Tombeau des Rois

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Entrée ouest du Tombeau des Rois. XIXe siècle.

Le Tombeau des Rois (en hébreu : קברי המלכים, en arabe : قبور السلاطين) est un ensemble de tombes juives monumentales taillées dans le roc datant de la période du Second Temple. Le site est situé rue Saladin à Jérusalem, à 820 m au nord des murs de la vieille ville, près de la porte de Damas. Le site appartient au Domaine national français en Terre sainte depuis la fin du XIXe siècle.

Le monument présente un mausolée monolithe comprenant un escalier monumental, des bains rituels, une cour immense, un vestibule et des salles hypogées renfermant trente et une tombes. La grande taille du site a conduit à la croyance erronée que les tombes avaient été autrefois le lieu de sépulture des rois de Juda, d'où le nom de Tombeau des Rois, mais les tombes sont maintenant connues pour être le tombeau de la reine Hélène d'Adiabène, une région d'Assyrie[1], de Ben Kalba Savoua et de Nakdimon [Nicodème] ben Gorion, deux philanthropes très actifs à l'époque du Second Temple.

Le site appartient au domaine national français en Terre sainte depuis la fin du XIXe siècle.

Situation[modifier | modifier le code]

Le site est situé au centre de Jérusalem, dans la partie orientale de la ville, à la jonction de la route de Naplouse et de la rue Saladin. Sur la porte de la propriété est inscrit « Tombeau des Rois ». Il est tout proche du siège du British Council et à proximité se trouve la maison d'Orient datant du XIXe siècle, un bel exemple d'architecture vernaculaire islamique.

Description du site[modifier | modifier le code]

Le site peut dérouter le visiteur de prime abord puisqu'il ne comporte aucun bâtiment si ce n'est une petite maison, tout à gauche, à usage du personnel de sécurité (cette maison a été construite par une famille musulmane appelée Irhimeh « ارحيمه » qui l'habita jusqu'au milieu des années 1990). Une fois franchi le mur d'enceinte, le visiteur découvre donc un vaste terrain qui semble plat. Au premier plan une grande terrasse puis, à l'arrière-plan, un immense « trou ». Il s'agit de l'excavation de la cour principale du tombeau, située bien plus bas que l'actuel niveau de la rue. Deux escaliers permettent d'y accéder : l'un, antique et monumental, à droite ; et l'un, moderne et métallique, à gauche, réservé en cas de nécessité.

L'escalier, l'avant-cour et les bains rituels[modifier | modifier le code]

L'escalier monumental et les bains rituels.
Intérieur d'un des bains rituels.

Le parcours de visite emprunte, à droite, l'escalier monumental de 9 mètres de large, taillé dans le roc, qui conduit à une avant-cour. Les marches de l'escalier sont inégales ; elles rappellent les escaliers, par exemple, qui menaient au Second Temple de Jérusalem. Deux longs canaux, taillés dans l'épaisseur de la paroi rocheuse, à main droite, le long de l'escalier, recueillent les eaux de pluies (qui ruissellent le long de la paroi et, surtout, qui sont collectées depuis les marches de l'escalier par le biais d'un astucieux système de petites rigoles). Ces eaux pluviales alimentent , au bas de l'escalier, des citernes creusées dans la roche, à la manière de grottes, situées au même niveau que le tombeau voisin. Ces citernes forment des bains rituels qui permettaient aux visiteurs d'effectuer leurs ablutions, conformément aux rites de purifications du judaïsme. Ce système, toujours fonctionnel, respectait la tradition juive qui recommande que la première quantité d'eau déversée dans ces bains ne le soit pas de manière artificielle[2].

L'entrée dans la cour principale, où se situe le tombeau à proprement parler, se fait via un arc taillé dans le roc, à main gauche, en bas de l'escalier.

La cour principale et le tombeau[modifier | modifier le code]

La cour est vaste. Trois des quatre côtés sont de simples murailles de roche (l'une, percée de l'arc, permet de gagner l'escalier monumental). Le dernier côté est l'imposante façade du tombeau.

