Tombeau de Tin Hinan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tin Hinan (homonymie).
Tombeau de Tin Hinan
Présentation
Type
Localisation
Adresse

Le Tombeau de Tin Hinan occupe la partie supérieure d'une colline située sur la rive gauche de l'Oued Tifirt à proximité de l'oasis d'Abalessa au Hoggar dans le sahara algérien. Ses dimensions sont de 26,25 m de grand axe, 23,75 m de petit axe et 4 m de hauteur.

Maquette du tombeau exposée au musée du Bardo à Alger.

Lors de sa découverte, le monument était recouvert d'amas de grosses pierres qu'il a fallu déblayer avant d'entreprendre les fouilles. L'enceinte, régulière, était formée d'un mur en pierres sèches et certains de ces blocs étaient si volumineux que se posait la question de savoir comment leur transport au sommet de la butte s'était effectué. D'où l'hypothèse de l'œuvre de populations étrangères à la région.

La fouille du Mausolée, unique dans le Sahara, a permis de découvrir onze salles. La plus grande avait pour mesures 6 × 7 m et la plus petite 3,50 × 2 m. Une seule porte communique avec l'extérieur.

La seule salle explorée au cours de la mission franco-américaine de 1926 renfermait le squelette d'un corps, présenté comme étant la reine Tin Hinan[1], placé dans un caveau souterrain protégé par des dalles de pierre, ainsi qu'un somptueux mobilier archéologique dont des bijoux en or et en argent et une lampe romaine. Nous reproduisons les conclusions du docteur Leblanc, doyen de la Faculté de Médecine d'Alger qui a examiné le squelette : « On peut affirmer que le squelette est celui d'une femme de race blanche en se basant sur (etc..) L'ensemble du squelette examiné rappelle fortement le type égyptien des monuments pharaoniques, le type des hautes classes, caractérisé par la grande taille élancée, la largeur des épaules, l'étroitesse du bassin et la minceur des jambes ».

Reygasse a fouillé les autres salles en 1933. Avec Émile Félix Gautier ils émettent les hypothèses suivantes : « Voilà un réduit à la fois sacré et fortifié où le mobilier atteste de très fortes influences romaines, et laisse d'ailleurs soupçonner des influences nègres. Il semble bien que ce réduit, assez spacieux pour avoir contenu des magasins, ait dû être un gite d'étapes entre la mer Méditerranée et l'Afrique noire. Influences méditerranéennes qui, nécessairement, se sont développées après l'apparition du chameau. »

Les bijoux et le mobilier funéraire de Tin Hinan sont exposés au Musée du Bardo à Alger.


Archéologie et mythe et histoire[modifier | modifier le code]

Sépulture de Tin Hinan au musée du Bardo à Alger.

Associé à la légende de Tin-Hinam, ancêtre des Touaregs du Hoggar, le tombeau d'Abalessa est une construction où se rejoignent les influences culturelles méditerranéenne, saharienne et soudanaise. C'est un monument bâti sur le modèle des grands mausolées berbères à chambres multiples renfermant un personnage, très certainement de sexe masculin, dont l'inhumation est à la fois datée par le 14 C et par une empreinte de monnaie à l'effigie de l'empereur romain Constantin le Grand, émise entre 308 et 324 apr. J.-C. Le corps était paré de nombreux bijoux dont 15 bracelets en or et en argent. Le but de cet article est de montrer les affinités de ces bracelets avec ceux en alliage cuivreux fabriqués plus au sud autour d'Agadès, au début de l'ère chrétienne. La légende de Tin-Hinan est une création récente, 200 à 300 ans, conjoncturelle, créé par les Touaregs Kel Rela pour des raisons d'ordre politique, afin de conserver le pouvoir et leur suprématie sur tous les Kel Ahaggar. Elle est donc totalement étrangère au tombeau et au personnage qu'il contenait[2].

Les fouilles du site sont interdites, selon Aziri dans l'édition du 18 novembre 2007 du journal Elwaten[3]. Les archéologues algériens, selon Malika Hachid, confirment seulement deux hypothèses. La première est que les spécialistes sur place ne savent pas le nom de la sépulture et aussi du squelette trouvé. La deuxième est que le monument au départ a été un fortin et une gravure date du IIIe siècle[pas clair]. Les chercheurs demandent des fouilles complémentaires, puisque, d'après eux, le site a été mal étudié. Par contre, Slimane Hachi, directeur du CNRPAH, veut absolument préserver le mythe fondateur des Touareg attaché à Tin Hinan. Selon l'historien Ibn Khaldoun, le fondateur du peuple Touarg serait Tiski, la sœur des quatre frères Houaras, Sanhadja, etc.[4] D'autres historiens font l'analogie à Tin Hinan lorsqu’Ibn Khaldoun a rapporté l'information[pas clair][5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inhumation (temps protohistoriques), G. Camps (lire en ligne)
  2. http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=3287187
  3. Elwaten
  4. Le monde libyco-berbère dans l'antiquité. Par Geneviève Désiré-Vuillemin, Notes sur l'article: vol. 1 - 1964. Page 112
  5. Le Hoggar, Par Claude Blanguernon, Édition: 2 - 1965, page 48

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Reygasse, Monuments funéraires préislamiques de l'Afrique du Nord, Gouvernement Général de l'Algérie, Arts et Métiers Graphiques, Paris, 1950
  • Maurice Reygasse, Émile Félix Gautier, Le monument de Tin Hinan (Annales de l'Académie des sciences coloniales) t VII, 1934.
  • Marie-Louise Lédé, Seule avec les Touareg, préface d'André Siegfried, André Bonne éditeur, Paris, 1954.