Louis XIII, les paysans du Rouergue, dits les croquants, se soulèvent. Les révoltés menés par Bernard Calmels, dit Lafourque investissent Marcillac, la révolte s'étend, ils sont 1200 ensuite à se rendre à Villefranche-de-Rouergue. Dirigés par le chirurgien Jean Petit et le maçon-aubergiste Guillaume Bras, ils contraignent l'intendant de Charreton à signer deux ordonnances, l'une donnant décharge des tailles de l'année pour tout le Rouergue, l'autre les ramenant au taux de 1618. Forts de cette réussite, les croquants reviennent au cœur de l'été, au nombre de 10 000, mettre le siège devant Villefranche, mais ils sont défaits par le gouverneur de la province. Les meneurs sont arrêtés. Jean Petit et Guillaume Bras sont roués vifs. Bernard Calmels parvient à s'échapper et se replie au château de Najac. Les troupes de Mazarin, menées par le comte de Noailles, gouverneur de Najac, reprennent Najac. Bernard Calmels et deux de ses lieutenants, Ferrier, et le tisserand Mathieu Vergnes, sont arrêtés, condamnés et roués vifs en octobre 1643. La tête de Bernard Calmels sera exposée au bout d'un pic sur une tour de Marcillac d'où était partie la révolte. Jean Petit cacha son testament qui fut retrouvé récemment. Ce document est exposé aujourd'hui dans le musée de Villefranche-de-Rouergue.

Politique et administration - Les Maires de Toulonjac[modifier | modifier le code]

dates identité
1793 à 1795 Joachim Laporte
1795 à 1796 Marmiesse
1796 à 1797 Cros, agent municipal
1798 à 1800 Joachim Laporte, agent municipal
1800 à 1802 Thomas Baptiste Cardonnel
1802 à 1810 Antoine Costes
1810 à 1835 Michel d'Ardenne
1835 à 1848 Jean César de Pomairol-Pujol
1848 à 1852 Antoine Desplos
1852 à 1870 Jean César de Pomairol-Pujol
1870 à 1871 Jules Foulquié
1871 à 1882 Armand César Cardonnel
1882 à 1892 Antoine Sicard
1892 à 1900 Jean Molinier
1900 à 1904 Jean-Pierre Salesses
1904 à 1908 Jules Milhac
1908 à 1935 Alfred Furbury
1935 à 1953 Alexandre Costes
1953 René Sonrel
1954 à 1959 Justin Bonnevialle
1959 à 1983 Jean-Marie Maurel
1983 à Jean-Louis Alcouffe

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[2].

En 2015, la commune comptait 750 habitants[Note 1], en augmentation de 6,84 % par rapport à 2010 (Aveyron : +0,85 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
216 372 1 245 1 335 1 292 1 295 1 263 1 292 492
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
452 451 452 485 465 401 381 403 361
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
345 341 329 330 305 295 301 239 257
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
237 328 442 531 668 642 691 698 705
2013 2015 - - - - - - -
735 750 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monument[modifier | modifier le code]

L'Église de Toulonjac[modifier | modifier le code]

Le clocher, comme celui de La Bastide l'Evêque, aurait été copié sur celui de la collégiale de Villefranche. L'évêque de Rodez, venu à Toulonjac ; a demandé que l'on construise un auvent à l'entrée de l'église pour accueillir les enfants que l'on venait présenter au baptême.

Les armoiries qui figurent à la clef de voûte de l’auvent étant celle de Valette-Toulonjac, il peut en découler que la construction du clocher a été réalisée après 1500. À la fin du XIXe siècle, M. Vincent Cibiel, député de Villefranche et généreux mécène, a financé la restauration de l’église et permis de mettre en valeur les belles nervures de ses arceaux de la voûte.