La façade du tombeau, une fois l'arc de l'avant-cour franchi.

Cette façade de 28 mètres était couronnée de trois pyramides qui n'existent plus, mais qui sont décrites par Flavius Josèphe et d'autres sources antiques. L'architrave était soutenue par deux piliers (deux fines colonnes métalliques depuis les restaurations de 2017), dont des fragments ont été retrouvés dans les fouilles.

Les tombes sont disposées sur deux niveaux autour d'une chambre centrale et se composent de trois grandes pièces. La chambre centrale est accessible depuis la cour par une antichambre qui descend dans un labyrinthe de chambres faiblement éclairées. L'accès de l'antichambre depuis la cour extérieure pouvait être fermé hermétiquement en roulant une lourde pierre ronde en travers. La pierre est demeurée in-situ. Au Ier siècle apr. J.-C., un « mécanisme secret », actionné par la pression de l'eau déplaçait la pierre. Probablement une petite quantité d'eau activait un système de contrepoids qui permettait d'ouvrir la tombe. C'est de ce mécanisme dont parlait Pausanias le Périégète au IIe siècle.

La pierre ronde qui permettait de fermer l'accès de l'antichambre, dont le mécanisme hydraulique fonctionnait encore au IIe siècle.

Deux des huit chambres funéraires disposent d'arcosolium, lieu de repos composé d'un banc coiffé d'une arche au-dessus de lui. Certains de ces arcosolium possèdent des niches triangulaires où des lampes à huile étaient placées pour donner de la lumière pendant l'inhumation et la préparation des corps.

Les deux types de tombes les plus courants du Ier siècle apr. J.-C. sont tous deux présents dans ce complexe funéraire.

Les tombes sont maintenant vides, mais abritaient, au moment des fouilles, un certain nombre de sarcophages. Ceux-ci ont été étudiés par une mission archéologique française dirigée par Félicien de Saulcy et par la suite emmenés au musée du Louvre.

L'un des sarcophages en pierre calcaire sobrement sculpté portait l'inscription Tzada Malchata (צדה מלכתה, Sadah reine ou Saddan reine), en araméen et syriaque. Ce sarcophage a été attribué à la reine Hélène. Les décorations et l'architecture du complexe funéraire sont séleucides, ce qui cadre avec cette identification.

Les chambres funéraires ne sont pas ouvertes à la visite.

Plan du tombeau.

Identification du site[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les historiens s'accordent pour dire que le tombeau est celui construit par Hélène, reine d'Adiabène (un royaume correspondant à peu près aux frontières des territoires kurdes aujourd'hui et situé entre l'Assyrie et l'Arménie). Au Ier siècle, cette région de l'Assyrie en Mésopotamie était un royaume vassal tantôt de l'Empire parthe, tantôt du royaume d'Arménie.

À la mort de Monobaze Ier (v. 30), la totalité des membres de la famille royale d'Adiabène (dynastie Monobaze) s'étaient convertis au judaïsme.

L'origine de l'identification de ce tombeau à celui d'Hélène d'Adiabène vient de Flavius Josèphe qui parle du tombeau dans lequel Monobaze a fait ensevelir son frère Izatès II et sa mère Hélène.

« Revenue en Adiabène, elle [Hélène] ne survécut guère à son fils lzatès. Monobaze envoya ses os et ceux de son frère à Jérusalem et les fit ensevelir dans les trois pyramides que sa mère avait fait construire à trois stades de la ville[3]. »

Dans la Guerre des Juifs contre les romains, Flavius Josèphe nous apprend que le « monument d'Hélène » était situé au nord de Jérusalem[4], ce qui correspond à l'emplacement du Tombeau des Rois. Deux autres passages des écrits de Flavius Josèphe aident à la localisation du tombeau d'Hélène (Guerre des Juifs, Livre V, III, 2-3) et un autre passage des Antiquités judaïques permet de mieux situer l'enceinte du mur d'Agrippa[5].

