Sagrestia Nuova

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Vue du chevet de la Sagrestia Nuova.
Tombe de Laurent, duc d'Urbin.
Tombe de Julien, duc de Nemours.

La Nouvelle Sacristie (Sagrestia Nuova) élaborée par Michel-Ange au XVIe siècle à l'intérieur des Chapelles des Médicis, un des éléments architecturaux de la basilique San Lorenzo de Florence. Elle comprend Les « tombeaux des Médicis ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce projet global de la Nouvelle Sacristie, a été commandité par les Médicis à Michel-Ange, et celui-ci, par ses voyages constants à Rome pour l'élaboration du Tombeau de Jules II, en a abandonné plusieurs fois la construction des différents éléments : Il y a travaillé de 1520 à 1527 (suspension pendant le sac de Rome) et de 1530 à 1534 (arrêt du chantier par le pape). Cet inaboutissement est notoire par les dessins préparatoires et études des projets qui nous sont parvenus[1].

Ainsi les seuls vrais tombeaux existants, sont ceux des ducs d'Urbin et de Nemours, respectivement Laurent et Julien, et s'ils ont été commencés par Michel-Ange, celui-ci abandonna plusieurs fois leur construction laissant des niches incomplètes, sans statues. Avec la précision macabre que celui de Laurent contient également le corps de son fils naturel Alexandre le Maure, despote mort assassiné en 1537 par Lorenzino de Médicis et dont la dépouille a été posée sur le corps même de son père.

Michel-Ange quittant Florence précipitamment à la suite de ces événements, laissa inachevée la chapelle la même année, et ne reviendra plus à Florence.

Les tombeaux des Médicis[modifier | modifier le code]

La tombe de Laurent le Magnifique et de son frère Julien de Médicis, distinctes des tombeaux de Laurent, duc d'Urbin et de Julien, duc de Nemours, est constitué d'un caisson de pierre (cassone), un simple sarcophage de pierre placé en regard de l'autel, complété d'un seul décor en marbre peu significatif de son talent (Vierge à l'Enfant) malgré ses 2,26 m et deux statues latérales représentant les saints Côme et Damien, dues à ses assistants dont Giovanni Angelo Montorsoli. Laurent le Magnifique et Julien de Médicis étaient les pères des commanditaires, les papes Léon X et Clément VII.

Tombeau de Julien, duc de Nemours[modifier | modifier le code]

Sous la statue figurée de Julien assis en empereur romain, le bâton de la Sainte-Église sur les genoux (puissance et capacité à agir), se tiennent, alanguies deux allégories, celles du Jour et la Nuit, posées sur le sarcophage. Elles devaient être complétées dans les niches latérales de nus.

Le Jour, en vieillard fatigué, a son visage à demi discernable, à moitié dégagé de la pierre[2].

La Nuit, les yeux clos, est accompagnée de ses figures emblématiques : un croissant de lune et une étoile en bandeau, un silex (qui donne le feu), un hibou, un masque tragique (de satyre ?), une guirlande de pavots sous le pied gauche.

Tombeau de Laurent, duc d'Urbin[modifier | modifier le code]

Nuit et Jour

Sous la statue figurée de Laurent assis et pensif, le coude reposant sur une chauve-souris, deux allégories, celles du Crépuscule et l'Aurore sont posées sur le sarcophage.

Comme pour l'autre tombeau, les allégories sont massives et leur musculature lourde indique que leurs modèles ont été masculins.

L'Aurore porte le voile, symbole de deuil, et en travers de la poitrine, le bandeau des esclaves et les membres du Crépuscule sont imprécis, car inachevés[2].

Toutes les statues ont les yeux vides, sans pupille ni iris, aveugles symbolisant le sommeil et l'oubli, l'impuissance face à la destinée.

Les assistants de Michel-Ange, Niccolo Tribolo et Raffaello da Montelupo, ont installé les statues sur les tombeaux. Les autres allégories figuratives (des fleuves) resteront en suspens, tout comme les fresques des lunettes.

Les regards des Médicis se portent vers la Vierge à l'Enfant, sur le mur opposé à l'autel. Elle devait être surmontée d'une fresque représentant la Résurrection (celle du Christ et aussi celles des Médicis dans la vie éternelle).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. trois études d'après Michel-Ange au département des arts graphiques du Musée du Louvre.
  2. a et b Non finito : Logique de l'Inachevé chez Michel-Ange.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Coughlan, Michel-Ange et son temps, Time Life, collection Le Monde des Arts, 1966, éd. Mondadori, imprimé à Vérone
  • (it) Sergio Ferro, Miche-Ange architecte et sculpteur de la chapelle Médicis, La Villette,

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Liens externes[modifier | modifier le code]