Dans les années 1970-1972, des paroissiens volontaires firent tomber le crépis grossier qui recouvrait les murs du chœur, de la nef et des chapelles. Dès le seuil franchi, beaucoup de visiteurs sont étonnés de trouver une voûte si basse. Les récents travaux effectués (pose du chauffage en octobre 1966 et restauration des murs en novembre 1970...) permettent d'en donner une certaine explication : l'église a dû connaître, à une certaine époque, sans doute la Guerre de Cent Ans, un terrible Incendie. Celui-ci provoqua la chute du plafond, et d'une bonne partie des murs. Les murs décrépis ont laissé apparaître du côté gauche en entrant des pierres rougies par les flammes. De plus lors de la pose des buses du chauffage, en retirant les dalles pour creuser une tranchée de 1,60m, on s'est aperçu qu'au-dessous, il n'y avait que du déblai et même au milieu de celui-ci on a retrouvé tout un amalgame de bronze fondu, prouvant l'intensité du brasier et provenant sans doute des cloches. On a découvert à cette profondeur des traces d'un dallage {carreaux de terre cuite de 20 x 21 x 7 ou de 23 x 23 x 6). Côté droit, on remarque les signes à moitié enterrés d'une ancienne ouverture.

À la suite de toutes ces découvertes, on peut supposer que l'église actuelle a été rebâtie sur l'ancienne en utilisant les pans de mur et les fondations qui restaient. En s'arrêtant à hauteur des chapelles, on remarque une autre transformation : l'église a été agrandie. Primitivement, elle se terminait à hauteur des marches du chœur actuel. L'autel se trouvait à l'emplacement de la bouche du chauffage et était éclairé par deux baies romanes en partie murées. En examinant les murs, on remarque la jonction de l'ancienne église avec le chœur actuel. Ce dernier a été diminué de trois mètres lors de la restauration. Les chapelles ont été voûtées avant l'église qui ne comportait qu'un plafond. Ces chapelles ont été construites bien après l'église primitive, souvent par des seigneurs ou des paroissiens fortunés.

Porte du Tabernacle. En bronze, elle est la réalisation de Fernand Brassac, illustre sculpteur de Villefranche de Rouergue. Ce qui apparaît en premier lieu, c'est le pain et le poisson qui nous font penser au grand miracle de Jésus, lors de la multiplication des pains. De plus,on découvre un arrondi au bas de la porte auquel s'ajoute un semblant de flots, le tout dominé par la croix : l'auteur a voulu ainsi mettre en lumière la monde racheté par le Christ.

Autel actuel La pierre provient de la carrière de Mauriac et a été taillée par la maison Vaissières de Villefranche de Rouergue. Les sculptures sont l'œuvre de Monsieur Hervé Vernhes, de Peyrusse le Roc. Elles s'inspirent de la phrase de l'anamnèse : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection...» L'auteur a gravé sur le côté du célébrant une belle Piéta et du côté des fidèles les disciples d'Emmaüs, étoffés de plusieurs symboles : l'offrande, les enfants, la vigne...

Ensemble Renaissance Lors de la restauration de l'église, le 1er décembre 1970, cet ensemble a retrouvé sa place initiale. A une certaine époque, le bas, qui peut être comparé à une petite armoire à colonnes, fut séparé de la coquille et placé dans le chœur, à l'emplacement du tabernacle actuel.

L'ancien autel de pierre (Chapelle Saint-Joseph) Découvert lors de l'installation du chauffage. Jusqu'à cette date (octobre 1966) il était utilisé comme une simple dalle. Les dimensions correspondent à celles de l'autel actuel qui avait été réalisé avant sa découverte... curieuse coïncidence!

Cuve réserve d'huile Dans la chapelle de laVierge, on remarque une cuve de pierre dont les rebords portent des traces noirâtres : à une certaine époque les familles se faisaient un devoir de fournir l'huile de noix nécessaire à l'alimentation de la lampe du Sanctuaire. Elles versaient leur offrande d'huile dans ce récipient qui constituait ainsi la réserve.