Le récit de Saint Jérôme qui décrit le parcours d'une certaine Paula venant de Jaffa et passant à proximité du tombeau d'Hélène en entrant à Jérusalem a aussi été utilisé pour cette localisation[6],[7].

Au Ier siècle, la reine Hélène est venue s'installer en Judée après la mort de son mari Monobaze Ier et l'intronisation de son fils Izatès II comme roi d'Adiabène. À ce moment-là, elle-même, le roi Izatès, ses six frères et toute leur famille se sont convertis au judaïsme[8]. Dans le Talmud, Hélène est souvent représentée accompagnée par ses fils, qui ont eux aussi vécu en Judée, Galilée et Samarie[9]. Flavius Josèphe indique explicitement que dans ce tombeau ont été inhumés Hélène et son fils, le roi Izatès II[10]. D'autres membres de la dynastie Monobaze y ont probablement aussi été inhumés.

La reine d'Adiabène et ses fils sont connus pour avoir soutenu les juifs de la région après leur conversion et pour y avoir résidé très régulièrement en étant présents assidûment lors des grandes fêtes religieuses. Hélène et ses fils ont aussi déployé d'énormes efforts pour approvisionner la région et sa population, lors d'une grande famine qui eut lieu vers 45. Des cadeaux somptueux fait par la famille au Temple de Jérusalem sont aussi mentionnés dans le Talmud. Les fils d'Hélène, les rois Monobaze II et Izatès III, sont aussi les seuls souverains de la région qui ont soutenu les révoltés juifs pendant la Première Guerre judéo-romaine (66-70).

Historique de la découverte[modifier | modifier le code]

Premières mentions historiques[modifier | modifier le code]

Après Flavius Josèphe, plusieurs autres sources antiques parlent de ce tombeau. Au IIe siècle, il a été décrit par le géographe grec Pausanias comme la deuxième plus belle tombe au monde, après le mausolée d'Halicarnasse, l'une des sept merveilles du monde antique. Pausanias parle d'un mécanisme secret qui permet d'ouvrir ce tombeau[11].

Au IVe siècle, Eusèbe qui fut l'évêque de Césarée en Samarie pendant trente ans écrit :

« On trouve encore aujourd'hui des stèles remarquables de cette Hélène dont parle Josèphe, dans les faubourgs de la ville qui porte aujourd'hui le nom d'Ælia (les Romains avaient rebaptisé Jérusalem en Ælia Capitolina). Il y est dit qu'elle a régné sur la nation des Adiabéniens[12]. »

Les stèles dont parle Eusèbe sont probablement les trois pyramides qui étaient construites au-dessus du tombeau et qui ont aujourd'hui disparu.

Saint Jérôme (IVe siècle) qui vécut lui aussi plus de trente ans dans la région et par la suite d'autres auteurs comme Léroubna d'Édesse[13] (entre le Ier et le Ve siècle) ou Moïse de Khorène (qui avait visité Jérusalem vers le VIIe siècle), parlent eux aussi de ce tombeau comme s'il était toujours apparent et l'attribuent toujours à la reine Hélène, c'est donc plus tard que cette identification s'est perdue.

Au XIVe siècle, Marino Sanuto indique que le « Tombeau d'Hélène » se situe non loin de « l'église du Tombeau de la Vierge », alors que les deux sites sont distants de plus de 2 km.

Selon une tradition juive attestée au milieu du XVIIe siècle, il s'agirait du tombeau de Ben Kalba Savoua, qui selon des traditions contestées serait le père de Rachel, femme de Rabbi Akiva[14],[15]. Pour Robert Eisenman, la littérature juive associe ce tombeau et Ben Kalba Savoua[15]. Une autre tradition, rapportée au nom d'Isaac Louria, attribue la tombe à Nakdimon [Nicodème] ben Gorion, qui faisait partie, avec Ben Kalba Savoua, des trois hommes les plus riches de Jérusalem à l'époque de Vespasien[16].

En 1811, Chateaubriand parvient à identifier ce Tombeau des rois avec celui de la reine d'Adiabène grâce aux textes de Flavius Josèphe et de Pausanias dans son livre Itinéraire de Paris à Jérusalem[17].

Une légende ancienne prétendant que le tombeau abritait un trésor, le gouverneur ottoman de Jérusalem entreprit des fouilles en 1847 qui ne donnèrent rien mais qui endommagèrent beaucoup le site.

Le rôle déterminant de Félicien de Saulcy[modifier | modifier le code]

Le Tombeau des Rois entre 1890 et 1900.

Au XIXe siècle, lorsque des archéologues ont commencé à s'intéresser au lieu, le site était appelé Tombeau des Rois (Q'bour-el-Molouk ou Q'bour-es-Selathin)[18] par la population en général et tombe de Kalba Savoua par la population juive. Des sondages et des fouilles ont été réalisés par des archéologues français, dont Félicien de Saulcy en 1851. Lorsqu'il rapporte au Louvre des fragments de sarcophages qu'il considère comme provenant de la sépulture des rois David et Salomon, c'est l'étonnement général. En effet, devant la monumentalité des installations funéraires, Saulcy est d’abord persuadé qu’elles hébergeaient les sépultures des grands rois de la Bible. Il effectua même un rapport en ce sens devant l'Académie des inscriptions et belles-lettres[19]. Mais cette hypothétique identification peu vraisemblable tant sur le plan stylistique que sur celui de la datation, fut rapidement écartée, pour adopter le point de vue d'Edward Robinson qui le premier avait identifié le site comme le tombeau d'Hélène d'Adiabène. Le lieu n’en conserva pas moins le nom de « Tombeau des Rois ».

Le sarcophage d'Hélène d'Adiabène avec au centre l’inscription Saddan reine et Saddah reine.

Toutefois, Saulcy, pour faire taire ses détracteurs, reprend des fouilles en 1863 car, dès sa première visite, il avait noté la présence de trois couvercles de sarcophage. Lors de la campagne de fouilles de 1863 fut notamment découvert un sarcophage portant l'inscription Tzada Malchata. Il a été identifié comme étant celui de la reine Hélène d'Adiabène et transféré au musée du Louvre, avec l'accord des autorités archéologiques ottomanes. Saulcy n'admit cependant jamais ces conclusions, pourtant largement partagée par la communauté scientifique de l'époque.

Une autre campagne de fouilles eut lieu en 1867 sous la direction de Charles Clermont-Ganneau.

L'achat du site par les Frères Pereire et le don à la France[modifier | modifier le code]

En 1864, les frères Pereire, célèbres banquiers du Second Empire, entament des négociations pour acheter le site sur les recommandations de Félicien de Saulcy. La famille Pereire achète finalement le site en 1878 « pour le conserver à la science et à la vénération des fidèles enfants d'Israël ». Le titre de propriété est établi au nom de Salvator Patrimonio, consul de France à Jérusalem de 1873 à 1881. Le site est donné à la France en 1886[20]. Du fait de la législation ottomane qui ne connaît pas la personne morale, le site ne fut pas donné à la France, mais directement au consul de France à Jérusalem. Le site est l'un des quatre territoires français de Jérusalem (les autres sont la basilique du Pater Noster (ou de l'Éléona) sur le mont des Oliviers, l'église Sainte-Anne de Jérusalem, et l'abbaye bénédictine d'Abou Gosh).

Restaurations récentes[modifier | modifier le code]

La République française a engagé depuis 2007 d'importants travaux de restauration et de sécurisation du site.