Les statues de la Vierge et de St-Jean Les statues de la Vierge des Douleurs et de Saint Jean, après avoir longtemps séjourné sous le porche de l'église, ont été placées dans leur niche respective au mois d'octobre de l'année 1691, de part et d'autre du vitrail central. À cette époque, les paroissiens estimaient que ces statues, placées sous le porche, attiraient la grêle. Lors de la restauration de l'église, elles ont été placées sur les colonnes à l'entrée du chœur en février 1971. « La Vierge des Douleurs du XVIIe siècle est enveloppée du grand manteau qui recouvre sa tête et s'étale en larges plis sur le sol. Cette statue est classée au titre des monuments historiques depuis le 8 mars 1988. «Saint Jean, debout, pieds nus, tient ses mains croisées avec une douleur résignée. Le visage, affadi par une restauration, a retrouvé ses cheveux ». Cette statue de la fin du XVe siècle, est classée au titre objet des monuments historiques depuis le 19 octobre 1942 Ces deux statues ont été restaurées en 1961, à l’occasion de l'exposition de Montauban. «Trésors d'Art Gothique »

Vierge du Rosaire Sculptée dans un tronc de noyer, cette statue remonte au XVIIIe siècle. Ce serait une Vierge de la Confrérie du Rosaire ; parfois au lieu d'une statue, on trouve une peinture représentant d'après la légende la Vierge Marie donnant le rosaire à St-Simon Stock, un carme irlandais ou écossais. D'ordinaire, lorsqu'elle est seule représentée, le serpent infernal cherche à mordre la Vierge au talon. Ici, il cherche à atteindre l'enfant puisque c'est le grand adversaire.

Porte murée. En levant les yeux, on est étonné de découvrir une pierre en saillie, ainsi que les traces d'une porte murée. Cette pierre est le signe de la présence dans un temps lointain d'une tribune. La porte murée donne accès sur une petite salle sise au-dessus de la chapelle de la Vierge. La balustrade actuelle des tribunes, en terre culte, a été réalisée en 1885.

Armes de la Valette-Toulonjac Les armes de la Valette-Toulonjac pourraient se blasonner ainsi : « Ecu de trois pals et à bordure chargée de 15 besants, au franc quartier en chef senestre de gueules au gerfaut d'argent, qui est de Valette, et au franc quartier dextre en pointe, qui est du même ». Antoine de la Valette, qui avait épousé en 1487, Bertrande de la Valette, fille unique de Pierre de la Valette, seigneur des Oliviers et co-seigneur de Ginouillac, fit son testament en 1517 et un codicille en 1518, fonda une chapellenie dans l'église de Toulonjac où il fut enterré. Les deux mariés étalent arrière petits cousins et les deux gerfauts pourraient marquer l'alliance des deux familles.

Armes des Rouget (Chapelle de la Vierge) Les armes des Rouget se blasonnent ainsi : « Ecartelé, aux 1 et 4 de gueules, au roc d'échiquier d'or, qui est de Rouget, aux 2 et 3 d'azur, à la rose d'argent boutonnée d'or, qui est de Guy ». Géraud de Rouget, fils de Jean de Rouget, 1er du nom, et de Yolande de Molières, religieux du monastère Saint-Sauveur de Figeac en 1421, était prieur de Toulonjac et de Mayrinhagues. C'est ce prieur qui fit graver les armes de sa maison à la clef de voûte de la chapelle Notre-Dame de l'église de Toulonjac.

Château de Toulonjac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Toulonjac.

Château du XVe siècle dont les façades et toitures, l'escalier à vis  Inscrit MH (1993)[7], ainsi que le salon du premier étage et ses papiers peints de 1840 sont  Inscrit MH (1995)[7].

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (oc + fr) Christian-Pierre Bedel (préf. Claude Penel), Vilafranca : Marcièl, Morlhon, La Roqueta, Savinhac, Tolonjac, Valhorlhas / Christian-Pierre Bedel e los estatjants del canton de Vilafranca, Rodez, Mission départementale de la culture, coll. « Al canton », , 475 p., ill., couv. ill. ; 28 cm (ISBN 2-907279-55-6, ISSN 1151-8375, notice BnF no FRBNF38977243)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]