En 2007 et 2008 sont menées des études documentaires et historiques. Des fouilles archéologiques suivent en 2008-2009 par l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, sous la direction de Jean-Baptiste Humbert, confirmant que le tombeau n'a jamais été achevé et qu'il convient mieux par son ampleur, à l'ambition d'Agrippa 1er qu'à la reine d'Adiabène, qui aurait récupéré un projet en déshérence (après la mort prématurée d'Agrippa 1er)[21]. On ne sait pas exactement où se trouvaient les mausolées (ou les pyramides) qui marquaient, selon Flavius Josèphe, l’emplacement du tombeau[22]. La plupart des restitutions proposent de les situer à l’ouest de la cour, au-dessus du vestibule[23]. Des fouilles menées en 2012 par Jean-Sylvain Caillou (École biblique et archéologique française) ont tenté de vérifier une autre hypothèse[22]. Il s’agissait « de vérifier si les traces de ces édifices étaient conservées au nord de la grande cour, dans l’axe du porche cintré y donnant accès[22]. » Ces fouilles ont montré que cette hypothèse n'était pas soutenable. En revanche, une monnaie datant de 54, retrouvée dans la couche de cailloutis qui a recouvert le sol d'une partie de la grande cour, irrégulier à cause des tranchées de havage et des blocs en attente, pour constituer un sol plan, est une précieuse indication pour dater l'arrêt des travaux[22]. Cette découverte est pleinement compatible avec la date de la mort d'Hélène d'Adiabène, donnée comme étant morte en 56-58[24]. Mais elle convient aussi pour la date de la disparition d'Agrippa 1er en 44.

En parallèle, des travaux sont menés sur le site : étanchéité au-dessus du vestibule (2009), rénovation de la façade monumentale (2012), structure métallique de soutien du vestibule (2017), accessibilité et embellissement du site (2018).

Traditions juives[modifier | modifier le code]

Une tombe supposée être celle de Kalba Savoua est soit ce Tombeau des Rois, soit située juste à côté[14] à environ un kilomètre au nord de Jérusalem. Les Juifs vénèrent grandement ce lieu. Cette vénération est mentionnée par Benjamin ben Eliya le karaïte, lors de son alya[25]. Naturellement, aucune des tombes retrouvées à l'endroit indiqué, ne porte le nom de [Ben] Kalba Savoua[26].

Une autre tradition, rapportée au nom d'Isaac Louria (XVIe siècle), attribua dans le même secteur une tombe à Nakdimon [Nicodème] ben Gourion. Ces deux traditions sont notables, car Nicodème et le fils de Kalba Savoua appelé Ben Kalba Savoua faisaient partie des trois hommes les plus riches de Jérusalem[27] à l'époque de Vespasien[16] (empereur de 69 à 79). Ces traditions pourraient indiquer que cette zone était particulièrement prisée par les citoyens les plus riches pour y installer leur sépulture.

Selon le traité Guittin (Mishna), Nakdimon ben Gourion et Ben Kalba Savoua et Ben Tzitzit haKesset possédaient dans leurs greniers, des réserves de nourriture qui auraient suffi pour soutenir un siège pendant vingt-et-un ans, mais, comme ils étaient en faveur de l'apaisement avec la puissance romaine, leurs réserves de grains, d'huile et de bois auraient été brûlées par les Zélotes. Jérusalem aurait alors connu une terrible famine[28].

Le Midrash, pour sa part, parle abondamment des citernes de Nakdimon ben Gourion, destinées à abreuver la masse des pèlerins qui envahissaient Jérusalem à l'occasion des trois fêtes.

À la fin du XIXe siècle, le site fut l'objet de dévotions de la part des juifs de Jérusalem, pendant les fêtes de Pessah et de Hanoucca.[réf. nécessaire]

Depuis septembre 2018, des rabbins israéliens de la mouvance ultra-orthodoxe organisent des manifestations sous forme de prières devant les grilles du Tombeau des Rois. En 2019, une association cultuelle juive a engagé une procédure judiciaire pour assigner le Quai d'Orsay et le Consulat de France à Jérusalem devant le tribunal : elle revendique la propriété du monument[29],[30].

Après 10 ans de fermeture et un million d'euros de travaux, la France rouvre le 27 juin 2019 le site à la visite payante de personnes préalablement enregistrées sur Internet. Des incidents éclatent quand des juifs ultra-orthodoxes, qui réclament un droit d'accès illimité, tentent d'y pénétrer sans billet pour y prier et le site est à nouveau fermé au public[31] et n'est rouvert par les autorités françaises que le 24 octobre 2019[32], deux fois par semaine, et uniquement sur réservation préalable[33].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L. Y. Rahmani, « Ancient Jerusalem's Funerary Customs and Tombs: Part Three Ancient Jerusalem's Funerary Customs and Tombs: Part Three », The Biblical Archaeologist, vol. 45, no 1, Winter, 1982, pp. 43-53.
  2. Voir le dépliant officiel remis aux visiteurs, volet 2, Consulat français à Jérusalem, 2020.
  3. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, V, 4.
  4. Flavius Josèphe, Guerre des juifs, V, II, 2.
  5. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre V, IV, 2.
  6. Jérôme de Stridon, Epitaphium Paulæ, Lettre à Eustochius, éd. Martianay, T. IV, p. 673.
  7. Félicien de Saulcy, « Mémoire sur l'emplacement probable du tombeau d'Hélène, reine de l'Adiabène, à Jérusalem », sur persee.fr.
  8. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX IV - 1.
  9. Talmud de Babylone, Suk. 2b.
  10. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, 5, 4.
  11. Pausanias, « Description de la Grèce », Livre VIII, § XVI, 5, sur remacle.org.
  12. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, XII, 2.
  13. Léroubna d'Édesse, « Histoire d'Abgar ».
  14. a et b Talmud de Babylone, Ketoubot 62b, Nedarim 50a.
  15. a et b Robert Eisenman, James The Brother of Jesus, éd. Penguin books, 1998.
  16. a et b Talmud de Babylone Gittin 56b.
  17. Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, IVe partie, sur wikisource.
  18. Félicien de Saulcy, Voyage autour de la mer Morte et dans les terres bibliques, p. 424.
  19. Pour ce tombeau, environ 10 000 mètres cubes de la pierre calcaire la plus dure et la plus compacte ont dû être enlevés au ciseau. Dès lors, il a fallu un temps très long et des dépenses énormes pour creuser ce sépulcre. Est-ce bien la pieuse Hélène qui a pu se décider à un tel acte d'orgueil posthume ? se demandait Félicien de Saulcy dans son mémoire.
  20. Caillou 2008, p. 82-85.
  21. Communication à l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres de Jean-Baptiste Humbert, correspondant, du 21 avril 2018.
  22. a b c et d Jean-Sylvain Caillou, « Nouvelles fouilles au Tombeau des Rois à Jérusalem (mai-juin 2012) », 17/01/2014, sur les Carnets de l'IFPO.
  23. L.-H. Vincent, M.-A. Stève, « Jérusalem de l’Ancien Testament », Paris, 1954, Planche XCVII.
  24. (en) Richard Gottheil & M. Seligsohn, Jewish Encyclopedia, Article « HELENA » (d'Adiabène).
  25. Cf. T. Gurland, Ginze Yisrael, vol. 1, p. 53.
  26. T. Gurland, ibid. p. 68.
  27. Le troisième homme le plus riche de Jérusalem à l'époque de Vespasien était Ben Tzitzit haKesset.
  28. ibid. ; Lamentations Rabba 1:5, Ecclésiaste Rabba 7:11 ; Avot deRabbi Nathan, édition Schechter, 6:31-32.
  29. « Des rabbins israéliens veulent chasser la France du Tombeau des Rois », sur lefigaro.fr, .
  30. Christophe Lafontaine, « Tombeau des rois: ouverture d’un chapitre devant la justice », sur terresainte.net, .
  31. « Jérusalem: la France ouvre puis referme le Tombeau des rois après des incidents », sur The Times of Israel,
  32. AFP, « Le Tombeau des rois, propriété de la France à Jérusalem, rouvre ses portes », sur The Times of Israel,
  33. « À Jérusalem, le Tombeau des rois rouvre une seconde fois », sur La Dépêche,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Sylvain Caillou, Les tombeaux royaux de Judée dans l'Antiquité de David à Hérode Agrippa II : essai d'archéologie funéraire, Paris, Geuthner, p. 39-89.

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